‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la natureChapitre 95 sur 129 · COQIUS &*UN NAVIRE DE 640 TONNEAUX · texte numérisé non relu

COQIUS &*UN NAVIRE DE 640 TONNEAUX

Bois de|chêne courbant, net 144,55 st. )

0,25 dé déchet , 36,14 ^ ^^^'^^ ^*-

Boiis de chêne de futaie, net 249,98

1/8 de déchet 3.1,24 ^ ^^*^^

Total,,-.....' __ 46Ml;«l.

Dans le navire de 300 tonneaux, le sapin nécessaire n'est que de 38,72 stères, dans celui de 640 tonneaux, 63,43 stères de bois résineux sont adjoints au chêne.

La quantité de bois de chêne nécessaire à la construction d'un navire de guerre est très-considérable et les déchets, y sont plus grands que dans la construction pour le commerce. On peut dire que le cube du chêne, dan3 la coque d'un bâtiment, n'est tout au plus que la moitié du cube des bois pris au dépôt. Ainsi, ïe déchet du chêne est au moins égal à la moitié de la quantité consommée. U faut observer de plus que les bois délivrés par le dépôt ne sont pas bruts, mais ont été déjà équarris sur le parterre de la forêt afin de diminuer la dépense des transports. Le déchet peut être considérablement augmenté dans les arsenaux par un défaut d'assortiment des pièces.

Ce déchet, produit par l'appropriation du chêoe aux constructions, varie d'ailleurs avec l'espèce du chêne. Smith le fixe de la manière suivante :

Chêne d'Angleterre 200 0/0

d'Afrique 100 •

de Dantzic 50 >

de Québec 10 >

Planches de chêne d'Angleterre. 50 •

Idem de Dantzic. 50 »

Ces proportions sont bien plus élevées que celles du déchet du chêne appliqué aux travaux de menuiserie et qui ne dépasse pas 15 0/0.

Le déchet varie d'ailleurs avec la grosseur du chêne, ce qui est utile à connaître, quand on met en œuvre du bois en grume. Ainsi, dans le cas où l'épaisseur totale de récorce et de l'aubier est de 4 centimètres, le calcul montre Hue le bois réellement utile n'est guère, dans une bille de

trente centimètres de diamètre', que la moitié du volume total, et dans une bille de 45 centimètres, que les deux tiers environ. Avec un diamètre de 60 centimètres, il s'élève aux trois quarts, et quand ce diamètre est de 75 centimètres, le bois parfait forme les 4/5 du volume de la bille.

Les sciages de choix pour bordages, etc., n'admettent pas le cœur, qui, dans le bois débité, peut se séparer de la pièce en éclatant. Gomme, dans les chênes, le cœur forme une ligne flexueuse, il en résulte, quand on l'enlève, un déchet considérable.

La quantité de bois de chêne nécessaire à la construction des vaisseaux, indiquée dans le tableau ci-dessus, a été dépassée pour des types comme celui de la Bretagne, par exemple. On peut sans' exagération porter à 12,000 stères de chêne sur pied, la masse de bois qui entra dans cet édifice flottant. A 5 stères de chêne par hectare, c'est la production annuelle d'une futaie de 2,400 hectares. Il £aut ajouter encore le bois nécessaire à l'entretien du navire pendant 20 ans environ.

L'importance du bois de chêne pour les constructions navales est telle que les mots qui, dans diverses langues signifient bois de construction, dérivent du nom sanscrit du chêne deru^ ou du slave A peB {drev}.

Bois de construction se dit en Serbe, Bulgare et Valaque, dereck.

En Russe âepe-Bo [derevo).

En lUyrien et en Dalmate, dârveto, dârvo, derevo. En Polonais, ûrzewo.

Le mot navire en lllirien est Drjëvo.

Bans la langue des Magyars, dereck-kajo signifie coque dô açtvire.

Eû Russe, Zïj^dKA veut dîi'e etnbàreatîôii en bôli dé ehêûe, et ZlyôAc'b a:nge en chêne.

Ètt Turc, le mat Icerasti veut dire bois de con^tfûction et dérive aussi de Pun des noms celtiques disi diêne ker où quer.

Les autres bois admis concurremment avec le chéûe, mais dans unô faible proportion, sont le hêtre pouf bordé de carène (rarement). Le hêtre, le frêaé, le sapin, pour avirons. L'orme pour pompes, poulies, etc. Le gaïac pour réas et rouleaux. Le peuplier pour sculpture. Le nojjer et Tacajou pour meubles, étagères, etc. Le pin et le sapin pour mâtures.

PLAGE fiU fiOrS Ô« CHÊNIl IJANS LA CîtARMÏ^l^

d'un l^AVIRia.

Le boid de châne former pi^esque eatiiàf«tti4nt lia> mf^ des iiavire»^ Yoici rëouméràtiton dés pièces ({ui' doivent être' €a essei^ee de chéné :

La pièce principale de toute cdùstnic^cftî nataïé, eëBé ((ai est justement considérée comme la Héd^ d4 Tédiâee est la quille. Gonraie elle s'étend diaûë toute h lenteur du vaisseau, on comprend qu'elle doit être formée de plusieurs parties élémeiïtaii^s placées lé^ unes- ë> la suite des autres^ L'importance de eette^ pièce maCiresse^ les' difficultés et les dépenses qu'entraîneraient son remplacement en cas d'altération, exigent que le bois qui la forme n'ait aucun défaut local qui en compromette la solidité ou l'étanchéité.

L'étrave est une pièce courbante placée âU^fesbiist de l'extrémité avant de la^ quîfte et tburnant sa eôn^eJiilSS en d^bors. ââ&fe ï^ qtnlle et l'étiriuve s'iiittetpose te Mon ddnt le pied s'écarve avec la quille et la branche aveo' i'élttiteî

L*étàttibot éèt nire friêce droite qui slfittpfeiote h r^xtréînîté artière de la quilte et forme avec elle uôangîe droit on fUns ou moins obtus. Gomme uiie de ses foncstioaô priiadpèkles est de soutenir le gouvernail, qui lui transmet les ébranlements qu'il reçoit lui-même dans les mauvais tômps, elle doit, plus encore que la quiilè et l'étrave, être exempte de toias les défauts qui, diramiiant sa résistanœ, Èuiraieht è, sa durée* Pour consolider rassemblée de lia ^ilte et de l'étaASbot^ on {ïlace entre ces piàcôs la courbe dite d'étambot.

La quille, rétrave et Tétàmbot, oobstituent dans un même plan les trois arêtes principales de la coque du navire et forment pour ainsi dire la colonne vertébrale de FéoMce.

La tnembrut-e est coinstituée par les couples de levée, ^ ^e plôcent tor la (|iliile, ainsi que les oôtes sur Té- ^e dorsale.

t7n 60upl6 se Ci>mpo^ de deux plané de bois juxtat>osé8, ebaique plan est formé de pièces placées bout à bout, de telle sorte que le joint de deux pièces successives d'un des plans tombe dans le plein de Tune des pièces de l'autre plan* Le tout est réuni par des chevilles en fer tiomiàées goujons.

La |iièce principale d'ia^i couple est la varaûgue, doiit tes extrémités ^'élèvent et s^écartent de part d'aullt^ i^ymétrlquemeût pèr rapport Au plan diamétral, heë vail*angtte^ dnt d^e^ formes dîffô^enlres au centre et aux extrémités de la coque : au centre elles sont platéS< et tei^ leS' eî^teeitiiiés elles* àoflt dites acculées, c'est-à-dire ^^eBes j^és^ètnbleât à uH' V dont leê^ branches S'écartent ié ffloins en m^nià* G^é^ vararfguéë àcéuléeè, éteint diifôéii^S' à trôtttter en ùri sml Aïo^èaû dé chênei/ sont animées de deux denai- varangues.

La varangue est doublée au second plan par les deux genoux, puis ces diverses pièces sont prolongées successivement; les deux branches de la varangue par les 1", 3* et 5« allonges ; et chaque genou par les 2* " 4« et 6* allonges.

Une des principales fonctions de la membrure est d'offrir un point d'appui aux bordages, revêtement extérieur ou intérieur du navire. Les bordages sont fixés sur les couples par des chevilles en métal, ou en bois de chêne, nommées gournables.

On comprend de quelle importance il est de ne faire. usage pour membrures que des bois de chêne les plus sains et les plus en état de résister aux causes puissantes de destruction auxquelles toutes les parties d'un couple sont inévitablement soumises , étant constamment plongées dans un air chaud, humide et stagnant. Elles se trouvent dans les conditions les plus favorables à la fermentation, que suit bientôt la pourriture. Quelques vices locaux, qui peuvent être purgés, des défournis sur les arêtes, des fentes longitudinales même assez prononcées, sont sans importance lorsque le bois est de bonne qualité; mais on doit proscrire le chêne d'essence grasse, et celui surtout qui présente le grave défaut de la lunure. Cependant , la rareté croissante des bois courbants nécessaires en si grande quantité, oblige à plus de tolérance qu'aux époques où les richesses forestières du pays permettaient d'user de plus de sévérité dans la recette des pièces de chêne.

Les revêtements extérieurs (bordé) et intérieurs (vaigrage) de la membrure , se composent de virures de bordages placés à se joindre les uns au-dessus des autres. Chaque virure est formée d'une suite de bordages élégoaentaires.

Les virures les plus importantes du revêtement extérieur sont les préceintes qui correspondent à chaque pont du navire, elles sont plus épaisses que les autres bordages. Les préceintes du centre, ayant peu de courbure, se tirent des plançons : celles de l'arrière sont dites préceintes de tour, elles ont une courbure prononcée.

Comme les préceintes constituent une des principales liaisons de la coque, elles sont fixées sur la membrure par des chevillés qui traversent toute l'épaisseur des murailles, ce qui en rend le remplacement laborieux et dispendieux. On doit donc se montrer difficile sur la nature des bois d'où ces préceintes cle\Tont être extraites. On peut être plus tolérant pour les autres virures de bordages tout en excluant les plançons à fibres torses ou trop couverts de nœuds.

Pour border les extrémités dont les courbures sont si prononcées, on remplace les bordages et les préceintes par les pièces de tour, pièces fort difficiles à trouver, et pour lesquelles il faut user de quelque tolérance.

Les virures principales du revêtement interne sont les bauquières, qui reçoivent l'extrémité des baux ; elles correspondent aux préceintes , et doivent être en chêne de première qualité. Ces pièces, et en général tout le vaigrage de la cale, doivent être prises dans les bois les moins tendres de l'approvisionnement (lorsque dans lès dépôts il se trouve des bordages tirant sur le gras, on les réserve soit pour le bordé de la carène au-dessus de l'exposant de charge, soit pour les radoubs et les refontes).

Les baux sont des poutres courbes dans un seul sens, placées transversalement dans le plan des couples et destinés à soutenir le plancher des ponts. Les baux s'opposent à la déformation du navire, en épaulant ses murailles. Ils doivent avoir la force de résister aux ébranlements d^

rartiUprie. On 4evra 4onc, dans le c,lioi]^ des pjèpe^ de chêne, exclure celles qui présenteraient dçs défaut^ dç nature à diminuer leur résistance spécifique, les flbres Jorse^ par exemple. Ces baux, dont les extrémités §oat très-exposées à la ppurriture, devront être aussi en bois très-sain.

Les courbes de pojit, que Ton remplace souvent par des pièces en fer, qui tieijinent moins de place, reliaient les baux à la muraille, et .étaient en chêne.

La mèche du gouvernail est un.e pièce à laquelle se marie, sous le iiom de aafrauy le pla^ de bois qui .constitue la partie effective du gouvernail. Cette pièce, qui doit résister à tous les efforts de torsion, doit être en chêne de première qualité.

Pour compléter cette énumératîon des pièces en bois

de chêne, il faudrait citer encore les garnitures d'écou-

tilles, les bittes, la guibre , les jotteraux, les seuillets et

sommiers de sabords, les porte-haubans, les râteliers de

manœuvre, etc.

Le chêne entre pour un quart dans les installations

intérieures, tous les barreaux de plates formes, les mentants des cloisons et des étagères, Tarchipompe et les puits aux câbles -chaînes et aux boulets, ainsi que les cloisons entourant les soutes à poudres et à légumesi, les corpsr morts des caisses de la cale, etc.

Le lecteur se sera dit, sans doute, déjà plus d%ne fois, que nous insistons bien inutilement sur l-importence du (^éne dans les constructions navales, puisque ie fer tend de jour en jour à se substituer au bois.

Cette observation est juste. Nou^ pourrions' répcadce : ^i^'importe^ eeci est une histoir/d du chêne, et Tameindriâ- ^iQ^nt ^9 so» rôle dansi le présent n'ei^t pas lULanotif pour qijibliçr et ^ire sq$ '^p^*viçep.

^ Mi ^

de î^âmiral Pariée, eu sommes?-hou§ â l'âge de- fer dé Viitchitecture ûavàlé t FauWi dèé torà laissée ùoâ' gi^ànds â.'pïw'ovisioiiiiettïeTits dé dhêùé s'êptliiiei' sfànâ les? rencmvôlet', le soiù des forêts est-il deVenii indifférent à la màrfné t

Il est bien cei'taiiï que l'art moderne, d2tûÉ Éei gigâiï-" tesques doricéjltioûs, a laisèé dans plusieurs circômSiatrcéi^ le bois pour le fer : i On n'aiiraît pas plus- fait pas^èt âéi^ voitures dans un pont tubulâire de Menai, en bciîs, q|tî''ôtf n'aurait osé faire sortir du port un Ûreat-Eastehi foimê des^ ïnêïne* matériau!. » (Àriiiral Pauis).

Il ne fafiktrait' cependant pas trop préjuger de* l'avenir^ et croire par exemple quie les flottes en bois ont fait leur temps^. Ce qui s'est passé à la fameuse bataille de Lissa/ où Ton vit un aâcieo vadsseau, en vieux bois de chèn«, eouler un monitor. italien revêtu de sa cuirasse, peut feiire hésiter sur le choix des matériaux à employer po^r le Bavire de guerre.

Beaucoup d'hommes très- compétents; et dans le nombre noctà p(Mil*ioii8' cher M. de Lappatenit, ancien iiÉspécteilr général des eonsltructions nàvalesy ne croient pas aia natire de ^erré de la coque du>(^uel lé bois serait talàléiGtieat' esLeid. Noua sommes tt'op incmrtpéiteiits, daiis cee liautësi ' questions, pour iflsister davantage sorce poiôt. Le ixavtre en fer eàt-il ou nî''ert-'il pas militaire ?

En» t861, le Parlement anglais votait emofer 25" mrlliont^y pour acbat de boi^ de dhêwè, et le GouVfernéiiiéôt fràriçaiÉi passait qûelijueiâ marchés importairfô, entré aètrèS pouV un lot de 25,000 stères de chêne.

Le fer csèp^iMant dôVeiMt dé plus en plùÉ en firveUr. Sur âO mVireS construits au port de Grëetiock, en Ééôàète, 1» étaient ^ tét; et dàn^ lèi^ chantiéi^ dê'lalYûe; ïa pto^ portion était de 38 sur" 42.

Dans les arsenaux nlilitairés, on avait déjà construit

plusieurs vaisseaux en fer, YHector, par exemple ; d'autres, comme le Royal- Oak, étaient en chêne et en fer.

En 1862, le Parlement votait encore 15 millions pour achat de bois de chêne : la question était loin d'être vidée entre les deux systèmes, d'autant plus que les constructions de vaisseaux blindés, exécutées avec du fer, coûtaient plus cher que celles dans lesquelles le bois formait les coques. D'après un rapport de l'amiral Roblnson {Times, il mars 1863), le prix d'un vaisseau blindé, tout fer, était de 5,350,000 fr., et celui d'un vaisseau blindé, fer et bois, de 4,675,000 fr. En cette même année , la question des deux modes de construction fut longuement débattue dans les Chambres anglaises, et ce qui prouve que *rien n'était décidé, c'est qu'à cette date l'Angleterre avait à flot ou en construction 10 frégates cuirassées , toutes en fer, et 10 frégates cuirassées en bon bois de chêne.

Le chêne n'a jamais été d'ailleurs totalement exclu même des navires cuirassés en fer. Le blindage chez VAchilles, par exemple, et bien d'autres navires, repose sur un matelas tantôt en chêne, tantôt en bois de- teck. VAchilles, dont nous venons de parier, a 14 pouces de membrure en fer, 3/4 de pouce de bordé de fer, 18 pouces de bordé de bois, 4 pouces 1/2 de cuirasse. Le bois, on le voit, a encore une large place même chez les vaisseaux en fer.

En 1864, on construisait encore, en Angleterre, des cuirassés en bois aussi bien qu'en fer. M. Reed avait en chantier les corvettes rapides en bbis, cuirassées, Pallas, Favorite, ZeaUms, et d'autres bâtiments en fer du même type, tels que le Bellerophon, etc.

Ainsi, l'amirauté ne croyait pas encore à cette époque la question jugée et n'abandonnait pas ces murailles flottantes en bois de chêne, derrière lesquelles l'Angleterre avait jusqu'alors trouvé sa meilleure défense.*

Le commerce maritime n'ayant pas les mêmes raisons

de suprématie militaire à conserver, adoptait de plus en plus le fer pour la construction de ses nombreux navires, dont Jes vastes dimensions et la rapidité exigent du fer de préférence au bois.

En 1867, dans les chantiers de la Clyde, il y avait en construction :

boli. fer. composite.

Navires à roues > 26

Id. à Wlice » 77 1

Chalands à hélice » 4

Dragues à vapeur > 2

Navires à voiles , . • 13 44 9

Yachts 9 »

Batoaux de charge » 56

La création d'une partie de la flotte anglaise en fer, a dû ralentir la consommation du bois de chêne ; aussi en 1869 et 1870, il û'a point été fait d'achats de cette matière ligneuse. Des circonstances toutes différentes ont aussi ralenti dans les arsenaux français la consommation du chêne ; les dernières livraisons des marchés en cours d'exécution, ont eu lieu en. 1868; depuis lors peu de chêne est venu s'ajouter à celui qui existe encore «n proportions très considérables dans nos dépôts.

Qui pourrait dire que les flottels n'auront plus besoin de chêne. II est notoire aujourd'hui que les cuirasses ne sont plus suffisantes pour protéger les flancs des vaisseaux ; on est obligé de leur donner de telles épaisseurs qu'il est devenu nécessaire de réduire le blindage au réduit, ou de donner, comme on le fait en Russie, de telles formes et de telles dimensions aux navires, qu'ils' ne peuvent plus naviguer.

Aussi le décuirassement est-il à Tordre du jour ; il en est question dans tous les ouvrages qui traitent des armées navales. Il s'agit alors de savoir s'il faut continuer à construire en fer ou revenir au bois. Quand un boulet traverse

un© muraiUe en fer, ^mnà, il prcg^ttçi h riaté^iew uw éj^ofme masa^ de fonte iréduite en milUei^ d^ fragmeate. g^Blguleux, ses rava^ges soi^t incalonlaW^a. Le* murailJkesf de chêne n'offrent pas les mêmes dangers.

Un blindage em fer é& (>*â© d'épaiase^r pè3e autant qu'une muraille pleine en chêne de 4™50 d'épaisôeuî, Qa annonce des pièces d'artillerie pouvant.briser le premier, traveifseraient-elles la sepppde ? Ces graves. problèmes sont à l'étude, nul ne peut savoir . quels seront te» matériaux de construction dans 10 ans.

Il semble cependant que polir permettre aux navires de supporter l'énorme poids de leurs arnaures opi ait Viàm de revenir aux matériaux de construction les plus légers.

M.. Barnaby, chargé tout récemment en Angleterre d'examiner une proposition de sir William Thomson, partage l'opinion de ce dernier et pense que la substitution de 500 ou 600 tonneaux de liège à poids égal de cuirasse • peut, être tentée sur la Fu^y, ce qui permettra d'augmenter les plaques du réduit.

M^ Micheli, directeur des constructions navales» italiennes, propose aussi de faim une largçi part» au liégie^ dans les nouveaux; navires.

Qui jamais aurait pensé, que la substance légère qui forme nos, bouchons. trouverait sour emploi dan$' lesi formida:b,les: engins de- destruction quQ. lei^ peuj4es le* pi;]^^ civilisés, se. ruinent à construire?

Il y a. d^ans . tous qes fait^v^, d%Qs toutesr cm^ ineèirtiiBdes^y quelque c^os^ qni wnonce q.ue- 1'^ M f©r pour' las marines ne s'est pas établi d'une manière définitive.

Entret^nqna doflo nos. g#provisioiia)eBBenjli&.ea- biria de ch^'iii^ ne coupons, pasi nos fataiei». Leohène redtevkMDidi^ pe^urtrêtre ei?iQqir0 la vériteiblQ s\ibstincei.à vabseaux,. e* Im natUîî^U^* de • bfiHîsr lew meilLwiye . défcn§^<

GëJ^nm XVI

leer Appryyviàiôiineiiieiits de hoUt d^ thëùe

dé' la Mariai.

Prenei les mesures nécetuires pour •TOlr toii^iA^ émft- f âiMn^ oife' boiine pf0?Moo de kêh i bâtirj

COLBm à Oe8CloiMetui«,38 macs 1678»

llB>pà|(i quf ft MfO lieue» de .odtci, (PeiH cellents ports , et qui est la pstrio des Jean-Barr, des Duguay-Tronin, des tonrtill«, didi Forlitik, disti S&ffren , lié dioit négliger aucun moyen pour assurer dans- PaTenifi sur uotre sot forestier, liis reiloiMed dé la mailkte frin^lse^

nu AT. VlLLBFliaRCHI» CliaB»hl<tf

dés Pairs, 182f7.

C'est du règne d6 Louis- XIV que date IJk marine- mïlî^ UiiFô 6û Frasbee. Avant cette éitoqfue glondùsë , iï y eut ^m doute des eotreprises sur mee^ où des embareatiQnSy» . des oeGs^ et méma- des vaisseaux de hau£ h&rd. (1) figni*è(rezit eottiisie iosèranieMs de turantspotts ou maehkke» de

(i) Le vaijwseau noiwtaé Ckarmte, anné' si^t» L<mh XHi, portait MO canons el 1,200 hommes. La célèbre Cordelière^ brûlée près du Cap' Saiol41alhieu , au temps d'Anne de Bretagne , portail â,000 hommes el 2,^ pihceê' dtafflfl^ffe. U Cdracm^i sotittf F'reiEi>ç€lis ^% éljkit au^tuiS Yaii^eiiQ. de trèfr baat hwU

combat; mais la conception d'une armée navale permanente , de vastes ports , de grands approvisionnements , d'une institution maritime enfin , représentant une des forces de la nation , appartient incontestablement à deux hommes, Louis XIV et Colbert.

Ils comprirent qu'il y avait dans le matériel de navigation dispersé dans les havres de France , et dans les ressources de nos forêts, un élément considérable d'influence et de prestige extérieurs ; de leurs vues fécondes sortit cette marine royale dont notre histoire garde les impérissables souvenirs.

Sous sa protection se forma bientôt une autre marine plus intimement liée encore à la grandeur de l'Etat, et qui ne pouvait croître aussi qu'à la condition de trouver chez nous ses deux éléments essentiels : des hommes et du bois.

Nous n'avons pas à dire ici comment Colbert fit surgir les hommes de mer, la plus grande difficulté n'était pas de ce côté. Lorsque le grand ministre , pour accomplir ses desseins, jeta les yeux sur l'état forestier de la France en 1660, il comprit que c'était là surtout qu'il rencontrerait les plus sérieux obstacles à ses projets.

Il ne s'agissait pas seulement , en effet , de trouver de suite la quantité de bois nécessaire à un établissement naval, il fallait songer à doter la France d'une production forestière suffisante pour qu'il devînt possible à nos deux marines de se développer avec nos propres ressources.

Les bois de constructions ' navales sont essentiellement des bois de chêne : la proportion d'orme , de frêne , de châtaignier ou de résineux qui entre dans la charpente d'un navire est bien faible en comparaison de la quantité de chêne qui la constitue. Colbert eut donc à se préoccuper surtout de la production du chêne , c'est-à-dire de

Tessence ligneuse qui demande le plus de prévoyance , parce qu'il lui faut des siècles, et que nulle autre ne saurait la remplacer.

Toutes les lois, ordonnances, décrets, etc., qui depuis Louis XIV ont été promulgués pour assurer à la marine les quantités de bois qui lui sont nécessaires, ont eu surtout pour objectif le bois de chêne, et presque exclusivement le bois de chêne. Nous ouvrons donc ici une des pages les plus importantes et les4)lus intéressantes de cette histoire.

C'est dans les sombres futaies de la Gaule que nos pères trouvèrent les remparts les plus solides et les plus sûrs contre Tinvasion romaine ; c'est derrière des murailles de chêne que pendant la preçiière moitié de ce siècle se sont décidées plus d'une fois les destinées de la France. Nous ne saurions dire si les murailles flottantes auront dans l'œuvre du retour de notre prépondérance le rôle qu'elles remplirent dans le salut d'Athènes. Il est cependant possible de prévoir que les citadelles de chêne bardées de fer tiendront encore une grande place dans les conflits internationaux.

Avant Colbert, des tentatives avaient été faites pour fonder des rapports de services entre les forêts et la marine.

En 1318, Philippe-le-Long promulgua une ordonnance qui servit de base à celle de 1388 et de 1402, et par laquelle les bois propres au service du roi étaient réservés.

Au mois de juillet 1376, nouvelle défense de disposer des bois avant d'avoir vu ceux qui convenaient aux services publics ; en septembre de la même année, il est prescrit de prendre les chênes pour les navires, dans un seul endroit de la forêt de Roumare.

^En mars 1515, François P' règle aussi ces rapports nécessaires : « Art. 54. Pour ce que de jour en jour, il con-

vient» de prendre du boîs> taint pmit ocfô âa^rîrés qt^ë- :p(MBr nos chastciaiiix et édifiées ; et qu^au temi^» ^assé éé (l\A èà a été prins et couppé sans mesure et ordoônaiiîW,' ^(fomageant les forêts en graûdë lésion et destroetion' d'icèllé^ : Ordoané est : que quand il conviendra ouvi^er, éeux qifl seront chargées defe œuvres n'en pourront rien prendra tant que lesf dits maistres^ ou l'an' d'eux, avec les vfcôttftes et rôcéveuirs des lieUx, et leurs lieutenants, et les terdiers et grôyer^, gardes du maistresy sergèâts, s<di^i3t appelez; les' quels par bonne délibération avec les ouvrière' atdWseront combien de bois et quel bois il faudra pomï* châstèau^t, navire ou édifiée, et au Ueo plus aisé et moin^ domageaWe : esorironfrles places où les cheisaes ou autres àrbi'ësf, selon qjueîse mestier' sei?av et si ûiie placé lie ^Slt> ou ndmbrera les arbres, et seront tnartelez du marteau du verdier, grayfer, garde ou maîstre, sergent ou autre, qu'ils aviseront pour te mieux ; le& queld ambres ainsi iiiaF(^e2y en plsu^e pouB ce livrée^ seront justement; ^iftséa. i^

Le pèd dimportancél des cô^nstructî6ns naVâles jusqu'en i&50 rendit cette ordonnance péti nécessaire; elle n'eii établit pas moins la date des premières relations activés, entre lar marine et te ^e^^vicfè forë^tiôr' pour lé choiîÈ dés bùh de chéoe^

La <[îélèb?@ 0ï*âonÉfaïïeë de i6ef^ ettt une autre portée. FPûit de ftuit' aiÊÈié^ d'en^uêteî^* et de mêdîtatitm^, elle assui'a lê^ prêtent eri confêrdàt à la marine des pHviléges spééiaiUx,^ et prép'a'^a Paveflir' en créant une léglslâticrti fôrestiè^'è'SavâlÉlté, àu^sai bieri appropriée à ïa coniiei^atioii dèS' b^is qu'à îéur^ pr*ôdii<!îlS{«;

L'ôrd(>ij]fn«âïice' pî^écitêe ciônfél^ait à la mariné le droit de marquer, dans les propriétés pai^ïîétilièr^, les bois ûéces sairës à ^s cénstt^tietrons.

EH^ întèi^aisàSt au5t;. pcysseèëettt's^ de -bois de' haute" ftftaie

.^tuQ$ à 4i]( lieuQs 4â la p^er^ ^t àdQ^KHe0i98 dâ3 rivières ft^vig^l^^ 4^ v^adre lauFS cbôn^;^ et de i^ aba^ttre, à moins d'w ^voir préyçpu^ pix moi3 d'^vaoee» le eontrôleur gainerai des Aa^^çes, ou le gt^-Dâ tmiiVQ, sous peime de 3,00p livrer çL'^p^^d^, ot de coafidcation de^bois.veQdus

UiMrdoanaiice allait même plus loin. En oas d^^insuffi- «anee des fihèmes pour les travaux ordonnés» — le grand métm les fera icboisir et preadr^ dans les bois de nos sujets, tant ecclésiastiques qu'autres, sans distinction de qualités, à la ooadition de payer la juste valeur qui sera réglée par experts. — -

Nous allons voir se succéder maintenant les arrête et (ordonnances destinés à fixer ou à rappeler les points litigieux ou inobservés de la loi.

16 Novembre 1683. — Les limites dans lesquelles les propriétaires ne peuvent librement disposer de leurs chênes sont portées à .15 lieues de la mer et à 6 des rivières.

10 Mars 1685. — Ordre de remettre gratis aux commissaires de la marine les déclarations de coupes.

15 Août 1689. — Défense de couper avant la visite des agents de la marine.

26 Août 1692. — Ordre au grand-maître de faire rechercher les chênes de marine.

24 PjêvRiER t693. — Renouvellement de la défense de couper les futaies de chênes.

2 Mai 1693. — Arrêt du Conseil prescrivant de nouveau aux propriétaires de ne couper ni baliveaux ni a»*res de futaies avant la visite des officiers du roi.

?4 J^ovi^BiyE 1695. r- Même prescription., H est' décidé qu^ les visites^ aujç couper déclarées seront faites par des agents de la ^l^rlM6^

28 Septembre 1700. — Arrêt prescrivant de faire parvenir les déclarations de coupes au ministre de la marine, qui dépêche des commissaires sur les lieux pour reconnaître les chênes convenables aux constructions.

12 Mars 1701. — Il est prescrit de rechercher dans la vallée d'Aure (Pyrénées), les bois propres aux arsenaux.

30 Janvier 1725. — Arrêt du conseil qui fait défense au sieur Francy, chargé de la reconnaissance des bois de marine, d'accorder aux propriétaires la permission de couper des bois de futaies, etc. .

15 Janvier 1726. — Arrêt du même genre, interdisant au sieur Disson, écrivain de marine, de donner ces autorisations.

18 Septembre 1738. — Le roi de Pologne, duc de Lorraine, permet de marquer pour la marine les chênes de ses

forêts.

21 Mai 1739. — Renouvelle ces dispositions.

23 Juillet 1748. — Interdiction nouvelle de couper des arbres qui auraient été marqués pour le service actuel ou

futur de la marine.

1" Mars 1757. — Faisant disparaître les limites posées pour déclarations de coupes.

1766.— On rappelle que les adjudicataires sont tenus -de livrer aux fournisseurs de la marine les bois marqués de son marteau, pour être le prix réglé de v gré à gré.

3 FÉVRIER 1767.— Les adjudicataires ne peuvent disposer des chênes marqués par la marine et refusés par les fournisseurs, sans l'assentiment du ministre.

16 DÉCEMBRE 1786. — Règlement royal déterminant les rapports des agents et fournisseurs de la marine avec les maîtrises des forêts et les propriétaires, au sujet du martelage. Il fut défeùdu, à moins de réelle nécessité, d'abattre, pour le service maritime, des chênes ou autres arbres n'ayant pas été mis en déclaration de coupe •

L^œuvre du génie de Colbert, ainsi complétée, durait depuis 122 ans, lorsqu'une loi du 29 septembre 1791 restreignit le droit de martelage aux forêts de TEtat , disposition qui fut confirmée plus explicitement encore par un arrêt du 27 juillet 1793.

Après deux années seulement de liberté, une loi du 20 septembre 1793 replaça de nouveau, sous forme de réquisition, la propriété privée sous le joug des servitudes maritimes. Le 4 octobre suivant, le martelage fut entièrement rétabli, et le 4 février 1 794 , un arrêté réorganisa le service général; enfin, Tautorisation accordée en 1796 aux . particuliers d'aliéner tous les bois de 300 arpents et audessous , fit malheureusement disparaître une énorme quantité de chênes.

Le rétablissement des privilèges de la marine lui profita peu, tant le désordre était grand à cette époque. « Au moment du réveil de la liberté, disait en 1799, aux Cinq- Cents, le rapporteur d'une commission chargée de préparer un nouveau code forestier , au moment du réveil de la liberté, la licence se plaça à côté d'elle pour défigurer son . image. On vit des citoyens se servir des armes de la liberté pour dévaster les forêts : nulle partie de l'administration publique n'a autant souffert de la Révolution. »

Ce ne fut pas d'ailleurs sans luttes que le martelage des chênes fut rétabli dans les bois des particuliers ; il fallut le confirmer de nouveau par la loi du 29 avril 1803 , et l'arrêté du 18 mai de la même année.

Le décret de 1811 compléta la législation forestière touchant l'exploitation des bois privés ; il apporta quelque soulagement à la servitude du martelage en autorisant ^ (art. 15) les propriétaires à pouvoir abattre leurs chênes en cas de besoins urgents (1).

{i) En 1809, la guerre avait été associée au même droit de marte* lage que la mariae sur les ciiénes des propriétés privées^

Page 1