‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 118 sur 156 · IH · texte numérisé non relu

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une muraille en fer, quand il projette à l’intérieur une énorme masse de fonte réduite en milliers de fragments anguleux, ses ravages sont incalculables. Les murailles de chêne n'’offrent pas les mêmes dangers.

Un blindage en fer de 050 d'épaisseur pèse autant qu'une muraille pleine en chêne de 4"50 d'épaisseur. On annonce des pièces d'artillerie pouvant briser le premier, traverseraient-elles la seconde ? Ces graves problêmes sont à l'étude, nul ne peut savoir quels seront les matériaux de construction dans 10 ans.

Il semble cependant que pour permettre aux navires de supporter l'énorme poids de leurs armures on ait l’idée de revenir aux matériaux de construction les plus légers.

M. Barnaby, chargé tout récemment en Angleterre d’examiner une proposition de sir William Thomson, partage l'opinion de ce dernier et pense que la substitution de 500 ou 600 tonneaux de liége à poids égal de cuirasse peut être tentée sur la Fury, ce qui permettra d'augmenter les plaques du réduit.

M. Micheli, directeur des constructions navales italiennes, propose aussi de faire une large part au lége dans les nouveaux navires.

Qui jamais aurait pensé que la substance légère qui forme nos bouchons trouverait son emploi dans les formidables engins de destruction que les peuples les plus civilisés se ruinent à construire ? |

Il y a dans tous ces faits, dans toutes ces incertitudes, quelque chose qui annonce que l’âge de fer pour les marines ne s’est pas établi d'une manière définitive.

Entretenons donc nos approvisionnements en bois de chêne, ne coupons pas nos futaies. Le chêne redeviendra peut-être encore la véritable substance à vaisseaux, et les murailles de bois leur meilleure défense.

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