CHAPITRE VI
Mlgntioi» du cheiâl. — Mdiide «onon des andens. — Les Scytlns. » Les Stnnaiies.^ Les Genmins.— Les Gaulois.^ Les Ibériens. ^Les Numides. — Les Indiess*
En dehors des grandes civilisations dont nous avons parlé, grandissaient dans l'ombre diverses peuplades errantes, qui se fixaient peu à peu au soi et jetaient les fondeiiieiis des nations futures. Se dévorant les unes les autres, conune soldats de ^ulmus; frappant tour i tour aux portes des peuples rois, qu'ils finirent par abattre et briser de leurs haches sauvages , quelques-unes se firent un nom qui traversa les âge^. Or, il est à remarquer que celles-ci furent les plus cavalières : le reste n'a laissé qu'une page dans l'histoire, sur la terre, que quelques débris. Nous allons jeter un coup d'œil sur les familles humaines égarées 4aua les iroides régions du Nord, et sur celles qui, peu à peu, affrontant les feux du' soleil, allèrent peupler les confins de l'Asie et se répandre sur les côtes européennes deriiliique, ianiiiles que
la(jiècu et Uome avaient, claies leur oi|;i^it'il t'|^ois»ic, insolenmieut Stigmatisées du nom d'étraugçiô ou barbare»
Pères des Russes et des Tartares modèmes« les Scythes occupaient cette vaste contrée roni))rise entre la mer Caspienne, la mer Noire et l'iatérieui' de 1 Asie qrientale. C'était un peuple guerrier. La chasse et la garde des troupeaux étaient ses occupations. La Fable lui donne une origine où le chev al se trouve mêlé, comme à celle de tous les peuples fameux. Voici ce qu elle raconte h ce sujet : £cbidna, princesse hyperboréexme, enleva un jour les cavales d'Hercule. Le béros la poursuivit, et» l'ayant retrouvée, il fit alliance avec elle. U en eut trois ^ans : Agathèse, Gélon et Scythe. Celui-ci donna son nom à la Scythieet fut le père des rois de cette contrée.
La mythologie de ce peuple n'avait eu garde d'oublier le cheval dans ses zn y stères* Les Scythes adoraient le soleil sous la figure d un chevaL Chaque année, au bruit des instrumens* sur une colline élevée, ils plantaient un pieu en terre, y suspendaient une vieille épée, image du dieu delà guerre, à laquelle ils donnaient le nom d'Acina^ik, et ils sacrifiaient des cbevaux à cette divinité*
Les Scolotes passent, parmi les peuplades scytbiijues, pour avoir introduit lascience de l'équitation dans les humides contrées du Nord. Par un usa^^e aussi ancien que leur monarchie» leur roi $e rendait tous les ans dans un lieu où Ton conservait une charruet un joug, une hache,, le tout d*or massif, et que l'on disait être tombé du ciel. Il se faisait en ce lieu de grands sacrifices. Le scolote à qui, pour ce jour, la garde du trésor était conilée, ne voyait jamais, disait-on, la fin de l'année* £n récompense, on as-
suraitîi sa laniiile autant de terre qu il en pouvait parcou* rir dans un jour, monté sur un cheval. Quoi qu' il en soit, les ScythesétaientrenonunéStpanni les peuples anciens» par rattachement qu'ils portaient à leurs chevaux. Ils possédaient d'excellentes races, qu'ils élevaient avec le plus grand soin. Aussi avaient-ils de vigoureux et magniliques coursiers. Us préfénûent'les jumens aiix chevaux : ils pensûent qu'elles étaient d'un caractère plus doux et bui tout moins bruyantes dans les combats.
Aehias, roi des Scythes, pansait lui-même son cheval.
Les Scythes racontent aussi mille traits à la gloire de leurs chevaux. Un de leurs rois ayant été tué dans un combat, son cheval écrasa, dit-on, avec ses pieds et déchiia avec ses dents le vainqueui*, qui s'était approché pour s'emparer des dépouilles du vaincu»
Les Sarmates étaient des peuplades errantes qui donnèrent naissance, plus tard, aux nations de Pologne, de livonie et d'une partie de la Prusse. Ils étaient fiers et valeureux, et leurs fils n'ont pas dégénéré. Leurs feinmes mêmes avaient un caractère belliqueux, dont plus d'une moderne Sarmate a donné de nos jours de glorieux exemples.
Ces peuples élevaient des chevaux de grande taille et pleins d'énergie ; ils les montaient avec adresse à la chasseet dans les combats, et les mêkûent jusqu'aux mystères de leur religion. Les Slavons avaient un Centaure appelé Polkan, auquel ils attribuaient une force et une vitesse prodigieuses. Voici, en outre, une de leurs superstitions concernant le cheval et qui se retrouve, d'aillems, chez presque tous les peuples du Nord : Le dieu du soleil et
de la terre s'appelait Sweiawd; ses principaux autels
étaient dans l'île de Pugen et dans la ville Slavonne d'Acron. On lui consacrait un clieval blanc. 11 n'était permis qu'au prêtre du dieu de monter ce cheval et de lui couper les crius de la crinière et de la queue. On pensait que le dieu le montait souvent, pour combattre rcimemi. Ed. eifet, après l'avoir laissé la veille au soir bien pansé et attaché au râtelier, on le trouyût le matin couvert de sueur et de boue , comme s'il eût fait une grande course. C'était encore ce cheval qui pronostiquait le bon ou le mauvais succès de la guerre. On plantait, devant le temple, six lances, deux à deux et, à chaque ^ paire, on en attachait une troisâème entravers, assez bas pour que le cheval pût enjamber par dessus sans être contraint de sauter. Après de longues prières, le prêtre prenait le cheval par la bride, lui faisait fi:iu(ichir les^ lances en marchant : si le cheval les franchissait en passant toujours le pied droit le premier, l'augure était favorahle ; mais si c'était le pied gauche qu'il passait avant le droit, le présage était funeste. On immolait quelquefois à cette idole des chrétiens prisonniers. On les amenait armés de toutes pièces, montés sur leurs chevaux ; on attachait les jambes de chaque cheval à quatre pieux ; puis on mettait le feu à deux bûchers dressés des deux côtés, et on brûlait tout vifs le cheval et le cavalier.
Les Danois, avant d'être chrétiens , faisaient tous les neuf ans au solstice d'hiver, un sacrifice monstre de 99 hommes et d'un nombre égal de chevaux, de chiens, de faucons et de poulets.
Voici venir maintenant un peuple fameux entre les
phis fameux ; q«r toutes les nations de l'£urope moderne vont rechercher dans les palais de nuages de ses dieux,
dans les proioiideurs de ses sombres forêts, dans Jes mystères de ses fastes , leurs plus beaux titres de noblesse. Les Germains, partis primitivement, comme tous les peuples , des plateaux de l'Asie, s'organisèrent de bonne heure en société, sous la conduite du grand Odin, à la fois l^^ateur et guerrier. C'étaient d'abord des peuplades nomades , qui vivaient du produit de leurs troupeaux et de celui de leur chasse. Mais, à la dilTérencedes peuples d Orient, au lieu d'un climat doux et facile, n'imposant ^ l'homme ni travaux ni privations, et endormant ceux qu'il nourrit dans les langueurs d'une éternelle indolence, les Gennains trouvèrent un ciel sombre et pluvieux, des marais fertiles, mais exigeant d' immenses et ine^ssans travaux ; des forêts impénétrajt>les , où mugissaient l'Urus, le Bison, rÂan)ch, nobles ennemia qui vendaient chèrement leur vie et savaient attaquer et se déiendi-e; d'énormes sangliers qu'il fallait attaquer corps à corps avec l'épieu; des loups féroces , dont les bandes nombieuses se jetaient sur les troupeaux et les bergers. Aux prises avec toute la nature , le Germain grandit par le corps et i esprit. 11 devint assez robuste pour résister aux plus rudes travaux, braver tous périls, et affronter les plus terribles combats; il devint assez ingénieux pom- comprendre qu'il y avait un parti à tirer des travaux, des dangers et des combats. Tous les historiens s'accordent à vàater la beauté , hi force de corps, la vaillance et l'intelligence de ces premiers Germains. Leurs yeux bleus lançaient des llammes ; leur rhevelure ondoyait dans les batailles cuiume une crinière de lion.
11 est à croue uéaumoms que taul de quaiUèi ii'euîk>eut iiût d'eux qu'un peuple isolé dsm le monde , qu'ils dissent restés cachés dans leurs forêts, sans Tamottr du cheval, qui leur donna le goût des voyages et des migratioQS. De 14 à ia conquête. Un' y dvait plus qu un seul pas* tes Germains portai^t pour eoseigne un cbeval blanc, lancé au galop , symbole de leurs courses vagabondes , quand, sous le nom de ( iiinhres et de Teutons , de Francs et de Normands, ils vinrent rajeunir le sang de rEiurope ustoi tombée, brisée sous le faix des vieilles civilisatio&s. Nous trouvons le cheval divinisé dans la mythologie germaine. Odin , le roi des palais aériens du Wahalla , monte un cheval nommé SMpnir , dont il se sert pour parcourir les vastes deux et pour aller, devant le front des batailles, encourager les combattans. Sleipnir a huit pieds et la rapidité de^ l'aigle ; les laboureurs, en faisant leurs moissons, ont coutume de laisser pour lui quelques épis , les plus beaux de leur champ. Les héros , admis dans le paradis des nuages , sont éveillés chacfue matin par le chant du coq; ila se revêtent de la dépomlle des ours et des sangU^vs; ils prennent leurs armes rèdout^ibles^ se préparent au combat; la lutte s'engage furieuse; le sang coule; les têtes se fendent sous les haches pesantes; les épieux et les lances d'airain déchirent les chairs palpitantes^ liaia bientôt l'heure du repas arrive, m baume divm coule sur les btessures et les cicatrise à 1 iiistuiit ; les guerriers remontent sur ces mêmes coursiers qui fu^nt jadis jLcMr gloire et lurent pen> diant leur vie l'oli^t de leur soin et <te leur amour; ils vont boire l'hydromel dans le crâne des vaincus et man* ger le lafd du sangUer Serimner,
Piour commuoiquer avee le monde, les dieux ont bàd
en forme de pont l'arc du ciel. Au milieu est un sillon de l'eu pour empêcher les géans d'y passer ; chaque joui-, la tnmpe divine monte et desc^d à cheval par cette route aérienne. Thor, lui seul, est obligé de la suivre à pied,
car il est si gros et si lourd, qu'aucun cheval ne pourrait le porter.
Nor fut père de la Nuit, laquelle est noire comme toute sa famille. Celle-d eut de Baglinger, de la race des
dieux, un lils nonmié le Jour, brillant et beau comme toute la lamille de son père. Alors le père universel prit la Nuit et son fils le Jour, les plaça dans le ciel, et leur donna deux chevaux et deux chars, pour qu'ils fissent, Tun après l'autre, le tour du monde. La Nuit va la première sur sou cheval, appelé Rinfàxc (crinière gelée), qui, tous les matins, en commençant sa course, arrose la terre de Técume de son frein ; le cheval du Jour s'appelle Sinfa^. (crinière lumineuse) , et de sa crimère brillante, il éclaire le ciel et la terre.
Quelquefois on donnait deux chevaux à la Nuit et deux au Jour. Sûol (le soleil) étût le conducteur des chevaux de Dagur (le jour). Ces chevaux s'appelaient (qui brûle tout), et Arvkr (matinal). Maan (la lune) conduisait à son tour les chevaux, noirs de la Nuit. Gondula, une des déesses qui présidaient aux combats, était toujours à cheval. Les Walkyries, ces trois sœurs funèbres, qui vont choiûr dans les batiuUes ceux qui doivent mourir, montaient chacune un ardait courrier. Brinkîld montait fVin^a Kormir (qui fend Tair avec ses ailes) . L'Edda célèbre un grand nombre de coursiers : Blodugkofi (sabot sanglant), cheval de Freyd; Gulfaxi (cri-
n^re dorée), coursier du géant Hringaid; H^foarpi^r
(frappant du pied) , cheval de Gna, messagère de Freya, et plusieurs autres.
C'était une noble occupatiim chez les Germains de fabriquer soi-même les ustensiles de diaase et d'équitation. Le dieu Sokl^ allant à la recherche du marteau de Thor, qui lui avait été volé par le géant Thrym, trouva celui-ci assis sur une montagne, chantant la chanson du matin et façonnant des colliers pour ses chiens et des harnais pour ses chevaux.
Les Germains nourrissaient à frais communs, dans les bois.sacrés, des chevaux blancs, dont ils tiraient des pré^ aages. Personne n'y pouvait totucher en aucune manière. Le prêtre seul, avec le prince de la nation, les attachaient à un chariot sacré, les accompaguaieut et observaient leurs frémissemens et leurs hennissemens. 0 n'était aucun présage auquel non seulement le peuple, mais encore les principaux de la iiaùou, ajoutassent plus de foi.
Les Scandinaves et les Germains immolaient aux dieux les honiknes condamnés à mort pour quelque crime, des sangliers et surtout des chevaux blancs. S'ils avaient une injure à venger, ils pi euaient la tête d'un cheval mort, la posaient sur un pieu et la tournaient comme im signe de malédiction du côté de leur ennemi.
Antyre, héros d'un des poèmes du Nord, a un cheval appelé Bukranos; c'était un animal monstrueux, aussi dur que la pierre ; il avait une tète de taureau, et, du bout de ses pieds, il faisait jaillhr des étincelles de feu snr la route.
Bukranos (tête de bœuf) : c'est un souvenir des Centaures, le Bucéphale d'un Alexandre hyperboréen.
isi héros de Sagas de vantaient de leurs bons destriers. Dans Tépopée de Sigurd, Gunnard et Hogni ne vealent
pas écouter les sages avei*tissemens de leur sœur Gudi lui. fc Nous av(His, disentr-ilSf un bon cheval et une bonne » épée, que craignons-nous t »
On trouve dans le même poème, un touchant exemple ée cet instinct si généreux du cheval, qui lui défend de fouler i ses pieds le corps de rhoinme» à moins d'y être forcé ou entraîné malgré lui, fait dont tout le monde est témoin, soit sur le champ de bataille, soit dans les chutes de cheval qui ont lieu journellement. Swanilde, fille de Sigurd, ayant épousé Zarmerik, celui-ci la crut infidèle et la condamna à être foulée aux pieds des chevaux. JSOè était m belle, dit le poète, que les coursiers ardens qui s'élançaient contre elle, s'arrêtèrent à son aspect et n'osèrent la toucher ; on hi couvrit d'un sac, et alors seule^ iDfl&t ils l'écratèrent.
Nous retrouvons encore dans la Germanie cet antique nom du cheval, marché qui se rencontre dans le langage frânitif d'un grand nombre de peuples. Les Mareomam étûent une peuplade germaine. Marek est le nom d'une rivière d'Allemagne; plusieurs noms d'hommes, tels que Marcomir^ Marcuif, ont pour racine le nom du cheval. Enfin le titre de tnare^soUilck était porté, chez les anciens peuples du Nord, par les officiers qui avaient le soin des chevaux dans les maisons des chefs. O nom, d'où est venu plus tard le titre de maréchal, a été douné par suite aux hommes employés à ferrer les chevaux* Le maréchal de France et le maréchal-ferrant ont tous deux pour patron le gardien des écuries des anciens Germains.
D'après Tacite et César, les chevaux des GerunLiDs étaient d'une petite taille et d'une cenformation peu graeieuse. On lit dans La Cam/nuMairtê : « Quoique les
» chevaux q ui naissent en Germanie soient petits et dif- » lormes, ou sait cepeudaut, par un exercice journalier, » les rendre très bons pour le trarvail. Dans les combats » équestres, les Germains descendent souvent de cheval . » et c()ni])attent à pied: Us accoutument leurs chevaux à » rester à la même place, et, lorsqu'ils veulent s'en ser- » VÎT, ils retournent en courant vers eux. Rien n'est » plus contraire à leurs bal^tndes et ne passe même pour » plus honteux et plus affreux que de se servir (ïepktp- » ^ia* C'est pourquoi ils ne craignent jamais, quoiqu'on w petit nombre, d'affironter quelque nombre que ce soit » de cavaliers faisant usage d'ephippia* n
César estimait fort la cavalerie germaine, et, dans MB guerres des Gaules, il se faisait toujours accompagner d'un corps de quatre ceais chevaux gaulois. Nous reviendrons sur les habitudes équestres des peupies du iNord, en parlant de leurs conquêtes du moyenâge.
Les Gaulois, nos pères, occup^ent jadis de vastes
contrées vers l'Italie, l'Espagne et les bords du Rhin ; msâs nous ne parlons ici que de la Gauie proprauent dite, ou la France actuelle, et des lies britanniipies, oom* prenant les peuplades soumises à If loi des dmidee et itu culte de Teutatès.
La mythologie de ce pays .fut une des plus pures de l'antiquité ; elle ne reconnaissait qu'un seul dieu,dieu inconnu, créateur du ciel et de la torre, rémonérateur da bien et du mal. Le nom de ce dieu varia selon les temps
etl|^ contrées : ici« c'étaieot Belenus, Teutatès ouTeut; là, Hésus, Dès, Taranis, Hu, Gadam.
Quoi qu'il en soit de ces noms divers, il paiail certain que ie culte druidique était dérivé du culte mithratique, qui se répandit de la Perse chez presque tous les peuples, llithra, ou le soleil, fut symbolisé par le cheval, emblème de ]a course incessante de l'astre du jour dans la voûte des cieux. Le nom de Dieu, eeoj chez les Grecs, Tôt, Teutatès chez les Gaujiois, vient de Bm courir. Le cheval devint donc le symbole du Dieu suprême, depuis les cliaiups de la Clialdée jusqu aux marais de Germanie, OÙ sa course et ses hennissemens furent pris pour des oracles. Nous avons vu déjà le culte de Mithra passer de la Perse jusque chez les Hébreux, et partout nous avons observ é riminolatiun du cheval dans les détails du cuite rendu au soleil.
Nous retrouvons dans la Gaule le cheval symbolique, depuis les temps les plus anciens jusqu'aux dernier^ jours. Les médailles gauloises ne laissent aucun doute à cet é^d ; elles ne furent abord qu'une imitation grossière des médailles grecques ; mais cette imitation fut ramenée InsMisîblement aux idées mystiques de la nartion.
Vinci les principaux types de chevaux de la numismatique gauloise :
Cheval libre, sans selle ni bride, — grossières ébauches d'imitation grecque ; — chevaux attelés à un char, chevaux montés ; — bige macédonien, retour à la symbolisaition le cheval et le sanglier, ce type éminemment gaulois, ce suê GaUietu qui remplissait les forêts de la Gaule i — Pégase, ou cheval ailé ; — cheval monté par
VU guerrier* par un animal fantastique; — condutt en
bride par un aigle ; — (ieiitaure, ou cheval à tête Immaine, appelé cheval Androcéphale par le savant M. Lambertt qui pense que son apparition sur les médailles date de fan 200 avant notre ère : quelqueMs 1* Androcéphale tire un char ou seulement une roue; il est souvent acccnnpagné du sanglier, ou il foule aux pieds un personnage renversé, probablement Arrhiman, Tauteur du mal» rennemi d'Oiinuzd et de Mithra;~-enfm, second retour à l'imitation étrangère, médailles consulaires, chevaux montés, type des Dioscures, chevaux attelés, biges et
Généralement» les chevaux des médailles gaubises
sont grossièrement dessinés et ne peuvent donner aucun mdice sur la conformation du cheval gaulois ; cependant, on en trouve quelques-uns d'un remarquable des^ m, et qui n'ont aucun rapport, pour la conformation, avec ceux des médailles grecques ou romaines. Ces types — ont plus d'ampleur, leurs formes sont plus aiTondies, leur encolure est plus haute et leurtète est bien ramenée: c'est bien le cheval majestueux d'Armorique, que nous retrouverons, sous difîérens noms, dans la suite des siècles.
Non seulement le cheval se montre comme symbole sur les monnaies gauloises; mais encore plusieurs statuettes de chevaux, trouvées en divers lieux, ne permettent pas de douter qu'une importance mystérieuse ne fût attachée, chez nos pères, à ce noble animal.
La cMmonie du cheval Maikt, qui avût lieu naguère dans l'ancien pays de Retz, tient évidemment au culte du cheval et aux mystères mithratiques : nous en parlerons au chapitre des chevaux français.
NoiM ajouterons encore ici que, dans les fdtes d'fiirmensttl» iaute pierre du solml (Hir-meîi-sul), toute la
noblesse montait à cheval et faisait des évolutions autour de remblëme du dieu.
Il y avait chez les Gaulois trois classes d'hommes : le peuple, les cheyaliers et les drmdes. Les druides étaient la classe savante et religieuso ; les chevaliers, la classe guerrière ; le peuple travaillait à la terre et se livrait au commerce et à l'industrie. Le chevalier était appelé mare^hee; la cavalerie, mare^k kesec (mot à mot, cheval, chevaux), pluriel de marc lu Les Grecs et les Romains appelaient la cavalerie gauloise markiêia et trimarkUia : Galli equeêtru jmgnœ ingiUuHontm trimarkidam nominant pairia voce.
Le nom du cheval, en celtique, est marc h : îKirou ovopta ^dfmwe9 toô KArov. Nous avons déjà lettcoutré ce nom chez pluoeura nations celtiques, pures ou mélangées, comme racine de noms de lieu, de peuples, de fleuves, d'hommes et de dignité. Il n'est pas étonnant que nous le trouvions Êréquemmeilt dans ks Gaules, où la race celtique a subsisté jusqu'à nos joUrs, ebex les peuplades bretonnes, galloises, écossaises et irlandaises. Ce mot est d'une haute importance comme radical : il entre dans la composition d' une foule denoms et de mots, dont {dusiemrs ont été détournés de leur signification priinitive. Nous rappellerons ici brièvement ceux que nous avons cités, et donnerons la siguilication des principaux d' entre les autres.
On se souvient que, chez un gratad âombre de nations tant anciennes que modernes, le noin man^k, ou ses amû logues marc, maracky mare, a conservé la signification du nom masculin ou féminin du cheval Voici mainte*
nant la plupart de ses dérivés : Mars, nom du dieu de la
guerre; M arc, et Marcus, Marsyas, Marcé, Marsus, Mareomir, Marculf, Maroboduus, Guiomarck, (tui-
mard, noms d'hommes; Marset, peuples de l'Italie près le lac Fusin; MareotriaïUs peuples de la Bohème; Da^
nemarck, royaume encore existant ; Marck, rivière d'Allemagne; Penmarck, Marignan, Martgny, Mariembourg, Aiarcigny, noms de lieux ; parmi les maisons nobles, en Europe, les Marek, en Bourgogne ; Markkautm, en Allemagne; Marsh, en Hollande; Koni^smarck, en Suède; Penmarck, Mare'hec, Marc'haUa, en Bretagne; Parmi les noms, de dignité, paUmarqw, chef militaire, chez les Grecs iroXiavpyo;, fapud Grœcosdim equitum in helloj; maréchal (qui cc/uoi*um gerit curant, qui prœest
stabuloj, par suite» chef de la cavalerie; tnarqui»^ de manfhèe^ prononcez marée, écuyer, cavalier; en
grec pâpx«<y«a cavalerie; en latin marehto, homme de guerre; d'où marques^, en anglais; marquese, en italien; marques, en espagnol; baron^ de mare% par le changemeht fort usité de m en 6; enfin, margraff fprœfectus equitum chef des cavaliers, dignité propre aux états d Allemagne. M arc* h a encore donné naissance aux mots suivans : marchand , mereatar, qui vend des chevaux ; marché, lieu où Ton vend des chevaux ; marcher fambularcj^ répondant à l'ancienne expression française chevaucher i marches^ frontières, là où s'arrêtait l'étendard des peuples du Nord, représentant unçheval ; division de la livre, ainsi appelée de la figure d'un cheval, empreinte sur les médailles grecques, gauloises, romaines (consulaires) et sur celles de la plupart des nations anciennes, etc.
Lés Gaulois avuent émpranlé plusieurs mots d*équî-
talion aux Grecs, entre autres fi^r,^ rhala , char de course léger; éphos-èdes^ cochers qui inspectaient les chars, du grec htly «pô», fi9n. Ils faisaient usage d'un char à quatre roues, que les latins appelaient petorUnm^ du celtique pt4oar, quatre, et roi^ roue.
Les Gauloisv comme la plupart des peuples du Nord, croyaient retrouver après leurmortdans les palais aériens, les occupation», les soins, les habitudes, les plaisirs de leur vie. Aussi se faisaient-ils suivre dans la tombe par leurs armes, leurs chiens et surtout leur cheval de bataille. C'était lui qu*ilsdevaient monter aujour du solennel réveil, dans le cercle de félicité. Depuis deux mille ans, aux grands ossuaires dont nos campagnes sont semées, dorment des héros inconnus. £n remuant leur pousuère, en soulevant curieusement la lourde pierre de la tombe, r antiquaire retrouve un à un ces secrets de la vie, ensevelis sous vingt siècles de révolutions et d'oubli. Quelques cendres rougeàtres, des ossemens blanchis, des omemens incompris et des armes brisées, voilà ce qu'il explore d'un œil avide et soc ; tandis que, sur la rouge bruyèie, les jeunes (jaulois, apercevant de loin le kem ou le fMe»^, dernière demeure de l'ancien chef du clan, croyaient le vohr dans les nuits sombres, assis sur son coursier, excitant ses chiens à la fKJursuite du cerf ou de Tm'us, ou se ruant tête baissée dans la mèl6e des batailles.
Les Gaulois poussèrent fort loin la science de Téquita* tion. En contact avec la Grèce par la colonie des Massiliens, avec l'Espagne par les guerres d'Aniubal, a\ec ritalie par les invasions de Brennus et celles qifi suivirent, ils acquirent une habileté si grande dans toutes
les pratiques équestres « que leur cavalerie, à l'époque de César, était la plus renommée du monde et qu'elle Ht plus tard la principale force des années romaines. Une remarque curieuse, c'est que tous les termes du manège employés à Rome étuent d'origine gauloise.
Ce fait est cité par Arrien, qui vivait sous lès règnes
Antonin et de Marc-Anrèle.
D'après Pausanias, la cavalerie gauloise, qu'il appelait T/Mfiax(««« était entièrement composée de chevaliers. Chacun d'eux avait sous ses ordres deux écuyers. Ceux-d se tenident derrière leur maître dans la bataille, soit pour lui présenter un de leurs chevaux, s'il était dé- . monté ; soit pour l'emporter de la mêlée, s'il était blessé ; soit pour parer les coups qui lui étalent portés, soit enfin pour lui donner des armes de rechange. En cas de mort, le chevalier était remplacé par uu de ses écuyers, et celui-ci à son tour par son compagnon. N*est*ce pas là l'origine de la chevalerie, et ces Hgnesne semblentp-elles pas un anacronisme de mille ans?
Au rappoi^ de Strabou, les Gaulois étaient de très bons cavaliers et se battaient mieux à cheval qu'à pied. I>urant les guerres d'Afrique, trente cavaliers gaulois, sous les ordres de César, mettent en fuite deux mille cavaliers numides et les poursuivent jusque sous les murs d'Andrumèle.
Parmi les contrées 1^ plus renommées pour leur ca-
^ aleI ie, l'histoire cite le pays de Trêves (quorum inter Gaiios virlutU opinioest sin^idaris), et celui des Sou'
Uat€$. On ne sait pas précisément à quelle continée rérépond ce pays : on a pensé que ce prouvait être la vallée
de Lavédan, en Bigorre, célèbre dans tous les temps par
— il8 — *
l'excellenee des chevaux qu'elle produit et qui aont un des types de la race navarine.
Le goût des Gaul^ws j^our les chevaux était si prononcé, qu* Annibal iit battre entre eux des prisonniers de cette nation, en promettant un cheval à celui qui tuerait son adversaire.
Les Gaulois connaissaient l'usage du char de guerre; quelquefois il le garnissaient de faulx. Lorsque César aborda chez les Bretonsinsulaires, des chais qu'il appelle euèdes, attelés de petits chevaux intrépides, échevelés, sauvages comme leurs conducteurs, effrayèrent les phalanges romaines et jetèrent le désordre dans kuro rangs.
n parait^qœ les chars étaient en nombre immense dans les années des Celto-Bretons; car César remarque que Cassivelanus, ayant perdu tout espoir de résister aux Romains, congédia la plus grande partie de son année et ne garda que quaire mUte Essédaires. Le général historien admira, chez ces guerriers, dignes pères des Anglais de nos jours, la manière dont ils savaient conduire un char, manier un cheval, le pousser dans les flots, jusque con* tre les navires, n les représente s'élançant au condiat, circulant et voltigeant de tous côtés, portant l'épouvante parmi les Romains, avec ie ciioc de leurs terribles coursiers et le bruit de leurs chars ; descendant à toute vitesse les cétes les plus rapides/ arrêtant court leurs chevaux, les faisant tourner dans l'espace le plus étroit, et, joignant r habileté à l adi esse, sautant eux-mêmes sur le timon des chars, s'y tenant d*un pied ferme et sùr^ y com^ l)attant, puis soudûn se réfugiant dans rmtérieur, oamme dans une mouvante forteresse.
(I Le char, le rapide char de bataille de Cuchullin,
M noble fils de 6emo, vient comme la flamme de la mort ; » il roule comme mi flot qui approche du locher, ou j» comme un nuage d'or qui approche de la tent^ »
Quelques auteurs ont prétendu que les chevaux des Gauloia, comme ceux des Geriuaius, ne brillaient ni par rélégsmce, ni par la rapidité ni môme par. la taille. On convient néanmcnns qu'ils étalent robustes, sol»^ et pleins d*énergie. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas prendre à la lettre ce que disent» des peuples vaincus* les auteurs latins, qui» la plupart, ne piEudIaientqoe par ouî-dîre« On doit concevoir d'ailleurs que ces chevaux, aux formes athlétiques, aux vastes crinières, à la queue large et flottante, devaient paraître informies aux yeux de ces républicains dégénérés qui ne voyaient autour d'eux que le léger, hiisant et sémillant cheval italien, type eiTacé du beau sang oriental et grec, quoique gracieux encore, rapide encore et portant encore dans aon jo^il superbe un fier rayon du soleil d-Orient
Mais César a rendu justice aux chevaux gaulois. Il les oppose aux chevaux germains : Les Gennains, dit-il, n'importent pas pour leur sei^ice ces cbeyaux dont les Gaulois sont si amateurs et auxquels ils. mettent de si grands prix. Quin etiam jufMniis, quibus Galli maxime delectantur, quœque impfsnso parant pretio, Gcrtnani importaUa n&n iUuntUr»
Outre les remontes que l'armée romaine faisait dans les Gaules, elle achetai L aussi des chevaux en grand nombre en Italie et en Ëspagi^e» p^ys si longtemps renommés pour le mérite de leurs .coursiers. Mais, ai l'on en excite les troupes auxiliaires, la cavalerie romaine ne pouvait tenir contre celle des Gaulois. César lui-même nous
laisse un éclatant mouument de ce falt« eu nous doimaot le digcours de Vercingétorix àaes soldats : « Quant «ux
n cavaliers romains, dit celui-ci, ne pensez pas qu'un )> seul d'entre eux ose vous attaquer. » César ne trouve rien à répondre à ce mot audacieux ; jaauûa aucune par* itilene valut cet éloge muet
Le cheval servait aussi aux mystères du dmidisme. « Lorsque l'Eubage sdlalt s emparer de l'œul de serpent, il mcmtait un coursier nq^de« Arrivé près du lieu où ks hideux reptiles préparaient le talisman « il descendait k terre et attendait I mstaiit où l'œuf, imprégné de bave, »e soutenait dans l'air au souille infecté des serpens. I«'£uboge s*âançait amsaitM ; avant qu'il touchât la terre, 11 le recevait dans un Un précieux, saisissait son coursier et s'enfuyait à toute vitesse, poursuivi par les serpens, qui ne cessaient de s'attacher à ses pas qu'après qu'il avait mis une rivi^ entre eux et lui, »
Le souvenir de deux célèbres coursiers se mêle aussi, dans l'histoire, au dernier jour de la nationalité gauloise : Le cheval de César, cheval aux pieds humains, avait fait prédire à son matU'e qu'il aurait l'empire du monde ; Vercingétorix, couvert d*une armure éclatante et monté sur un brillant coursier, vint eu caracolant devant la tente de César, lui porter lui-même cette é^)ée qui, si longtemps, avait retûxlé la chute de sa patrie.
L'ibérie a fourni de poétiques inspirations aux premières nations civilisées : là, s'élevaieut les colonnes d'Hercule, qui sont demeurées les forteresses de l'Eiqpar gne ; là, roulaient, sur un sable d'or, le bétis et le mun-
dégo ; là, des di agons gai daient les pommes mystérieuses
du jardin des Hespérides ; là, des cavales sauvages, fé» |Mtr les vents, donnaient le joiu* à des coursiers
rapides comme leurs pères. Cette dernière allégorie a été prise à ia lettre par tous les peuples de l'antiquité, et, iM^J(jitaid' èUmnement de notre siècle positif, les plus biMUt génies de Rome, Pline, Warron, Columelle, Elien, en ont sérieusement parlé. C'est que tout devient meriwlteux iur une terre de merveilles : la douceur de son dÉÉtHî^kr fértilité de son sol, l'urbanité de ses fils, la li^uté sans égale de ses filles, suivaient les audacieux navigateurs qui s'aventuraient jusqu'au céièi)re détroit, les aiMiq^Mignaienl; au foyer domestique pour y dorer leurs fliiWiidrs et les bercer dans d'agréables rêves. Virgile a consacré cette allégorie dans des vers que Delille traduit ainsi:
^^-r cavales surloiit rien n'i'^'aie les feux;
^(tLài ^'^'"""^ inriiie alluma leurs transports furieux, ■f^^ Quand, pour avoir frustré leur amoureuse ivresse, ■■'■-■^'4; Kiie livra Glauciis a leur dent venpreresse.
<^fl^\yi. L'impérieux amour conduit leurs pas errans r Sur le sommet des monts, k u a v ers les lorrens ;
Surtout lorsqu'aux beaux jours leur fureur se raaime, i'.u L . j|»gn rocher solitaire elles i^uguenL la cime. , , lii, leur bouche brûlante, ouverte aux doux zéphyrs, Reçoii avidement leors amoureux soupirs.
O prodige inouï! le zéphyr les féconde. Soudain du bantdes monts, leur troupe vagabonde BoniU, se précipite et fuit dans les vallons.
Les chevaux d'Ëspagne venaient directem^t de 1* Afrique. De tout temps» le voisinage de TAfrique et de l'Espagne a donné lieu aux communications les plus sui^ ies enti^ les peuples de ces deux pays, quoique ces comiuu-
nicaUona aieut souvent fait verser des flots de sai^« Le cheval espagnol primitif était le cheval aMcaui» ou plu-* tôt le cheval arabe lui-même, qui, comme nous Favons vu, avait peu dégénéré, eu descendant à chaque siècle le long du fleuve du milieu^ ce lac mUrieur autour duquel a rayonné, pendant dnq mille ans, la civilisation du monde.
Durant les siècles qui s'écoulèrent depuis la décou7 verte de Tlbérie, par les Phéniciens, jusqu'à l'arrivée des barbares du Nord, cette contrée s'éleva rapid^ent vers l'apogée de tout progrès. Les arts y florissaient, l'abondance y régnait ; aussi le cheval n'y tarda-t-il pas à devenir im précieux objet d'estime et à mériter une r^mmée qu'il a conservée pendant desàècles. Selon Strabon^ . les chevaux des Celtibères égalaient en vitesse ceux des Parthes. Ils étaient généralement, dit-il, d'un poil gris ou tigré. Les historiens et les poètes s'accordent à vanter les qualités de ces fameux coursiers, dont il se faisait alors un grand ^commerce par le monde. On recherchait surtout leur souplesse, la légèreté de leurs mouvemens et la cadence de leurs allures. Leur vitesse était ^ale* ment célèbre, comme nous Favons vu, et c'était prîncipalemenl pamii eux que Rome choisissait les chevaux destinés aux jeux du cirque.
Les plus renommés étaient ceux de Calpe^ près la rive africaine et vis-àrvis d'Abyla. Rapides, énergiques, majestueux, ils rappelaient ces célèbres coursiers Numides, leurs pères, dont un bras de mei* seulement les séparait. . Cette espèce précieuse se retrouvait dans toute la Bètique, qui comprenait 1* Asturie, la Gallide et l' Andalour sie. C'est d'elle que descend la race des genêts, si fameuse
dâns le moyen-â^Sy et dont nous parlenms.en 90n lieu.
L'Espagne était représentée sur les méduUes par im càeval boudisdant, '
Afrique desanciens comprenait, outre TEgypte, dont notfâ ayons parlé, TEthiopie, la Lybie, la Numidie et la Mauritanie. L'Ethiopie s'étendait au-dessus de la Uauteiigyple» sur les bords de la mer Bouge; les autres ooni
Jinêe» bordaient la mer MéditercKDjto.
^g^'Etbiopie, appelée aussi Abyssinie ou Nubie, touchant à l'Arabie et à l'Egypte, et peuplée sans doute primitivement par les colonies sorties de l' Arabie et de l'Egypte, vit tout d'abord arriver vers elle l'bonimiç et le cbeval, docOe esclave de l'homme. L'histoire cite de grands conquéraiis parmi les rois d'Ethiopie, prinçiinlement le Gear^n de Strabon. La cavalerie dea ar- IBées de ces rois 9e dj^diipgua, dès l'origine, par cette acU mlrable habileté qui caractérisa de tout temps le cavalier ^jfigôn. Lors de l'expédition de Xerxès en Grèce, .l'Ethiofjk^ fournit à la gigantesque armée de ce prince un contingent con^érable de cbevaux et de cavaliers. Les guerriers abyssiniens avaient alors depuis longtemps ac- (l^^p9}^tQ la renommée que leur 0|it valu leurs cwr^ iÎ0$» nikides gtleui^a jaè<*fi3 .Wïi#s. .
L:i Lybie est bornée, d' après les géographes, par cette partie de T Afrique que les anciens divisaient en intérieure et en extérieure; mais les Grecs et i^usieurs bistiMiena ont compris sous ce nom tout le littoral de la
MédiLerrauée, depuis l'Egypte jusqu'aux colonnes d'Hercule : c'est dans le sens de cette remarque quei antiquité
— iiU —
rendit hoouiiage au cheval afiricaiu en employant prô*
verbialement cette comparaison citée par Plutarque :
J uxtà Lybium cwTum currere : coui'ii' contre un char de Lybie.
De tous les peuples d'Afrique, ce sont les Numides et les Maures qui se sont fait la plus haute réputation par leurs habitudes équestres. Leurs chevaux, dont ils avaient soigné Tespèce avec un amour et une Intelligence infinis, ont passé peudaiit de longs siècles pour les meilleurs du monde, après ceux de la famille arabe. Ce sont les iNuxnides et les Maures qui ont eu la gloire de former d'abord la race espagnole et plus tard la race anglaise, qui ont, Fune après l'autre, chacune dans leur genre, éclipsé tous chevaux de l'Europe. Les Numides montaient leurs coursiers sans selles ni brides ; ils les condinsaient avec le seul son de la voix, et ne se suaient pour les maintenhr dans le l espect que de la baguette ou Jioussine, dont se contentaient la plupart des peuples antiques et dont se contentent encore aujourd'hui quelques peuplades à demi-sauvage répandues vers les confins de la Barbarie et de l'Arabie. Sur ce point, la Nuniidie conserva ses vieilles habitudes longtemps encore api^s la dernière guerre punique. £lle eut même en cela la gloire d'être imitée par les Romidns, et l'empereur Gratien fat renommé par l'adresse avec laquelle il conduisait un cheval à la mode des Numides {IS atnidi inf 'reni, comme les appelle Virgile).
Du reste, la réputation hippique de ces peuples était si bien établie, que leur nuinisniati([U(^ l'avait consacrée. La &lauritanie était représentée par un cheval sans frein,
OU par une houssine, symbole du mode nationajl d'équitalion. Dans les médailles puniques, le cheval est encore
le symbole de Carthage, bâtie dans le lieu où Ton avait trouvé une tête de cheval, selon la parole des oracles.
■,^\,hkf b bèdieeo Mlbnt découvrit k \&m "^înt
La tôle d'un coursier, syiiib<»le belliqueux.
Ce signe fut pour eux le signe de la gloire, ^itnHlJaiMMi à ce gigeauaeha, la Yiotoiie.
Enfin, toute la côte africaine, voisine de Cartbage, était
symbolisée dans le cheval et le pabnier.
Parmi les nations chez lesquelles, à l'aide d'une théo^ cratie puissante, se développa très andennement une
haute civilisation, on doit compter aussi l'Inde, reculée, dans r ancien monde, entre les déseits de la Bactriane, le golfe Gangétique et la mer Erythrée. Nous verrons par la suite que les chevaux indiens, comme les chevaux chinois de notre époque, ont fort pefi de mérite, sous quelque rapport qu'on les envisage ; mais, sœt qu'il en fût autrement dans les temps anciens, soit, ce qui est pliis probable, que kslndtiiens eussent apporté àes bords de l'Euphrate sur les rives du Gange le souvenir du poétique et merveilleux animal, il est certain que l'ancienne mythologie de F Inde consacra dans ses rites religieux le symbole équestre, comme Teût pu fahre la nation la plus cavalière. C'est d'abord le premier homme-dieu qui apparaît sous la forme d'un taureau, d'une vache ou d'un che* val. Avec le taureau-cheval d'Herma, commence une ère nouvelle; sa vie se poursuit jusque dans les quatre^ âges du monde, et à la im de chacun il perd un de ses membres.
ff^iêhnau , lors de sa dixième incarnation , prend la
forme du cheval blanc, Kallenkui. Ce cheval habite les cieux ; il a des ailes et ne se tient que sur trois pieds : le goatriëme est tonjours en l'air ; lorsqu'il le posera sur la terre, il la fera disparaître dans l'abîme ; c'est ainsi que le monde sera détruit. Les Indiens adorent Ariaroupautren^ ûls de Wisbnou. Ses temples solitaires sont construits au fond des bois ; on M voue des cheraux de terre cuite, que l'on place en dehors de ces temples, mais sous Tabri d'une toiture.
Dans le Ségai, le char du soleil est appuyé sur le mont Méra, et n'est d'ailleurs soutenu que par Tair* A ce char il n'y a qu'une roue. Il est attelé de sept chevaux verts, qui représentent les sept jours de la semaine. ' Ahuvani a pour monture le cbeval infernal PUpasha, Le sitierifice par excellence est Taswabainedha ou sacrifice
du cheval. C'était probablement dans l'origine l'immolation d'un cheval. Maintenant, pour les Védentins, l'aswabaméâha réunit &x cent neuf animaux, choisis parmi ceux qui volent, parmi ceux qui nagent et parmi ceux
qui rampent.
Les Indiens fournirent à 1 expédition de Xerxès des chars et des cavaliers.
CHAPITAE VU
^TirgUe.— Gbefâui ftmeak.— Attila.
^peuples du Latium, avant la fondation de Rome» 01' mélange de Celtes et de Pélasges. C'étaient
en général des nations peu belliqueuses, qui se contentaient de la vie douce et facile à laquelle invite leur beau cieL Peuples pasteurs et i^coles, ils giurdaient nonchalemment leurs troupeaux, assis an f»ed d'un bdtre, êub tegmine fagi , comme nous les représentent les dessins des anciens vases d'Etrurie.
Malheureusement, il nous est parvenu si peu de traditions sur leurs habitudes et leurs mœurs, qu'il est difficile de savoir jusqu'à quel point ils portèrent le goût du cheval. Cependant une remarque curieuse à faire, c'est que le mot marc'h^ nom celtique du cheval, se retrouve
dans les noms de lienx et d'hommes de l'époque pélas-
gique, circonstance que nous avons déjà notée en étudiant les origines grecques. Ce mot est, en eflfet, entre autres, dans celui des Marses, peu^esde l'Italie, près du lac Fusîn, qui élevaient un grand nombre de chevaux ; dans ceux de Marcus, nom d'homme ; Marsus, fils de Circé, roi des Toscans, etc., etc.
Vii^ile nous représente la jeunesse du Latium livrée aux occupations équestres, à l'arrivée d'Enée :
Là déjeunes gaerrievB
Guident descliars pmidreux, domptenldeflencooiflefs.
Ficus, aïeul des Latins, était un célèbre écuyer : Pecuâ ef itum demitar. Le poète appelle aussi Lausus, fils de Hézence : iMmu» equum damitor ; c'était, nous l'avons déjà dit, la plus belle épithète qui pût s'ajouter au nom d'un héros.
Latinus renvoie les ambassadeurs d'Ënée chargés de présens :
Il dit et lUl dMilir mb coonlen les plu beevs: Uoiyoeil de ms litns, trofe oeols Jeunes cbevun Oriisient d*oii double nog leur superbe demeure* A cbscon des Trojens on amène sur Theufe Un oôQfsier dont les 'vents n*égs1aient pes i*es8or : Snr leur Isige poiinll dcocend un eottier d*or i Vor eotttre leurs hsnisis, et leur Setté broucbe Obéit su firein d*or qnt gourmande leur boucbe. Pour le monsrque absent part un couple pareil De coursiers, nobles Sis des coursiers du soleil. lU traîneront son char dsas les dismps de la gusife; La Olle du Soleil les créa pour la terre : BlIe-mème soumit, par un heureux larcin. Une mère MOit«lte à l'élakm difin.
y.i k'> lou^ueujc enfons de ce noble uUullèrc
Sôufn( nt encor le f»'u des chevaux de leur père. ,
Sur leurs fiers palefiois les Troyens satisfaits,
Partenti et vont porter des paroles de paix.
Mézence, près d'aller au combat, où il doit trouver la loort, fait venir son fidèle Rhœbus» ce cheval qui faisait tout son bonheur et toute sa gloire» et qui semblait partager la douleur de son maître.
Enfin, à la fête funèbre de Pallas, paraît son cheval de bataille :
Après lui s avaru ;nt, dans la pompe guerrière» D(i luallicurciix Tallas le char ensanglanté ; Puis le fidèle OEilion, son coursier indompté, Oubliant son orgueil, sa parure et ses armes. Marchait les crins pcndans et l'œil gonflé de larmes.
Cependant, au sein de cette riante Italie, s'élevaient sur les bords du Tibre quelques collines âpres et arides. Là, des exilés» aux prises avec une nature avare» grandirent par le cœur et Tesprit, au milieu des nations indolentes qui les entouraient. Ils niaiiquiiieat de tout ; mais, assis fièrement sur leur rocher, ces aventuriers du mont Aventin purent Inentôt dire : Nous commandons à ceux qui ont deVor. De même, quoique la nation romaine ne puisse compter panni les nations essentiellement cavalières, il vînt un jour où elle put dire : Je commande à tous les cavaliers 'du monde*
L* infanterie a fait de tout temps la force des armées romaines ; néanmoins sous Romulus, on comptait à Rome mille cavaliers , outre 1^ céléres , au nombre de trois cents» qui formaient la garde particulière du prince. Les célères étaient choisis au scrutin dans les premières fa- .
milles de Rome. Leurs chefs ou tribuns avaient la première dignité de TEtat après le roi. Bititus était tribun
des célères quand les TaKjuins lurent chassés. Lres chevaliers succédèrent aux célères ; ils avaient un cheval entretenu aux frais de la république ; ils portaient l'anneau d'or et la robe de pourpre ; des places particulières leur étaient réservées dans les spectacles et les jeux publics. Chaque année, au 15 juillet, les chevaliers se rendaient à cheval du temple de Mars au Capitole, couronnés d'olivier, vêtus de pourpre et portant les omemens guerriers, trophées de leur valeur. Tous les cinq ans après cette solennité, ils étaient passés en revue par le censeur, devant lequel ils paraissaient conduisant leurs chevaux par la bride. Alors, si quelque chevalier avait forfait à rhoinieur, s'il avait dissipé sa fortune, s'il n'avait pas soin de son coursier, ou s'il était devenu trop gras , il était dégradé de Tordre équestre ; il perdait son cheval, ignominie semblable à la dégradation des chevaliers du moyen à^e.
Les chevaliers romains étaient le second ordre de la république. Us donnèrent en général l'exemple des vertus guerrières et des vertus civiques. Un gouffre s'était ouvert au milieu de la ville ; il ne devait se refermer que quand Rome y auraitjeté ce qu'elle avait de plus précieux: Gurtius se précipite avec son cheval dans l'abtme, pensant que la valeur, dont le cheval est l'emblème, était le vrai trésor du peuple romain.
Le soin que les chevaliers avaient de leurs chevaux développait chez ces généreux anunaux un ae&timent extraordinaire d'attachement. Chetius, peroé de coups à la bataille de Cannes, est Uissé parmi les morts. Le lend^
main, comme Amnbal visitait le champ de bataille, Clœr
tius, qui vivait encore, entend du bruit, lait un eilort pour se lever et parler ; niaia sa voix expire sur ses lèvres, il meurt en poussant un profond gémissement Son cheval, qui avait été pris la veille et que montait un Numide de la suite d'Annibal, reconnaît la voix de son maître, dresse les oreilles, hennit de toutes ses forces, jette à terre son cavalier, s'élance à travers les mourans et les morts, arrive auprès de Claetius : ne le voyant pas remuer, plein d'inquiétude et de tristeSvSe, il se courbe, comme à l'ordinaire, sui' les genoux et semble l'inviter à monter. Annibal donna une larme aux deux ajois.
Seplime-Sévère chassa les prétoriens qui avaient massacre Pertinax. Le cheval de l'un d'eux, voyant son dkiître Tabandonner, le suivit en hennissant. Le prétorien ne pat Toibliger à le quitter; ce .que voyant, il le perça de soit épée et se tîia ensuite sur son corps.
Les courses de chevaux à Rome remontent au berceau de la ville étemelle. Homulus institua des jeux en l'honnemr de GonsoSi dieu des wmeiU. On appela ces jeux CmuftaHoé Ils forent nommés par la suite Jeux du Cirque, à cause de la forme de l'hippodrome, que Tarquin l'ancien ùt construire. 11 paraît que, dans l'origine, ces jeux se bomaient.à des courses de chars et de chevaux montée.
Le Cirque était destiné aux courses de chevaux, aux courses de chars et à différens exercices gynmastiq;ues. Ce fot nne imitation de l'hippodrome grec, imitatioii dont les Romains développèrsnt dans la suite largement
l'idée. Toutefois, les courses de Rome ne furent jamais qu'un reflet de celles d'Olympie. Néanmoins, si nous.
avons trouvé Homère à Olymple ; à Rome, nous rencontrons Virgile :
Le signal est donné : déjà de U barrière
Cent charH précipités foDdeDl dans la carrière ;
Tout s'éloigne, tout fuit : les jeunes combattaos,
Trflfleftlllmt d*C8p6ffiiie« «t d*cfi€i palpiians»
A lean booillaos tiinsiKNrlB abindoDoent levr Ame.
Ib prewenl leurs conniers; resaJea crie et s'enflamme ;
On les voit se beisser, se diesser loer à loar ;
Des lomUlloos desàble ont obscurci le Jiour;
On se qniue, on s*ttieiat, on s*appiocbe» on s*évite ;
Des cfaeniix hsleians le crin poudreux s'-sgile.
Et blsncbissant d*écoine el bsilgDé de sueur.
Le fidiien||de son souille bninecte le vtlnqwwr.
Le goût des spectacles équestres était si prononcé chez la jeunesse romaine, vers les derniers siècles de i empire, qu'on n*a jamais vu rien de con^iarable chez les peuples modernes , si ce n'est la passion des Anglais pour les courses de chevaux. « Voyez-les, dit saint Jean- » Chrysostôme, se précipiter au spectacle de la course m des chevaux, détailla avec la dernière exactitude leurs » noms, leur naissance, leur patrie, le haras d'où ils » sortent, la manière dont ils ont été dressés, leur âge, » le temps depuis lequel ils courent. » Lucien présente le même tableau dans sou Nigrinuê ; « Du théâtre, dit- » il, passant à Thippodrome, il voit les statues des co- » chers, il entend prononcer les noms des clje\ aux ; dans » les passages, des groupes s'en entretiennent; car, en n vérité, l'hippomanie est ïÂsa répandue; elle s'empare » même de maint grave personnage, n Saint Augustin, au livre des Confessions, avoue qu'il était passionné dans 8a jeunesse pour les jeux du Cirque et de 1 hippodrome*
Le talent des cochers du Cirque était apprécié, à Home, à r^al de celui des plus grands hommes : on élevàit des statues à ces cochers, et une foule d'mscrîptions célébraient leurs victoires ainsi que celles de leurs chevaux, " L'histoire et les monumens nous ont, entr' autres, laissé le nom du cocher. Searfnu* Un has-selief le représente sur son char attelé de quatre chevaux, dont il consacre ie jiouveau' en ces termes :
« SGORPUS. INGENUO. AUMtiO. PAi>i>£aiiNU. ArMETO. ))
Les inscriptions nous ont conservé la mémoire d'un autre monument consacré par Scorpus à un autre de ses attelages, formé des chevaux Pégases, Elatés, Andragenus et Cotynus*
La renommée de cet automédon était telle , que Mai tial le cite en divers endroits de ses épigrammes : u Ne » payez-vous un cheval si cher, dit^il, que pour faire » hrUler partout en bronze le nés du cocher Scorpus? n
Les jeux équestres s'appelaient, chez les Romains, ecrtamina equestraria. Les coui'ses de chars n'étaient qu'une représentation et un spectacle; car les Romains ne faisaient point usage de chariots dans leurs guerres. Quant aux courses de chevaux montés, c'étaient plutôt des exercices gymnastiques et militaires que de vérita- ' bles courses, dans le sens actuel du mot. Les Romains avûent emprunté aux barbares l'usage des diverses évolutions des désulteurs. Les dt'sulieur.s étaient des cavaliers qui, chez les Scytes, les indiens et les Numides, allaient au combat avec deux chevaux et sautaient tour à tour de Tun sur l'autre avec une grande agilité. 11 n'y avait point de désulteurs dans les armées romaines ; mais
on en voyait dans les pompes funèbres et les jeux équestres de Rome. Quelquefois ces désulteurs conduisaient non pas deux, mais quatre, six, douze et jusqu'à vingt chevaux, ils les lançaient 4 toute bride et s'élançaient de Fun sur l'autre. Leur adresse à cet exermce était si pro* digieuse, qu'ils sautaient du premier sur le quatrième cheval et même sur le sixième. Cela peut nous donner une idée de ce qu'était alors Téquitation : nous pensons qu'on n*a janaais rien fait de plus fort dans les temps modernes.
Les principaux exercices militaires des Komaius étaient le paius ou pUier,]SLquintena^ ainsi appelée de Quintus, son inventeur ; le ludm tre^atuts, ou jeu troyen, qui donna naissance aux joutes, aux carrouseis, aux jeux à la baiTière, et aux tournois du moyen âge. Le palus était un pilier planté en terre, que les jeunes cavaliers atta^ quaient d'après les méthodes et attitudes iH'eserites par les usages militaires, en évitant avec tant de soin de se mettre hors de gai de, que, taudis qu'ils fripaient leurs coups, aucune partie de leur corps ne pouvait rester à découvert. Us couraient aussi sur le pilier avec des lances et lui jetaient des javelots et des dards de divers côtés, afin d'acquérir un coup d' œil facile et sûr.
La fuintma était aussi un tronc d'arbre ou un poteau, contre lequd les jeunes soldats poussaient leurs knoes. Xe jeu subsista encore dans nos temps modernes, jusqu'à ce que l'usage des annes à feu vînt le iaiie oublier. On l'appelait, dans les académies françaises, quimaine.
Le tudus trojanus , ou jeu troyen , parait avoir été l'image d'un combat. Virgile en reporte l'origine à
Gepeodiint au Troyen de qui rexpériencc Soigne le tendre Ascagne et oondnit son enfance, ^née, en se baissaut, donne un ordre secret : • Va, dea jennea Troyens ai i*eseadran est prêt, » Lui dit-it, qa*aa tombeaa deaen aieni Anchise, » Dans leur pompe gnenière Ascagne ies conduise. » Il dit, et, faisaut place à ces aimables jeux. Il écarte les flots de ce peuple nombreux. Sur des coursiers fétus avec magnificence Dans nn ordre pompeux la jeunesse s'avance : Des regards de la foule avidement suivis, llsdélilent aux yeux de leurs parons ravis. Desfesinns d'olivier pressent leur chevelure; Deux irails d'un fer poli composent leur armure ; Plusieurs ont un carquois, et sur chaque guerrier L'or flexible se joue en mobile collier. Trois escadrons divers couvrent la mèinv i taine; Chaque corps séparé suit le chef qui le un iu: : Douze jeunes Trojens composent chacun d'eux. Le premier de ces chefs est Tenfant généreux De Poiyle, un des fils du vieux roi de Pergame , C'est le jeune Pflàm : son beau nom, sa grande Ime Cn Jour doit aux Lalln& rappelèr à la fois Et le plus malheureux et le plus grand des rois. Un poil taché de blanc peint son coursier de Thrace, Dont le pied blanchissant marque k peine sa trace ; Un blanc pur de son front relève la beauté , Bl la tigueor en lui s*nnit k sa fierté. Lé second est Atys, qui d'une colonie Fier encor de son nom enrichit l'Ausonie; Le bel Atys, qu'Iule admet k tous ses Jeux : Ifémeàge, mêmes goûts les unissent tons deux. Iule enfin, l'espoir et l'honneur de sa raco. S'avance, et devant lui tout autre éclat s'efface : Son beau coursier, nourri dans les prés de Sidoti, Lui fut donné des mains de la tendre Didon. Sur des chevaux d'Aceste, enfans de la Sicile, Les escadrons divers suivent d'un pas docile : Ils avancent : le cir(|ue à leur marche applaudit. I<eur timide pudeur par degrés s'enhardit ;
El des hêi*os iroyens, sur leurs jeuiies visages. Les yeux avec transport retrouvent les images.
Le cirque e^t traversé: des s|iecialeiirs joyeux Loogteiû|is leurs traits cliéris ont enivr»'* les yen t. Tout k coup un cri part, un fouet hi uyaiu i taouoe : L» guerriers, alietiiils au signal qu'on leur donne» Partent en nombre égal el se rangent par trois; Kapi)elés par leur chef, reviennent à sa ?oix. Réunirent encore leurs bandes divisées.
Kl, baissant eu avant leurs lances opposées. D'un escadron serré présentent le rempart : Tour à tour ou s'éloigne, on revient, on repari. On s*aligne, on se loôle, oo s'Hieiiit, M s*éfite; Ceti Mllt ntt coaitet, et Mai use Itaite ; TanlAt b piiz saspend leur choc tumiilliieia. Tel» dm» ce bbjrinthe obHqne el tortneui. Mille Mines erreurs» mille fusses Issues, En vn iiiése iDvisilile adroiieiiieiit tlMHies» De teniîer en seatier» de détour en détour, EnbarrasMiient les pas égarés sans reloar ; Tel on ^ des danphlns les tnrapes vagabondes ' Se dieaeher, s'éviter, se joner sur les ondes : Te:s jouaient ces guerriers ; ainsi dans ces conliats, I Is enlaçaient lenr course, et coofoodaleni leurs pas. Ces courses, ces tournois, et ces feintes haiai<lfff, Ascagne, lorsque d'Albe il fonda les murailles. Les transmit ù son f^euple; et des plumiers Alba^ Leur pompe lu rédiiaire esi passée aux Romains. A ce <ié{*«'»t sacré. Rome e<{ encor fidèle ; Rome, renouveianl leur poui|>e siilennelle. Rassemble (Kiur le> jeux ses jeunes cilovens : i'.c sont le^ lils de Troye et les tuiiil) its tr^yens : Leurs usages, leurs lois, leurs nouis vivent encore.
Aii^^ale a peint, dit-on, dans i apothéose d'AncIiise, celle de César, qui prétendait remonter au héros troyeo. Quoi qu'il en soit, Auguste aimait avec passion les spectacles équestres. Après la bataille d' Actium, U célébra la
— irr —
dédicace du temple de César et fit exécuter un jeu troyen semblable à celui qui est décrit dans les vers qui précédent. Les enfans de la haute noblesse de Rome figurèrent dans ces jeux ; le jeune Tibère y guidait le premier escadron.
L'art de Téqnitation était porté à Rome à un haut degré ; Plutarque dit expressément « qu*0 serait aussi
» absurde de monter à cheval sans connaître l'cquita- » tiou, que de vouloir jouer de la Ilûte sans savoir la mu- » fflque. » Au tempe de César, qui lui-même était très habile cavaHo', il était si honteux d'ignorer Féquitation, que cela avait donné naissance au proverbe : neqfjie equitare, ncc lilUras scire, ne savoir ni monter à cheval ni lue ; nous disons maintenant «ne savoir ni lire ni écrire. » L'art de l'éqnitation était professé à Rome par les equiêoncs, qui se chargeaient tout à la fois du dressage des chevaux et d'apprendre à la jeunesse de Rome Tart de monter à cheval
Si toutes les allures de haute école n'étaient pas connues des écuyers romains, il y en avait cependant un grand nombre de pratiquées dans les manèges. Les Romains donnaient le nom de tripudiufn à cette allure brillante et prétentieuse que nous désignons par le mot piaffer. Le mot français trépigner vient , sans doute, du mot latin tripudium ; mais il est alors détourné de sa signification, puisqu'il exprime un mouvement confus et incorrect des jambes du cheval et non l'allure mesurée et gracieuse exprimée par le mot piaffer. Les allures les plus habituelles pour le service étaient: L'aiisle, ambulataria, allure la plus commune 9xûl voyageurs romains, comme à tous les peuples de Tanti-
quité et du moyen âge* et à laquelle ils dreasatent leurs chevaux avec un soin tout particulier.
Le PETIT GALOP, cantherius, d'où vient le canier des Anglais.
Enfin le geand galoi» ou qawv m cotmsE.
Quant à Tallure du trot, die était fort peu dans les
habitudes des anciens Romains : ils i" avaient généralement en aversion et désignaient un cheval de trot par les termes de sueeuttator^ eruckaor, iormeni&r. On conçoit, en effet, qu'avant Tinvention des étriers, cette allure devait être fort désagréable pour le cavalier. Chez aucun des peuples anciens, d* ailleurs, elle n'était plus en usage qu'à Rome, ainsi qu'on peut s'en convsûncre par Timmense quantité de statues, de bas^reliefs et de médailles qui sont parvenus jusqu'à nous. Cela tient d'abord, comme nous l'avons dit, à l'absence des étriers, qui laissait sans support les jambes du cavalier, et ensuite à ce que le trot n*est pas l'allure naturelle du cheval méridional ; sa conformation se prête bien mieux aux allures vives et légères. Ce ne fut donc que chez les peuples occidentaux que le trot fut usité, et encore l'usage n'en fut généralement établi chez ces peuples que très tard et presque de nos jours. Nous avons fait la même remarque en paiiant du cheval grec.
Le cavalier romain qui avait à faire à quelqu'un un salut de politesse ou de déférence, s'en acquittait ea suivant les règles qui s'observent encore aujourd lmi chez les nations civilisées. L'usage voulait qu'en abordant les personnages auxquels il devait considération, il mit pied à terre, s'arrêtât en tenant son cheval de la main gauche et se découvrît de la droite. Lorsqu'on marchait vite, on
devait modérer la course de son cheval et même s'arrêter, passer la boussine ou le fouet dans la main gauche
et saluer de la droite.
Les chevaux étaient classés à Rome d'après leur destination, leur allure et leur genre de service* On appehut equiks averiarius, le cheval de route; equus pubiieuê, le cheval entretenu aux dépens du trésor public, que les censeurs donnaient aux chevaliers ; egui agminiales^ les chevaux de renvoi que Ton fournissait aux officiers des empereurs , pour voyager dans les routes où les postes
n'étaient pas établis; equi solularti et ^adarii, les chevaux de manège et de bataille ; equi celeres, les chevaux de course; c^tit vennoli, les chevaux de chasse; equi canteriit les chevaux de promenade, les chevaux de
petit galop; efjut tttncrarii, les chevaux de voyage; equi sareinarii, les chevaux de sonmie ; equi massi, les bidets avec des crinières droites; amlnUaturani^ les chevaux d'amble ; equi eursuales, les chevaux de poste ; equi lipiei , les chevaux de bois du champ de Mars, sur lesquels la jeunesse romaine s'habituait chaque jour aux exercices de voltige; equi pares, les deux chevaux des désulteurs ; equi triomphales, les chevaux qui traînaient les chars des triomphateurs. On appelait «m^u/dm equu9 le cheval sur lequel était un cavalier qui accompagnait chaque char, encourageut les chevaux et le cocher du geste et de la voix, veillait à ce que les conditions de la course fussent rigoureusement observées.
Ëniin les chevaux portaient différons noms, suivant la position qu'ils occupaient dans les quadriges : on appe^ lait equi funaUa les chevaux premiers et quatrièmes ou extérieurs, et tquijugales, les chevaux seconds et troi-
sièiues, à CAUse du joug auquel ils étaient attelés. On distinguait encore les funaU$ en funalis deaeier et fitna* (ts sinUtetf cheval de droite et cheval de gauche. 11 paraît que c'était à celui-ci que les cuuicuis aita( lia.ient le plus de prix et qu'ils accordaient tout rbonneur de la victoire. On lit même à ce sujet, dans les remarques de Saumaise, une curieuse observation : c*est que, dans les inscriptions latines où un cheval est nuininé seul coiiuiie ayant remporté un grand nombre de prix, il ne s agit pas d'un cheval monté, mais bien du funalis êiniêUTf qui seul iUustndt tout Tattdage* Ainsi, Passerinus et 7ïf^rts, les deux plus célèbres chevaux de lioiiie au temps de Martial, étaient chacun le cheval de gauche d'un quadrige. On conçoit, en effet, que ce cheval, qui devait raser la borne avec tant d'adresse et de précision, dût être tout à la fois doué de moyens naturels très puissans et dressé avec la plus grande habileté. Aussi ces sortes de chevaux étaienl^ils payés de grands prix : dans une inscription, un cocher s'applaudit d'avoir dressé des chevaux dont })lusieurs furent ensuite payés 100,000 sesterces, environ 20,000 francs de notre monnaie, et dont un fut vendu jusqu'à 200,000 sesterces. Martial parle, dans une épigramme, d'un cheval qui coûta le double de ce dernier prix, environ 80,000 francs. Voici deux inscriptions qui célèbrent la mémoire de deux de ces fajneux coursiers.