‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 48 sur 156 · Q. lanigera (Oaxaca — Lep. III · texte numérisé non relu

Q. lanigera (Oaxaca — Lep. III

8.000 ©. Ghiesbergtii [Mexique — Lep. 1}. — 0. scytophylla (Mexique — Lep.5IIT)}. — Q. Thomsoniana (Sikkim — Cycl).— Q. paucilamella (Népaul — Cycl.)

7.500 Q. acutifolia (Oaxaca — Lep. III). — Q. nitensmajor (Mexique — Lep. IIT). — Q. cordata (Misteca — Lep. IV). — Q. mollis (Oaxaca — Lep. IV).

Hauteur

- en pieds.

. Virens (Costarica — Lep. I). — Q. Wäslizeni (Chi-

huahua — Lep. III). — Q. nitens (Réal del Monte — Lep. II. — Q. flavida (Puebla — Lep. IV).

. sessiliflora (monts Talusch — Lep. TI).

. linguæfolia (Oaxaca — Lep. TITI). — Q. elliptica

(Orizaba — Lep. III). — 0. serra (Puehla — Lep. IV). — Q. dealbata (Khasia — Pasa).

. galeotii (Santiago, Mexique — Lep. I}. — Q. pu-

bescens (Etna —,Lep. I.

. Segoviensis (Nicaragua — Lep. IV). — Q. spicata

glaberrima (Java — Pasa). — 0. oxyodon (Khasia — Cycl.)

. strombocarpa (Jalapa — Lep. 1). — Q. nectandræ-

folia (Mirador — Lep. III). — Q. tozza (Espagne — Lep. I}. — Q. vesca (Schirwan — Lep. IT).

Q. virens (Jalapa— Lep. 1).— Q. sex (Etna — Lep. T.

Q. ercelsa (Vera-Cruz — Lep. IV). — 0. pedunculata (Jura — Lep. T.

Q. Oajacana (Oajaca — Lep. [V).

Q. helferiana (Moalmyne, Inde — Cycl).

O. ilex. — Q. suber. — Q. r. pedunculata, etc.

Q. ileæ. — Q. suber. — Q. r. pedunculata, etc.

Q. ile. — Q. suber. — Q. r. gedunculata, etc.

Q. r. pendunculata. — Q. r. sessiliflora, etc.

Q. r. pendunculata. — Q. r. sessiliflora, etc.

Q. lütoralis (Java). — Q. r. sessiliflora. — (. r.

pedunculata, ete.

= Tee

Répartition des espèces du genre Quercus, étendue

et limites de leurs aires.

Nous venons d'étudier la dispersion du genre Ouercus à la surface de la terre, en longitude, en latitude et en altitude ; nous devons, avant de passer à d’autres considérations, traiter la même question, non plus au point de vue du genre tout entier, mais à celui des espèces les plus saillantes.

Nous avons observé déjà combien les espèces étaient inégalement réparties; abondantes ici, elles sont rares plus loin ; pas une d’entre elles n’est cosmopolite : elles ont des aires plus ou moins étendues, mais aussi bien déterminées que celles du genre lui-même. Celles-ci se mêlent à celles-là, les unes commencent où les autres finissent ; la plupart sont séparées par de grands espaces. Le 0. suber et le Q. humilis habitent ensemble le midi de l’Europe et le nord de l'Afrique : le Quercus r. p. communis et le Quercus toza se mêlent dans le midi de la France ; mais le premier abandonne celui-ci pour aller vivre en Asie-Mineure avec le Q. cerris : il quitte encore ce dernier pour s'associer en Perse avec le Quercus Persica, et finit là où le Quercus baloot commence. Les espèces de Java sont presque aux anlipodes de celles du Mexique , et ces deux points, où se trouvent le plus de chênes, sont ainsi placés aux deux extrémités d’un axe du globe que l’on pourrait nommer axe quercien.

Si les espèces différentes sont tantôt réunies et le plus souvent séparées, on remarque des disjonctions singulières pour la même espèce. Le (0. argentata de Sumatra, se retrouve à Bornéo, et l’île intermédiaire Java ne le possède pas. Le Q. lanceæfolia du Népaul et du Bengale se retrouve à Sumatra, et n’a été signalé sur aucune des montagnes de l'Inde orientale et de Malacca. Le Q. pruinosa de Java reparaît aux Philippines, et manque à Bornéo, station intermédiaire. Le Q. spicata du Népaul, après avoir suivi le Bengale, l’Assam, le Chittagong, reparaît à Sumatra et continue jusqu'à Bornéo.

Comment expliquer ces disjonctions ? M. Alph. de Candolle y voit une diminution de l'espèce. Ainsi le @. cerris, qu'il a étudié sous ce rapport, présente ces lacunes et cette diminution. Abondant dans l’Asie-Mineure et la Turquie, commun dans le Bannat, l’Istrie, l'Autriche inférieure, on le retrouve ensuite : 1° dans les Apennins et dans la Sicile ; mais il manque en Grèce et dans l’île de Zante. Il apparaît aux environs de Besancon, puis enfin vers l’ouest, de la Loire à Vannes, et dans la Sarthe. Ce sont des oasis qui font supposer une habitalion continue jadis du Liban à l'Océan, et des extinctions locales subséquentes, soit par le fait de l’homme, soit par les circonstances physiques. Ces 0. cerris isolés ne proviennent pas d’une extension de l'habitation, car les stations ne seraient pas aussi éloignées les unes des autres. Les fruits du chêne ne supportent pas un long transport, l'extension est un phénomène rapide envahissant, de nouvelles stations surgissent à la fois de tous les côtés. La diminution, au contraire, est lente, les gites locaux sont connus depuis longtemps, ainsi que cela a lieu pour le cerris; on peut donc dire de lui qu’il est en voie d'extinction en Europe, bien qu'il ait encore une vaste habitation en Asie.

Notre @. robur incline aussi vers une diminution : il disparaît lentement de l’Esthonie et de la Livonie.

Il en est des associations végétales comme des sociétés humaines, leur grandeur et leur décadence sont soumises à des lois mystérieuses. M. Alph. de Candolle remarque que les plantes chétives, éparses, peu apparentes, ont plus de chances d’habiter longtemps une localité que les espèces sociales, c'est-à-dire celles dont les individus s'associent pour occuper seules des étendues plus ou moins vastes de la surface terrestre. Dans cette lutte pour la domination du sol, elles rencontrent des adversaires devant lesquels souvent eiles succombent; le principe de ces alternatives, auxquelles on donne le nom de rotation, n’est pas encore bien déterminé (1).

En 1842, dans une réunion de forestiers, à Bade, on rapporta que, dans certaines régions, des forêts de chênes avaient disparu devant l'invasion des arbres résineux du Nord. Dans la principauté de Sigmaringen, par exemple, l'invasion des épicéas, commencée depuis 200 ans, en chasse peu à peu le chêne. Ce n’est pas seulement l'arbre du Nord qui met en péril ces grandes sociétés arborescentes : l'ennemi est dans leurs rangs. Dans la belle forêt du Gérardmer, où Charlemagne chassait la grosse bête, le hêtre, cette espèce inférieure et stérilisante, étouffe les chênes et les fait disparaître; ce qui le prouve, c'est qu’aujourd’hui encore on retire du lac de Gérardmer d'énormes troncs de chênes, tandis que les hauteurs qui l’environnent ne sont plus peuplées que de hêtres.

(1) Dureau de la Malle a traité cette question pour la région du Mans. Voyez Annales des Sciences naturelles, t, V, p. 362. — Voyez encore

Laurent, Mémoires de la Société des lettres, arts et sciences de Nancy.

Dans les Mémoires de l’Académie de Lille, 1850, M. Mengy rapporte un fait contraire au précèdent. Dans la forêt de Trélon désignée communément sous le nom de Fagne (de fagus hêtre), le hêtre qui la composait, et qui lui valut ce nom, disparaît devant le chêne.

Malheureusement la forêt de Dreux qui doit aussi son nom aux arbres qui la formaient (Dreux vient de Deruw), est envahie par le hêtre. Les forêts de Landau et de Kaiser- Lautern le sont encore par le hêtre ou les pins. Dans l’île de Moën, enfin, de grands bois de chênes, qui avaient triomphé des pins, succombent misérablement sous l’'étreinte des hêtres nés sous leurs ombrages.

Ces batailles durent des siècles, et, comme les peuples, les chênes ont leurs succès et leurs revers. Espérons que si lui aussi était obligé de céder pour un temps quelques provinces, il trouvera, sur le sol de la France, des éléments de résistance, et que partout, comme dans la forêt de Trélon, il redeviendra maître chez lui (1).

M. Dalton-Hooker a fait sur les limites de l'aire des chênes des observations pleines de justesse.

Les végétaux les plus simples sont ordinairement les plus diffus. Les acotylédons le sont plus que les monocotylédons et ces derniers plus que les dicotylédons. Si la diffusion est une preuve de non complexité, les Quercus qui font le tour du globe seraient les plus simples des dicotylédons.

Pourquoi cette diffusion du genre et cette délimitation

(4) Les registres de la ville d'Orléans, d’après M. de Bommare, constatent que la forêt d'Orléans a élé pendant un long laps de temps -en nature de chêne, et qu'après avoir élé coupée, le recru a été en châtaignier. Depuis, cette même forêt a changé de décoration, et le chêne a reparu.

des espèces ? Pourquoi les causes de restriction n’agissentelles que sur les espèces ? M. Dalton semble admettre qu'à l’origine le genre ne contenait qu’une espèce, qui, sous l'influence de circonstances extraordinaires, varia suivant les lieux et les climats, mais que, présentement, les chênes subissent un mouvement inverse et tendent à l'unité.

Le cantonnement de certaines espèces, dans des aires très-restreintes, tient à ce que ces espèces trouvent là les éléments de leur force, tandis que plus loin elles succombent à la concurrence vitale. On peut donc dire que les espèces habitent ie lieu qui leur convient, puisqu'elles s'y maintiennent.

M. Dalton-Hooker voit dans l’absence d’enveloppes florales, chez le chène, une des causes de la multiplicité des espèces. La fleur est un organe plus stable que la feuille : en la perdant, les chênes ont perdu un des éléments et un des signes de la stabilité. Les grands genres, toutes choses égales d’ailleurs, varient plus que les petits.

La variabilité chez le chêne est, on pourrait le dire, centripète : jamais un chêne ne peut être confondu avec une autre amentacée. Le genre Quercus est aussi net dans ses contours que des groupes plus élevés des familles par exemple telles que les orchidées, les graminées ou les composées.

M. Dalton-Hooker pense que cette situation est due à la disparition des espèces de fusion, et que le genre Quercus, après avoir tendu à la variabilité, revient à la fixité et à l'unité de l'espèce. « L'espèce se dégage de sa gangue. C’est l’ordre qui se fait et non le désordre ; c’est la concurrence vitale par et pour l'immutabilité. » C’est la goutelette de mercure qui, divisée par le choc, se reconstitue ensuite.

Cantonnement des espèces du genre Quercus par rapport à leur classification (1).

Cette étude peut être intéressante à plus d'un titre. Nos classifications, malgré nos efforts pour les rendre aussi naturelles que possible, ont toujours quelque chose d’artificiel. Où trouver un meilleur critérium de leur valeur, si ce n’est dans la comparaison avec une autre classification, essentiellement naturelle celle-là, celle des espèces à la surface terrestre.

Si les conditions de sol, de climats, etc., sont pour quelque chose dans la physionomie et la constitution des espèces, celles-ci ne seront-elles pas groupées dans la nature conformément à leurs analogies ; et si nos classifications reposent elles-mêmes sur ces analogies, ne devra-t-il pas en résulter un parallélisme entre la distribution des plantes dans nos méthodes et leur répartition à la surface de la terre ?

Les chênes ont été répartis en six sections très-inégales au point de vue du nombre des espèces qu'elles contiennent. La première, désignée sous le titre de Lepidobalanus, renferme les trois quarts des chênes.

On rencontre des Lepidobalanus en Europe, en Asie et en Amérique, sous toutes les latitudes , et à toutes les altitudes. ‘

Tous les chênes d'Europe et tous ceux de l'Amérique appartiennent à cette première section. L’Asie en renferme fort peu, et chose à noter, les Lepidobalanus asiatiques ne

(4; Voyez le tableau A,

se trouveut d’une part que dans les régions occidentales de l'Asie qui s’avancent vers l'Europe, y touchent même, et de l’autre, dans les contrées de l'extrême Orient qui, pareilles au Japon, confineraient à l'Amérique sans l'Océan.

Le centré de l'Asie, Bengale, Assam, Ava, Malacca, Cochinchine, Chine méridionale, et les îles de la Sonde, si riches en chênes, ne contiennent pas un seul Lepidobalanus. |

L'Europe et l'Amérique, vouées exclusivement aux Lepidobalanus, ont donc plus de rapports entre elles, au point de vue des caractères botaniques de leurs chênes, qu'elles ren ont avec l'Asie, qui, sur la plus grande étendue de son territoire, en renferme de tout différents. |

Quant aux chênes des subdivisions de la section I, ils se mêlent indistinctement en Amérique, que les ovules avortés soient infères ou supères, les feuilles persistantes ou caduques. Il faut observer cependant que l’Europe ne renferme que des Lepidobalanus à ovules avortés infères.

La section Il, Androgyne, qui ne contient que deux espèces, est spéciale à la Californie Ces androgynes offrent des caractères intermédiaires entre les Lepidobalanus et les sections suivantes. Peut-être les chênes androgynes occupaient-ils les terres qui existaient autrefois entre le Japon et l'Amérique, naturellement placés ainsi entre les Pasania, etc., ou chênes asiatiques, et les Lepidobalanus à ovules avortés supères qui habitent l'Amérique. Les quelques androgynes de la Californie auraient échappé au grand naufrage qui fit disparaître les contrées sur lesquelles aujourd'hui l'Océan Pacifique étend ses eaux immenses.

Les quatre dernières sections du genre chêne : ZII Pasania, IV Cyclobalanus, V Chlamydobalanus, VI Lithocarpus, sont spéciales à l’Asie , et surtout aux îles de la Sonde. Quelques rares espèces de ces sections s’échappent bien

sur les ailes, jusqu'au Népaul d’un côté, jusqu’au Japon de l’autre, où elles se mêlent à quelques- Lepidobalanus , mais elles ne vont pas au-delà : l'Europe et l'Amérique n’en possèdent pas.

Les éspèces de ces quatre sections asiatiques ne sont point localisées, les Pasania, les Cyclobalanus, etc., vivent côte à côte. Exceptons-en, toutefois, l'unique espèce du groupe Lithocarpus, qui ne se trouve qu’à Java. Les caractères botaniques différentiels de ces quatre sections n’ont donc aucune importance au point de vue de la localisation des espèces dans ure région d’ailleurs uniformément chaude. Tous ces chênes ont de commun la position supère de leurs ovules avortés.

En ne tenant pas compte des sections Androgyne et Lithocarpus, ON Voit que :

Le Japon a des chênes appartenant à 4 sections.

Les îles de la Sonde idem. à 3 — Le Népaul idem . à 4 — L'Europe idem . à | — L'Amérique idem . à { —

Nous pouvons représenter ainsi cette répartition : ;

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