DICTIONNAIRE DES SCIENCES NATURELIES DE
Chênes à feuilles entières Chênes à feuilles dentées.
Chênes à feuilles sinuées à lobes mucronés.
Chênes à feuilles sinuées à lobes mutiques.
Dictionnaire Des Sc. Nar. DE 1823. Acuize Ricxarp, l'e Section.
Chènes à feuilles lobées. . . . . . Q. robur, alba, tinctoria. 2e Section.
Chênes à feuilles dentées. . .. . Q. ilex, suber infectoria. 3° Section.
Chênes à feuilles entières. . . . . Q. phellos. Chênes forestiers.
— nains.
— verts, — liéges — aquatiques.
Faire une bonne classification des chênes était donc une œuvre difficile : Endlicher l’essaya, nous dirons comment il réussit, mais le travail le plus important, le plus complet sur ce sujet, est la révision des chênes pour le prodromus, par M. Alph. de Candolle.
Il fallait une grande et longue patience, une sagacité peu commune, pour mener à bonne fin cette entreprise destinée à débrouiller le cahos d’une synonymie désordonnée (1).
La plus grande et la première difficulté n’était pas de grouper les espèces du genre, c'était de les établir.
(4) Annales des Sciences naturelles, 4e série, 18-19, 1863. Etude sur l’espèce à l’occasion d’une révision de la famille des Cupuliféres.
« Certains caractères des chênes varient fréquemment sur le même rameau, et ne peuvent évidemment pas servir à constituer des espèces..... Aucun botaniste n’a jamais admis qu'on püt regarder comme spécifique un caractère variant sur la même branche ou sur le même arbre. »
Voici, d’après M. Candolle, les caractères qui peuvent varier sur la même branche de chêne ; qu'on juge par là des obstacles que présente leur classification :
Longueur des pétioles. — Varie de 1 à 3.
Forme du limbe. — Varie de la forme d’une ellipse allongée à la forme obovale.
Tour du limbe. — Varie des lubes saillants pinnatifides aux simples dentelures, et de celles-ci aux feuilles entières. Ainsi sur le Q. fagineæ, les feuilles sur le même rameau sont ici dentées, là entières. Il en est de même chez les chênes verts, liéges, à galles, chevelus, kermes, etc. ,
Terminaison du limbe. — Tantôt en pointe, tantôt obtuse.
Base du limbe. — Encore plus variable sur le même rameau. Elle est tantôt obtuse, tantôt aiguë, tantôt simplement obtuse, tantôt en cœur.
M. de Candolle a constaté ces variations dans Ja proportion suivante :
17 fois sur S4échantillons, ou 20 0/0 Q. coccifera.
32 — 110 -— ou 29 0/0 Q. eerris.
== 8 — ou 12 1/2 0/0 Q. vallonea.
6 — 91 — ou 28 0/0 Q. Libani.
12 — 16 — ou 75 0/0 Q. castaneæfolia.
26 — 60 — ou 43 0/0 Q. suber.
don tu 00 — ou 10, 6 0/0 Q. r. p. vulgaris 3 — 5 — où 60 0/0 Q. regia.
— 5) — ou 100 0/0 Q. vesca.
Pubescence des feuilles. — Presque tous les chênes ont leurs jeunes feuilles pubescentes; en vieillissant elles deviennent glabres par brisement des poils qui se réduisent à des ponctuations, ou par caducité réelle de ces organes. Dans le Q. lusitanica orientalis, la même feuille a des poils cadues et des poils persistants.
Nombre des divisions du périgone. — Forme de ces divisions et des -bractées. — Fréquemment variables sur la même branche.
Pédicelles des fleurs mâles. — On constate leur présence et leur absence sur le même chaton. |
Nombre des étamines. — Variable dans les fleurs du même chaton.
Leur terminaison. — Mucronée ou non.
La longueur des pédoncules des fleurs femelles varie encore plus que celle des pétioles sur le même rameau : les différences de 1 à 3 sont quelquefois dépassées. Sur une dizaine d’échantillons, les pédoncules du @. r. p. vulgaris, l'un d'eux variait de 6 à 18 lignes ; sur 23 échantillons du @.r. s. communis, la longueur des pédoncules, sur l’un d'eux, variait de 2 à 10 lignes.
Nombre des fruits, forme des cupules. — Variations fréquentes.
Gibhosité de la base des écailles. — Modifications nombreuses non-seulement sur le même échantillon, mais dans la même cupule : notre chêne commun en offre beaucoup d'exemples,
Direction des écailles ou squammes de la cupule. — Peu variable quand on l’observe sur des glands bien mûrs.
Longueur du gland relativement à celle de la cupule. — « Il semble que pour chaque gland, il y ait différents degrés .de perfection et de maturation des fruits, qui produisent des dimensions différentes. Les Espagnols ont remarqué trois époques de maturité dans la même année pour les fruits du
chêne liége, et ils ont donné trois noms aux glands qui en résultent. Probablement la proportion des glands, bien ou mal développés, varie d’une année à l’autre, et contribue à déterminer ce que les cultivateurs appellent une bonne ou une mauvaise glandée. Quoi qu'il en soit, rien n’est plus commun que les glands à peine sortant de la cupule, ou exertes, ou plus exertes encore, sur le même rameau, souvent sur le même pédoncule fructifère, »
Durée des feuilles. — Varie suivant les années et suivant les individus de la même espèce,
On comprend maintenant les difficultés d’asseoir l'espèce avec une pareille mobilité de caractères. La fixité existe cependant, et M. Alph. de Candolle n’a jamais vu varier sur une même branche les caractères suivants :
La grandeur et la pubescence des stipules.
La direction et la grosseur des principales nervures des feuilles.
La disposition des poils isolés ou en faisceau, sur les feuilles et les rameaux.
La pubescence ou la non pubescence des anthères.
La forme générale et la grandeur relative des squammes.
La maturation annuelle ou bisannuelle des fruits.
La position des ovules atrophiés:
M. de Candolle admet, pour établir les espèces querciennes, les caractères qui ne se trouvent pas réunis sur certains individus, et séparés sur d’autres, et qui n’offrent pas de transitions d’un chêne à l’autre. Les variétés de ces espèces ont été ensuite fondées sur les caractères variables.
Supposons ensuite cent échantillons, où les mêmes caractères fixes se rencontrent : ils appartiendront tous à la même espèce ; mais on pourra peut-être établir parmi eux