‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 77 sur 156 · TANNIN DU CHÊNE · texte numérisé non relu

TANNIN DU CHÊNE

Le chêne, on le sait, est un des végétaux les plus riches en tannin, et doit à ce principe la valeur de ses écorces et des galles qui se développent sur quelques espèces.

Hartig a étudié la nature du tannin renfermé dans les cellules du chêne, et le distingue de celui qui est contenu chez quelques autres plantes (1). Pour cet habile observateur, le tannin des Quercus esi incolore : il le nomme Leucotannin , pour le distinguer du Xanthotannin des berberidées, de l’Erythotannin des cornus, et des Dammara, et du Chlorotannin, qui est vert.

En hiver, les cellules corticales des chènes renferment des granules de tannin fondus dans une substance vitreuse; ce caractère le distingue du tannin des cerisiers, des aunes, etc., où cette matière se rencontre à la fois à l’état amorphe et granulaire.

Dans le chêne encore, le tannin granuleux peut entrer

(4) Das Gerbmehl (le tannin), par Th. Hartig (bot : Zeit :) 1865, n° 7. pp. 53, 57.

dans la formation de l'enveloppe secondaire qui l'entoure, à la place des granules de cellulose.

Quant au tannin amorphe, qui existe aussi dans les écorces de chêne, il entoure ordinairement un espace plus ou moins grand, sphérique ou ovoïde et vide : c'est la chambre intérieure de l’utricule de ptychode.

L’organe élémentaire qui porte le tannin chez le chêne, comme chez les autres végétaux ligneux, est analogue à ceux qui portent lamidon et la chlorophylle : c’est. un dérivé de la substance qui remplit le noyau cellulaire, un organisme enveloppé par une membrane se multipliant par une partition propre, et s’accroissant par intuseuception, et situé également dans là chambre ptychodique d’une utricule cellulaire à deux enveloppes.

Ce qu’il y a de plus important à établir, cé n’est pas la distinction de différentes formes de fannin dans le chêne, ou la coloration particulière qu'il offre dans les différents végétaux; il faut, surtout montrer que le tannin du chêne n’est pas toujours chimiquement le même que: celui des - autres plantes, et que, même à ce point de vue, celui de ses diverses parties doit être distingué.

Le tannin du chêne et de la noix de galle, aïnsi que celui des sumacs et des bouleaux, colore les sels ferriques en noir.

Le tannin des quinquinas, cachous, etc., les colorent en vert. Celui du rathanhia et de l’absinthe en gris vert.

On peut distinguer maintenant dans le chêne seul deux expèces de tannins ayant des caractères communs et différentiels.

Les caractères communs sont : la saveur astringente, la couleur rouge qu’ils communiquent au tournesol, les précipités colorés avec les sels. de, fer et de vanadium, la précipitation des substances albuminoïdes.

Les caractères différentiels ont été établis par M. Wagner

de la manière suivante :

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