‹ Histoire du cheval chez tous les peuples de la terreChapitre 4 sur 24 · GO · texte numérisé non relu

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il lui offre, parmi plusieurs dons précieux, trois de ses plus impétueux coursiers ; «Fils d'Atrée, reprend le sage

» Télémaffiie, ii'evip^e pas que je prolonge ici mon séjour; » assis auprès de toi, j'y passerais une année entière, » oubliant ma patrie et même ceux à qui je dois la nais- » sauce ; car tes récits et tes entreliens me jettent dans » l'enchantement: mais les compagnons que j'ai laissés » à Pyios compteat avec ennui les heures de mon abw sence. Si tu m'honores de quelques dons, qu'ils soient » destinés à Tomement de mon palais ; permets que je » n'emmène point tes couiMers dans Ithaque; qu'ils ser- » vent à augmenter la pompe dont tu es environné tu n Tègaes sur des phiines étendues; le trèfle y croit en » abondance ; l'oi^e fleurit de toutes parts dans tescam- » pagnes, ainsi que le louer, 1 avoine et le froment; mon » Ithaque ne possède ni lins, ni prairies, et cependant » ces rochers, où ne paissent que des chèvres, me sont » plus chers cpi'un pays couvert de riches haras. Sou- )» vent les îles sont dénuées de plaines et de pâturages ; w mais Ithaque passe, avec raison, pour la plus monn tueuse et la plus stérile. »

11 y avait à Athènes un ordre de chevalerie qui était le second ordre de l'état. Pour y être admis, il fallait posséder une certaine fortune et être en état de nourrir un cheval de guerre* Chaque année, les chevaliers athéniens montai^t à cheval et parcouraient la ville en l'honneur de Jupiter. Ils accomplissaient cette cérémonie Je jour où Phocion but la ciguë. £n passant devant la prison, ils ôtèrent les couronnes de leur tète et accusèrent tout haut le* Athéniens d'injustice et d'impiété.

Les Grecs avaient Iq plus grand boin de leurs race:â de

chevaux, suilout de ceUes desUnée» à la guerre et aux jeux sacrés. Un jeune athlète deniandail à un vieillard

quelle chance avaient les coursiers qu'il présentait dans la lice? « Demaiide-ie à leur mère, » répondit celui-ci. Il£ possédaient non seulementtoutesles belie8rsoesd'£{Mre« de Thessalie, d' Achaie et de Gappadoce ; mais encore on leur amciuiit tle touLcs parts les coursiers les plus remar- ([uables de Perse, de Sicile, de Tiiyrrénie, de Ceitie et de Barbarie. Platon fait dire à Hippias : « Notre cliniat a » produit la plus belle race de chevaux du monde. »

Les Grecs suivaient avec soin la généalogie de leurs chevaux, comme le font maintenant les Arabes et les Anglais. Pour distinguer les différentes familles, ils les marquaient avec un fer rouge à la ctrisse; c'était d'une lettre de Talpliahet, de la figure de quelqiumimal ou de quelqu'autre emblème* a Les chevaux sont marqués à la cuisse avec un fer chaud, » dit Anacréon. Les marquée les plus ordinMres étaiimt : une tète de bœuf (les chevauxîtinsi marqués s' appelaient BoOxeyaXot); un t (tau), ou un 2 (sigma), auquel il donnait la forme de noti^ G (d'où Tappellation de zaf)t^p«$); enfin un k (kappa), qui avaitla forme de notre q (d*où lenomdeKMimc«()» La collection des pierres gravées de Stosch offre des chevaux mar» quésdu K (kappa).

Aristophane, dans lesnuées, représente un Jeune Ath6« nien endormi, qui prononce en rêvant le nom de ses chevaux: Co])paLias, Saiiq)horas, ainsi appelés à cause du kappa et du sigma imprimés sui* leurs cuisses.

Ghaque cheval avait son nom, chose indispensable dans les jeux publics» Ge nom, comme â^m les temps modernes, était tiré de la couletu*, des qualités, du pays,

4e te race ou ^uniUed^a ooiiraim* ïete furent ceui de XantlMis, Balliiw, Aura» An!i<Hi, FlMniix, Ëgyptus, Bu*

.cépliale, etc.

Les courses de ohevaux reuumteat au berceau du monde. Nous les avons vues m usage dans rantt<pie Egypte et nous les retrouyons encore au seuil de la nationalité

grecque. On voit, daiis Homère, qu*Agamemnom, parmi les préseuB qu'il oûï e k Achille pour apaiser sa colère, lui propose douse vaillans coursiers, ^ui gagnM^, à U

comw» un grand nombre de priât»

Nélée, père de Nestor, avait ^nvoyé en Elide quatre fumeux coursiers, avec un cliar, pour disputer un trépied, piti de la course. Ds forent retenus par le roi Augée, qui renvoya le conducteur plein de trieume. de fut le sujel

d'une guerre.

Ces courses avaient lieu dans les jeux publics et par-* ticulîersqiii ee célébraient dans plusieurs contrées de la Grèce et principalement aux époques de réjouissances ou aux époques funèbres. Un les appelait jeux sacrés. Pauaauias rapporte que les jeux funèbres furent célébrés pour la premièfiB fois, en Grèce, 4 la mort d'Azan. Axan était fils d'Arcusetanrière-petit^lsde Lyeaon, contemporain (le Cticrops. On lit dans les Eliaques qu'aux jeux olympiques, donnés paf Hercule, fils d'Amphitrlon, Jasius, Arcadîen, remporta le prix à la course des chevaux montés. On voyait encore sur la place publique de Tégregée une colonne sur laquelle était une statue équestre de ce Jasius, contemporain d'Hercule.

Les Jeux les plus fameux de la Grèce, appelés les quatre grands jeux, étaient les suivans : Les jeux isthmiques, célébrés dans l'isthme de Corhxtbe, qui avaient lieu tous

les trois ims, et d<mt les prix forent une ooiiroime, d'aboi de pin, puisd'ache sec, à cause de Neptune, auquel Us

étaieni consacrés; les jeux ntméem, qui se tenaient près de la ville de Néinée, dans le Péloponèse, furent institués par Adraste, restaurés par Hercule, en ménioirede sa victoire sur le lion de Nénée, revenaient tous les deux ans, et offraient au triomphateur une couronne d'ache vert ; les jeux pjtki^ueê, ayant lieu à Delphes, de cinq en cinq ans, en l'honneur d'Apollon, vainqueur du scar- •pent python, et où Ton ne décerna d'autre récompense qu'une couronne de laurier, jusqu'à ce que les Amphictions, après la défaite des Crisstéens, eussent remplacé ces couronnes par des prix en or et m argent, provenant du butin fait sur ces ennemis ; enfm, les jeux olympiquesj les plus célèbres de tous, et dont nous parlerons plus longuemaat, parce que toute la Grèce s*y réunissait et que les autres n'étaient qu'une imitation des coutumes qui y étaient en vigueur.

Pindare dit quelque part que les jetix d'Olympie sont aussi supérieurs aux autres jeux de la Grèce, que Teau l'est aux autres élémens et l'or aux autres métaux : « Ne » cherchez pas, s'écrie-t^il ailleurs, ne cherchez pas dans » le ciel d'astre plus brillant que le soleil, ni parmi les » jeux de la Grèce rien de plus éclatant que les jeux 9 olympiques. »

Voici, d'après Pausanias, l'origine de cette fête célèbre; Les Eléens, habiles dans l'art deréquitation, disent que Saturne est le premier qui ait régné dans le ciel. Dès l'âge d'or, il aviût un temple à Olympie. Lors de la naissance de Jupiter, Rhéa, sa mère, le confia à cinq frères, cinq prêtres dactyles, du mout Ida, qu'elle fit venir de

Crète en Ëlide. Hercule, l'alné dé ces cinq frères, leur proposa de disputer entre eux le prix de la course, qui

était une couronne d* olivier. Hercule-ldéeii fut doue l'inventeur de ces jeux, qui se célébraient tous les cinq ans, en rhonneùr des cinq frères. Quelques-uns disent que Jupiter et Saturne combattirent ensemble à la lutte dans Olympie et que l'empire du monde fut le prix de la victoire. D'autres prétendent que Jupiter, ayant triomphé de» Titans, institua lui-même ces jeux, où Apollon remporta le prix de la course sur Mercure, et celui du pugilat sur Mars. C'est pour cela que ceux qui se distinguaient aux cinq jeux dansaient au son des flûtes, qui faisaient entendre des airs pythiens, parce que ces airs étaient consacrés à Apollon, le premier des vainqueurs couronnés aux jeux olympiques. Ces jeux duraient cinq jours, et avaient Heu vers le solstice d'été. Ils eurent la gloire d'inaugurer l'ère fameuse des olympiades, laprin^ cipale ère des fastes de la Grèce. Ils n'appartenaient pas à un peuple particulier, mais à tous les Grecs, et même, plus tard, à toutes les nations, qui venaient y .disputer d'immortelles couronnes. Cependant les Pisiens d'abord, les Eléens ensuite, en eurent presque toujours la direction : c'étaient eux qui nommaient les juges et faisaient observer des réglemens auxquels se soumettaient les peuples les plus puissans, les rob les plus absolus. L'agonothète y déclarait mauvais les vers de Denis et de Néron et vaincus les coursiers d'Hiéron ou d'un de ces républicains antiques sur qui se modelèrent les tyrans. Jamais plus noble institution ne consacra les fastes d'une naiinii. A leur approche, les hostilités cessaient d'un commun accord, entre tous les peuples : savans,

héros, iouta la Grèce, Umt ronifci s âe léunissait pour disputer une gloire fNicifique sur les ^rds de T Al|ihée, sm pieds des statues des dieux ; pour venir chercher, au plus pur foyer, le feu di\ in (jui viviiie cL développe luutes les uobles facultés de l'homiue, tous les dons corporels, . toutes les puissances de Fàme; puiser à leur source la plus féconde tous les héro&mes, toutes les vertus, tous les talens.

On célébrait les jeux olympiques quand Xerj^ arriva dans la Grèce, à la tète de son iimnense année. Ce fut d'Olympie que pardt Léonidas pour aUer mourir aux Thermopylcs ; ce fut sous rins[)i t atiou des fêtes d'Oiy la- , pie que la Grèce jura i extermination de cette multitude armée ; les triomphes d*01ympîe fur^ les préludes de' ceuxdeSalamine.

Avant de commencer les jeux, on nommait d'abord les juges qui devaient y présider* Ces, juges s'appelaient Agonathèteê, Trois d'entre eux jetaient préposés ^lédalement aux courses de chevaux.. Ceux-ci écrivaient sur un registre le nom et le pays des concmrens, et un hérauii proclamait ensuite publiquement ce nom et ce pays. Le onse d'hécatombéon, au soir, on arrosait les autiels du sang des victimes. Toutes ces cérémonies préparatmres s'accomplissaient au son des insti'uineus et se prolougeiûent très avant dans la nuit. JLes cinq jours suivans étiMent destioéft aux exercices. Os commençaient dès le lever du soleil. Les différentes courses à pied, le saut, le disque, le pugilat, le javelot, la lutte, le pancrase, occu» paient la matinée. Le reste du jour était réservé pour les combats les plus rudes et les plus pénibles. On terminait par la couise des chars et celle des chevaux montés, les

.^us glorieuses de toutes. Quoique les courses de chevaux aUelés et montés datent de Tinstitution des réjouis* sanees puHiqiies^ Grèce» c<»!iiiie nous raTons dit en citant Pausanias, cependant, d'après les auteurs les plus véridiques , les courses de chars ue furent solennellenmnt inatâtuéés aux jeux ol]|3i^»que8 que dans la vingts dnqiûènie olympiade, et ks courses de chevaux montés que dans la vingt-huitième. Dans la quatre-vîngt-dixhuitième, on courut avec deux chevaux de maiu. Dans la qaatre>Tiiigt-dix*iieuvième, on attela deux poulains à un diar, et |ieu de temps après on imagina une course de poulains menés en main el une course de poulains montés. On appelât poulains, chez les Grecs, les clieYaux qui n'avaient pas enoore atteint Tâge de cinq ans.

Dans Tanoi^ne Elide, près de la ville moderne de Lagenico, entre le cours de l' Alpliée et le roc escarpé du Typéon, on aperçoit des ruines iniormes qui furent celles de rHippodrrâie. C'est tout ce qui reste aujourd'hui du théâtre de tant d'exploits ; quelques débris et un peu de poussière là où la Grèce avait des autels et des temples; et pourtant quinze cents ans ne se sont pas encore écoulés depuis que ledmiûer char a toiinié la borne d'Olympîe I

L'Hi^^nodrome avait environ six cents mètres de lonp^ueur et deux cents de largeur ; sa forme était celle d'im ovale allongé, et d'épaisses murailles s'étendaient à l'entour. lia foule, immense des spectateurs se répandait dans le pourtour, garai^du choc des coureurs par un énorme câble, formant un vaste rund autour du champ de coui'se. . Les juges avaient une tribune vers le milieu de ce cliamp, qui piésentait à Tune de ses extrémités une colline peu élevée, et qui était de tous côtés orné de temples et de mo-

nuinens de la plus belle architecture. La surface eu était divisée en deux parties, dont la première, semblable à la

proue d'un vaisseau, était appelée la bairière : c'csi la que les chevaux et les chariots se disposaient pour la course. L'autre, plus vaste, était Tarène destinée au co»cours. Elle présentait un terrain irrégulier et désuni, parsemé çà et là de ravins creusés et de buttes artificielles, destinées à éprouver Tbabileté des cavaliers et des conducteurs, et à rehausser le mérite de la victoire. Vis-à-vis du point de départ se trouvait la borne autour de laquelle chevaux et chars étaient obligés de tourner pour revenir à l'endroit d'oii ils étaient partis. Cette hmne était une pierre élevée de terre d'environ une coudée et demie. Au centre de l'espace , près la barrière, était un autel sur lequel on voyait Taip^le de Jupiter, patron des jeux olympiques, et le dauphin de Neptune, créateur du cbeval. Au signal donné par le directeur des jeux, Taigle agitait ses ailes de bronze et s'élevait en l'air. Au même instant, le dauphin disparaissait et s'enfonçait SOUS la terre. C'était le moment solennel où la lutte allait commencer. Les concurrens se rendaient alors au point de départ, où ils attendûent, pour s'^anc^ dans la carrière, que le son de la trompette leur donnât un dernier signal.

Une particularité remarquaUe que présentait l'Hippo* drome d'Olympie, était un autel de forme ronde, placé

près de la borne et consacré à un génie appelé Taraxippus, qui, comme son nom l'indique, avait la puissance d'inspirer la frayeur aux chevaux. Plusieurs coursiers, saisis d'efiroi en passant devant cet autel, n'obéissaient

plus ni au frein ni à la vuLx ; ils bi isaient les chais, em-

portaient et renversaient leurs cavaliers. Auâsi, les con-

currens offraient-ils des vœux et des sacrifices à ce dieu de la peur, pour se le rendre favorable. Les anciens historiens ne sont pas d'accord sur Torigine de cet épouvantail, que les Grecs, comme tout ce qu'ils touchaient, ont embelli des fictions de la poésie. Les uns en faisaient le tombeau d'un illustre écuyer ; les autres, le monument que Pélops âriga à Mirtiie, pour apsdsa* ses mânes ; quelques-uns pensaient que l'ombre d'CËnomaûs planait sur cet autel; enfin, l'opinion la plus répandue était que Taraxippus était un suinom de iNeptune. Mais à travers ces transparentes allégories, il est aisé de découvrir que les plus sages idées avaient présidé à l'érection de Vautel du dieu Taraxippus. Les courses de la Grèce avaienl pour but, comme celles des temps modernes, le perfectionnement des races hippiques, et plus spécialement peul^étre le dressage des coursiers et l'habileté des écuyers et des cochers. La guerre, la grande étude des peuples uaissans, demandait des chevaux vigoureux et sans peur. Ce n'eût point été assez qu'une lutte de vitesse et de vigueur ; il fallait encore s'assurer si le plus rapide et le plus vigoureux coursier pouva.iL affronter les plus terribles objets, braver au besoin l'apparition subite des machines de guerre les plus formidables, ne pas se laisser mtimider à la vue inaccoutumée de l'éléj^ant des rois d'Asie ou des armures bizarres des Barbares. On avait donc, dans ce but, disposé un autel en pierre, qui recevait et réfléchissait tous les feux du soleil, et qui, tout à coup, au détour de la borne, venait apparaître au cheval lancé dans Farène. Les cavaliers savent que les chevaux ont toujours peur des grosses pierres, surtout loisqu'eUe:;^

sont de couleur tranehante et que le soleil les frappe de

ses rayons. Malheur clone à l'ccuyer qui n'avait pas bien dressé son coursier 1 11 payait souvent de sa vie sa coupable n^gence. Mléax eftt ràïa quelque temps de patience qu'un holobauste à Tanoippds. Lawrence pense qu'il est douteux que le calme des coursier, en présence et à la vue de ce dieu Taraxippus, fût une preuve de leur intrépidité) de leur douceur et de leur sagesse aoqtûses» Il aime mieux regarder, chex eux, ce cafane comme le signe d' une qualité innée, et ne consent guère à l'attribuer qu*à ceux auxquels la ni^ure a Inen voulu le donner. Nous, au contraire, nous pensons qu'il y a fort peu de chevaux qu'une bonne éducation ne pnûsee acoontumer li ailronter les bruits les plus soudains et les plus terribles , les objets les plus épouvantables. Nous n'avons d'aiUeuTB pas besoin de dire de quelle utilité les fruits de cette bonne éducation sont àla gu^re, dont les courses anciennes n'étaient que le brillant prélude.

Les courses de chevaux montés, sans avoir l'importance de celles des chars, excitaient cependant Témuli^ tion des plus grands seigneurs. Ce genre de course se rapprochait beaucoup des courses modernes, en ce sens que c'était moins Tbabileté du cavalier et le dressage du cheval que la race et la vigueur de Fanimal, qui don^ naient la victoire. C'était pour les courses à dieval principalement qu'on élevait à grands frais les coursiers des meilleures races et que l'on soignait la généalogie de ces coursierB avec autant de soin que le font de nos jours les Arabes et les Anglais. Le cheval était monté à poil, et u avait qu'un frein, dont le mors ( tait brisé, comme nos bridons actuels. Les brides étaient couvertes, au ûrontail

et aux côtés, de gradeux omemene, que les fillee de la

Grèce peignaient elles-mêmes de riches couleurs.

On lit dàns Homère : « comme l'ivoire qu'une lémmc » de MéoDie ou de Carie a teint de pourpre et qtn doit I» orner un firein, ornement qu'dle garde daine sa demeure » et que mille guerriers désirent : mais qui, réservé pour » qpielque roi, fera le luxe de sou coursier et la gloire de » son conducteur. »

Avant la course, on tirait les places au sort; les cava-^ liers se ran^i^caient sur une même ligne ^ ayant devant eux une barrière, ou seulement Une corde tendue , pour les empêcher de partir avant le rignal. Au son de la trompette , la barrière s'enlevMt on la corde tombait Alors les cavaliers s'élançaient dans la lice, toui liaient autour de la borne et revenaient avec la même rajadité au lieu d'où ils étaient partis* Quelquefois ces courses étaient, comme les courses modernes, une lutte de vitesse seulement; quelquefois aussi c'était en même temps une lutte de vitesse et d'adresse. La voltige entiait en eifet pour beaucoup dans les exercices olympiques. L'écuyer descendait au, milieu ou à la fin de la course , courait à côté de son cheval , remontait et descendait encore ; ou bien U menait en courant un second cbeval par la l»ide, et, après avoir fourni une certaine carrière^ il changeait de coursier en sautant de l'un sur Tautre. On ne doit pas oublier de quelle difficulté étaient tous ces exercices, avec des chevaux nus et au milieu des ravins, des collines, de» bornes à tourner» des épouvaatails et des embarras de tout genre qui smnatent T hippodrome d'Olympie.

Les courses lie chars Ibnnaientle plus brillant sjKclacle de tous les jeux de la Grèce. Les chars avaient la

farme à*vm cocputte montée sur deux roues» ^vec un timon fort court , auquel on attelait deux , trois , quatre chevaux de Iront, le plus souvent deux. Les quadiiges datent de la plus haute antiquité ; mais ils étaient primitivement à deux timons. Ce fut Glystène» de Sicyonne, qui inventa le quadrige à un seul timon, en ajout^int deux traits à chaque bout de la barre qui tenait heu de palonnîers.

Les chars s'alignuent de front et partaient tous ensemble au signal donné. Sans compter les inégalités du terrain, on doit concevoir que la borne était d'une difficulté extrême à tourner : (piand vingt chars à la fois, lancés à toute bride « se disputaient à qui passerait le premier, il fallait une prodigieuse adresse pour raser cette borne sans la toucher. Horace a exprimé auisi cette pensée :

Hotaque fervidis evitata rôtit.

Ei Virgile , en pariant d'une course de vaisseaux autour d*un rocher, a dit :

HadU ita Uevum intarior.

Homère nous transmet en ces termes les préceptes que Vm donnait aux jeunes concurrens des courses olympiques : il met ces préceptes dans la bouche du vieux Nestor, parlant à son fils Antiloqpie :

« Fais, mon cher fils, lui dit-il, approcher de la borne » tes chevaux le plus près qu'il te sera possible. Pour cet n effet, toujours pendié sur ton char, gagne la gauche » de tes rivaux, et, en animant le che\ al qui est hors de » la main, lâche-lui les rênes, pendant que le cheval qui n est sous la main doublera la borne de si près qu'il sem*

)» blera que le moyeu de la roue l'aura rasée; mais prends » bien garde de donner dans la pierre, de peur de btes- 1» aer tes chevaux et de mettre ton char en pièces* »

Le même poète, à qtu Ton a voulu faire l'hoimeur de hi restauration des jeux olympiques, nous donne la description d'une course de chars, qui peindra, mieux que tout ce que nous pourrions dire, ces belliqueux amusemens :

« Achille fait célébrer une fête funèbre en l'iionneur » de Patrocle. Des courses de chars sont ordonnées par » le fils de Thétis. Les chefs les plus célèbres des Grecs » s'élancent sur leur chars et brCdent de disputer les » prix. Lorsqu'ils sont tous rangés sur une même ligne, » Achille leur montre la carrière et la borne, à l'extré- » mité d'une plaine vaste et unie. Témoin de leur légè- » reté et de leur adresse, le vieux Phénix, Fécuyer de « son père, est placé par ses ordres à l'extrémité de la » carrière. Tous les fouets sont lev^, tous abaissés au 0 m/ème instant Anhnant ainsi leurs coursiers et du fouet » et de la voix, ils abandonnent les vaisseaux, traversent » la plaine avec rapidité ; une poussière, semblable à un » nuage épais, ou à une violente tempête, souille les » larges poitrails de leurs chevaux, dont les crinières fiot- » tent au gré des vents. Tantôt ils rasent la terre avec » les chars; tantôt s* élançant ils franchissent un long es- » pace sans ébranler leurs hardis conducteurs, dont le » cœur est partagé entre la crûnte et Tespérance. Appe- » lant leurs coursiers par leurs noms, ils accroissent leur >> ardeur, volent avec rapidité : une immense poussière » s'âève de dessous leurs pieds. Déjà ayant atteint l'ex- » tréroité de la carrière, ils se reploient sur le rivage de » la mer écumante ; leurs traits boat tendus, leui course

précipilée, les mtervalleâ plus marqués. Les l^eis là coursiers du roi de Ph^s devancent tous les autres ;

» les agiles coursiers de Tros, que dirige le filsde Tydée, » semblent s élancer sur le char d'Eunièle; le souffle » brûlant qui s'exhale de kursvastes narines, écbaulîe les n toges épaules des coursiers du roi de Phères; ils les » atteignent de toute la louprueiir de leur vaste encolure. » Le fils de Tydée eût . devancé son rival, ou laissé la H victoire incertaine, si Apollcm, irrité, n'eût arraché de n sa main le fouet qui lui servait à animer ses coursiers. » Une vive douleur s'empare de l'âme du vaillant Diomè- » de, à la vue du chai' de son rival, qui s'élanco d'un vol u rapide, tandis que, privé de son fouet, il ne peut bâter >i ses légers coursiers; des larmes amëres coulent de ses » yeux; uiais la ruse d'Apollon u'écliai)pe pas à Minen'e : » volant avec une uicroyable rapidité au secours du pasï> teur des peuples, la déesse relève le fouet, le jreinet aux » mains du fils de Tydée, accroît de son souffle divin » l'ardeur de ses coursiers...

» Les agiles coursiers du fils de Tydée volent dans la » carrière, précèdent tous les autres ; car Minerve leur » destine le prix : la déesse soutient, accrott leur ardeur. » Ménélas approche du but, fait des eflbrts pour l'al- » teindre. Animant les coursiers de son péie. Antiloque » leur parle ainsi : « Yole%, développes vos jarrets^ dis- » pute2 la victoire, non aux counôers agiles du fils de ^ » Tydée ; car Minerve accroît leur légèreté, leur destine n le {ffemier prix; mais aux coursiers du fils d'Atrée : » hâte^-vousde les surpasser : quelle bonté pour vous, si )> la cavale Ethée vous devançait! Qui vous retient? Si » par votre lâcheté, je n'obtiens que le seul prix qu'on

» accorde à la {Mtié pour le vaincu, je voos prédis » le sort qui vous attend : le pasteur des peuples ne

« prendra plus soin de vous, il vous percera de son plai- » ve. Eliancez-vous dans la carrière ; la ruse suppléera à » la force dans ce défilé. »

« n dit : Redoutant la colère de leur maître, les chen vaux de Nestor volent avec ia]>idiie ; le valeureux An- » iiloqiie voit Méûélas eugagé dans un ckemin creux, » profonde ravine que les eaux de Tbiver ont formée. » Agité de la crainte de heurter contre le roc, le (ils » d'Atrée retient se^ coursiers agiles. Détournant les » sieos avec adresse , le ûls de Nestor les dirige de ce 9 eôtét s'incline sur la berge, poursuit le fils d'Atrée : » O Antiloque î s'écrie Ménélas effrayé, je ne reconnais )) pas ta pi utleiîce ; ralentis la murse rapide de tes cour- » siers : échappés à çe déûlé daugereux, uous rendrons n la main, nous ferons effort pour nous devancer, n

« Il dit : Hais, sourd à ses cris, le fils de Nestor manie n le fouet avec dextérité, anime ses coursiers. D'un seul » saut, ils franchissent tout 1 espace que parcourt un dis- » que lancé par un bras nerveux qui essaie ses forces. » Les agiles courâers du fils d'Atrée reculent ; craignant » qu'ils ne s* abattent daii.^ le choc des chars, et qu'es- , » sayaut de disputer la victoire à son rival, ils ne tom- » bent l'un et Tautre dans la poussière, Ménélas n'ose les » appuyer. Fils de Nestm* , s'écrie-t-il , de tous les ri- « vaux le plus dangereux, tu transgresses les lois du cir- » que et démens laréputation que ta vertu t'avait acquise. » Hâtes ta course rapide ; mais n'espère pas obtenir le w prix sans un parjure. »

(( Adressant ensuite la parole à set» légers coursiers :

« Volent leur dit-il ; que ce faible avantage remporté par

» un perfide rival ne ralentisse pas votre ardeur : bientôt » essoufflés, abattus, les vieux coursiers de Nestor vous » céderont la victoire. »

(( A la voix de leur mattre, les rapides coursiers s'élan- » cent sur le char d' Antiloque. Bientôt ils sont près de » l'atteindre. Cependant, les yeux fixés sur l'arène, les u Grecs assis à la barrière s'efforcent de percer Fépais » nuage qui enveloppe les chevaux et les chars.

» Déjà le fils de Tydée touche la barrière ; ses conr- » siers bondissent sous les coups redoutables du fouet qui » retentit sur leurs laides épaules : leurs sauts légers » font jaillir la poussière sur Tathlète qui les dirige ; l'ois .) l'étain, précieux oniemens du char de Diomède, en » sont ternis. Ils volent avec une telle rapidité, que la » trace des roues est à peine imprimée sur le sable. Par- » venu à l'extrémité de la carrière, le fils de Tydée aban- » doiiîio son fouet, s'incline sons le jong ; le vaillant Stéw nélas s'empare du prix et détèle les coursiers.

» S* efforçant de soutenir l'ardeur des deux chevaux » de Nestor , le descendant de Nélée arrive ; sa ruse » adroite , non la rapidité de sa course, lui a donné la '»> victoire sur Ménélas. Ecarté de toute la portée d'un Jet » de disque, le fils d' Atrée ne laisse plus, entre son rival » et lui, que le court espace qui sépare un char en mou- » vement dont les traits sont tendus, du coursier qui » l'entraîne, dont les crins atteignent T orbite des roues, » tant l'ardeur de TAgamemnonienne Ëthée croit avec » J'espace qui lui reste à parcourir. Si la carrière eût été » plus longue, Ménélas eut devancé son rival et n'eût pas » même laissé la victoire incertaine. »

Les anciens C recs croyaient que les j uuieiis étaient plus agiles que les chevaux^ et Ton remarque plus de noms féminins que d'autres parmi ceux des vainqueurs aux jeux olympiques. Pline et Elius ont consacré cette opinion ; ils pensent que les jumens sont plus propres que les chevaux aux travaux du cirque. Cette idée, qui attribue la supériorité de vitesse aux jumens sur les chevaux, est encore partagée de nos jours par les Arabes et pai* plusieurs peuples de l'Orient; mais elle n'est pas ado^)tée dans le nord de TËurope, où, quand il s*agit de courses de vitesse, on fait porter un poids plus lourd aux chevaux qu'aux jumens. Ce n'est d'ailleurs point ici le lieu de discuter cette question. Nous pourrions, en tout cas, peulr-ètre, nous borner à donner raison aux deux prétentions, en apparence contradictoires, en disant que la question n'est qu'une question de climat.

11 y avait, au reste, à Olympie , une course particulière dans laquélle on ne se servait que de jumens. On appelait cette course eaipe. C'était, à vrai dire, plutôt un exercice gymnastique qu'une course. Les écuyi;rs, arrivant près du but, sautaient à bas de leur monture et continuaient la course en tenant la bride d'une main«

Les cavaliers appelés ona^ales ne montaient que des chevaux.

La préparation obligée pour les coursits de chars et de chevaux durait trente jours ; mais les concurrens étaient obligés de jurer qu'ils s'étaient soumis pendant dix mois consécutifs à tous les exercices et à toutes les épreuves auxquelles les engageait l'institution des jeux. -

Les rois ou les princes conduisaient souvent euxmêmes leurs chars ou montaient leiu s rapides coiu-siers;

— semais on u était pas obligé de desceudre soi-même dans la lice; on pouvait s'y faire représenter» et les femmes ellesmêmes concoururent souvent aux jeux olympiques, surtout dans les derniers temps ; bien entendu sans y paraître eileâ-mêmes: ou sait qu'il leur était défendu d'assister aux jeux. Les Grées, en|se privant d'associer la belle moitié du genre humain à leurs nobles victoires, se privèrent sans doute de grandes jouissances ; mais cette prescription s'alliait avec la sévérité des mœurs antiques de la Grèce. Seulement, on pardonna à cette femme héroïque, fille, sœur, femme et mère de vainqueurs olympiques, qui ne put résister au désir de voir triompher son fils. Gallipatira, pour assister aux jeux, s'était cachée sous des vêtemens de maître d'exercice. Elle se trahit en courant se jeter dans les bras du vainqueur. Les juges lui firent grâce, en faveur de son noble sang *, mais ils s'y prirent de manière à ce qu'un pareil subterfuge ne put avoir lieu à l'avenir.

La première femme qui ouvrit à son sexe cette carrière de gloire, fut Cyniséa, fille d'Aixhisane, et sœur d' Agéôlas, roi de Lacédémone. £lle remporta le prix de 1» «ran» des chars attelés de quatre chevaux. Cette ne- •toire, jusque-là sans exemple, fut célébrée avec magnificence. Lin monument superbe lui fut élevé dans sa patrie, et elle fut mise au nombre des héroïnes. Cyniséa consacra elle-même, dans le temple de Delphes, Ud char d'airain, attelé de quatre chevaux. On joignit, dans la suite, à cette offrande, le portrait de Cyniséa, peint par Apelles. Ce glorieux trophée était orné d'inscripticms en Yhonneur de l'illustre fille de Lacédémone. Après sa mort, on lui tieva, à Olympie, des statues et des autels.

Du reste^ ces homieurs n' étaient point extraordinaiï^ ni

pai iiculiers au sexe de C-yniséa : les hommes, vainqueurs dans les jeux équestres, étaient honorés coumiedeâ dieux. Le prix de la yietoire n'était en lui-mâme qu'une couronne d'acbe ou de laurier; mate cette simple réownpense était suivie de bien d'autres laveurs. Les juges décernaient d'abord au triomphateur da couronne qu'il avait méritée, et lui mettaient une hrancfae de palmier dans la mâin droite ; puis un héraut, précédé d'un trompette, le coïkduisaitdaQs T enceinte et proclamait à haute yoi\ sonnom et 8onpa|r8. ' w

Alors le bniit desafqpiaudisaeniens et desaedamalioiis des spectateurs s'élevait dans les airs ; les instruriicns de musique, y répondaient de dillérentes manières, suivant le genre de triomphe eiile. pays du va&iqueur« Les danses 8*enlaçaient sar les pdouses, et un brillant cortège, formé de toute la jeunesse, sui\ i des prêtres et des sacrili- ' (dateurs, conduisait solennellement le vainqueur aux pieds de i'autei de Jupiter, où bientôt fumait Tenc^s et d'où s'élevait le parfum des hécatombes.

()ua!id l'athlète couronné retouiuait dans sa patrie,' les populations se présumaient au devant de lui. Monté sur un char à quatre chevaux, la couronne au front et ' la petoe à la main, par une brèche Mte exprès aux murailles, il entrait dans sa ville natale à la lueur de mille llambeaux* etsuivid'un brillant cortège.

Le trionq^ se .terminait fiar des festins cpn se célé^ braient, soitimx dépens du trésor public, soit aux dépens des vainqueurs eux-iaèines.

Les vainqueurs aux;jeui.\ olympiqueS'bbtenaient encoi'e d'autix» privilèges considérables ; on leur assignait des

pensions sur le trésor public; ils étaient dispensés de toutes charges et de fonctions municipales; ils avaient la préséance dans les spectacles et les jeux publics* A Sparte , les rois les cboisissMent onfinairement pour combattre auprès de leur personne, dans les expéditions militaii:es, A Athènes, ils étaient nourris le reste de leurs jours aux dépens de la république; on leur dressait des statues; on légnmt leur gloire à la postérité par des in- ^ scriptions fastueuses ; les plus fameux poètes chantaient leurs louanges. Dans ces honneurs rendus aux hommes, on n'oubliait pas non plus les chevaux, dont la vitesse et les qualités étaient la source et une partie de la gloire des triomphateurs : on leur consacrait desmonumens, comme aux athlètes ; on les nourrissait sans rien faire pendant toute leur vie ; la mention de leur nom, de leur âge, de la couleur de leur poil et du nom de leur pays était consignée dans les registres publics ; euim les poètes faisaient leur éloge et les chantaient dans leurs vers.

L'histohre, parmi ces coursiers, cite, entr^autres, la ca\ ale xVura, au sujet de laquelle Pausanias nous transmet le récit suivant :

« La jument de Phidolas se nommait Aura, à ce que » disent les Gorynthiens. Il arriva à celui qui la montait » de se laisser tomber dès le commencement de la car- » rière, et elle n'eu continua pas inoins.àcoui'ir, tourna, n suivant les règles, autour de la Iwme, accéléra encore » plus sa course lorsqu'elle entendit la trompette, arriva » la première vers les Hellanodices, et s'y arrêta connue » sachant qu elle avait remporté le prix. Les £léenspro- )) clamèrent Phidolas vainqueur et lui permirent de pla* » cer àOlympie la statue de sa jument. »

Autres temps, autres ])rLucipes : la Grèce te doiiue uue statue, gentille Aura ; à Newmarket èt à Chantilly, tu aurais été distancée, parce que tu te serais débarrassée de U)ii }joids : la gloire, il est doi* de te le dire, doit quelquefois se mesurer au p(Mds.

La Gfèce n'ayait pas de trop beaux lauriers, Gairane de marbres trop précieux, le génie des poètes de vers trop iKii moaieux pour célébrer les vainqueurs des jeux olympiques. Cicéron assure que leur gloire égalait celle de randen consulat, dans toute la splendeur de son origine, chez les premiers Romaûns. Horace en fait autant de demi-dieux. Piiidare leur a voué sa muse. 11 a chanté les coursiers d'£Us couverts d'une noble poussière, et, pour élever dans ses chants un impérissable monument à Hiéi*on, roi de Syracuse, il ne lui a pas donné de titres plus précieux à l' immortalité que celui de vainqueur à la course équestre..

« Ce prince, dit-il, qui gouverna avec équité les peu- » pies de l'opulente Sicile, a cueilli la plus pure fleur de » toutes les veitus ; il se fait un noble plaisir de ce que la » poésie et la musique ont de plus exquis. 11 aime les airs » mélodieux, tels que nous avons coutume d'en jouer à la »> table des personnes qui nous sont chères. Courage » donc, prends ta lyre et monte là sur le ton Dorien. Si » tu te sens animé d'un beau feu en faveur de Pise et de » Phérénîce;s'ilsontfaitnattreentoilesplusdottxtrans^ »» ports, lorsque ce généreux coursier, sans être piqué de » l'éperon, volait sur les bords de V Alphée, et portait son n mattre au sein de la victoire, chante le roi de Syracuse, n l'ornement de nos courses équestres. »

Uiéron ne fut pas le seul roi qui se distingua aux jeux

olympiques : Théron, roi d' Agrigente, et son frère \lmiocrate , Gelon et les deux Denis, rois de Syracuse , Archelaiifl et Philippe, roia de Macédoine, Pausanias, rcÂdeLacédémone, Hithridate, roi de Pont, prétendirent aussi à ces nobles couronnes. Néron aima aussi les chevaux et les jeux équestres. L'amour des nobles choses se x^encon-^ tre quelquefois dans les cœurs les plus vils, comme la * goutte de miel au sein des plantes empoisonnées, et la perle blanche dans une coquille rongée des vers.

Le fils d' Agrippine, deTenu maître de Tempire, aspira encore à une plus haute gloire : il disputa plusieurs fois la coiuronne d'Olympie, où il conduisit lui-môme un jour un char attelé de six chevaux. A son retour de ia Grèce, il fit son entrée à Naples, sur un char traîné par des efae* vaux blancs, après avoir fait abattre un pan de muraille, suivaiiL l'usage des vainqueurs. Il entra delà même manière dans Antium, Albe et Kome. Sou char était celui qiû avait servi au .triomphe d'Auguste; ses vêtemens étaient une robe de.poiirpre éclatante et un manteau parsemé d'étoiles d'or; sur sa tête hrilhiitla couronne des jeux ol^rmpiques, et dans sa msàu celle des jeux py thieus ; les autres couronnes qu'il avait conquises étaient portées en pompe devant lui.

Miltiade iit enterrer avec magnificence dans le Céramique, avec les statues des dieux, trois de ses cavales victorieuses. Son fils, Gimon, ayant remporté trois fois le prix avec les mêmes jumens, les Athéniens firent élever à ces généreuses cavales des statues de bronze, (iontles historiens parlent comme d'un chef-d'œuvre d'art et de ressemblance.

Parmi les vainqueurs olympiques vint briller à son

tour le romanesque et bel A]cll)ia({ts poète, savant, guerrier» orateur, beau comme Apollon Pythien, réunissant en lui seul tontes les qualités et tous les défauts d'Athènes, sa patrie. Ce cœur , dévoré de tous les glorieux amours, eût été incomplet si l'amour du cheval lui eût manqué : nul ne le posséda à un plus haut degré.

Ses superbes écuries renfermaient un grand nombre de chevaux de course; rien n'égalait la magnificence de ses chars ; jamais roi ni prince n'envoya, comme lui, sept chars à la fois aux jeux olympiques. Dans la même journée, il y remportais prix de la course à pied, celui de la course équestre et celui des chars. 11 put couronner son front de trois couronnes à la fois, honneur que, depuis le iik de Latone, personne n'avait remporté.

On remarque encore, au nombre des célètes ou vainqueurs à la course à cheval, à côté des rois et des héros, dsux des plus illustres philosophes de la Grèce, Pythagore et Empédocle. C'est que le génie du cheval s'allie à tous les genres de génies. C'était l'honneur des anciens que de le comprendre; c'est notre honte que de l'avoir oublié. Imaginons donc maintenant MM. Cousin et de Lamennais gagnant le-grand prix à ChantiUy.

Ln admirable exemple des honneurs rendus aux triomphateurs des jeux oiyuipiques nous est fourni par la ville d'Agrigente. Ëile reçut un jour dans ses murs un de ces vainqueurs, Exenètes, porté sur un char magnifique, attelé de quatre clievaux blancs et suivi de trois cents autres chars , attelés de chevaux de même couleur. Voilà de ces spectacles grandioses et magiques que le monde ne reverra plus. Du reste, Agrigente était une ville fameuse par ses amateurs de chevaux. On y voyait

uii giaiid uoiiibre de lombeaux, oi nèa de pyraïuidtib» cicvés à la mémuii'e de célèbres coursiers.

Voici ttoe des curieuses épitaphes qui se lisaient sur les mausolées de ces coursiers immortels :

« Colonne de mai bi c , de qui es-tu le tombeau ? — D* au couisier agile. — Quel est aoii nom l — Ëutbydique. — Sa gloire ? — U fut vainqueur dans les jeux. — Gomlneii de fois? — Bien des fois. — Et quel était son guide? — Kœrane. — U glone plus grande que celle des demidieux I »

De tous les monumens qui nous restent de Tantiquitéi il n'en est aucun qui nous donne une idée plus précise des

chevaux et des cavaliers de l'époque grecque, que le chefd'œuvre de Phidias, connu sous le nom de irise du Parthénon. Ces merveilleux bas-reliefs, après avoir subi les injures du temps et des hommes, ont été transportés à Londres par lord Elgin , et font maintenant un des pi'incipaux ornemens du British muséum; mais, privé» de leur beau ciel et de leur doux climat, ils frissonnent sous le froid soleil du Nord, se léprosent de toutes parts et n'offriront bientôt plus que de déplorables débris. Déplacer un monument, c'est créer une ruine* Cette frise représente la fête des grandes Panathénées. Dans ces fêtes, les fils des principaux citoyens se disputaient le prix de la course à cheval. On trouve dans les collections, des vases panathénaïques, c'est-àHlire donnés en prix dans ces luttes, comme le prouvent les inscriptions en vers qui s'y lisent. Les peintures nous montrent des courses de chevaux, exercice habituel de la jeunesse athénienne. Les chevaux et les hommes représentés sur la frise sont d'un travail exquis. Voici d'ailleurs les principales remarques

que l'iuppoiogue peut faire sur ce chef-d'œuvre. D'abord les chevaux sont d'une taille très petite relativement à celle des hommes : ils ne paraissent pas avoir plus d'un

mètre quarante ou quarante-cinq centimètres environ. A pied, la hauteur du cheval ne dépasse pas celle de la poitrine de Thomme; à cheval« le pied de l'homme descend au-dessous du genou du cheval. Les chevaux portent le type arabe actuel : leur tète est carrée et un peu forte; rencolure courte et musclée; l'épaule bien couchée; la poitrine profonde; lesmembres forts; secs et d'un admirable aplomb; les rrîns courts et le port de queue . superbe. Presque tous ont la crinière coupée en brosse ; leur queue est longue et flotte au gré du vent. Les ca^ valiers montent à poil ; leur pose est pleine de grâce et d'aplomb. L'allure des coursiers est le pas ou le galop, ils ont presque tous cette marche cadencée que nous appelons petit galop et que les Aurais appellent canur. Nous laissons id parler Xénophon : « Si, après lui avoir )» fait sentir l'éperon, vous rendez la main au cheval, le » peu de tension des rênes lux fait croire qu'il est libre, et, » dans la joie qu'il en éprouve, il prend une pose magni- » iique et imite, par le moelleux et la fierté de sa démar- » che,le cheval qui se pavane auprès de ses compagnons. »» Tels sont les chevaux qu'on donne aux dieux et aux hé- • ros ; ils sont la gloire de leurs cavaliers; le cheval lui- )» même est l'objet de l'admiration générale ; il attire lea » rep:ards, il charme jeunes et vieux ; on n'en peut déta- » cher sa vue; on ne se lasse point de l'admirer, tant M qu'il se montre dans cette brillante allure. »

Quelques-uns des chevaux du monument qui nousoc^ cupe, sont comme ceux d'une foule de statues et de bas-

reliefs, représentés marchant 1 amble, allure estimée des Grecs et couDue dès la plus iiaute antiquité. 11 est concevable, en efiet , que des chevaux à poil ne ponent se * monter qu'au pas, à Famble ou au galop. Le trot devait être et était une allure enlièremeiit proscrite du manège des anciens : cette allure est encore aujourd'hui presque entièrement bannie des habitudes équestres des peuples méridionaux. Aussi, sur plus de cent chevauA i eprésentés sur noire Irise, n'en voit-on pas un seul au trot

Rien n'^ale la vigueur, Ténergie que le sculpteur a données à ces chevaux; les uns, impatiens du frein, p^* chent la tète vers la poitrine . laiidis que leurs pieds de devant gambadeut près de ieui s ardentes narines ; d'autres, plus heureux ou montés par des cavaliers moins habiles, ont réussi à leur gagner la main; ils portent la tête haute et vont fuir ; quelques-uns ont renversé leurs cavaliers; ceux-ci les frappent de la main; d'autres ,

avant d'avoir été montés, ont réussi à échapper à leurs maîtres, ils fuient çà et là en bondissant; les cavaliers les

rattrapent à gi aîitl'peine , et cependant , malgré cette fougue, cette ardeur, ils semblent tous de la plus grande douceur, comme tous ceux de la race arabe, dont ils sont les véritables descendans. La plupart , soit qu'ils soient attelés à des chars, soit qu'ils attendent les écuyers qui vont les monter , restent cahnes et balancent gracieuse-» ment leurs jolies tètes; ceux même qui bondissent, se cabrent et s'enfuient, n'occasionnent aucun accident dans le cortège : on dirait qu'ils évitent avec soin de faire le moindre mal à leurs midtres ; et puis ne craignez rien pour ceux-ci : ce ne sont pas là les hommes de notre époque, gauches, inhabiles, sans grâce, violons à force

de faiblesse ; ce sont les hommes des temps Jiéi uïques, les homm^ du gymnase et du portique. Cou)qi^ ils dominent leur ooiirsim? par lataiUe, parle calme» parle couiagel avec quelle gracieuse confiance ils en approchent, avec quelle énergique assurance ils lui imposent leur volonté, soit qu'ils lui parlent, rarrètent, le dirigent, s' élancent slut son dos' ou eo descendent: vous sentez en eux le roi dominoiteur (le lacréation. Si Phidias eûtpeintrhommeécrasantsousle joug de sa supériorité morale le cheval assoupli et coui bé comnÉi uli esclave , il n'eût mis sous nos yeux qu une sérîe plus ou moins longue de machines ambulantes^ s'il nous eût montré le cheval terrible , indompté, l'homme furieux et emporté , il nous eût lait craindre que la \ i()- Icpee de la brute n*eût eu le dessus. Que serait, chez, rbomrae, ia force du corps sans la force de Tâme I Aussi. Phidias nous a-t-il représenté le cljival fougueux et rhomme calme, comprenant l'ordie et l'harmonie providenti^s : Tè fr^t» «ri Auftot c^«£;« iinrov. C'est à Xéttophon à expliquer Phidias. Xénophon , Phidias , grands noma qui rayonnent pari ni ceux des victimes de l'ingratitude humaine l l'un mourut en prison, l'autre dans!' exil 1 •

L'épo<pie d'Alexandre suffirait seule. pour marquer une ère de l'histoire du cheval. De la' Macédoine , contrée célèbre dans l'antiquité par ses rapides coursiers, le fils de Philippe passa comme un brûlant météore dans Usm les pays où le cheval était en honneur ; il soumit les Grecs, les Thraces, les Scythes, les Persans, les Assyriens, les Egyptiens, les Indiens; il créa en un mot cet empire d'Asie, le plus considérable qui ait ji^ais existé. Gen'estpasseulementpar ses conquêtes, mail» encore par lui-Biême, que l'histoire d'Alexandre se lie avec celle du

cheval, (.lonime tous les grands hommes, Alexandie était cavalier, et sa .vie est si intimement associée à celle de Bucépbale, qu'il semble qu'ils n'eussent été rien l'un sans l'autre.

Philippe, son père, se reposait sur les lauriers de Méthmie, lorsqu'il apprit trois heureuses nouvelles : il était proclamé vainqueur aux jeux olympiques; sa femme Olympias venait de lui donner pour fils Alexandre ; rnfinPannénion venait de remporter une grande victoire. O Jupiter ! dit-il, ne m'accable pas de tant de bonheurs. Cet homme, qui étant né le jour où la cavaleriede son père l)iUtait l'ennemi, le jour où les chevaux de son père lui gagnaient les palmes d'Ëlide, devait être un guerrier et un homme de cheval. Aristote ne se borna pas à dévdop* per ches son royal élève les connaissances nécessaires à un souverain : tantôt assis sur des sièges de pierre, dans la solitude de Myèza , il lui dictait ce traité des rois qui malheureusement est perdu ; tantôt monté sur un ardent coursier, guidé par des maîtres habiles, il le faisût voler sur les bords du Strymon, gravir les collines escarpées, franchir les rochers entassés et les ravins prolbnds. Aussi, à pâne sortait>il de l'enfance, qu'il dompta ce cheval fiimeux dont le nom est devenu proverbial. Quel âge avait Alexandre lorsqu'on lui présenta Bucéphale? L'histoire ne le dit pas ; cependant, on doit penser qu'il était fort jeune. Ën effet, Bucéj^ale mourut à trente ans, dans la bataille que livra Alexandre à Porus sur les bords de l'fiydaspe ; Alexandre avait à cette époque vingt-huit ans; il était donc plus jeune que son cheval. Bucéphale avait été nourri dans les plaines de Pharsak, par un c^taln Phikmicus, renommé en Tliessalie pour l'élève des coursiers :

ç élan uu cheval magnifique et pksin dawteur; «m nom de Bucéphale lui venait, dit rhistoire. de ce qu il avait metiudehctuf. PhaoBicns, trouvant cet animal digne d un roi, le mena à Piiilippe, et en demanda 16 talens environ 72,000 francs de notre monnaie. Le roi fit e»^ sayer le coursier en saprésence; mab, parmi ses écuyers dnesentrouvapaaunqui ne déclarât Bucéphale vicieux et indomptable. Alors, Alexandre, encore enfent, s'écria : « S'ils rebutent ce «heval, c'est qu'ils sont incapables de le monter. &ute de hanfiesse et d'expérience Jeune homme, lui dit Philippe, p, ctendrais-tu surpasser tesanciens?-Oui, sansdoute, seigneur; je gage de domptei ce coui^er.-Etquepaieras-tu pour ta foDe prtsomptt»? - Le prix du cheval, répondit Alexandre. „ Cela dit, 1*8 approche du fougueux animal, saisit la bride et lui tourne la lèle vers le soleU, parce qu'il avait rem'arqué qu'il s'ellaroucliait à la vue de son ombre • il le ca resse de la main et de la voix, et, profitant d'un' moment de calme, il lusse tomber son manteau et s'élance sur le dos du coursier ; usant de ménagemens et d'adr«sse il l'occupe sans le tourmenter; puis, sentant son impatience caLnée, il le pousse à toute vitesse et lui fait parcourir une longue distance, en le pressant sans relâche de ses jambes nerveuses. Philippe et ses courtisans le sui valent de l'ceU avec anxiété ; ils gardaient un profond silenceetcraignaient qu'une chute ne terminât cette course fougueuse. Mds, quand, après avoir fourni sa carrière Ils le virent revenir la tête haute, et fier d'avoir réduit le superbe animal» tous tes courtisans appUudirent ave.taasffon. Philippe pleura de joie, et, quand le je„ne pnncefut descendu de cheval, il lui dit, eu pressant sa

iète couue 8on seiu : « O mon fils! cherche uu royaume plus digne de toi ; car la Macédoine est trop petite* » Voilà comment un cheval donna lien à la conquête du

inonde.

Nous avons cité le récit historique ; nous le ferons suivre de (pielques observations. Le nom de ce cheval ne vient pas de ce qu*il avait une téie de bmuf, mais bien de

ce qu'il appartenait à cette race de chevaux qui étaient marqués à la cuisse d'une tête de bœuf, et qui, pour cette raison, étdent appelés chei les Grecs bucéphaleê» Nous ajouterons qu'il est à croire que cette coutume marquer ainsi les chevaux était un souvenir des centaures : les Thessaliens, qui se conformaient fidèlement à cette coutume» prétendaient sans doute, par ce moyen, faire remonter leur race à celles de ces anciens piq^eurs de boeufs tellement célèbres par leurs coursiers, qu'on les avait identifiés avec eux.

Nous ne savons trop ce qu'il faut croire du récit des vieux auteurs, relativement à l'inhabilité des écuyers de la cour de Philippe, et au succès du jeune Alexandre, dû à Tobservatton qu'il avait faite que le cheval avait peur dennumbire^ Peut-être les courtisans employèrent-ils, * en cett« circonstance, la politique ou la politesse en usage dans tous les temps envers les fils des rois, et peutêtre l'imagination des auteurs a-t*«lle eu quelque part à cette première victoire d'un grand conquérant; quoi qu'il en soit, il reste certain, après le récit qu'on vient de lire, qu'un cheval difiiciie fut monté, avec adresse et courage, par un enfant, et que cet enfant le mena franchement : or ceci, les écuyers le comprendront, est déjà im grand et beau succès. (Combien d'hommes faits sont capables

de Tobtenir aujourd'hui , quoique nous devions voir plus tard Tureuue débuter comme Alexandre dans sa carrière degbire?

Alexandre prît en grande tdfeclioa sa conquête : il

montait lui-même Bucépliale et le réserva pour les périls des batailles. Aussi Bucéphale connaissait-il son maître et lui portait^l rattachement le plus dévoné. Lorsque ce noble animal n'était point couvert de son harnais^ il consentait à porter les hommes qui le soldaient ; mais aussitôt que la housse de guerre retentissait sur son dos, Alexandre seul pouvait en approcher. A sa vue, il se metlait à genoux, selon la coutume des chevaux dressés pour les cavaliers à une époque^ où 1 usage des étriers était inconnu. Plus d'une fois, Alexandre dut la vie à la vigueur et à la rapidité de son coursier : ce fut surtout à Tattaque de Thèbes que Bucéphale déploya cette intelligence et ce grand cœur, si dignes du héros, son ami. Blessé, sanglant, il ne cessa de courir à T ennemi, et, lorsque son maître voulut le quitter pour en prendre un autre, il témoigna par son impatience et ses hennissemens qu*il voulait encore combattre. Alexandre, enchanté de ce courage, qui s'alhait si bien au sien , ne s'en sépara point de la jour-, née.

Les auteurs ne s'accordent pas au sujet de la mort de Bucéphale. Les uns veulent qu'il ait succombé à ses blessures, dans la bataille qu'Alexandre livra à Porus sur les bords de l'Hydaspe. Enveloppé par la cavalerie ennemie, accablé par le nombre, le vainqueur du monde, malgré des prodiges de valeur, allait succomber, quand Bucéphale, quoique blessé à mort, redoublant d'ardeur et de vitesse, l'arracha au plus grand péril qu'il eût Jamais

cotmi, le ramena dans sa tente, et satisfait, rendit le

dernier soupir.

D'autres disent qu'il mourut plein de jours et de gioire, i^é de 30 ans. Quoi qu'il en soit, Alexandre pleura son coursier; sa perte lui fut aussi sensible, dit-il, que celle d'un ami sincère et dévoué : triste a\ eu dans- la bouche du meurtrier de Clytus et de Gallystèue ; m£Ûs les cœurs des grands hommes ont de mystérieux replis, et ne se pèsent pas aux balances communes.

Alexandre lit iaire à son coursier chéri de magnifiques funérailles, auxquelles U assista lui-même. 11 lui ût en outre élever un tombeau sur les bords de THydaspe, au Heu même où il avait été frappé. Autour de ce tombeau, il jeta les fondemens de la ville de Bucéphalie, AUxandria Bueepkalus, Quelques savans pensent que cette ville est aujourd'hui celle de Lahore, capitale -du royaume de ce nom.

Alexandre solennisa le passage du Graniqiie, qui lui ouvrait l'Asie, en se faisant représenter sur Bucéphale au milieu des cavaliers de son armée qui perdirent la vie en cette occasion.

Les conquêtes d'Alexandre ont étendu les connaissances humaines ; elles ont porté la civilisation grecque dans toute une partie du monde; elles réveillèrent sur leurs trônes les rois d'Ecbatane et de Memphis, et ceux des rives in roi mues de l' Indus et de l'Oxus. Les jeux guerriers qui avaient pris naissance en Asie, mais que la.Grèce avait singulièrement modifiés et améliorés, furent reportés par Alexandre à leurs antiques berceaux. Après avoir fait célébrer des solennités équestres sur le tombeau d'Achille, aux sables d'Ammon, près du mau-

— toi —

solée d'Ephestion» dans les champs Babylomens, et partout où s'étendit son éphémère et m^nifique empire, il

laissa son trône à des successeurs inhabiles, qui se déchirèrent les uns les autres. Mais les habitudes hippiques gagnèrent au moins quelque chose à tout ce mouyement, et, pendant de longs siècles, les Hippodromes des cent Alexaudries conservèrent un brillant reflet des souvenirs d'Homère et des jeux dOiympie.

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