‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 124 sur 156 · TRAITEMENT DES CHÈNES APRÈS L'ABATTAGE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES CHÈNES APRÈS L'ABATTAGE

Tout ce qui précède s'applique aux arbres encore sur pied. Lorsqu'ils sont couchés, le traitement qu’on leur fait subir alors n’est pas indifférent à leur conservation future.

Dans plusieurs localités, on laisse pendant quelque temps aux arbres abattus leurs feuilles, afin que la transpiration dont celles-ci demeurent le siége contribue à dissiper dans l'atmosphère une partie de la sève.

Les chênes, dans les pays chauds, doivent être équarris ou du moins écorcés aussitôt après l’abattage. On réalise ainsi un double avantage: on évite la fermentation de la sève, la piqûre des vers, et on utilise l’écorce pour le tannage. Cette pratique est d’usage en Italie, où l’on déracine les chênes au lieu de les couper.

Dans les pays froids, il est au contraire utile de laisser

— Réf

les chênes dans leur écorce ou en grume. La dessiccation se fait lentement et sans gercures, une partie de la sève emprisonnée s'utilise même à l'entretien de pousses éphémères.

Le maintien dans leur écorce des chênes abattus n’est pas avantageux aux fournisseurs, qui ne peuvent en employer l'enveloppe : il faut donc les surveiller quand on croit à l'utilité de cette méthode.

On voit, par ce qui précède, de quels soins la recette des bois destinés aux constructions navales doit être entourée. Climat, terrain, mode de culture, temps d'abattage, traitement consécutif, toutes ces choses font de bons ou de mauvais bois, d'excellents ou de détestables navires, des flottes prêtes à tot ou sans cesse en réparation.

Toutes ces circonstances, antérieures à l'introduction du chêne dans nos arsenaux, ont plus d'influence sur sa conservation, quand il est en œuvre, que les précautions nombreuses que l’on prend dans les ports pour assurer sa durée. Que de mécomptes, que de surprises en marine n’ont pas d'autre cause que l'ignorance où l’on est le plus souvent de l’origine et du traitement antérieur des bois que l'on emploie. Pourquoi telle frégate, tel vaisseau, construits avec le plus grand soin, ont-ils dù être classés à démolir au retour de leur première campagne ? Il y a là des causes qui peuvent sembler de peu d'importance, et qui ont pour résultat bien des millions perdus.

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