‹ Histoire du chêne dans l'antiquité & dans la nature; ses applications à l'industrie, aux constructions navales aux sciences et aux arts, etcChapitre 85 sur 156 · DE L'EXPLOITATION DÉS TAILLIS · texte numérisé non relu

DE L'EXPLOITATION DÉS TAILLIS

Un taillis ést ürie forêt où id reproduction de southés et de rejets joue le principal rôle.

Les taillis, sur lesquels on réserve un certain nombre d'arbres destinés à parcourir un plus grand nombre de révolutions, prennent le nom de taillis composés.

Les chênes de réserves se nomment baliveaux : suivant le nombre de révolutions du taillis qu’ils comptent, ils sont désignés sous le nom de baliveaux d'âge, modernes, anciens 2° classe, anciens 1"° classe, vieilles écorces.

Dans le taillis simple, les baliveaux ne doivent jamais devenir des chênes à maturité; ils ne doivent pas couvrir au delà du seizième de la superficie totale. La perpétuité des taillis est liée à celle des souches, dont les ravalements successifs atteignent la vitalité. Il faut donc, à défaut de repeuplement par semences, un drageonnement qui puisse créer des pieds indépendants.

Lorsque le.sol lui est favorable, la souche d’un chêne peut produire des rejetons pendant près de deux siècles. La durée d’un taillis de cette essence peut donc être très prolongée; mais la révolution d’un taillis a la plus grande influence sur la vitalité des souches : trop prolongés, les chênes ne produiraient plus de rejets; trop raccourcies, les souches s’épuiseraient en rejets trop fréquents.

C’est entre 15 et 40 ans qu'il convient de couper les taillis de chênes : l'expérience démontre que la nature du sol, l'exposition, etc., ne permettent pas de fixer une règle uniforme. Ainsi la révolution de 30 à 40 conviendra aux taillis de chêne en bon fonds, celle de 20 à 25 à ceux qui reposent sur un sol médiocre.

En France, lous les taillis de chêne sont partagés en coupes d’égale contenance, système qui ne peut créer une possibilité bien uniforme, eu égard aux conditions différentes de végétation, même sur une superficie peu étendue.

Les mois de février et de mars conviennent pour la coupe des taillis de chêne. La sève du printemps donne immédiatement naissance à de nouveaux jets : la coupe d'hiver déterminerait l'altération des souches, soit à cause du froid, soit à cause de l'humidité. Les taillis de chênes pour écorces se coupent un peu plus tard, lorsque la sève en mouvement permet un écorcement plus facile.

Dans le midi et sur les bords de l’océan, où les gelées ne sont pas à craindre, on coupe souvent les taillis après la chute des feuilles.

Le récepage des jeunes chênes se fait à la hache, à la serpe ou à la scie, suivant la grosseur des brins. Quel que soit l'instrument, il importe que la section soit nette et inclinée pour faciliter l'écoulement des eaux. La durée d’un taillis de chênes est lié plus qu’on ne pense au soin qui est apporté à cette opération. Nous n'insistons pas davantage sur cette partie de l'exploitation.

Il importe à la reproduction du taillis que les bois soient faconnés et enlevés rapidement, pour que les jeunes jets n'en souffrent pas.

Les cahiers des charges qui régissent les adjudications des coupes dans les forêts de l'Etat sont d’ailleurs explicites et formulent nettement toutes ces conditions d’exploitation du chêne en taillis simple.

Passons maintenant à l'exploitation du chêne en taillis sous futaie ou taillis composé. Cette méthode de culture du chêne devra donner à la fois les produits de la futaie et les produits du taillis simple, c’est-à-dire des chênes de fortes et de petites dimensions.

A chaque coupe du taillis, on réserve un certain nombre de baliveaux destinés non-seulement à fournir des bois

d'œuvre, mais encore à assurer le repeuplement naturel par ensemencement. Cette réserve est l’opération la plus importante de- l'exploitation , c'est à elle qu'on donne le nom de balivage; choisir, compter, répartir les chênes réservés, tout l’art du forestier est là : art fécond s’il en fut, puisqu'il a pour résultat de superposer deux forêts et de doubler la richesse du sol.

Le chêne ne s’élevant en hauteur que quand il est serré, la révolution du taillis sous futaie devra donc être assez longue pour que les chênes aient atteint la hauteur qui les rendra propres à tous les usages, et en même temps la force de résister aux vents quand ils Seront isolés.

Il conviendra de détérminer la révolution au temps nécessaire pour produire des baliveaux de 15 m. de hauteur énviron, ayant par suite de 30 à 40 ans.

Ces baliveaux seront choisis parmi les jeunes chênes provenant de semencés; on préférera les plus droits , les mieux faits, les plus vigoureux. Les chênes fourchus seront sacrifiés, mais on respectera ceux qui peuvent fournir des courbes à la marine.

Quant au nombre de baliveaux à réserver par hectare, il peut varier avec la nature du sol et des expositions, avec la nécessité de donner plus ou moins de couvert au sol, suivant l’espèce de chêne que l’on cultive, le pédonculé, nous l’avons vu, laissant passer beaucoup plus de lumière que le rouvre.

On a donné le nom de balivage normal à un mode qui peut être admis dans le plus grand nombre de taillis sous futaie en bon fonds.

Le Tableau suivant le fera comprendre aisément; il montre la suite des opérations depuis la création du taillis, dont la révolution est de 30 ans, jusqu'à la maturité de la futaie, dont la révolution est de 150 ans :

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