‹ Histoire du cheval chez tous les peuples de la terreChapitre 17 sur 24 · CHAPITRE yil · texte numérisé non relu

CHAPITRE yil

Dts chevaux allemands, la Pnuse, rAutnche, ia iioDgrie, la Semé.

Parmi les natkmsde FËuiope cenUale, la Prusse est essentiellement la pins cavalière. Sa position géographique la force à tenir le balancier polilique entre les civilLsations jeunes ei vieilles da continent. Cet état de choses nécessita, dès longtemps, Torganisation tonte guerrière de ce peuple, dont on a pu dire justement : € On ne sait où coffl- « mence son état militaire, où finit son état bourgeois! » LaPmsse a sans cesse sur pied une armée considérable, et surtout forte en cavalerie, afin de pouvoir lutter avec les nations voisines, dont la plupart entretienuent, à peo de frais, dans leurs vastes steppes, d'immenses troupeaux de chevaux. Lè caractère prussien est un mélange de bon

sens, de giandeor et de téDocité, qui coomet iiierailleii<sèment aoi destinées de ee peuple : c'est on hooneor poor

lui d'avoir compris que la question chevalme intéressait sa puissance et sa nationalité.

Ge fot an moment où la France, après la prodigîeaae apogée (le sa gloire, se laissait retomber daus celle stupide barliarie qui suit les civilisations et déiruisait les institutions qui avaient élevé si haut sa puissance; an moment où, avec tant d'autres f<mdations niiles, les haras fhinçais étalent tranchés par la sape des Vandales, que la Prusse adoptait, non le système mixte qui avait été établi en France par Louis XIV, mais une organisation régiriière, qui sub* siste encore avec d'utiles modifications, et qui avait la plus grande analogie avec radministratiou des haras restaurée, en 1806, par Mapoléoo. Vers 1786, le gouvernement prussien avait posé les bases de l'organisation de ses haras.

Des établissements lureut iormés dans de vastes do~ maines» achetés ou concédés par la couronne. Le roi Fré* déric-Goillaume illustra son règne par Tappui qu'il donna à rinslinuioii iiaissanie, et, pour preuve de sa sollicitude, il permit que le haras de Neustadt portât son nom. Comme tout était à ûire, on chercha les éléments partout : l'Europe, l'Afrique et l'Asie furent mises à contribution; l'Angleterre, la France, Tltalie, 1 Espagne, le Maroc, TArabie, fournirent leur contingent ; les savanis dirent qu'il n'y «tait point Ik de principes, mais la Prusse avait besoin de dievaux et non point de jiriocipes; elle réussit.

Quatre grands haras, Uaupt-Gestut, furent établis en Prusse, coomie quatre sources fécondes d'où le cheval national devait jaillir.

Trakhenen, dans la vieille Prusse ; lieustadt, sur la ri*

vtàre ie Dassfi; Gradim, daoâlaâ proviui^ $di^oQoes,et Fim, pfèfd'Ër&irtb.

Eb oiutre, dix dépdts d'étahma* Land-Gestut, furent iu-

blis dans les contrées les plus favorables a la production.

liu^qu à la guerra de l'ajcnélioration marcha à pas dagéam» €t kProsie id nt eoétatde j^iw rieadenaih der ï l'étranger ; mais la guerre de Fraiee rât «éeber dans son germe cette prospérité uaisaaote ; les haras et les dépQt« bumi dépouillé» de toun pruicipauii reprodiM^rs» et respôee «méliorée Ait conipl^ement détndte. H fleitit

difficile, dit M. de Monteodre, d'énumérer la quantité de chevaux eoievés de cerUdoes contréfift, situées sur les l)ordft des fleuves; par exemple, le nche M fertile pays» antDiiri par les deux bras de la Vistule, connu sous le nom de Vile de Nogat, a aourri, babillé, équipé et monté» pendant deuik ans, la plaa grande partie de nos régioienta» eontenns dam ces opulents villages : les bords de l'Oder, ceux de l'Elbe, ont fourni des milliers de bons et beaux chevaux.

Vomi un fait, raconté par le néme auteur, qui pioum tout le «oîn que les pauvres Prussiens mettaient k dérober leurs richesses hippiques k l'exploitation des vainqueurs :

Un régiment de dragons était disséminé dans plusieurs vfliages, au milieu des belles prairies qu'arrose k Vistide; depuis plus de trois mois, une compagnie occupait une fevme isolée* mais trèa-eonsidérable. Un grand nombre de ebevaux, de bcenfe, de montons avaient été fournis par le fermier, soit pour le régiment en particulier, soit ]iour l'armée en général. Tous étaient remarquables par leur beauté, et 'la ferme avait la réputation de posséder les plus belles races du pays. GepeiidaiU, uu niai^iiitique étalon avait pu, selon le dire du fermier, être emmené au loin avant notre

arrivée, aiDsi qoe des poulMèras ei des pooMas préelen;

Un jour, un paysîin, qui froysH avefr h se plaindre da fermier, vint trouver i'otlicier qui commaodait ce détachement et ravertit que le magnifique étalon, qif on erojaft; parti, était eaché dans la ferme ; le liett, 3 ne pnt Findiqaer, mais il jura que le cheval ne pouvait être ailleurs.

D'après cette assertion, on fit, pluûeurs jours de suite, tontes les redierchea possibles, mais sans rien désoavrir; on pensa que le paysan en avait imposé, ou était dans l'erreur, car on ne cadie pas un cheval, et un étalon surtout, eomme on eaehe nne poule on nn lapin.

On avait done renonoé I rien déeoumrir concernant Téta- Ion sî vanlé, lorsqu'un soir Folficier lui-même, s'élant relevé par hasard, et ayant regardé par mw petite lenétre qui donnait dans nne des cours de la ferme, aperçut du mouve* ment. Curieux de savoir ce qui pouvait se passer \k une heure anssi avancée de la nuit, ii chercha k découvrir ce qu'on faisait dans la cour, au milieu de laquelle se trouvait une énorme meule de paille entourée de fagots. Deux ou trois personnes, dont Tune portait une lanterne, étaient oo^ cnpées à déranger les fagots; après en avoir enlevé deux ou trois, elles disparurent dans le flanc de la meule et ibrent très-longtemps sans reparaître; enfin, elles sortirent de leur cachette, remirent les Êigots en place et se retirèrent.

L'officier ne pouvait deviner ce que ces hommes avalent été faire dans l'intérieur de la meule; il soupçonnait cepen» dant qu'on pouvait y avoir caché des provisions ou des armes; il résolut de s'en assurer : dàar le lendemain, préoc^ cupé de celte idée, il lit venir, k la pointe du jour, quelques cuirassiers, et, en présence du fermier et de ses gens, il fit . déranger les fiigots. On ne vit rien d'abord, le tour de la

meule paraissait intact; cependant, à force de sonder* on . dëeon^t nn endroit où la paille était moins tassée . Bi^tôt

on trouva un passage étroit, dans lequel un homme à peine pouvait se glisser. Au lx>ut de ce passage» un grand espace vide, occupé par quoi? par qui? par un cheval. Éviden* ment» la meule avait été faite au-dessus de lui, car on fut obligé de la défaire pour le faire sortir de sa cachette. C'était le superbe étalon en question. On peut juger du déss^ pointement, de la stupeur et de la douleur du fermier.

Le pays tout entier partageait son chagrin ; mais, en re- Tanche, la joie des Français était grande, la capture était importante, et bientôt, conduit au quartier général de Fin* kenstein, ranimai fut admiré du maître et de son brillant éiat-niajor, avant d'être dirigé sur la France, oà, sous le nom de Nénm^ il a fait, pendant plusieurs années» Torgueil d'un de nos principaux haras.

Aux malheurs de la guerre succéda le caUne de la paix. On se mit à l'ouvrage, on recueillit les précieux débris échappés an pillage, et, quatre ou cinq ans après, une prospérité relative brillait déjà sur la Prysse; taut est grande et efficace la volonté d'un peuple énergique, soutenu par un gouvernement fort et respecté!

Mais un nouvel échec attendait encore la régénération de l'espèce chevaline en Prusse ; les événements de 1812 approdiaient, lexpédition de RuSsie> qui rappelait, par ses gigantesques {uoporttons, ces torrents humains qu'entraînait au moyen âge, vers FOrienl, la voix de Pierre l'ermite, vini briser une seconde fois Tespoir de Tavenir. le passage des armées, la mobilisation intérieure, les bataillés et la mi* sère, dévorèrent en peu de temps plus de cent raille chevaux:, pris parmi les plus vigoureux et les plus nobles. Le

paysan, comme en France à cet(e époque, en était venu à eovier le mauvais cheval, sans taille ei sans %ure, persuadé qu'au moins il pourrait garder celui-îà.

Enfin l'Europe respira ; 1815 ouvrit une ère de paix qui, depuis, n'a été troublée que par des chocs intérieurs. La Prusse s'occupa de nouveau de l'amélioration de ses races èlie?alines; non-seulement les établissements furent restaurés et rétablis dans leur prospérité première, mais encore la consommation intérieure fut assurée. Le producteur, certain d'un débouché facile, se livra avec ardeur k rélève du cheval, et la l'russe doit mainlenaiit compter parmi les nations les plus avancées sous ce rapport; elle seule suffit k la remonte de sa cavalerie, aux exigences du commerce et du luxe, et livre encore à l'exportation un nombre considérable de chevaux supérieurs.

L exportation étrangère est le sceau de la prospérité, comme l'importation est celui de la ruine des nations. L'amélioration primitive en Prusse eut lieu par le sang arabe; maintenant le sang anglais y est employé avec faveur. Nous n'entrerons pas dans les détails de la polémique qui s'est élevée à ce sujet, nous l'indiquerons seulement.

Le vieux défeuseur du cheval arabe, M. de Burgsdorf, appelle au secours de son protégé les plus nobles souvenirs.

« J'ai vu, dit-il, en 1775, les superbes chevaux limouc sius et normands, lils d'étalons arabes, amenés sur le « Rhin par les princes émigrés français ; j'en ai monté plu- « sieurs, entre autres ceux du brave et mallieureux Som- « breuil; en d'autres temps, j'ai vu les chevaux les plus « distingués de Deux-Ponts et d'Anspach, chez lesquels le <c sang arahe prédominait.

« Gettx tout i fidft orienUnn; da comte autficliieo War*

« leosleben.

« J'ai franchi, avec un. cheval du baras de Csartorwiskii « une palissade en piauches de six pieds de haut» en pré-

«sence du véiit i îdile comte Linderiau, auquel je doiià iiies c faibles comiaissauces en science hippique.

« J'ai moaté le superbe Uniffou; j'ai obassé le ceif à « Belsarr, le r^ard ^ Rveuach; chasses si importantes et n célèbres pour tout noble ëpoitsman. J 'ai monté les m* € eomparabies chevaux de par sang du prioco Louis-Fer* « dinand, du comte de Lindenaa, du comte Ârnin Boite* « zemburg, de M. Marschal ei de beaucoup d'autres ama- « teurs» et je dois dire qu'ils ressemblaieni beaucoup plus « aux orientaux pour la forme, le sang, le» allures» la « sûreté et la durée, que les chevaux d'aujouid liui. J'ai c< monté aussi plusieurs chevaux de selle distingués de « S. M.t élèves du haras de Frédério-GuiUauiiie ou de u celui de Trakclmeu, tels que Rodric, Festin, BeUarine, a Narine et Marte, descendant tous de Ture^Mam-Aiti/» »

M. de Buigsdorf se compare au vieui: lion, qui ne cède pas, même après la blessure ; il tombe de la colline sur 1» quelle il coiubaitait, mais, reprenant ses forces, il s'efforce de regagner la position qu'il ne veut perdre qu'avec la vie«

On répondait à cela :

' « Toutes les qualités qui forment le ineilleui cheva de « guerre se trouvent dans le cheval anglais^ pour lequel au* « cun fossé n'est trop largOi aucune haie trop haute» et qii^ « pendant des jours entiers, se tient aux côtés des chiens, « sur un terrain mou et difiicile, se lire du marais le plus « profinadt et dont les courses dans la plaine ne scuit pas

« surpassées par les voilures à vapeur, mais seulement par a les aérostats et les pigeons courriers. »

Ces qualités précieuses se trouvent réunies, non-seulement dans les chevaux du icgimciit MeUon-Mowhray, presque tout Ihorouyh-brecU ou à peu près, dans ceux des Oxford-bleus et des Seotck-greiiSf dont chacun présente l'i* d4al du cheval mililaire; mais aussi, dans les chevaux de la cavalerie légère et surtout a dans les chevaux du Yorks- ■ 4t hire, de Tartillerie et des batteries de fusées. Dans la c même catégorie, il feut placer presque tous les chevaux « de carrosse, qu'on voit à Londres en si grand nombre « dans la Êisbionable saison. »

Pour nous, nous Tavons dëjh dit, qu'Importe la main qui tient le flambeau, pourvu que ce soit la luiuière?

Or, l'état de la question chevaline en Prusse peut se résumer ainsi, d'après l'un de ses auteurs :

« Le luxe, qui se remontait autrefois à l'étranger, se remonte njaintenant dans le pa>&l

a L'étranger même se fournit, chaque année, d'un grand pombre de chevaux prussiens !

a Donc la Prusse est dans la bonne voie l » On retrouve encore en Prusse rancienne race noli6 du Nord, dont nous avons dûju parlé plusieurs fois. Le haras de Trakcbnen, eu particulier, en possède des types remarfuaUe8«

En Prusse, comme dms le Medklembouig, et générale-

nieul lia^is toute l'Allemagne, le soin des chevaux est porlé à un si haut point, que le premier domestique de la maison, auquel obéissent tous les autres, est celui qui a la charge

des chevaux. 11 remplace, dil M. Marmier, dans la demeure

4lu paysan, cet important fonctionnaire des anciennes mai-

8ons princières du Nord, ce mare-sckalidCf d'où nous est venii notre grand titre de maréclial.

La Prusse a tout ce qu'il faut pour coiiipier dans les premiers rangs des nations cavalières du monde : sol fécond et climat tempéré, patriotisme éclairé, gouvernement progressif et ferme h la lois Les hommes de cheval de ce pays sont célèbres par leurs lumières et leur pratique savante. Les rois, à Texemple de Frédéric-Guillaume, accordent tonte leur prédilection au nohic animal qui fait «ne des principales forces de leur empire. La direction des liai as, confiée au grand écuyer du roî« forme une administration indépendante, et n'a pas a craindre les brusques change* ments de systèmes, ou les capricieux erremenls d'imbéciles théoriciens. Eniin, les bnllaots officiers de la landwehr, toute cette jeunesse ardente, riche et intelligente» soit qu'elle se montre en habits somptueux sur la promenade de Berlin, soit qu'elle se livre au plaisir belliqueux de la chasse, dans les vieilles forêts où leurs pères chassaient Turus et le bison, met son orgueil h faire briller le cheval national, coianie, en d'autres pays, on se met a parader sur un cheval étranger.

L'Autriche, proprement dite, n'a qu'une réputation secondaire comme nation équestre ; c'est aux nations unies et surtout à la Hongrie, sa compagne chevalière, qu'elle doit ses coursiers les plus estimés, et ces établissemenlB gigantesques, soit publics, soit particuliers, qui font l'admiration de l'Europe. Le cheval autrichien n'était autre, an moyen âge, que le roussin allemand, cheval de bagage et de suite. Cependant, dès cette époque, de fréquents croisements avec rélalon oriental avaient modifié, dans les écuries des nobles et des grands, cette race grossière» et soih

vent ces destriers indigènes rivalisèrent, dans les batailles et les passes-d'armes, avec ceux, plus céiebres alors, de France, d'ËsfiagQe et d'Italie.

Tourefoîs, ce fut vers la fin du siècle dernier, comme dans tout le nord de l'Europe, que des encouragements publics furent donnés à l'élève du çbeval, et que des établissements furent fondés par le gouvernement. Uadministralion des haras se divise, en Autriche, en deux branches principales : les haras et les dépôts d'étalons. Les premiers, régis militairement, se trouvent sous les ordres directs du conseil aulique, et appartiennent spécialement aux contrées peu populeuses de Tempire. Les seconds se di visent en plusieurs circonscriptions et sont destinés k seconder Tadministration dans les pays les plus privilégiés par la fécondité du sol et Taisance de leurs habitaiiis.

Les principaux haras de TAutriche sont : Mezocbegyès et Baboina, en Hongrie; Badaotz, dans la Bukovine; Nemoschitz, en Bohème; Ossiak, en Carinlhie, et Biber, en Styrie. Ces établissements contiennent environ deux mille juments. C'est Ik que s'élèvent les étalons destinés à la régénération des races et k la remonte des écuries jiarliculières de l'empereur. Le haras de Mezochegyès est le plus important de tous. Son ésistence remonte au moyen âge. n fut destiné primitivement à fournir l'armée d'un certain nombre de chevaux d'élite.

Vers la fin du dernier siècle, l'empereur Joseph lui donna )e titre de baras impérial pour la cavalerie légère. Il était alors composé exclusiveinenl de juments et étalons hongrois; plus tard, on leur adjoignit des chevaux de bicbenbourg et de Circassie; des juments du Mecklembourg, et dès étalons de races et d'espèces diverses, pris dans diifé- II. 12

rentes eoBtrée» de TËtirope; maintenant, enfin» [e sang arabe domine dans les repredncteurs de ce ham*

I/établissement contient quinze mille hectares ; il possède environ trois mille chevaux, dont mille poulinières.

Les elfiôers des haras soilt tirés des différents régiments de cavalerie; les borames de service sont ordinairement d'anciens cavaliers ; on choisit de préférence, pour soigner les efaevaux, les habitants de la Bohème ; pour gardiens de troopeam, les Hongrois, et pour eondocteors de bœnft, les Ë&clavuûs.

Ce haras est situé sur le flanc d'nne vaste colline, dans un pays agréable et dené d^mte merveilleuse fertilité. L'a* gricidtnre y est bien entendue, aucune entrave administrative et tracassière ne vient déranger les plans d'amélioration et de perfectionnement que l'expérience et la marche des idées viennent y apporter.

Le haras de Babolna est regardé comme le second de l'empire ; il est situé sur la rive droite du Danube, dans une ▼aste plaine qui s'étend prèfs de Komorsa ; il contient dix mille arpents et renferme environ mille têtes d'animaux.

C'est à Babohia ^e sont placés les étalons arabes les plus précieux. Cet établissement possède éncore des éta* Ions de race kladiup, remarquables par leur taille et leur conformation. Les poulinières sont de race hongroise et lipstzane. 11 y a aussi plusieurs juments arabes*

Le haras de HadantK date de 17^ : il est Mtué dans le eercle de Bukowine ; il comprend une contrée tout entière, qui touche à la fois au Siebenbaryen, à la Hongrie, à la Qallicie, k la Moldavie et k la Yalachie. Sort territoire oc-' cupe dix-sept villages : il est arrosé par la Stuschavf^a, qé prend sa source dans les montagnes de Seletin. Le nombfc

des chevaux entretenus dans ce vaste haras ne Int, d'abord, que de qaatre cent cinquante, mais bientôt il fut porté à quinze cents. Go nombre serait, d'ailleurs, beaucoup plus considérable, si l'on y comprenait le dépôt de remontes qui y est joint et qui est sans cesse alimenté par des chevaux de rUkraine, de te Benarabie, de la Moldavie et de la Valachie.

Le sang arabe est encore la base de l'amélioration du haras de Radantz, comme de tons les antres ëtaUissemenIs

publics de rÂntriche.

Les chevaux des haras impériaux sont marqués de la lettre initiale de rétablissement où ils scmt nés; nous avons vu cet usage ancien répandu partout, et tenir lieu des généalogies écrites (|ui sont d'invention moderne.

Les dépôts d'étalons desservent sept contrées principales; ils sont situés dans les localités suivantes :

Vienne, pour la partie de TAulriche située au delà ei eu deçà de Lems; Hatschem, pour la Moravie et laSilésie; Nmlmrg^ pour la Bohème; GratSt pour riUyrie et TAih triche inférieure; Drahmme, pour la Gallicie; MedêdiêHf pour le Suebenbourg; Crems, pour la Lombaidie et Venise.

Les établissements hippiques particuliers sont en trèa« grand nombre et fort considérables; dans Tempire d'Autriche, le plus remarquable est celui du comic 11 iinpdy. Ce haras est situé à Keffel, dans le district de Neutra. Le type améliorateur et propagateur du haras de KelTet est le che^ val arabe, et plusieurs chevaux de cette race, aussi précieux par leurs qualités que par leur conformation, y sont employés; mais, il faut le dire, Ih ne se borne pas la mardie suivie dans ce haras. Si le type est arabe, les soins et Tîntelligence sont anglais : les chevaux sont élevés avec dou-

- iMcear, laamés chaque jour, roiteuient nourris, dressés h tous les services et exercés de roanière k développer chez eux les qualités qui doivent assigner leur mérite comme reprc docteurs ou comme travailieure.

Les courses* la chasse, les voj^es longs et pénibles, sont les é| H cuves par où passent les élèves du haras. Oa les voit parcourir d'énormes distances avec une vitesse prodigieuse. Us franchisseutordinairemeut les cent soixante kilomètres qui séparent Urmany de Pesth en treize heures, et, en onze heures, les cent quarante kilomètres qui séparent Urmany de VïcHttne*

Un des étalons les plus remarquables du haras de Hunyady a été le célèbre Tajar. L'histoire de ce cheval est assez remarquable pour prendre place daiis ces pages,

Ti^ar était né sur les bords du NU, dans le haras év pacha ; Mourad-Bey le mpnlait h l'époque où le sultan Bonaparte conduisait les chrétiens 'a la conquête de l'Egypte. Ce fut ce noble coursier qu'il lança contre les escadrons français k la bataille des Pyramides. Jo/ar assisU à plus de vingt combats, et les cicatrices nombreuses qui brillaient sur sa robe d'argent attestaient la part qu'y avaient prise le cheval et le cavalier. Plus tard, Tajar devint la propriété du scheik Émir-bey, un des restes de ces brillants marne, lucks, qui n'avaient échappé aux halles des vainqueurs de Lodi que pour tomber sous les balles albanaises. Q^àuà le farouche Méhémet fit massacrer sous ses yeux celle célèbre milice, Tajar devint le prix du sang; il fut donné i run des sbires du sultan, comme ces dépouilles des morts, d'où Voeil se détourne avec frayeur. Ce lut cette circonslance qui facilita Facquisition qu'en fit le baron Feclitig. Tajar l'ut embarqué au Caire pour le compte du baron.

mais sa traversée fut rude et périlleuse, il eut k supporter une violente tempête; embarqué avec d'autres chevaux, la place qui lui était destinée se trouva trop étroite; forcé de rester couché sur le tilJac» le tangage et le roulis ajoutèrent de cruelles meurtrissures aux cicatrices des batailles.

En arrivant k Trieste, Tajar n'offirait qu'un bideux el sanglant squelette. Cependant les hommes de cheval reconnureot en lui le noble descendant du pur sang d'Orient. MM. Heiss et de Yeltbeim le regardèrent comme un des types les plus parfaits de la création. Acheté par M. Appel, sa descendance a couiirmé le jugement qu ils eu avaient porté. Son nom est inscrit parmi les plus précieux r^éné* rateurs des baras de l'Europe. L'intelligmiee et la douceur accompagnent ordinairement, chez le cheval, les grandes qualités de race et d'organisation; Tajar en était une preuve : son palefrenier coucbait souvent près de lui sons les mêmes couvertures. Pendant la nuit, un cheval se détacbait-ii dans les écuries voisines, Tajar réveillait le dormeur en le poussant doucement» comme Ba^d frappait récu de Renaud pour annoncer l'ennemi. Lorsqu'il se levait le matin, c'était avec si peu de bmît et tant de précaur lions, que le sommeil de wn camarade de lit n'en était pas Interrompu.

Le haras de Ziokendorff appartient au comte Szechengi; il est situé dans le district d Œdenbourg, k quatre-vingts kilomètres de Vienne. CSet établissement date de 1815 seulement ; il est monté en dievaux et juments de pur sang anglais. L'art el la nature se réunissent a ZinkendoriT pour en faire un des plus remarquables établissements de l'£urope. C'est Ik que s'élève la plupart des jeunes athlètes

qui prennent part aux course^i miiilaire» en Hongrie depui» quel(pies années.

Le liarat 4a prince fiiteriiasy M m des plus célèbres de ta Hongrie; il est situé a Ozora, sur la rive gauche (ie la Sio, dans le district de Tolna. Sa foodatiou remoote au cemioenoeineat du siècle deroiar. Des Utiûieiito coosidélables et bieik disposés, ^es coteaux couveris d une herbe hne et succulente , de magailiques prairies arrosées par des sources d eau vive, eu font un berceau privilégié pour rélève du cfaevaL Le type arabe se mêle au type anglais dans le haras d'Ozora ; on y élève toutes sortes de chevaux, depuis le fort carrossier jusqu'au cbeval de guerre, de cbftsse et de course.

Non loin du haras principal existe un autre haras demisauvage, où s'élève encore le ci^cvai koogroiSi Âls dégésiéié du cheval d'Orient*

Le haras de Déregigyhaza appartient au comte Coraly; son ten iioire occupe «n espace de quarante milles. 11 s'élève en pente douce depuis Féléyghola jusqu'à Messo-è- Hegyès, et renferme plusieurs bourgs et villages, peuplés dé plus de vingt mille habitants.

Ce vaste domaine est presque uniquement consacré à l'é* lève du cheval. On peut se faire une idée du nombre de ces animaui, en pensant que la seule commune de Vasathely entretient, non-seulLuieni un haras sauvage de juments d'ancienne race hongroise, mais eneora seiié autrts établi»' semants, de deux œnts tétisebaoun, dont les produits pa^ sent généralémeilf à la remonte deî> dragons et des hussards de l'aimée.

Le bar» de Bilwr Mt litué en «ytié. tes ou magoifiqne poâtkm, et possède de beaux pâturages dans ua jnys

à la (m iiMMita|Dm^ féc<>od. Le mmine des juneiiu «'élève eotiron k qaatfe-iriogts; le type arabe -y domine.

Le haras d'Ossiak était autrefois un couvent de Bénédic- Uus, supprimé par l'empereur Joseph II. La nature avait Kefiifté eei Irésoi» à eette localilé ; il a fallu de grands eflorU et des défiricheiDeiiU conaidéiabies pour ramener h aa nouvelle destination. Ce baras est principalement destiné à iomàt de types leprodacteurs leedépéta d'étalena et lea eoBtiéM ireiaîiMw,

L'ancien haras de Koiloitz a été fondu dans celui d'O»^ fiiak.

Le èaraa de NamacUli M Amêm Babène les

bords de l'Elbe et fait partie de la seip^neurie de Pardubitz, 11 s'est formé des débris du baras de iiawxansloà ; le iiemhAa des {MMdûûkea eat dft eent ent iiiaii ; las ^élakms ppemment des grands km» de la fiongrie et de la BokoiwÉie^

Le haras de Lengyellotby a été fondé par un ^des liommes éa ciieinl les plus inleâligeals de TEuasi^ M. le bafen 4e Eeetatig. il «st MMé «laaS k diâtnot ée Samo^s, fcès du las Balaton, a une journée de VieHiie. €et établi sseiueut est eonacré fresque uni^ment à Télève du cheval araJbe et à aen erafecttieot 4ivec les liftes mas du Nord. Le mode

d cdueation suivi chez M. le baron de Fcoktig icpoud à tous les besoins du seriiiee actuel; ses cbevaux sontiemployés de |eune àgeiit tiofaii de* lftnaws> let vm ttoanEteie succulente et af>pr<fipriée développe leur organisation <ft les prépare aux labeurs qui leur seroot imposés. Aussi, les dMftvami «éle^ far 'M. le èam 4a ^leohl^ mft*ite en grande répotalioA «n Antitelie. L'aiieUéoe ÉtUmne, IVmi des (râces les plus innommés par ses connaissances hâs^ ffa|nes,4esch»feifleait4eyéi6^^

écaries. Ces chevaux sont, en gënëraiK de grande taille;

ils ont du fond, de belles allures, beaucoup de liant et de bon vouloir; très-bons pour la chasse .et le manège, ils n'ool pas leurs pareils pour l'attelage des voitures légères. Le haras de Lipitza, dans le Frival, possède une excellente espèce de ctievaux; leur origine esl espagnole; ce sont eux qui alimentent' le manège de Vienne, de l'École espagnole, qni porte encore ce nom, k cause du travail qui s'y exécute et de l'origine des chevaux qui y sont employés : die spa* tmche Schule,

Les chevaux de Lipitza ont conservé le tride ét Télégance des anciens genêts d'Espagne, mais ils ont pins d'énergie que les chevaux espagnols actuels, un lond luepuiaable et une grande longévité.

Ils se font remarquer par la force de leurs hanches et la puissance de leurs jarrets; les carrossiers de cette espèces'élèvent à la taille des plus forts carrossiers anglais, lis sont réservés spécialement pour la remonte des écuries de l'empereur, tant a TaUelaiie qu h la selle, et pour celle des manèges de haute école et de campagne.

On «ait que la Hongrie fut« dès les temps les plus reçulés, fameuse par ses races chevalines, et par le goftt de ses habitants pour les exercices équestres. Le proverbe dit : Lora termeU a eseogyar. Le Hongrois est né à cheval. La Hongrie tient plus aux habitudes de TOrient qu'à celles do Nord , quoiqu'un reflet de chevalerie brillât sous l'aigrette orientale des vieux Magyare^.

Le cheval était un besoin pour ce peuple belliqueux, qui, conservant les traditions des Huns et d'Attila, ne combattait jamais qu'à cheval; aussi, les seigneurs hongrois «vaiealvils soin d'entretepîr un grand nombre de chevaux

dans leurs vasles domaines, et Thistoire nous apprend quet lorsque les magnats s'écrièrent à la lace du ciel : « Mourons pour notre roi^ Marie-Thérèse!.. » quarante mille chevaux de guerre sortirent des haras à demi sauvages de cette héroïque nation.

Les courses anglaises ont été introduites depuis peu d'années en Hongrie. Cette instituliou a trouvé un peuple touir préparé à la recevoir.

Le Hongrois comprend que les épreuves de force el de vitesse sont les bases de toute amélioration raisonnée. Les courses, fondées d'abord par des souscriptions particulières» reçoivent maintenant une allocation spéciale de 10,000 ducats.

Elles progressent chaque jour, et il faut espérer que \a Hongrie, obéissant à l'impérieuse loi.de la marche des temps, ne laissera pas déchoir la gloire chevaluie» qui élève si haut sou noiu panai les nations.

Ou lira avec intérêt la description suivante des chevaux hongrois et des habitudes équestres de ce peuple, due à la plume d'un voyageur français :

« La population de la Hongrie oMre un mélange sii^u- , lier de Slaves, de Valaques, de Transylvaniens, d'Allemands, de Juifs et de Français même; car, par une de ces bizarreries que la guerre explique cependant, il existe au centre de la Hongrie un village, un seul, peuplé de Français; son nom est allemand: il s'appelle Fûnf-Kirchen, c'est-k-dire cinq églises. Ses habilanls ont gardé notre costume el noti e langage, le lait est authentique ; quant aux chevaux, nous ne voulons pas affirmer qu'un sang français coule encore dans leurs veines.

« Le Juii', comme parti^ut, n'est qu'un vil paria rejeté

d*titte ^mHHée diilB i'mte^ et n'ettpMaol des pijB qa'S imterse «tué 8dD <yr et sâ haine pour les ehféliens qu'il at* irape de son mieux. Tous ces usurpateurs du soi hongrois, plus ou moias eùaiskm à ses lois, n'ayant en dans lears di^ férentes migrations aticone infloenœ sar la race chetaline, iiouh iie nous en occuperons pas. Les invasions turques sont les seules qui aient pu amener quelques ciiangements; mais nos eonnaissances k cet ^aid sont trop bornées pour que nous puissions en parler, quoique nous soyons en droit de supposer que ces invasions aient laissé du sang oriental dans le pays. La nation hongroise, proprement dite, est di* fisée en trois classes : celle des magnats on seigneurs, grands propriétaires, souverains de leurs domaines, rois de leurs vassaux; edie des edeUmte on noUes, et celle des paysans.

<r Voyons maintenant qnelle place occupe le cheval au milieu de ces trois grandes castes :

ec II y a en Hongrie quatre espèces de che^raux bien distinctes : la race priuiUive dégénérée; la race conservée et améliorée dans les haras du pays par d'heureux, croisements avec des cbetanx venus des provinces septentrionales, et la plupart régénérés par les étalons royaux des haras de Mezochegyès et de Babolna; les YoukerSf et les chevani de demi-sang; enfin, les chevaux de pur sang.

et La race primitive dégénérée appartient exclusivement )i la classe pauvre du pays. Ses chevaux sont faciles à reconnaître. D'une taille excessivement petite, ils rappellent un peu nos poneys bretons ; ils ont, en général, la tête forte, les yeux beaux, les oreilles mal attachées, la queue peu fournie, la crinière longue, les reins bons, les pieds bien bits, la croupe avalée, les jarr^ larges et poissants, lepoîl

fmaque toujours btti4NniB, quelquefois aiezao, mreiiieiii gris; beanooup pkis do sooliOB dmo k» allures que de n>

tesse.

« Leuis jeux vife et inteUigeots» leurs extrémités sèches et iierveiiBee, et tour ineonifiuaMo éûeigie qui réiiBie à

une faiigiie constante, su manque absolu des soins, k Tintempérie des saisons qu'ils bravent eu tout teai|>s, jour et nuit ; telft sont les cmetèiee qui truhiMnt euoofe okeu cette race une noble ori^e. Le férîiible connaisseur ne peut s'y méprendre. A Texamen seui des membres exempts de taies» k l'âge même de vingt ans, il faut bien reoonnaltie un sang généreux.

« Oaaïïtau voyageur ignorant et liHlifférent qaiuaversela Hongrie, il yous dira, comme cet auteur anglais dont j'ai oublié le nom : « 11 exisie dans la terre dee magnats un

« petit animal qui ressemble un peu au chev:il. mais qui « n'est pas plus gros qu uu chien ; on l'appelle vorspann^ et € les pajrsanus'en servent pour les travaux de Tagrienlture.» Ces petits animaux, qu'on désigne en Hongrie sous le nom de chevaux, n'en déplaise à Tauieur anglais, font le service de voispann, et nous allons expliquer la véritable signification de ce mot :

« La poste, en Hongrie, n'est autre chose qu'une espèce de service organisé par les paysans ou par les edellente, propriétaires de cbevuux; ily en adeux sortes : la poste rë* servée aux gens riches ou pressés, établie sur les grandes lignes seulement, est servie par des chevaux de chois de la race améliofée» mais commune, généralement petits de taille; ils se rapproehent aussi de tm chevaux brétons t ce n'est d'ailleurs pas la seule analogie que nous trouvions entre ces deux pays. Cette poste est fort cbère, mais d'une

granée vites^^e; dous avons vu faire ea vingt beureft le trajet de Pesthk Vienne, c'est-k-dire soixante lienes allemandeSt

et par un lem[)s de neige. Malheureusement, nous le disons» c'est seulenieiii pour les grandes communications qu'on pettt recourir à ce service. Les diligences, et il y en a peu, ont des relais particuliers qui vont assez mal. Dans l'intérieur du pays, il n'existe véritablement que le vorspann. Ce mot, formé de deux moUs allemands» spmnen atteler, et vor devant, signifie attelage proprement dit; il désigne une paire de chevaux, quelquefois deux, et même la voiture par extension. Dans chaque village, on trouve un homme préposé à la distribution des chevaux aux voyageurs ; ii cmpule avec cette fonction celle de rendre la justice, en distribuant à propos des coups de bàion ; aussi TappeUe-t-on juge. Lorsqu'on voyage, pour être sùr de ne pas coucher sur la route» il feut faire prévenir de village en village; car ce service, comme tous ceux qui sont imposés, se lait avec une grande négligence. Les chevaux de paysan n'entrent jamais dans une écurie : ils sont passablement nourris, mais d'une sobriété remarquable; ils sont réunis en troupeaux très-nombreux, nuit et jour, dans des pâturages, k la garde d'un seul homme. C'est là qu'on vient les prendre pour s'en servir au champ et sur les routes. Cette race s'élève à la grâce de Dieu. Les juments travaillent jusqu'au dernier moment; aussitôt que le poulain peut se tenir sur ses jambes, il suit sa mère dans des courses souvent tort longues; aussi son dressage est l'acile, et, lorsqu'on veut le soumellre au joiig, la lutte entre l'homme et le cheval ne laisse pas longtemps la victoire indécise. C'est dans le pâturage même que le jeune Hongrois s'essaye à une équitation improvisée qui manque rarement son but.

« Le petit cheval du paysan sert aux travaux de l*agriculture daos une graiule partie de la Hongrie ; les terres sont légères, et deax petite ehevaox soflisent k traîner la char^ rne : ailleurs, oo se sert de bœofs et de buffles. Rien de pins curieux qu'un vorspann hongrois : nous convenons de désigner ainsi ebevai et voiture, si tant est qu'un long panier d'osier fiiit en forme dé Y posé sur deux fourches de bois, adaptées h quatre roues, mérite le nom de voiluie. (l'est cependant là le véhicule de tou& les paysans; c'est celui de la bonne ménagère qui se transporte au marché, de l'officier que le devoir ou le plaisir appelle d'une station à une autre; et nous avons entendu dire à plus d'un que, couché sur une ^isse botte de paille, la pipe k la bouche, bercé par Tentretien monotone du cocher avec ses chevanx, sous un ciel étoile, et pourvu que le theruionuHre ne marque pas diX'huit degrés de froid, on peut encore faire de beaux rêves. Le service des troupes se /ait entièrement par vorspann : les régiments u ont pas de fourgons comme en 1 r^mce; à cha(}ue changement de garnison, on impose aux villages qu'il faut traverser le nombre voulu de vorspann pour les bagages des officiers et des soldats. Dans les stations, ce sont encore les vorspann qui amènent les iourrages, les munitions et tran^ortent les malades : tout cela à la charge du paysan. Les paysans montent presque toujours un de leurs quatre chevaux, iudilïéremment celui de devant ou celui de derrière ; ils ont une selle en bois, recouverte d'une peau de mouton; le harnais se compose débouta de corde et de cuir; les chevaux n'ont, à vrai dire,, que des traits et une têtière de bridon. Quand le charretier mène sa voiture, ce qoi arrive assez fréquemment, c'est au moyen d'une seule corde qu'il dirige les chevaux ^ droite, à gauche» ou les ex*

cite suivant l'impalsion donnée ; nous n'avons jamais pu camprendre ce geiure de manège. Maigre le peu de soin qu'il doDiid ^ son dimU le Hoafproit l'aiTeolioiiBe singulièrement ; 8^1 néglige de lui donner une eouverturo quand il a chaud, de le panser quand il est sale, et même de lui donner de l'avoine, e'eel qu'il est parfaitement oonvainou qu'il n'en a nul beaofa ; en revandie, U lui prodigue les tennM les plus lendres; il ne le rudoie jamais : an léger coup de fouet donné à regret vient à l'appui ik& soliicitaiious i^s plus donoea* G'eal toujours en rappelant par son nom que le Hongrois sollicite son cheval d'aller plus vite, et ces noms sont tous d'une poésie qui ierait bien rire nos charretiers, si on les engageait à suivre un si bon exemple. Après avok monté une céte, le Hongrois deseend gravement de son cheval, lui lire le toupet, passe sa main sur le rein, et finit en tirant la queue. Jamais vous ne lui lenes& négli^ celle opération, qu'il renou?élle souvent pour tom son attelage; il prétend ainsi rétablir une circulation plus énergique. I^ous laissons k d'autres le soin d'expliquer l'origine d'une coutume dont nous n'avons jamais bien compris Tefficaeilé.

m En voilà bien long sur ces petits chevaux, pour lesquels vous auriez un profond mépris, si nous pouvions vous les montrer, à vous surtout, mesdames, habituées à voir la poussière des Ghamps-Élysées se soulever sons les fers de vos superbes purs sang, qui, tout tiers qu'ils sont, semblent Picore empnuiter un nouvel oigueil à la conscience de leur noUe fardeau. Tous ne voudriez pas nous croire^ si, vous (lésignaiit un pelit auiiual maiiire, sale, ubaltu, nous voufi disions : Voilà un descendant de cette race arabOi dont le sang coule dans les veines de ces chevaux» si beaux et si ardents, qui vous font voler au gré de vos désirs, lié-

las ! n'en est-il pas ainsi de nous» mesdames? et pourrionsnom recoimaitre dans ces homme» d'aujourd'hui» ai ehélife d'appareoee, ai petita même dana leurs excèa, si faihlea dans leurs élans, ces géants d'autrefois, qui portaient en se jouant ka pesantes armures et les lourdes épées que noua poDiODS h peioe aonleTer ? Je ne aaia ai, entre ces denx coih trastes, l'avantage ne resterait pas eneore an d^^U iuais nous ne voulons pas pousser plus loin une comparaison qui deviendrait trop philosophique ^ propos dn quadrupède qui nous occupe. Gonaolons^ona de toutes ces grandea décadences liumaiiies, en vous parlant du cheval liuiigrois, que de sages croisements ont su en préserver.

a La raee consenrée et arodlîojnée s'élève» partie dans left haras pai lie uliers, partie chez les edeileute aisés. Presque dans tous les haras et chez les éleveurs les chevaux restent lwi)ouis débets et ne sont nonms k Vavoine qu'k Tâge de deux ans. Les c\\e\'àux é\eyés chez les particuliers sont aussi hons» mais offrent beaucoup moins de distinction, tout en étant aasea beaux cependant pour faire honte à plus d'un attelage des Gbamps-Élysées. Les enltivateurs, les propriétaires les aitellent par quatre. On croirait, k les voir traîner les légers chariots hongrois, que c'est pour eux nn plaisir et non un travail ; ils ont Fair aussi fiers que leur ma!ti«, sous un harnais dont la simplicité fait encore ressortir la beauté de leurs formes, leur bonne coudition et le brillant de leur pdl; car le harnais hongrois, même le mieux conditionné et le plus élégant, ne couvre jamais le corps du cheval; il n'y a ni reculement, ni croupières, ni sellette^ mais un collier et deux tnJts en cuir double, et, pour rêner le cheval, une simple sangle aussi de cuir, quelquefois en tresse rosige, avec un crochet. Tout le luxe du harnache-

ment se concentre sur la (été, où de longues lanières de cuir, plus larges à leur exUeniilô» el lixées h la tôlière de la bride, pendent sur le nez du cheval et descendent quelquefois pins bas que le poitrail. Ces ornements sont d'un effet assez gracieux, ei nous les préférons de beaucoup à ces petits lambeaux de drap rouge et aux clochettes des attelages polonais. C'est Thiver, attelés à des traîneaux rapides, qu'il l uu voir les chevaux liougrois dans leur plus belle parure ; mais l'on sait assez que les chevaux do traîneaux portent pompons et grelots, pour 4}u'il ne soit pas nécessaire de le redire ici. Les chevaux hongrois sont, je crois, habitués à fouler aux pieds la neige et la glace sans danger ; peut-être le doivent-ils aux crampons vissés que, par parenthèse, nous ferions bien d'emprunter k ces peuples qu'on regarde presque comme demi-barbares; il est certain que les chevaux hongrois affrontent neige et glace sans se ralentir, et que leurs pieds sont aussi fermes sur le sol glissaut que sur l'hippodrome le mieux sablé.

a Rien de plus joii a voir que le cheval hongrois aux courses du pays» courses sans af^jsurat et dont le costume et la bonne tenue du cavalier font tons les frais; un ducat, . une timbale, souvent uu objet de moindre valeur, sont les prix que se disputent vingt ou trente jeunes HongKois, tous fils d'éleveurs. À peine âgés de quatorze à quinze ans, ils commencent a lutter sur le champ de bataiile, où les obstacles ne manquent pas ; un terrain presque toujours raboteux ne ralentit pas leur ardeur. Sans autre ornement qu'une bride avec ses longues lanières flottantes, que le vent et la rapidité de la course font voler autour de lui, le die val, fier et impatient comme s'il pressentait le triomphe, laisse h peine modérer ses élans vigoureux [tar son cavalier;

eelai-cit fixé sur le poil luisant de son coursier, n'a pour appui que la force des genoux et conserve presque toujours une pose académique; les chutes sont assez rares et la vietoîre est chaudement disputée. Ces courses ont lieu an trot et au galop, deux fois par an, dans toutes les provinces où on âëve des chevaux. Le costume hongrois contribué beau- * coup & donner de la grâce et de rorigînalitë à ces réunions d liomnies et de chevaux. Ce cosiume se rapproche un peu de celui de nos paysans hielons : le chapeau, rond comme le leur» est cependant relevé tout autour en forme de gouttière ; au lieu de guélres, ils oni la belle ou le brodequin, la culotte de toile ou de drap excessivement étroite, serrée au porps par une étroite ceinture de cuir, la pelisse jetée sur Tépaule à la manière des hussards; leur veste longue, presque toujours ornée de brandebourgs, est ouverte sur la poitrine ou boutonnée à volonté. C'est seulement les jouri de féte et de cérémonie qu'ils portent la pelissè ; ces jourslà, ils ornent leurs chapeaux d'une plume de coq ou d*aigle» lorsqu'ils peuvent s'en procurer; à défaut de l'une et de l'autre, ils se contentent d'une branche Verte. Les cocherà iKjDgrois portent le même costume, de plus uu immense tablier de toile blanche.

« Si le Hongrois est habile cavalier, il n'est pas moins excellent cocher ; rien n'égale la hardiesse de ces auioraédons à peme sortis de l'eniance; ils conduisent avec une rare adresse quatre chevaux vigoureux dans des chemins bordés de précipices, sur un terrain accidenté et souvent dangereux ; ils ont uu sang-froid dont on s'élunne, et se servent d'une manièrej merveilleuse de leurs immenses fouets à longues mèches tout en cuir; ils ont une manière de retourner celte mèche autour du manche qui ne la laisse 11. 15

jamais exposée à se mêler ; le coup de fouei est rare, mais toujours k propos et bien dirigé. L'amour du cbeval est inné chez le Hongrois ; il eu est de même, du reste, chez pre^ que tous les peuples voisins : nous avons parcouru la Pologne, la Prusse. 1* Autriche, la Styrie, la Bavière; partout» Bon-seulemeut ou s^occupe sérieusement de l'amélioration ou de la conservation des races chevalines, on attache un grand prix k l'art de Técuyer, mais encore on aime véritablement le cbeval pour lui-même. En Hongrie, les hommes (le toutes classes se font une gluire d'exceller dans l'exercice du cheval» ^it eu ^uidaul eux-mènjes leurs quatre youkers, soit çn montant leurs pur sang. La hardiesse à cheval est portée chez eux k un degré où nous ne l'avons vu dans nui autre p^js, (uême en Angleterre. Un Anglais s'expose i^m 4^9 cour^ on de^ chasses périlleuses ; il risque sa YÎe dans un steeple- chase, mais il n'est pas seul, il lutte devant un puhlic qui lanime et Tencourage. Le Hongrois fait seller i^oa gheyal fi^YOri» c'est ordinairement le plus difficile, il sort sèql et dang l'endroit le plus écarté de son parc; il va lutter contre les troncs d'ari)re, les haies et les fossés qu'il a fait placer k dessein. S'exposer ainsi pour l'amour du danger en lui-même est, h notre avis, le sublime du genre. Les jockeys hongrois peuvent rivaliser avec les jockeys anglais» et, quant aux coc)iers» uousdoimerions la préférence auY premiers. Nous avons vu des jeunes gens conduire quatre yaukers dans un parc à allées tortueuses» tou^ ner les massifs et les troncs d'arhre, toujours au grand galop» avec un succès et une audace qui nous rappelaient l'habileté des anciens Grecs toumiaint les fameuses bornes de leurs hippodromes. Tout le monde connaît en Autriche ce Hon{;rois intrépide» dont le nom se mêle à tous les paris,

k tons 1^ «arronsds ; nul n'a pu encore m disputer le prU

en fait d'audace el de courage; b cheval, il n'est pas d'obstacle qui prisse l'eiïrayer; on \u traverser, au fjrand galop de son cheva), le Hanube glacé, et on Ta vu atteler qualie chevaux, à peine dressés, saps autre harnais que l^prs traita ilUf^Pb^^ ^^V le mQrs, On ço}pyrend <^ue Hongrois m p^Qt ^TfKT ^ de puj§;siiicei qu'ep «'en çcca-

panl beaucoup.

a l^Q de» ç)^Y91i^ e^t ppuss^ très-loiq §n Bongrle dans touten |^ niai^99$ cop^dénibl^; i\ ^ ^ grand i^pipbre d'attelages et de qhevaux de selle, Les femmes n^ontçflt. pçH à cbey^l ÇA général ; C§peQ4îtf»A le goût dç TéqnitaUçv emmm^ k su répandre p^i ell^» et «0i|3 serions étonnés gq'îl ne devint pas bientôt une passion, car elles ont T^pergj^ et 1^ grâce qui tant le^ bi lUaMles ama?Qne$. I^ie dQ U HoQgri^ est teUepii^t fa^Qf^lç ^ X^^ye dqi ebe- Yfit et la m^m est si natnrellen^ent portée h s'qçcQ^r de

chevaux, qu'il n'est pas étouiiaiit de voir élever de Tnagui-

fwa 1^^ ej^clu^U çmm mm j^^x W

dienl anglais ; mis h Hongrois comprend trop ramélio-

ration des races, pour ne pas aller cherçhei à sa source ce

SjU)g Isimm gui i^ v^pqaeurs de presque tous iç& bip* podromes^ 1^ ymAim et^^v^ux d^ demi-sang, dont nous

avons a peine parlé, sont des chevaux de laligue ; on les att^t^ pour deu^ e^ursions (oiqtdin^^ ; ^ Pest ^t ^ Vienpe, iam las $aer^ lont trsNs piir dei yaiiter^; ceci» nitps espérons, ne vous donnera pas une trop mauvaise idée d eux, ear Vi^naç est trop prè» de nous» maiotepant, pçMc que tQpt te iponde nç saebe pae qu^ m Ancres fm\ d*él^ants coupés bien menés, qui brûlent le pavé. Les youkers sont Udi9ttig^t)les et montrent beaucoup de sang oriental ; iU ont

l'encolure reaversée» les protubérances osseuses saillantes; leur œil est morne au repos, mais ils retrouvent leur ardeur

à raclion: on dirait, à les voir pensifs et iiiélancoliques, qu'Us se souvieimeût des triomphes de leurs ancêtres, de leur liberté perdue» de leurs pâturages sans limites, de leurs courses à la i)oursuite des cavales hennissantes, qu'ils portent à regret le joug de l'homme, et que c'est seulement k la vue de l'espace que revient leur énergie; bien différents en cela do cheval anglais qui porte ses fers avec orgueil» et dont la soumission seiijblc être volontaire et libre.

(( Cheval hongrois, youker, demi-sang ou pur sang. Tout cheval né en Hongrie est en quelque sorte naturalisé; on le croirait, du moins, à le voir figurer dans les brillantes cérémonies dont il lait Tornement : rien n égale sa fierté lorsqu'il porte son maître an milieu d'un cortège. Nons avons assisté h quelques-unes de ces fêtes qui excitent encore radmiralioû de tous les étrangers dans un siècle où i on n'admire plus guère» tant on est blasé» même sur le beau. Nous voudrions pouvoir vous donner une idée du coupd'œil offert par ces magnats dans leurs magnifiques costumes, avec leurs sabres» leurs ceintures émaillées de pierres précieuses» leurs toques de fourrures, où une aigrette de diamant fixe une plume d'aigle, leurs longues chéropées, espèce de pelisses eu velours et fourrure jetées sur leurs épaules; ces fiers et nobles coursiers dont la selle, la bride el la chabraque étincellent d'or et de rubis ; ces évéques, chargés de leurs lourds ornements, sous le poids desquels leurs chevaux se relèvent avec orgueil, confiants qu'ils sont dans la solidité de l'éeuyer h soutane, qui se souvient entore du temps où le prêtre quittait l'autel pour revêtir l'arli.nre et combattre riufidèlel Mais il faudrait vous dire aussi

les costumes des dames, dont les robes h queue, brodées d'or, soût gracieusemeot portées par quatre jeunes |^e». La réunion de ions les corps de l'Ëlat, cbacun dans son costume, et, au milieu de tout cela, cette milice admirablement montée, caracolant sous d'élégants unilormes, etc.; et qoand nous nous serions épuisés à chercher des mots pour vous peindre ensemble, tous n'en auriez encore qu'une idée bien imparfaite : toute description est sem-> hlable à une traduction; quelque exacte qu'elle soit, elle ne rend jamais roriginal; car, tmte traduction est une tra* hison. »

Parmi les peuplades mixtes, fleurons détachés du vaste empire d'Orient, que refoulèrent les principes du Coran, et

que la croix rattacha au faisceau des peuples du Nord , on distingua longtemps une nation puissante, maintenant comprise dans d'autres États : ce tut la nation servienne.. Les Serviens étaient d'intrépides cavaliers ; ils vivaient, pour ainsi dire, à cheval, et les bardes de ce p^y s nous ont laissé, dans de nombreuses poésies, les nobles souvenirs de leur gloire hippique.

A défaut d'histoire contemporaine, nous citerons les fragments épars de leurs chants populaires, échos lointains d'un passé belliqueux. Ce sont, m général, des histoires d amour on de guerre, empreintes de ce cachet mystérieux qui caractérise les légendes du moyen âge. On retrouve dans ces fragments des détails curieux sur les mœurs» ^ habitudes de ce peuple et ses rapports avec les autres nations.

Le héros fabuleux Marko rappelle le Renaud des légendes françaises. Son chey^X Seharatft est calqué sur Bayard. La tradition raconte que nul autre que Marko ne pouvait le monter. Ce guerrier l'avait acheté d'un marchand

âmbiilànt. C'était àlôM ofi^Ottltiii.filibie 'ôtmàlade» mâll, k ded titg)m eemliiè, te lïèm monmi Ibm «t ton Ui-

têHigèûce. Il le pi'it avec lui, le soigna, le guérit, l6 dressa k m& les éxerdeéâ, et lui apprit, entré aiitrea chôséè, k

« Quand Marko, disent-ils, eut vu le premièi' mousquet « et ^û'il ^ fiit assuré de soâ eflM, il se retira dàiis tinè

« gfotiê prôfottde : e'eàt là qu'ésl âttdpèndtté &oû ë|>éé,

« s'est ètidoi ini, étquê iSôn coUi^îef feé iiourril dô iftousse; « qu'il se réveillera pour réveiiir lorsque Téj^éê tôûibera à c terre» et que le cheval ne trouvera plus de . ^ûlbï Û nourrir. » ' t '-nui.

liiéâlit, lift» é'i^Niélui «a idÉittëli; ii Miiai Ml éè Ma Aet«l tiélielé, Binm lei nnglM dà tetfe SdiMi

. Et, careoint et flattant le cowiier:

, écriants, dit-H, Aïoii aile rapide t.

A id Ht'ktlhi^k aAk RtnUjolill

Je te ferrerai de pur argent,

Pepwafsentetd'or brani; .fv} >

le te counini de eoie jusqu'aux genoux» ' Ct dâ iNnges depnlà lei gMuiiit juii^'aiii ^ilds ;

l'eMNfenêlMtkiHittledSfilld'e^, \. - il xi

Et ie roitoerai de perles fined.

Hais, si tu n'atteints pas la vnla,

Je t'arracherai les deux yeux du front,

Jfe briserai tès qoat^e pieds,

Et jet'abandennarn seel ici,

Mourant et chancelant d'arbre en arbre,

Parce que Marko n'aura plus de frère.

MarlM était assis, et se. dolectait à boire son tin noir; Mais le Scliaratz remarqua l'appr^chô des cavaliers, Et, frappant du pied U terre,

-Çi^'?^

* ^'^^^WTM^

Voyez comme i\ écame de rage, » ...^^^jg ^n-r^v r*^

Il tourne \a bride de son j^^*^ ^kJjm ro. ■ 'T

n lai déchire les flancs à fW^J^ oë* nsr ^ Il veut écraser sous ses pie^ i tw>i|if^i||»; Mais c'est ce que ne souffre pjinl leMggi^lW^ • Il se dresse sur ses deux pièda *'»^î^f™}j ,r Et, avec ceux de devailt, il ^^^"i^^^^^*..

Et, la saisissant violemmenl avec piwMf ^^^^ Il lui arrache de la tête ù l il

Do telle sorte qu'eUe nage ^^^^^^^^ ; . r

Des Turcs aucun n'échappa au m^g^ ^^^^ , ,

Excepté le seul Méhémed, le gouvBfiaWfj . . y., .

Monté sur son coursier, P^'^^P^^œf^l^S^ ^ Tscbupitseb le poursuit, monté soflSn ^î^^fT* • Ils se poursuivent à travers la plaine, to«lWtîJ^^ ^ , j Ils se poursuivent pendant deux pleines beoMt* ^^^^^..^ .. ^ Méhémed ne peut plus fuir son ennemi, .^^ ; , , . .-^1 Et Tschupitsch ne peut encore le saisir i

Car le coursier du Servien est fatigué,^ ^ .• rii^i oi» ' •

D a reçu des blessures, le noble coursièr! , ^ .

sept cruelles blessures, le brave animal, ^^^^ y,^

Et pourtant il ne veut pas se laissèr valhcre t , ; a

Le premier des cavaliers qui entend cet »^»;fî^. Il atUche à son côté le sabre étincelanli , , ^ D court à son beau coursier blanc, '^^.^ .^^^ ,j Son coursier blanc aux yeux ardents ; ^ ^ . Il lui resserre ses quatre sangles, , • - r

Ainsi que la cinquième, une ceinture de soi^, , , .^^^ Qoaadil passe la bride au bon coursier, 11 hennit de joie, le brave coursier de bataiUo ;^ . ^ , . ^ B creuse la terre du pied de devant; ^ ^ , ^ ^

Ilcreuseta terre, il redresse l'oreille, , j

Que le cœur de Milosch s'en réjouit !

n semble annoncer à Milosch, le iidèle animal,

Qu'aujourd'hui la bataille

Lui laitaect do ^rieux souvenirs.

U seeood ctnlier qid ênteiid Tordre»

Cmf^ Tfdnpilsdi S^jan, da n%e de Sj^jai : iMtement SUq» «'élance de sa tente ; Il ceint son sabre d'acier étineelant ; n court tefs son clieval, le l»ai«-ceriie, Qni tant un plan eainon d'or; Et pourtant U n*a pas eoOté au héros vn dinar. Car Tachupitsch Ta gagné sur le champ de bstailb; n Ta pria aiiTarc Peiso» aga de Méhémed, Et il le monte, à la honte des Tkircs. n hii resserre solidement les quatre sangles» Ainsi qoe la cbquîàme» une ceinture de «oie.

Le troisième* enfin, c^cst Bogi^ewits Antoine, Le chef de Lonitai la blanche forteresse; n entend Tordre, et s*élanee de sa tente, Geint i ses flancs l'acier éblouissant, Court \ son coursier noir, ' ^ ^

Lui resserré fortement les quatre sangles, Et la cinquième, une cemture de aoie.

Les coursiers sont sellés et let cavaliers rassemblés Car le More a'arma un jour en guerre, n se titit de ridies habits, Geignit son cimeterre damasquiné.

Et sella lui-même sa grise jument arabe; Il la sangb de sept courroies; U la brida d'une bride tressée d'or ; ' Il attacha eur ses flancs une blanche tentO) • Et, de l'autre cMé, sa forte msssue.

n monta sur le dos de U cavale.

Et, tenant en main sa lance de bataille. Il prit le chemin de la blanche Stamboul t Quand il arrire devant les portes, Il plante en terre aa forte lance, Attache i h hampe k jument arabe, Dresse devant les nmrs aa blanche tente. Et impoae un tribut à la ^nlle.

c Angélina, na fidèle épouse, Mon brive alemn vitnl eneoret»

Et l'épouse Angélina M iépon£t!

n ett «neutre en vie, ton M iknn;

le l'ai nonni el toigné qfioi->intai«, »

Et le héfM reprenant :

« Angélina, ma idfile épouse,

Tt, it amène dehors mon ben oonrner

Gondoia-le à mon fr&M^edoptioii,

A mon Probatim le forgeron Péro.

Ka-lui de me ferrer mon aleian,

Car je «eux nioi-n^boM aller an eomlMtt :

Qu'il me le ferre de confiance et ^amitil;

A. mon retour, je lui payerai ce aerrice.»

L'un des frères ofl're en don Un coursier sans la moindre tache:

11 tiC courbe jusqu'à leffc, le loa;fueLn éLalûû,

Tant il est cbai gé d'or et d'argent !

Ferrés d'or sont les pieds du coursier;

Des ti èsses d'or et de soie bdlLcat sts lianes.

Et utic at:raie étiucel uite décore son poitrail;

Il porte la Vénitienne, la iiellc vierge,

Qui, silencieuse, assise, lient sur le pomg uu faucoa«

Et le Irère s .1 dresse ainsi ;iu fiancé:

« Retjois pour présent le courtier et la vierge,

Et la parure du coursier, soit d'or, soit d'argent;

Reçois aussi pour présent ce noble faucon,

Car Lu es le plus beeiu parmi tes frères.... . 't>

Milosch s'incline profonde m eut sur son courtier.

Et accepte avec politesse les pré&eata.

liais ce que je ne pourrai jamais te pardonner, C'est tou penchant el ta prédilection Pour le waiwode servien Milosch, Parce qu'il est vigoureux et de bonne mino ! N'as-tu pas entendu raconter Qu une cavale l'a enfanté; Une cavale arabe de couleur pâle.

Et qui est également la mère de son Kranich? Un jour, on le trouva sur l i litière, Suçant les mamelles de la cavale

De là Tient qu'il est si prartd et fI fort. Mais, quand je pourrais lô parduiiiier ceeii Ce que je ne puis, ô frèrê ! le plsserj C'est ce que tu dis du jovial Relja ! Avec chaque chef boivent «leui cents SenieA*. Nul des Servieus n'est sans coursier ; De braves Servions, de bràves coursiera» Et ceux-ci de vraie race arabe.

ÎIiUo s'occupe à ferrer son coursier. ' ' '

11 ne le ferre point commr on fi^n e Un c&ètld î Non, il le ferre de pliunli et d'iir^'ent. '' " •

Le coursier trappe du [ned el se cabre, ^ Et Alillo dit tout bas au coursier :

a Demeure, ami, oh! demeura», mon hrâTe coutâer 1 . Si nous ramenons quelque, clio^c de bon» r>[<m«> Le bien sera pour toi comme pour mo4« ' ; o<i uio*' Je te tresserai une crèche d'aubépine ; ^: i'ill >> : it

J'y mettrai des lis et des iœmortolles, " 7 ■ '•. .'.'i

Afin lue tour à tour tu manges, tu t'amuses. ''i^>.i! M u?, si nous amenons quelque chose de maUvaift|v La mort sera pour toi comme pour moi. ' . si :

Je te trelBet«i une crèebe de saules pleureuiii ' ' Je n'y mettrai que d'amères ellébores, Qui, loin de te lumiri le forent meimr*»

U OOURSIEik

a 0 jeune fille, ma douce émel

N'as-tn pa^ vu mon coursier?

— Je ne i'ai ni fu m aperçu;

Mais, hier, je l'ai entendu,

Comme attaché au tronc de k'énJUle}

lî ntritait son mors bruyant.

Et frappait du pied le pavé de marbre.

Même ton coursier est irrité

De ce que tu nimes deux belles à la fois,

Aliwera et Tadora ;

Celle-ci vient de donner le jour à un enfant; GeUe-là pleure, abimée de douleur I »

LA JEUNE FILLE AiOUREUSE.

Hier au soir, dans l'hôtellerie, Nous fîmes un somptueux repas, £t nous vîmes là une belle jeune fiUe, Dont la tête portait une couronne de flenn. Je lui donnai mon coursier à conduire : «I Bis-moi, bel alezan à la crinière d'or»

Dis-moi, ton maître cst-il marié? »

Et le coursiek- Idi répondit éà keÈùàtmi

c mon, par le ciel, belle fille, pas encore.

MoB maître n'aslpoinl marié; miis i l'automne,

An prochain autonme, il peme i f ép<Nuer.....9

El la jeane fille, joyeuae, dit au coursier :

i je savais que cela fût vérité, bel alezan,

lé prendrais mes àteiurs d'o# el d'Ai^ei^

J'ed gamiiail Un poitrail

Oui, de pur argent je retneràiei

fit j'entottienia ton front de mon collier d'or t >

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