ALTITUDE
Il existe des conditions qui peuvent modifier pour les chênes les températures extrêmement chaudes des régions qu’ils habitent, c’est l'altitude. Le Mexique n'est peut-être aussi riche en chênes, malgré sa situation méridionale avancée, que parce que la hauteur de ses plateaux et de ses montagnes corrige la température propre à sa latitude moyenne.
La continuité des chaînes de montagnes à travers l’Asie- Mineure, l'Arménie, le Kurdistan, la Perse, sert de route aux chênes jusqu'au Népaul : c'est par la gigantesque arête dont l’'Hymalaya est le point culminant, que les espèces de l'Asie occidentale peuvent donner la main à celles de l’Asie orientale, et franchir les plaines brülantes
de l’Indoustan et du Bengale. C’est encore par les montagnes du Boutan, de la Birmanie et les monts Moos, etc., que les espèces querciennes descendent vers la presqu'île de Malacca, dont elles suivent encore les hauteurs jusqu'aux détroits de la Sonde. Enfin, dans les grandes îles, la plupart des représentants du genre habitent les hautes montagnes de Sumatra et de Java (1).
Pour remonter de cette limite inférieure vers le nord, jusqu’à la pointe septentrionale du Japon, d’autres montagnes offrent aux chênes une nouvelle route. Les arêtes, qui traversent Bornéo, les Célèbes, les Philippines, la Chine méridionale, et le Japon lui-même, sont orientées dans la même direction : c'est pair cette voie que les chênes remontent ou descendent, ou plutôt qu’ils se continuent. Si l’on jette un coup-d’œæil sur la carte de l'Asie, on remarque que la ligne des chênes, du Bosphore à Java, et de Java à l'extrémité nord du Japon, est tracée par une suite de montagnes formant un \/ très-ouvert.
M. Dalton-Hooker fait observer que c’est la dépression qui existe entre les Andes du Mexique et celles de la Nouvelle-Grenade qui à presque complètement arrêté le passage des chênes, si nombreux et si pressés, de la première contrée dans la seconde.
Ce n’est pas seulement la température variable aus montagnes, suivant les altitudes, qui vient ainsi contrebalancer l'influence de la latitude, et permettre la contiguité et la continuité des chênes : humidité de leurs flancs joue encore, d’après M. Dalton, un rôle considérable. Les Quercus tropicaux remontent ou descendent par les climats
(4) L’aire très-étendue des chènes est loin de confirmer les vues de Darwin, d’après lequel les groupes les plus naturels, c'est-à-dire ceux où les espèces sont le plus étroitement rapprochées, sont généralement confinés daps une aire reslreinte.
— 119 —., humides et chauds, plutôt que par les régions sèches et brülantes : voilà pourquoi les chênes de l’'Hymalaya arrivent au niveau de la mer jusque sous le 25° degré de latitude.
Le tableau suivant indique l'altitude de quelques espèces :