LE TOMBEAU OU COURSIER
Ce noble ami, pins léger que les veuls, Il est tombé sur les sables mijjytnts î
0 voyageur! partage ma tristasso»
Mêle tes cris à mes cris superflot :
Il est tombé, le roi de la vitesse, L'air des combats ne le ri veille plus; Il est tombé dans l'éclat de sa coora^ Le trait fatal a tremblé sur son flane^ Et les flots noirs de son généreux aing Ont altéré le cristal de b aonree.
Ce noble ami, plus léger que lea venta^ Ji eat tombé aoua lea aablea mouvtnta*
Du meurtrier j'ai puni llnadettee, Sa téte horrible aussitôt a roidé; J'ai dana aon sang désaltéré ma lance, fil aena mea pieda je Tai longtempa foulé; Puia» contemplant ipon cooraier aana haleine, Monw et penalf, je l'appdai tfois Ibit; flilasi «o vain : il Ait aonrd A ma veix, Et J'élevai aa tombe dane la plaine.
- 3ë - Ce noble uni, piof légir fftê \t$ mUt, n eek tombé foqi 1m mMm Munit».
Ikpine ce jour, 4 tvistft t» iw néntir^
Uni dou Mien m at t|t« n\ M;
Nort au plaitir, ÎPKtaiihl^ I U jlw»,
Dmm le déiert je Inlat vnloQf emii,
C«tte Arabie, «utrefiNs tint iMe,
N'est plus pQQT moi qu'oa amw etgraaA t«nb«Mi»
On me Toîtfoir le eenlier <tai dyuoean,
L'aibre d'enoeni <! h phine embaumé.
Ce noble ami» plus léger que lei tenta, n eat tombé aooa lea aablea monTinta.
Sooa l^oi] jour quand la aoif noua défon, n me guidait vera l'arbre bospUalier; A mea eôtéa il combattait le Maure, 8t aa poitrine Aait mon bouclier.
De mea travaux compagnon intrépide, Fier et debout âè» le réveil du jour, Aux tendres voeux et de guerre et d'aïqour, Tu m'emportais comme l'écUir ra^tlde.
Ce noble ami, plus léger (juc la veats, Il est tombé sou^ les s«ibles mouvante.
Tu vis souvent cette jeune Azeîde, Trésor d'.imour, uiirLicli; de beauté; Tu lus vanU"; de =-a bcuche perfide.
Ton cou nerveux de sa maui lui ilatté; Moins douce était la timide gabelle,
¥1 1 • 1 .... . . .. -.1* tUiSti
Le li uii palmier brdlait de moms d aç|||#^ , ^ . D ua beau Persan elle suivit les pas * . * ,
Toi seul, ami, tu me restai Qd^«
Ce noble ami, plus léger que leç vents.
Il est tombé sous les sables mouv4|its« .
Entends du moins ton maître qui te ploaru;
n te 5Ui>-n : réams dans la mort,
Noos dormi roos dans la
Giisse sur nou^. fraîche haleine du aerd.
Tu sortiras de la tombe pmjdreose,
Et, soas Ion maître, au jour du grand réveU,
Traaquiile et ûcr, dans les champs du SOieU^
Ta pounoiYras U itmle lninmaiiw.
Mais, noble ami. pini légpr que \m venlt. Tu dors eocor dans les «abies moBvaatâ.
LE 6AIAL1U AIABL
Tel l'esquif fuit joTeui la rire sinoeose, Tel, TÏraiii et rasaiii le vi^rl cristal des eew. De sa 13 m I' il êlreini h ocr voluptueuse, Se courbe eu cou de cjgne au-desfus <4e ses 9iÀÉ^ Te! l'Arabe, el rinçant sa cavale indompLahJ^ La Toil, précipitée au déf^erl qui j étend, ^oyerson blanc sabot d^ob le^ ra^ut & dti sabW Qui bnut conune ea l'eau bruit un fer ardeui !
Quel poitna<kd«iplmiMCWiii«r^a9f4K An flolt, cQ«laitt par giaiiis, du aaUi ^'il §u%9$f
Tïte, fliu TÏ|e, à ginmà «at;
Ei btlaytnl gravier, bruyère,
Il t'âèra toiy<Hir« ffathttt
1b imge €1* aMnw |« 4P
Yole, 6 H» eml» w ||î|BÇf 1
Afec son fruit et a^ «nliingea Le palmier rert 19'aUire CB ni«^ Moi, je m'arraehe dé loa «in.
Et mille mou orgueil du bruit de son feuillii.:e. Aux confins du désert le granit, garde assis. Fixe sur le Bédouin un œil morne et sauva ;.'e. Des pas de mon coursier contrefait les échos Et murmure après moi la menace eu ces mots ; '
>i Où court l'enrafré ? Mais arrête ! • ' •
Là, du soleil aux traits ailé:>
Ne sauraient préserver ta téte
Ni les palmiers <*chevelés.
Ni la tente au sein blanc de toilr.
lÀ, point de tenle (]ue les cieux.
Là, ne voyage que 1 étoile.
Là, le roc seul dort sourcilleux ! >» •
Vaine clameur 1 menace vaine!
Je cours en redoublant mes coups ;
Et les tiers granits dans la plaine
Derrière moi sont restés tous :
Honteux d'un impuissant courroux
Tout ea fuyant forment la chaîne 1
De saisir le Béclouiu par uu essor plus prompt Le vanL OUI , à leurs cris, senUt 1 aveugle joie : De 1 ailc, en sa poursuite, il vint frapper sa proie, Et d'un triple contour il couronDa mon front.
t Des morts je sens la pourriture»
Croassait-il. Sots, sota enfin, ' ' . Coursier qui eherdw la piture, CiVilKiâ'iâiiiMiàt lè chemin '
^'K'^'âfelfl y porte ses pas, ' ' Em|K>rtaiitliëcMklricîir^^^' IdnecoodKë'4^ieiiiori; Pour le counier point de pacage , Seul, le reptile y paît, s'y tord, et le seul vautour y voyage ! '» ' "
Alors, en croassant, de aa serre qui luit
il me raille.et trois foi* son <0il an «bb émuM.
c Qui »'eirrai«? » -»lt t'effraie, «t êm Im cJeu tentait. Et quand pour te ptutr waxm ate a« bande. Quand déjà dn regard je viso l'insolent, Lui, d^i dans les airs comme on point gris il peml, De grandeur de moineau, de papillon, de mouche, Puis se fond dans Fasur de llioriion qu'il touche I
Cours, ma cavale aux pieda hhmes, eoam t Arrière et voeban et ?a«lonril .
Ihi soleil an couchant uA HAi^é s^arràche; ' Blanche, aux voûtes d'azti^', son aile à moi s'attadie;' ' Je franchis le désert ; il veut, courrier ardent» . i, . i
Sar nuM l'emporter, mais s'arrête . n f
^ Et siflte an^tëssus de ma téte' ■ ' '
Cette menace,' an bnrit du vent:
« Où court l'enragé? Téméraire^; < . . , ^ ,<|
Là, dû suif ton sein se £6ndra.
Kul nuage n'y lavera
Ton front tout couvert de poussière.
Nul ruisseau n'abreuve ie ul ' De flots argentins Ointid l'aarore Y répand ses larmes, d'un vol Le vent alfamé les dévore I »
Vains eris! doublant mes coups, je ooqnd'oB wl plus prompt, Le nuage hissé, ohiSMelMit et .iMbile, «
Toujours plus Imm baime son fronts
Puis aux mcbnrs reste înoiobibkt '-f' -^i^--^ 'ui<: Kt quand avec dédain je i«kMnielipijiBk*> iuirv - J Le voilà défUMsé de U-hMgaeur dii eirasL i \f Mats il médite nu «rime et son limit^lftidiD^MMe^ i
ItafiireurjeleYoie tong|r,i(c , « , r i
La bile à flele sur hii <ur^^. . j Enfin, noir comme un mort, dans les mouti> a eofonoe.
Cours, nia cavale aux pîéds bla^^/ eèurst Arriére et nîii^îe et îrattiours! ' ' '
D*un circuit soiaire, à la rive . ■' '
Jtt toame autour démolies jeus^
Et sur la terre et daas les cieui Piuf dâ coorner qui me pountttvt !
14 jamaU Us yewc 90 •'éf^UlHli
llneu, )ei éléniflnti wonMjUttit; Tel anîmil wyiat Modoii L'honni» pwiir» mm te wniritu , Hé s'flnhîl ptt 4wiM «» milttti
Qom, je ne nii pM laul ! (Mi lenfWfti «I peiP
Govitien «Tiiii Vin» borribl^ ^ voVi cfiviliwf Eirei-vous? 6uelt«»-TD«>, eail)ps|iilt| tHi» 9HM Î J'iGooiin.— Fkesl l'iiii|pelie,>r^eii ^ Hf* ot
De quelque umum tMWfp$,
Déterrât ptr un vent profane»
Dee iquelettei humaini aur dea oa de diamettix.
Le aable en aa fureup aawage
GooUnt dea michonrea tant chair,
Dea creux M Vofl Inçail féebâr,
Hucle fera moi ce Bofr présage :
c Où eowa-to, émoà de Bédawnt Ll-baa l'onnigan gfoadn m iaint a
4© vola sani peur. Vers i'orapo 0 Yole, ô nia cavale aux pieds blancs I
Morts, arrière ! arrière, oura^ns !
Sur des bancs de gravier eheminanl solitaire, Le nmoun, en Afrique, outagan saaa livri, Me Toit de loin, s'airAle, al, surpris, sur la terre Tourbillonne, et murauire en son s^ iépnleral : € Quel vent, là, mon puUiA parai mes jeuaèa ftèèèlt D'un aspect misérable et d'un essor si bas, Ose Mer le aaè que m*e«t Ugu4 mes pèreaf é U hurie, en pyramide ^ qpoi marche à lon^ ppf^ Et Toyani on mortd lana qraintç, de ^çlléfp.
Frappe au aol et, d'un coup troublant
L'Yémen , m'étrein^ dan» la acHi^ Ainaî que l'aigle ilMiVl h Wmm^fK^ménàh
I)e l'aile il m'abat dans son nA, 86me ^ gnvier, m'eo éeviMp VMM «I f alTf «• taiM M itf .
S^cooant tés ra^mbrea ar^enti J'éearttiA M» fioipt da table et Jt l< bftiewi^ lii taift
Su» s'urraener relança à aii-^rps« naïf ret^nbe.
Je respire et, tout fier, contemple les étoiles. Toutes de leurs yeux d'or put soulevé ]^ y^ni&t,
Toutes sur moi fixent ces )'êux, Car personne que moi sur terre ne chenuut. Qu'il est doux d'aspirer l'air à toute poitrine!
SouHle plein, large I Tes cicux,
Tuui tes cieux, Arabie, à peine
Peuvent sufUre à mon liaîeine.
Qu'il est doux de plonger de tous ^cux dans la plainet
J'y plonge mon regard §^.rpin,
Vue et si large et si profonde
Que mon œil embrasse du monde
Plus ^ue 1 horizon n'en éireint I
Qa'9 estdenx de s'étendre à tona braal De na plaea roovre au mande mes bcaa, pleiii d'aBseur et jejeox. Il semide que de Yeat an eoadantjel'anliraaie, Plus baut, toujours plus haut, jusqu'en liùte des cieux 1 Mon penser Tole en traits dans Fasur de reapaee, Et mon âme s'y noie ainsi qu'en sa fureur, L'abeille noie, enterre et sa trompe et son cceur t
[Traduciion d» M. i. JoLnGOonr.)
Le piivil^ de la haute poésie, comme celui des divinations antiques, est de prêter un thème \ toutes les bril*
lanles allusions , nous ne chercherons pas à découvrir ici quel» mystérieux rapports peuvent se trouver dans le Faris eaUre la course de l'ardeiile cainde el les deHns da graad peuple qui plie sans périr sous tant d'affreux cauchemars ; mais, au point de vue de notre sujet, nous voulons y voir la régénération des races éqfuestres par le eheval arabe. La brillant numide que ymt arrêter en vain le stnpide rodier des préjugés, que poursuit le vautour cherchant pâture, que *le simoun va engloutir, qui passe à travers les ossements de mille générations, est le dieval da désert d^Arabie, qui seul a gardé le secret de la perfection divine.
• Et dont i'œB embrasse du mondt Uns qae rboriaon n'ai étraist.
CliAPITRE II,
Cheviiux. turcs, persans, circasMeni, géorgiens, 2;iporavieo8, turcomaiu, kalmouks, mongob, chinois, cochinchinois cl indiens.
Après le cheval arabe, il nous reste k étudier les autres cheva«K de TAsie do ni quelques-uus semblent garder uo Iwîllaot r^t d0 leur iHustre tdSùtiâge; (and» qae d'antm Irampent ao nittou des races les plus dégénérées et les plus débiles. - ■ '''^''^ '
ii^Le premier qui fixe nos vegîltils est 1ë ehenti iiirc. Mvds; d*atM>rd. y a-t-îl un eheval turc? N'est-il pas, comme son maître, un étranger campé depuis dix siècles au sein de la civitisatioD ? D'oii viendrait-il ? De Fantique Épire, où dornéAt les divins cétiMiers d'Acliille; d'Olvmple, oh le vent sêul soulève cette glorieuse poussière duiil s'iionorerail là poarpre des rois ; des vallons de Thessalie, où se sont ef-^ feoées les traces du galop des GenlaoresP Hélas ! depnis qné les échos du Parnasse oril oublié les chants d'Homère, depuis que les marbres vivants de Phidias et de Praxitèle
sonl tombés sous les haches biutales des barbares et sous celles plus brutales encore des civîliséSt depuis que les farouches Osmanlis ont remplacé la \ie iuteiligente à laquelle ils durent leurs succès, par rimmobilité du fatalisme, les chevaux byzantins ont disparu sans qu'il en reste même le plus léger souTenir. Le che?ai a quelque chose de la sensitWe et de la prévoyance de fabeille qui s'attache à la famille active et henrèuse, et fuit le toit du paresseux et du turbulent.
Il est d'obser? ation que la civilisalion musulmane a al- • teint son apogée dans les premiers siècles de son existence. Arts, HidttÉtrie, eomiBeroe, «He a tout cultité; mais, oottime
le soufQe qui la poussait ne résidait que dans rélémeiit despotique et en dehors de tout esprit de famille et de nadonalité» 11 s'est éteûit promptement et n'a plus produit que des ruines.
Les Turcs de Stamboul ont remplacé dans leur sommeil hw BMnaiM du Bas-fi»pivs ( Isa suhans se som eiMlsiwii •ur les lits enivrants des Césars? iiB odI| conmi» eux^ de<-
niaûdé auiL nations voisines les coursiers de leurs fêles et
de leurs armées. L'Atmeïdan, comme rhippodrooM* fait aceMrir chaque jour les chevaux de la TahKshie» de FAiia-
lolie, de 1 Egypte, de la Syiie, du Kurdistan» de la Perse, de lArabie» ceux même du nord de rem|ùre et dos conMréas occidentales du Caucase.
Cependant les auteurs ont coutume de parler de la racs turque, à laquelle ils donnent certaine conformatiout oer* laines qualités» certains débuls. La laee tiin|ue propranent dite est ramassée et trapue; ^ aie cou courte la téte forts et l'œil bien sorti. Du reste, les vastes États de la Turquie piMsèdent quelques {HMmea races de «hewua indigènes; on
yi^aOUIre piiftcipalement uoe race de petits chevaux noirs tua méAtê Iflèt^fitestiMei Le» «lievàak de GàptmdM 6m iMli Miftérvé leur antique renom, grâce aux soins héréditaires des hâbiiaots du pays. Ceux-ci se souviennent encore ài teflipi où Ha payalèBl àax RomÉids uii (fibul dé qaiiizê mm eMnkH d^éliie i ho&nenr qui tant I h Gajiypadôee de porter encore le nom glorieux de Rome, Romanie.
Voiei la deacrlptkHi qu'en donne le savant fiarbeqdis» mïmiÊimtt aiigM» h CoBilanlinèple i « J'ai vv, k/fàtfaA
« j'étais dans le Pont, voyageant dans cette partie de là Bit tUnie» appelée les Ailles, rers la Cappadoce, combien leâ É natnrela da pays sont bona poitr lenrs jennés poulains,
« avec quelle douceur ils les élèvent depuis leur nàissance. « Ils les caressent sans cesse, ils les admettent dans leurs
« mIooiis ei jMsqnli iemu laUee, et teuf donnent lei mét mea s<^i qd'h leurs enfônts; quelqueMa lU Mpendetit
« à leur oou tm collier ou un sachet rempli d'amulettes
a comte les aarta et le p^ieon, cboaee qn'ila redeotent le « plu»t Les saM qd les eoignent sont anisi dont qite lédrs
« niiiUres : ils s'occupent cootimf^tement à leur lisser le « poil atee le asain i îia ne les teppent jafiaais sans la pins « absoloe nécessité. Ces bons Mftênients ftmt que le« ebe^
« ym\ ont on grarn] Luiiour [)ouf l'homme, et, loin de se a montrer méebants ou ramingues comme les chevaux de « tm éhMk, &ù peut dire qu'on en tfonireralt dlffidle^
« ment un seul qui se montre d'un caractère difficile.
« Les Turcs> ajoute le mémo auteur, ont des cheYaui a dieieir il bien dressés, qnè, an mobidré MAmande» « ment, ils se mettent à geiionK pour prêter leur doè an ca^ 4i valier qui va les monter. Si le cavalier laisse tomber à
c leiMAon bMen en son djérid^ ils le ramuneot avec len^
« deaU et le lui redouueot. Un usage a$sez bizarre, mais « sfi^ géDéral.en Tor<|uîe, est de déporer leschevauK dont c rînslractîoii et le dressage sont arrivés au plus haut pràit M de peilection.Pour cetcflel, on leur passe dans les narines f ua aoneatt d'^i^eiU^eo signe d'iioooeur et de boane édur « cation. J*ai tu pksieurs cbevaux qui* lorsque leur m^tre « lombaii à tene, s'arrêlaient aussi, sans remuer le pied, « jusqu'à ce qu*il se fût relevé. Une antre û>is, j'ai va un H palefrenier s'éloigner à quelque distance d'une troupe de «f chevaux qu'il l'aisail accourir ou s'arrêter à son commanft dément. J ai vu enpore plusteiu's chevaux dont le m^tre « était à diner chez moi, dans un kiosque étevé, dresser «t leurs oreilles en reconnaissant sa toîi:* et accourir en hen- « aissant de plaisir. » .
. Depuis ré(»oque o<i écrivait Barhequins, lûen dearéfolulions se sont opérées h la Sublime Porte, et les voyageurs s accordent à dire que l'éieve du cheval n'y a point gagné; les chetvaux commencent k être aussi durement traités en Turquie que dans les États dirétiens; ils sont logés dans des écuries incommodes et mal pavées, et attachés paf les quatre, pieds avec des entraves fixées en terre par ua piquet de fer» ce qui leis fiitigne horriUement.
Le nom de cheval turc s'appliquait autrefois à tous les d^vaux d'Orient; c'est ainsi qu'en Angleterre on cite iea noms de Byerley-Turk^deHe)ma&ejr-Tttrk» d'Âney-YeUow^ Tork, etc., sans qu'il soit certain que ces chevaux fussent Oiîil^uaires de Turquie. On appelait de même, en France, tMrcs é^Aa^ietârre des chevaux orientaux, harhes» persans*, et même de pur sang anglais. Le mot turc exprimaîlt senlement leur origine orientale. Aussi faut-il remarquer que souvent l0s anciens auteurs nous oui doijuné des des-
criptions du cheval turc qui s'appliquent beaucoup mieux au cheval persan et au cheval turcoman qu'au cheval turc pruprenoent dit.
Toutefois il se trouve a Gonàianlinople d'excellents et magûiUques chevaux provenant de tous les pachas de Tempire et des gouverneurs de province. Quand un scheik, ou même un sujet bédouin, a un bon cheval qui convient au pacha ou au gouverneur, celui-ci fait en sorte de l'obtenir par un moyen quelconque ; puis il renvoie en présent aux ministres et aux grands de l'État : aussi est-ce peut-être k Gonstaminople que l'on trouve uiaintenant les plus beaux types des races orientales.
L'équitatîon turque est une des grandes variétés de Técole méridionale, qui consiste principalement h porter Tétrier très-court et à remonter les genoux. Cette équitaiion, d'où les Anglais ont pris leur tenue habituelle dans les courses rapides, a plusiLms avantages que ïon n'a pas toujours bien compris : d'abord, elle favorise la tenue quand il làut franchir de longues distances k toute vitesse et fait éviter de nombreux dangers; puis, dans l'Orient, où le chevalest généralement de petite taille et a le ventre mince» il fallait bien raccourcir la jambe pour qu'elle pût embrasser convenablement le corps du cheval. Pour la tenue européenne, il faut que le cavalier soit proportionné au cheval; sans cela, sa position sera gauche et forcée. Au reste, Téquitation orientale admet, comme la nôtre, le moelleux, l'assiette, Taplomb parfait du corps, la fermeté et la douceur de la main^ mais eUe ne connaît pas cette finesse d'exéco^ tion qui fera h jamais de l'ancienne école française la pre« mière école du inonde. Les Turcs font usage de selles hautes et lourdes, de grands étriers triangulaires qui leur u 4
servent d'éperons ; des garnitures de soie et d*or couvrent la selle et la bride» et g'éieadeat ea hrillaots réseaux sur rencolure et la croupe du cheval. Les Turcs élaieot reoommes autrefois par leur talent en équiialion. Sous ce rapport, ils ont beaucoup déchu ; leurs cavaliers ont généralement maintenaiit la main dure et agisseot par saccades; ils demandent ^ la forte ce qu'un habile cavalier ne doit demander qu'k Tadresse, et ils sont d autant plus coupables en cela, que leurs intelligents et dociles coursiers <mt une cadence et une souplesse natureltes qui vont au-devuRt du désir de 1 ecuyer. Espérons que les rapports journaliers qu'ils ont maintenant avec l'Uccidânt, et auxquels ils doi** vient déjk de nolables amëlioraUons physiques, se feront sentir aussi dans Téquitalion; qu'ils aboliront Tusage de cette selle lourde et informe, de ce mors barbare, de cet étrier pesant et acéré, avec lesquds ils martyrisent lenrt douces moutures, et qu'ils reviendront un jour à être les premiers cavaliers du moodCf puisque Dieu a voulu qu'ils tu possédassent les molleturs ehevaui*
Parmi les exercices équestres les plus célèbres, on cite celui du djérid. Ce mot vient de l'arabe, et signiiie palmier os dattier. C'est en eflët une brandie de palmier sèche et sans feuilles, façonnée en sorte de bâton long d'envtroti un mètre^ qui forme la pièce principale du jeu du ^jérid. La jenneMe de Tempire raffolait autrefois de cet amusement, qui ne laissait pas d'avoir ses dangers. Chaque vendredi, les cavaliers se rassemblaient sur TAlmeidan; ils se partageaient ea deux bandes, et, au signal donné, Un cavalier partait de chaque cèté. Arrivés Tan auprès de l'autre, ils se lançaient le djérid. Lliabileté consistait à frapper son adversaire et k éviter soi-même les qu'il vous portait. lis jcama*-
saient le tijénd en courant^ et salsiMaieftt h mtmm «fti dans sft cotirfie rapide, le ventre dit cheval louchait presque Atterre.
Dans CCS jeux, ils s'exerçaient àtoutee teB eepèeésite voJtigee ogiiëes en Orienti ils paseai^t aous le ventre dé leurs ehevatti, se remetUient en selle, descendaient et remontaient au galop, et ce qu'il y a de plus surprenant» dit Torajlbrd, c'est de les voir renversés sur la eroupe de teurs ehèvanx^ courant bride abattue, tirer une flèche en l'afr avec lani (J'adiesse, qu'elle venait toucher le pied de derrière du cheval sur lequel ils étaient montés. Maintenant ta plupart de ces usages sont tombés en désuétudo. Lorsque les jeunes Turcs se réunissent, ils se bornent à se lancer muiueileinent le djérid et à le ramasser en courant. Pour faciliter cet exerctee. ils attachent l'étrier à la sangle du ehevaUau plus bas de Vélrivière. Quaudie cavalier se baisse^ son pied s'accroche k 1 étrier renversé qui lui sert de poiut d'appui pour sè relever; Au reste, ou court encore le djérid en Orient : c'est un moyen d'exercer les chevaux qui ré* pond aux laiitasias algérieunes, aux counes et aux tbasses occideuules. L exercice journalier et même violent est le seul mdyen d'entretenir et de développer le mérite des chevaux. Partout où la jeunesse se livrera a ces jeux équestres^ la nation aura de bons chevauii partout oh les jeux cessa^ ront, les chevaux ne seront plus que des automates dont on estimera la ciiair au poids et les formes à la rectitude des lignes.
Un des plus gracieux ornements du cheval oriental est cette quëue soyeuse et toutiue qu'il secoue dans l'air ou balance en éventail autour de ses flanesi Les Levantins en ont tt&iMÎn eitptae, ils tiennent à m qn'elte soit touffue et
loisame, et, camiiie nous rayons déjà vu, ik en roagissent
le bout» quand elle est blanche, avec le suc du heooé.
Cette parure a tant d attrait pour les Orientaux, qu'ils en. çui fait un signe d'honneur. Dès les temps les plus reculés, les crins des coursiers floUaieot sur les épaules des chefs de guerre ; les Turcs les transportèrent sur leurs enseigoes. On sait que les pachas se dîstinguent entre eux pour Vimportance de leurs provinces par le noiubre de queues de cheval qu'ils font porter devant eux. C'est du reste un bel et gracieux étendard que celui-lk! il rappelle toutes les idées nobles ci glorieuses, il est léger à porter, le vent ue peut pas s'engouflrer dans ses plis, et les balles peuvent y passer sans y laisser de traces. Certes le peuple qui portait devant lui une crinière ondoyante, surmontée d'un croissaiit, devait
être grand par sa vaillance et ses conquêtes. Pourquoi faut- 9 qu'un principe incMmteur se soit attaché k ses nobles instincts?
Le cheval persan a un peu dégénéré de son antique gloire^ c'est encore le digne héritier de cette race formée par Gyms et qui passa dans raniiquilé pour la première du monde ; mais il s'est ressenti de l'état précaire et de l'aftaiblissement du puissant empire à la splendeur duquel il était associé. Le cheval persan est plus grand que le cheval arabe, ses membres sont forts et nerveux, sa poiii ine est haute, et son garrot, pour parier le style de l'Orient, s'élève sur son dos uni comme une montagne sur un désert de sable; actifs, courageux, légers, pleins de douceur et de liant, nuis chevaux ne sont plus propres aux voyages, à la chasse, à la guerre ; leur seul défaut marquant est de porter au vent, ce qui fait que les anciens écrivains anglais les avaient suraoniuiéâ astronomes. Cela tient prohablement au
genre d'équiiation des Persans et à leur habitude de se servir du mors brisé sans avoir soin de porter les mains assez basses. Peut-être aussi celte disposition, qui se remarque chez un grand nombre de chevaux orientaux , est-elle un don de la nature pour faire éviter au cheval les chaudes exhalaisons d'un sable brûlant et la réverbération monotone qui pourrait a la longue blesser leurs regards. Le chameau, l'autruche, la gazelle, qui habitent les vastes déserts de sable, ont tous les narines élevées et les yeux en l'air.
La haute réputation des chevaux persans les faisait rechercher autrefois de tous les peuples de l'Asie ; mais depuis un demi-siècle ils ont déchu dans l'opinion, et leur usage est moins répandu. Les principaux pays d'élève sont les plaines de Persépolis, de Médie, d'Ardebil, où les Persans vont adorer le tombeau de leur prophète, de Derbent et d'Erivan, célèbre par le Mont-Arrarat et la muraille qui unissait la mer Caspienne au Pont-Euxin. Ceux du Kurdistan sont renommés pour leur énergie. « Les chevaux des « montn(jnes sont plus beaux que les autres, disent les Perce sans, parce qu'Us respirent un air qui n'a jamais passépar « d'autres poumons ! » On distingue principalement en Perse deux races de chevaux : l'une grande et forte, portant le type marqué de son pays, que nous avons décrite sous le nom générique de cheval persan ; l'autre plus petite et plus commune, aux formes arrondies, a la forte encolure. Cette espèce a beaucoup de rapports avec les chevaux des montagnes de plusieurs contrées de la France et particulièrement avec le cheval de la Cornouaille bretonne, dont, par une bizarre analogie, elle rappelle le poil alezan clair et la marche amblée. Tels sont les chevaux du Karabak au nord de l'Arax, remarquables par leur ensemble et
Içur vigueur. Ces chevaux >'iei)i|Êi|t, dit-iio, de» malw d<| ta Rqssîe méridional^* eolevéea par les kans peiBaoa ; \&m pères sont des meilleures r^ces d'Arabie: ils soiil souveot donnés en cadeau par les scha|is de fam aux gouverneuri de |a province d'j^rivsiq. C^a rqi>uates obevaux ont beaucoup d'ensemble et de gros ; i\s 80Qt ordinairement alezans. 1,06 prjnces du pays eu oui graad ^oîq et en possèdanl un graqd ppmbre^ 4oat ila font cominerpe avec les Russes de Tiilis ; c*est avec ces chevaux que se fait la guerre du Caucase contre te fameuik Schamil, l'Abd el .Ivader de cette autre Algérie.
Nous donnons ici la deseriptiop des chevaux de la Pme
et des habiiuilcb liijjpique§ de ce pays d'après un célèbre vojageur aogiajSi ut foru^. Les pbevaux persans* dU-iU n'expèJ^nt pi^s quatOFse oi| quiose paumes loepeodant ils
buuU ^tnit compris, jilu.s grands quf les arabes. Les clicvaux di) Ue^fip et ceux des oiivjrqus d'HissaU sont petits, mais fpr^epi^ent charpentés et i'n^m grande vitesse ; la coutume générale est de ne leur donner à boire que deux fois, au Ipvci'^t au coucher du soleil, après un bon paRSpiD^i^t- 1 euf UQurriture est l'pcge et la mjile hachée que Tou met dans une musette pendue a leur téte, ranimai est dehors, et, ^'il est daiib i ccuvic, dans un |rou en luriiie de losange pratiqué à cette iqteatioa daus Tinténeur de la miirajUa, (nais beauequp plus haut que neus ne mettpns nés ma»-'
geoires. Le foin e^i ujcquuu eu Perse. Les chevaux persan^
SQnf I0^ie^l>s i^puvert^ d^ns répurte: la frmde saisen ils ^pv^ltipp^^ ^%ï^ Ip large mmmif vaste eauverlur»
de l'eulrc qui les couvre depuis la lèle jusqu'aux [>ieds, et ^ui ps|. solidcnieuL tixée ^utqur d eux par un long suriaiilf qpi jqsqu di^^'Cftis |p tpqr ^ ^m- ka im§ê
chauds» ils ne sont couveris que la nuit d'une couTcrture
d'étoiïe légère.
Qadquelbis on renferme lâ nuit un assez grand nomlm
de chevaux dans la cour de rhabitalîon dn chef? les têtes des chevaux sont alors attachées k leur place par les doubles cordes de leurs Iléons, et leurs pieds sont enlacés paf des cordes de crin fixées k des anneanx de fer rortement fichés en lerre. La même coutume existait du temps de Xénophon, et par la même raison, pour qu'il Mt plus facile le maintenir chaque animal séparément, les écuries n'étant nontées généralement qu'en chevaux mfdes. Les palefreners cependant dorment toujours sur leurs couvertures parmi eui, a6n de prévenir tout accident, car ces animaux si coux h l'homme sont très-méchants entre eux ; quelquefois, en effet, malgré ces soins, ils parviennent à se délivrer de leurs liens, et alors un grand combat s'ensuit. Un ben* nlsséinent général, des cris, des coups de pied, des reniflements de rage ont bieptôt réveillé les gardiens, et la scène devient terrible. On ne peut se faire idée, quand on n'en a pas été témoin, de ce que ce spectacle a d'eflIVayant; ies chevaux se saisissent, se mordent, se frappent i un l'autre avec fureur ; on ne peut les séparer avant que leurs flancs ne ruissellent de sang* Bans les combats des peuples de ce jiciys entre eux, les chevaux prennent part li la querelle de leurs maîtres; ils se déchirent à copps de dents, tandis que les cavaliers combattent sur leurs dos.
On racontait des choses merveilleuses de FéqitflatioR des Perses : tantôt, djsait-on, montés sur leurs chevaux et armés d^bàtons ferrés, ils jouent au mail et se renvoient la balle avec autant d^adresse et d'assurance qne s'ils étaient k pied ; ta&lût 41s placent sur un pilier une pomme ou une balle.
eourent dessus li toute vitesse, et, iorsquils Font dépassée,
ils se retoiirnonl sur leurs chevaux, saisissent leur arc et manquent raremeDl de l'abattre. C'est un souvenir de Taneîeone manière de combattre des Partbes encore en usage chez les Tarlares. On citait encore le jeu du tuibaii, ijui consiste à tirer un certain nombre de ilècbes dans un turban, tandis que le cbeval court à toute vitesse, ou bien k prendre un turban, à le jeter en Tair on devant soi en ayant soin de ne jamais le laisser tomber à terre. ËiUiu, les exercices de voltige qui sont chez nous ia spécialité des acteurf de théâtre. Sauter d'un cheval sur Tautre ou sur plosieuri, se laisser glisser sous le ventre, tourner autour du cou d'in cheval lancé au galop et se mettre en selle, se tenir deboat, en avant* de côté, en arrière, avec autant d*aisance qm si ron était a pied, et tout cela à une allure fougueuse ! Voilà ce qu'avaient produit les leçons de C^rus ; mais ou nous assure que toutes ces vieilles coutumes disparaissent peu à peu, et que les Persans tint beaucoup perdu de leurs habitudes cavalières. A mesure que les peuples se dénaiionali^t Téquilation s'en va ; c*est un des signes les plus mar* qués de la décrépitude de^ nations, comme au contraire les mœurs cavalières en sont un de vie et de durée.
Les Persans ont aussi leurs courses de chevaux. Voici ce qu'en rapporte un voyageur anglais : a J'étais fort curieux de voirleschevauxdecoui se quije ne pouvais en douter, avaient été choisis parmi les meilleurs du pays, aiin de montrer toutê la beauté de cette race aux ye^x du louverain. Les concurrenls furent divisés en trois séries pour prolonger le divertissement ; ils avaient été entraînés depub plusieurs
semaines, durant lesquelles on les avait plusieurs (bis con* duits sur le champ de course ; mais on s'était donné tant
de peine pour les taire suer et réduire leur poids, que leurs os perçaient la peau. La distance marquée pour la course était de vingt-quatre milles» environ trente-huit kilomètres» et, afin que Sa Majesté n'eût pas 2i attendre, les chevaux avaient été envoyés longtemps d'avance par trois divisions au pdnt de départ» de manière a ce qu'ils eussent h passer devant le roi peu de minutes après son arrivée. Un court intervalle séparait chaque peloton ; ils arrivereiu au but dans leur ordre de départ, mais tellement fatigués, tellement épuisés, que leur vitesse si vantée ne surpassait pas le train (Y un petit galop de chasse lorsqu'ils passèrent sous les yeux du roi. »
Yoid h quoi se fait connaître un bon cheval, suivant un poète persan : « Je viens et je te dis, écoute ô prince ! et apprends à quoi se fait connaître un bon cheval, actil et alerte. Vois si ses naseaux s'enflent et se dilaleni alternat!* vement, si ses jambes sèches et déliées sont comme les jambes de la gazelle, prête k commencer sa course ; ses hanches doivent ressembler k celles des chamois ; sa bouche délicate cède h la plus légère pression de la bride, comme la bouche du jeune chameau, (juand il inange, ses dents broient le grain comme la meule d'un moulin en mouvement, et il l'avale comme un loup affiimé>son cou est élevé et majestueux comme celui du faon ; le meilleur temps pour le monter est entre sa quatrième et sa cinquième année ; sa téte est fine et petite comme celle du grand serpent chahmaur ; ses yeux sont saillants comme deux pommes ; ses dents semblent autant de diamants; la forme de sa bouche doit approcher de celle du chameau màle; ses membres sont finement dessinés et plutôt arrondis qu'allongés ; quand on le sort de Técurie, il est joyeux et il se cabre ; ses
yeux reisembleiit li eeux de Taigle» el il mardie Vin* qiiièie impatience d'un loup affamé; son ventre et ses e^tea reiupiissciu exaclement la sangle. Un jeune homme de bonne ikniille prête une oreille obéissante aux leçons de ses parents ; il aime ton cheval et en prend le plus grand soin; il sait par cœur la généalogie ol la pureté de son sang; il essaye souvent la vigueur des articulations de son genou; en un mot, il doit étreee qn'était Mirza^âerrafdans sa jeut nesse. »
Mirza-Serraf était le père de Kourougiou, l'ancien diei des barae du sultan ; le poêle avait donc été élevé à bonnt école pour apprécier nn bon cheval et les soins dont il doit être entouré.
Len Gircassiens sont très-amateurs de ebevanz, ei chaque prince on même chaque noble se vante de posséder une
race particulière de chevaux à laquelle ils aiiribnent un mérite spécial. Pour éviter toute fraude k cet ^ard, iU mar< quent à la cuisse les rejetons de chaque famille. Cette céréi monie a une telle importance à leurs yeux, que celui qui s'aviserait d'imprimer ce signe de noblesse a un cheval de race commune payerait de 1^ vie cette infraction aux. vieilles coutumes nationales.
La race la plus vantée naguère en Gircassie portait Is nom de ipahds; elle appartenait exclusivemeni au kan et il sa femille. Le principal mérite de cette race était la fores et la douceur; sa marque distinctive eiaii un fer à cheval vu de côté. Maintenant la race prineipale du paye appartient au prince régnant, au chef Abachideié, sa marque est un N russe.
Les chei^aux circassiens sont très-renonuaés en Turquie nh les aMnlMds ks copdiriteDt en gsaari noairiH'e. On aajt
que ce pays fournil aussi son brillant contingent aux Irésar$ «de$ harems d Orient. Il 6&t da remarque coa^tante que les pays privilégiés pour la beauté des femmes le soient aussi pour la grâce et I ciégancc particulière des ci^evauii;; nous aurons occasion d'en oiUir pius d'une preuve en Europe comme en Asie*
)jes peuples du Gaqease sont considérés comme les meil" leurs! cavaliers de c^s contrées. Les chrétiens surtout, qui se distinguent par l'élég9|ice de leurs mœurs, leur întelli* genee et leur activité, sont peut-être maintenant les plus habiles écnyers de FOrient. Leur équipement est léger : il consiste dans nn feutre ployé en quatie sons i^arçon de hi selle. Cet arçon, aussi gracieux que eommode, est reeon* \cil un coussin roiul, atlaclié par un long suiiaix; le tout est parsemé de boutons à léte ronde, argent émaillé de noip ; ils ont pour bride un simple brîdon k mors brisé et arrêté, comme nos bridons, par deux larges auncaux. {Is se servent de ce hridon ^nee une adresse merveilleuse, et en nbtiminept, par la pose et la légèreté de la main, tous les effets de la bride.
Le jour de la iéie de saint Georges, patron de la Géorgie k ia<iuelle il a donné son nom, des courses de chevaux s'é-^ tablisseat de toutes parts. G^est ordinairement autour des églises qu'elles ont lieu. Les uns luttent de vitesse, les autres lancent le djérid, d'autres jettent à terre leur bonnet et le rsmassent en courant, ou, tandis qu'il est en Taîr, rajustent (le leurs longs pistolets et le percent de leurs balles. Cependant des da^ises s'enlacent sur les pelouses, les belles Géorgiennes» qui gardant pour ce jour-lk leurs plus brillants atotirs, encouragent les cavaliers de leurs bravos ^ d^ \mm Wi^4â» . d'mimi plus enviés que c'est la seule
circonstance de l'aonée où il leur soit permis de paraître sans voiles. Le beau idéal de l'écoyer est le Gircassien des provinces de la Kabardie et de l'Abcasie.
Parmi les peuplades nomades de la grande famille des Tartares, on distingue, en Asie, les Turkomans, qui se sont fixés, depuis des siècles, au nord-est de la mer Caspienne» dans les plaines du Turkislan. Campés comme leurs pères les Kalmouks sous des tentes de feutre, ils vivent ordinairement de rapines et de brigandages, ou des tributs qu'ils imposent souvent h des peupks plus puissants qu'eux pour le salaire de leurs armes vénales. Les chevaux turkomans sont en grand renom parmi les races hippiques ; on les met au rang des plus fameuses d'Orient pour le service et les qualités. Leur taille est élevée, leur constitution forte et énergique, leur caractère est patient et lenr vigueur est telle, qu'ils supportent habituellement les plus grandes tigues sans montrer le moindre signe de faiblesse ou de lassitude. On en voit souvent parcourir, pendant des mois entiers, des distances de cent trente à cent quarante kilomètres par jour, sans autre nourriture qu'une poignée d*orge au coucher du soleil. Toutefois les voyageurs n'accordent pas k cette race précieuse une beauté comparable à ses qualités. Voici ce que diL le capitaine Fraser dans son Voyage en Korassan.
«t Les chevaux turkomans, dit-il, manquent d'ensemble et de muscles, ils sont longs de corps et enlevés, ils ont la côte courte, la poitrine étroite et le tendon laiili, le cou long, la téte forte, commune et rarement bien attachée. Telle est l'impression qu*il$ ont produite sur moi à la première vue, et je fus longtemps à reconnaître les qualités remarquables et vraiment supérieures qui les distinguent* »
Les chevaux turkomaus proviennent du croisement d'étalons arabes avec des jumenU du nord de la Perse, Tartarie» Scythie, ou rËrgris ; ils ressembleot aa cheval anglais de demksang, niais ils sont im peu moins corsés. Ces cheyaux soDt recherchés dans tout rOrieot par les nobles et les guerriers* et s'achètent à grand prix. Les meilleurs chevaux turkomaos sont élevés sur les bords de la iivière Ledjen.
.Les Kurdes, qui secondèrent si bien les armes de Saladin» mootaieiit des cbevaox Tenus dn Torkislan.
Les Kalmouks sont, pour le pays qu'ils habitent, pour les mœ\irSf pour les habitudes, pour la âgure même, le tjpe du Tartare d'Europe et d*Â8Îe. Fils ainës de la race moogolique» les Kalnaouiis moulent un cheval aussi laid, aussi dur, aussi sobre, aussi sauvage qu'eux* 11 semble que ces deux êtres h Toeil hagard, h la charpente osseuse, au rade tempérament, aient entre eux de mystérieuses affmilés. Le cheval, en elïèt, est tout pour le Tartare ; s'il est des peuples cavaliers pour lesquels le cheval soit le plus grand agrément de la vie, le plus suprême besoin dans ses habitudes guer» rières, agricoles ou commerciales, le Tartare lui demande encore autre chose : sa vie ! Le cheval porte, défend, habille et nourrit le Tartare ; celui-ci vit du lait de la jument, mange la chair du poulain, fait des habits de sa peau et ses étendards de sa queue. Il pait des troupeaux de chevaux comme d'autres des troupeaux de bœufs. Descendant des Scythes hippomologues, ou buveurs de lait de cheval, ces peuplades ont conservé toutes les habitudes, toute la vie nomade et guerrière de leurs ancêtres. Le lait de jument, fermenté et préparé par les femnies, sous \c uoni de kmmms aschbaf fiàit la principale boisson des iialmouks.
Les enfants des Kalniouks sonl élevés dans les babitades équestres dès leurs plus jeunes ans. Autrefois comme maintenant encore^ k peine peovent*iU fie tenir sur leurs
jambes qu'on les cnfourcbe sur des moulons, el qu'armés de petits arcs on les fait chasser des oiseaux, des rats, des fouria. Tels sont les jeux de renfuûee. Plus tard» on léur donne de petits cbe^aux et on les envoie k la dbaase dés lièvres qui abondent en ce pays; eoûn ils s'élancent sur de bondiaeants et rapidea coursiers ^ la pouranite des rois des forêts, et deviennent propres aui fatîgneaet k toutes les «ab^ tilités que demandent leurs terribles expcdiiious et leur vie de brigands audacieux.
Le cheval kalinouk est de petite taille, H est lacaricatafe du che\al perSan. Rapide, souple el liant comme lui, il en a le port superbe et altier ; soa jarret est iiaut et traudiaot, sa queue est bien portée, et ses tendons sont forts et bien attachés ; mais sa tête est lourde et disgracieuse, sa côte mal £iàite, ses hanches saillantes ; il semble que la naiure lui a retranché tout ce qui peut donner Id grâce et la beauté, et qu'elle ne lui a laissé que des os, des (endbns, des muscles, tout cela aiiaché au hasard, mais animé par une haute et vigoureuse poitrine.
On trouve encore des contrées païennes dans ces vastes déserts, et les habitants, suivant la coutume des vieai Scythes, immolent un cheval à teurs divinités. Un voyageur dit k ce sujet que, pour être admis k manger de cette viande sacrée, il laut préalablement Irempcr une chemise blanche dans le sang de 1 animai ; mais un auteur lau observer avec raison que cet objet doit être asses difficile k trouver dans la i;aide-robe d'un Tarlare.
Les voyageurs ont raconté des merveilles sur la forée
ÎH ttgueiir des chevaux lai tares ; on a dit Qu'ils marthàietit deux ou trois jours saus s'arrêter, qu'Us passaient quatre ou cinq jours sans autre nourriture qu'une poignée d'herbes, de liait liL'ures en huit heures, et qu'ils pouvaient marcher viûgt-qualre heures sans boire.
Pour tout celâ noué sommes parfoitement de Fàvis de rexccllent auteur anglais, Lawrence, qui pense qu'il y a beaucoup d'exagération dans ces récils. Cependant il est reeonaa qu'ils sont sobres, robustes et durs à la fatigue, comme tous les ehetattx d'une race ancienne, nés dand un pavs l'avorable et élevés énergiquement.
Du vaste empire des Mongols, qui tant de lois meo&ça de subjuguer le monde, il ne reste plus que quelques pett* plades errantes, vivant de rapines et de guerres comnie les Kalmouks leurs frères. Le cltevai mongolique est fin et i^uvage, âa longue crinière obdoie sur le désert comme la cime des vagues sur la mer écumeuse. C'est lui qui fit rayonner dans l'histoire les noms de Gengisldiau et de Tamerlan ; leur audace fut son ouvrage.
Ce forent les Mongols qui firent la conquête delà Chine. Lliistorien Palafox nous représente les sauvages vainqueurs attachant lés rênes de leurs brides à leur ceinture, et guidant leurs chevaux par les jambes et Içs mouvements du corps ; ayant par ce moyen l'usage complet de leurs bras et de leurs mains pour manier leurs armes, ils avaient m avantage marqué dans ces combats. D'autres, tenant dans la même main leur bride et leur arc et se levant debout sur leurs courts étriers, se donnaient une lorce double. Enfin; comme les Scythes, les Parthes et les Huns, leurs ancêtres, ils savaient encore combattre en fuyant, et ils n'étaient jamais plus redoutables que lorsque, tournant le dos
à leors ennemiS; ils faisaient Toter le trait aigu de leurs arcSy avec ce coup d'œii exercé qui oe les trompe jamais.
Nous alloDS mainlenant demander îi l'antique et mysté* rieux empire de la Chine de nous ouvrir ses portes et de laisser lomber un coin de sa baute muraille popr nous montrer ses races chevalines; mais, malgré sa bonne vo-
lonté, elle a peu de chose a nous offrir. Le cheval ciiiiiois n'a jamais été considéré» sous quelque rapport que ce soit, . et ces deux mots même hurlent de se trouver ensemble. Qu irait faire, en effet, le cheval, symbolo do lu vitesse et du mouvement, dans cet immobile empire, momifié, ou plutôt stéréotypé depuis trois mille ans? Un cheval chinais doit ètic un petit animal rond comme une boule, doux et bénin comme une levrette, et capable tout au plus de porter au pas un mandarin orné de pandeloques en erin rouget suspendues au poitrail et à la tête et eemeri de hamm dorés et brillants de mille couleurs.
Une remarque curieuse h constater et qui peut même donner lieu h des études sur la physiologie du cheval, mais qui s^écarle du but que nous nous proposons dans cet ouvrage, est la dilTérence qu'opère, sur Torgamsalion du cheval, le plus faible changement de latitude et de climat. Ainsi, l\ côté de la Tartaric au cheval indomptable, la Chine au petit cheval chélif et sans force ; à côté de la Perse et de l'Arabie, les deux principales contrées hippiques du monde, les Indes, où le cheval originel n'est rien, et où tout l'or, tout le solo, tout le zèle de la nation la plus écuyère de Tunivers n*a pu créer une race. Nous parlerons plus longuement de ce phénomène à Tarticle des Indes, r^ous uous horoerous ici h établir que, en tirant une ligue
droite depuis le golfe de l'Inde, en suivant le' cours da Baddor et remontant aux sources du Gange vers Agra ; de Ik, eDtrant dans la Tartarie en suivant les limites du grand Thibet ; enfin se dirigeant dans la Tartarie chinoise, vers le lac Hoho, et suivant le tracé de la grande aiui aille jusqu'au golfe de Petchelli, on sépare de TAsie, pairie du cheval, les contrées qui lui sont le plus antipathiques.
D'après les annales de la Chine, folu apprit au peuple à élever six animaux domestiques propres au service de l'homme 9 k sa nourriture et aux sacrifices religieux. Ces animaux sont : le cheval, le bœuf, la poule , le cochon, le chien et le mouton.
Ce fut lors du règne de Hoang-ti» troisième successeur de Fobi , que Ton inventa les chariots et que Ton dressa les bœufs et les chevaux à les tirer. Hoang-ti vivait vers l'an dn monde 2298, ou 1702 ans avant Jésus-Christ. Une ancienne tradition chinoise fait remonter Féquitation en Chine a l'an 2155 avaiit Jésus-Christ, époque de Téclipse dont semble parler le Chang-K.ing : a Le premier jour de la dernière lune d'automne le soleil et la lune, dans leur con* jonction, ne lurent point d'accord dans le Fauy, l'aveugle frappa le tambour, les mandarins montèrent à cheval et le peuple accourut. »
Oa n'admet généralement l'ère historique des Chinois <p'jWn;l!ègne d'Yao, mais l'histoire constate que sous son fègMA*ii6age des chevaux et des chars était usité en Chine. Le règne d'Yao remonte^ selon la chronologie des septantes, à j'ao 2559 avant l'ère chrétienne; selon de modernes coramsi^^KkJS&f il ne remonte qu'à Tan 2479> ou seulement 1521 aojs^liasIiJésus-Christ.
Du reste, si les chevaux de Chine ne sont pais beaux, il» 0Bt au moins en paHage tes qualités du oœur, la recon- Baisdaoee et la Sdélité. Un grave hislorien a mueilU l'anecdote suWanle s
L^an 704, le rebelle Nyro-lo Ghan pilla le palais du souverafai de la Chine. Il trouva dana les écuries eent ehemx dressés h danser devant l'emperear. L'usurpateur voahit les coaUaiadre à montrer devant lui leur hâbileté, mais les nobles animaui, ne le reconnaissant pas eomme emperear, refosèreut de danser h ses yeux, et préférèrent la mort.
Malgré l ancienneté de leurs liabiiiides hippiques, les GhiDois , comme nous Tavons dit, ont peu Tusage du ehevah Aussi furent-ils, malgré leur civilisation bien aupérieore en tout, vaincus par ce ebeval tartare, qui s'élança eomme un torrent de ses steppes sauvages et brisa la grande muraille. La dynastie tartare ne renonça pas fiaeilement à ses Habitudes cavalières; cependant, avec le temps elle s'en» dormit dans la molle indolence des successeurs de Pobi. G^est la vengeance des vainoua de rabaisser plus tajrd ki vainqueurs h leur niveau.
Du reste, on ne peut rien dire de positif sur les ressouroes chevalines de oet immense empire; ilest encore trop peuconna pour cela; il serait même étonnant que, parmi les eHmsil* divers qui s'y trouvent, les zones qui le partagent, il ne s'y rencontrât pas quelques contrées où , aveo des soins et de bona types, on ne pût créer el développer des races de che* vaux utiles aux divers services du commerce ou du loiOt et spécialement aux besoins de la guerre. Est-ce quo kft prairies qu'arrosent le IleuTe Jaune et le fleuve Bleu n% pourraient pas nourrir de bons et valeurenx ooursiera^Koai engageons les lellrés chinois k se préoccuper da cette
diront peut-être :
Tmm iJ&m9*f et fiftna kruut««.
ÇQmiue nous n'avons pas ici à faire le métier 4e ^Qn, nous ne leur répondrons pas.
Le royaume de Tong-King possède une race de chevaux remarquables par leur geriUllesse, leur léçèr^léel leur vi^ueiif qjais ils sont de petite taille çt ipopropres aux tr^vanx 4es terres ^ aussi se sert-on habituellement d'éléphants pour 1q service du pays. L'empereur eo nourrit à lui seul et en po^-» sède ordiaaireoiept plus de çia<} cents { les h^bitsints sq ^rvent de bulBes pour les transports et les labours ; ils les. at- , lellent comme iiaus attelons nos chevaux.
La Cochinchine e$t semblable k la Chine pour se^ rae^ ehevalines. Les chevaux y sont petits, fsibles et 4^ eb^vei apparence. On trouve dans les mpnlagnes de ce pays de petits chevaux sauvages que les habitants chassent çonune nous qhassons les cerfs et les chevreuils» et dont il^ r^rdeot la chair comme un mao([er déllçiei\x.
Nous avons vu limportaiieê que les anekns Indiens attachaient au cheval, mais ce souvenir venait saut doute ées ancieiiDes tniditioni répandues chez les peuple» qui» tour k tour, firent la eoiNfuéte ée ce pays. Iëb aflbl, le» Inde» B^Q»t pas de race chevaline ; on ae peut pas tout avoir 1 Et quand on a les teintures et la rose du Bengale» lesdianant»
de Golconde, l'or et les rubis du Gange, on peut bien aller demandér au pauvre Arabe ud noble coursier pour promener son indolence sur les rives fleuries du Malhabar etdn
Goiomandel.
lies chevaux qui naissent dans llnde sont petits et faibles, aussi coûtent-ils très4xm marché. Ceux qui servent
aux princes, aux nababs et aux besoins des armées, vieoneui des pays étrangers; mais il faut les entourer de soius minutieux et leur préparer une nourriture particulière, sans cela on ne pourrait les conserver ; on les nourrit, dans cartaios'lieux, de pois cuiis avec du beurre et du sucre; on se sert aussi et plus habituellement de mâches d'avoine.
Les Anglais qui ont exploré les Indes en connaisseurs et qui 01) L tait les plus grands eflbris pour améliorer les races de ce pays et en implanter de nouvelles, nous ont donné quelques renseignements sur les races indigènes les moins infimes ; les voici, d'après un de leurs ouvrages les plus estimés : Nous avons d'abord le cheval toarhy, provenant du croisement des chevaux turkomans et des chevaux perses;, ses formes sont belles, ses mouvements gracieux et son caractère doux. Ou dit que, lorsque les chevaux de cette race sont ménagés avec soin, leur taille, leur force, leur corpulence, paient tout ce qu*on peut demander li un cheval. Pleins d'ardeur et de feu dans le travail , le spectateur les prend pour des démons déchaînés, tandis que le cavalier n'éprouve que leur gentillesse.
Vient ensuite la race U'Yrany, remarquable par la beauté de ses membres, la ibrce de ses articulations et de ses jarrets ; mais elle manque de vigaeur, et ses oreilles sont laiig^ et pendantes.
Le cheval cosaque, patient et docile, a la poitrine profonde; il a de forts avaat-bras» mais une téle trop forte et de mauvais jarrets; du reste, assez conrageux et propi^li faire de longs voyages et un service pénible.
Les mojaûis ont la vigueur, la beauté* la vitesse et le fond.
Le tarscc est mince et a les reins bas : c'est pour cela peul-étie que, quoique d'un caractère irritable, manquant de force et n'ayant pas de suite dans rarrière-main, il est cependant recherché pour h douceur particulière de ses
allures.
On cite encore, parmi les meilleurs chevaux de Tlnde» le tator, petit cheval fort laid> mais d'une vitesse et d'un fond
prodigieux.
Un connaisseur décrit ainsi les chevaux d'une vente pro* venant des haras de la compagnie des Indes à Heissas.
« Il y avait au moins mille chevaux en vente; ils étaient a tous de la taille d'environ quatorze paumes et demie* « Leur encolure était haute et leur regard superbe. Leur ( gi and défaut semblait être de manquer de force sous le « genou, ce qui est général parmi les chevaux indigènes « de rinde, et surtout une trop grande tendance à Tempâff tement des jarrets, ce qui ferait qu'en Angleterre la moitid « passerait pour avoir des vessigons. »
Comme ou le voit, la Compagnie des Indes fait d'immenses sacrifices pour ramélioraiion des races équestres; mais, jusqu'à présent, elle n'a pas eu le succès qu'elle devait attendre. On a formé dans le Bengale quelques haras publics ; ils sont montés presque en totalité d'étalons arabes» saut quelques anglais, destinés h produire des chevaux de
«miMt« On Impmè ^« dè elimi«« les
Indos; le climât leur est défiivôfable. (^opendant, comme les Anglais ne peuYeot pftâêér de txmm de cbevaut, ib ont établi à CftlcMa dêS MIMê dMiMel il» ebeVttQk 4e leur nation; Itô autres 6ôur6ô& se ïoai eaife les chêvaux orientaux.
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