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L’Asie seule a des espèces au-dessous de l'équateur dans les îles de Sumatra, Bornéo et Java. Ne dirait-on pas des êtres doués de locomotion, qui, après être descendus jusque-là, quand les îles tenaient encore au continent, ont eu la retraite coupée lorsque les-détroits se sont formés. Toujours est-il que c’est la seule exception à la règle qui a donné l'hémisphère nord à la postérité des premiers chênes.
Cybèle représentait la terre chez les anciens Grecs, et la déesse vénérable était quelquefois figurée avec une couronne de chêne sur le front. La terre réelle porte aussi la couronne de chêne sur la tête, car, n’en déplaise aux Patagons et aux Hottentots, l'hémisphère nord est bien le chef de notre vieille mère, puisqu'il est assurément le siége de la pensée sur ce globe.
Ce n’est pas pour faire image que nous avons dit que la terre portait une couronne de chêne ; il y a, en effet, continuité entre les nombreuses espèces qui la ceignent, et les océans seuls établissent des lacunes dans cette verdoyante parure.
Si du cap Finistère nous prenons notre route vers l'Orient, nous pouvons, à travers l’Europe, suivre les chênes jusqu’au Bosphore ; nous les suivons encore par l’Asie- Mineure, l'Arménie, la Perse, et nous traversons avec eux le chemin de toutes les migrations, ce grand isthme placé entre la mer Caspienne et le golfe Persique. Par l’Afghanistan, les montagnes du Népaul, du Bengale, d’'Assam, d’Ava, de la presqu'île de Malacca, nous arrivons avec eux jusqu'aux îles de la Sonde ; à travers celles-ci et la Chine méridionale, nous atteignons enfin le Japon. Si, continuant notre course à l’encontre du soleil, nous traversons le grand Océan, nous pourrons, à nos premiers pas sur le continent américain, saluer les chênes de la Californie ou de l’Orégon
et suivre encore les espèces de ce grand genre jusqu'aux bords de l'Atlantique.
Nous avons essayé, sur le tableau C, de représenter cette continuité des chênes, à l’aide seulement d’un petit nombre d'espèce ; cinq ou six suffisent pour tracer une ligne qui reliera par exemple Lisbonne et le Japon. Partant de ce premier point, et gagnant les bords de la Méditerranée, on peut traverser jusqu’à Constantinople les contrées que baigne cette mer, sans cesser de rencontrer soit le ©. ilex, soit le Quercus robur sess. communs ; cette dernière espèce peut nous conduire du Bosphore en Perse, par lAsie-Mineure, l'Arménie et le Kurdistan. Sur les confins de la Perse le Q. r. s. communis nous abandonne, mais nous trouvons là le Q. baloot avec lequel nous pouvons traverser l'empire persan, l'Afghanistan, et atteindre le Cachemyr. Nous n’avons pas encore perdu notre dernier guide que sur les premiers plans de la grande arête du nord de l'Inde, le Q. spicata et ses sous-espèces se présentent pour nous conduire par le Népaul, le Bengale, Assam, Chittagong, Ava, Martaban, Ténassérim, Banka, Sumatra, Java jusqu'à Bornéo. Enfin le Q. cornea nous accompagnera par la Cochinchine et la Chine méridionale jusqu’au 9. thalassica avec lequel nous pourrons franchir la Chine septentrionale et atteindre le Japon.
Ainsi, sans parler des nombreuses espèces, qui se croisent et se mêlent, cinq suffisent pour établir la continuité des chênes, ce sont les Quercus r. s. communis, 0. baloot, 0. spicata, OQ. cornea, O. thalassica.
On pourrait constater la même continuité sur le continent américain à l’aide de quelques espèces, et démontrer ainsi que, sauf l'interruption des mers, l'hémisphère nord est ceint de chênes.
Les espèces querciennes se rencontrent donc surtout de
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