COQUE D'UN NAVIRE DE 640 TONNEAUX
Bois de chêne courbant, net ........ 144,55 st. 0,25 de déchet......!...... 36,14 PA St Bois de chêne de futaie, net........ 249,98 1/6" TÉMMÉCREL A... 31,24 | pe
Dans le navire de 300 tonneaux, le sapin nécessaire n’est que de 38,72 stères, dans celui de 640 tonneaux, 63,43 stères de hois résineux sont adjoints au chêne.
La quantité de bois de chêne nécessaire à la construction d’un navire de guerre est très-considérable et les déchets y sont plus grands que dans la construction pour le commerce. On peut dire que le cube du chêne, dans la coque d’un bâtiment, n’est tout au plus que la moitié du cube des bois pris au dépôt. Ainsi, le déchet du chène est au moins égal à la moitié de la quantité consommée. Il faut observer de plus que les bois délivrés par le dépôt ne sont pas bruts, mais ont été déjà équarris sur le parterre de la forêt afin de diminuer la dépense des transports. Le déchet peut être considérablement augmenté dans les arsenaux par un défaut d’assortiment des pièces.
Ce déchet, produit par l'appropriation du chêne aux constructions, varie d’ailleurs avec l’espèce du chêne. Smith le fixe de la manière suivante :
Chêne d'Angleterre .................... 200 0/0 TPAMTIQUDEN Se re ere Pere scene 100 »
de TaMIZiE: ; à à à 60 42 AE GLEN 50 »
de Québes, :.2, 20008 PRO 10 »
Planches de chêne d’Angleterre......... 50 »
Idem désDantaic: .: face 50 »
Ces proportions sont bien plus élevées que celles du déchet du chêne appliqué aux travaux de menuiserie et qui ne dépasse pas 15 0/0.
Le déchet varie d’ailleurs avec la grosseur du chêne, ce qui est utile à connaître, quand on met en œuvre du bois en grume. Ainsi, dans le cas où l'épaisseur totale de l'écorce et de l’aubier est de 4 centimètres, le calcul montre que le bois réellement utile n’est guère, dans une bille de
trente centimètres de diamètre, que la moitié du volume total, et dans une bille de 45 centimètres, que les deux tiers environ. Avec un diamètre de 60 centimètres, il s’élève aux trois quarts, et quand ce diamètre est de 75 centimètres, le bois parfait forme les 4/5 du volume de la bille.
Les sciages de choix pour bordages, etc., n’admettent pas le cœur, qui, dans le bois débité, peut se séparer de la pièce en éclatant. Comme, dans les chènes, le cœur forme une ligne flexueuse, il en résulte, quand on l’enléve, un déchet considérable.
La quantité de bois de chêne nécessaire à la construction des vaisseaux, indiquée dans le tableau ci-dessus, a été dépassée pour des types comme celui de la Bretagne, par exemple. On peut sans exagération porter à 12,000 stères de chêne sur pied, la masse de bois qui entra dans cet édifice flottant. A 5 stères de chêne par hectare, c'est la production annuelle d'une futaie de 2,400 hectares. Il faut ajouter encore le bois nécessaire à l'entretien du navire pendant 20 ans environ. ‘
L'importance du bois de chène pour les constructions navales est telle que les mots qui, dans diverses langues signifient bois de construction, dérivent du nom sanserit du chêne deru, où du slave AbeB (drev).
Bois de construction se dit en Serbe, Bulgare et Valaque, dereck.
En Russe /epepo (derevo).
En Illyrien et en Dalmate, dérveto, dérvo, derevo.
En Polonais, Drzewo.
Le mot navire en lllirien est Drjëvo.
Dans la largue des Magyars, dereck-hajo signifie coque de navire.
En Russe, /ly6xa veut dire embarcation en bois de chêne, et /Iy6ac'b auge en chêne.
En Turc, le mot kerasti veut dire bois de construction et dérive aussi de l’un des noms celtiques du chêne ker ou quer.
Les autres bois admis concurremment avec le chêne, mais dans une faible proportion, sont le hêtre pour bordé de carène (rarement). Le hêtre, le frêne, le sapin, pour avirons. L’orme pour pompes, poulies, etc. Le gaïac pour réas et rouleaux. Le peuplier pour sculpture. Le noyer et l’acajou ‘pour meubles, étagères, etc. Le pin et le sapin pour mâtures.