PHYSIOLOGIE DE LA FORMATION DU LIÉGE
A la fin de la première année, les chênes-liéges présentent un épiderme entier. Sous cet épiderme, se montre une couche subéreuse puissante , formée de 3 à 5 assises de cellules privées de toute coloration.
Cette couche recouvre l’enveloppe cellulaire, dont les celluies sont remplies de chlorophylle, et auxquelles viennent se mêler de petits amas de cellules incolores, sans granules.
La deuxième et la troisième année, l'enveloppe cellulaire seule croît en épaisseur : les cellules sans chlorophylie encroûtant leurs parois deviennent plus compactes, pendant que le tissu intermédiaire sèche et brunit.
Pendant une troisième période, de 3 à 5 aus, des deéchirures se produisent dans l’épiderme : l'épaisseur de la couche de liége s'accroît par formation de cellules nouvelles sur sa paroi interne. Les cellules extérieures ont perdu leur activité et se sont transformées en véritable liége, tandis que les internes, encore bien vivantes, ont conservé toutes les aptitudes à la multipication.
Ce n’est que vers la septième ou la huitième année que la zone subéreuse devient d’une épaisseur notable. Ce n’est que de dix à quinze ans qu'on l’enlève, pour en faire la première récolte, par l'opération du démasclage.
TE
DÉMASCLAGE.
L'opération du démasclage consiste à tracer sur le tronc du chêne des incisions longitudinales réunies en haut et en bas par des incisions transversales et à soulever ensuite graduellement, avec une petite hâche. les plaques de liége circonscrites par les entailles.
Le démasclage et l’écorcement sont des opérations différentes au point de vue des époques de la vie du chêne auxquelles on les pratique, et surtout au point de vue du produit, le premier donnant le liége mâle, le deuxième le
liége femelle; mais comme pratique manuelle, c’estla même chose.
Il importe de ne laisser aucune portion de l’ancienne écorce sur la mère, attendu qu’à cette place le liége ne pourrait plus se reproduire ; d’avoir un grand soin de ne pas déchirer le liber. Ces blessures nuisent à la vitalité comme à la production des arbres : elles déterminent ce que les liégeurs nomment des croissances, constituées par un liége très-fin, quand les lésions sont étendues, mais se recouvrant avec difficulté et causant des lacunes incurables.
Lorsque l’ouvrier à dépouillé un chêne pour enlever le liége, il fend longitudinalement le liber en le sillonnant de la pointe de sa hache. Cet usage a pour but de permettre à l'écorce de reproduction, cédant à sa propre expansion latérale et à celle de l'arbre, de s'ouvrir sur ces fentes pour opérer son mouvement naturel de dilatation. Par là les crevasses , préjudiciables à la valeur du liége, deviennent moins profondes. En même temps ces incisions, après avoir servi à régulariser le jeu de l'écorce, épargneront la plus grande partie du travail nécessaire pour lever le liége en planches.