‹ Histoire du chevalier d'Iberbille, 1663-1706Chapitre 24 sur 38 · PORT DU PLAISANCE DANS L'ILE DE TERRE-NEUVE · texte numérisé non relu

PORT DU PLAISANCE DANS L'ILE DE TERRE-NEUVE

La baie de Plaisance a 25 lieues de largeur à son entrée et .">0 lieues de profondeur. C'était la résidence du gouverneur français, M. de Brouillan.

Vu du chevalier d'Iberville. 169

avait pria New Perlican, Bayever, Bridge, etc., jusqu'au fond delà baie même de Plaisance, à L'endroit que l'on appelait le port de Cromwell, il n'y a qu'une lieue à traverser, tandis qu'en allant par nier, on trouverait 150 lieues de parcours.

M. d'Iberville s'était donc rendu à Plaisance au mois d'août lt)î>7 pour avoir «les nouvelles : et, en attendant, il préparait l'expédition de Bonavista, comme nous l'avons dit plus haut, pour consommer la destruction des établissements de Terre-Neuve.

Au bout de quelques semaines, les gens que d'Iberville avait laissés sur les côtes pour détruire ce qui restait des possessions anglaises, vinrent le rejoindre à Plaisance avec M. d'Amour de Plaine, leur commandant.

Toute la troupe de M. d'Iberville se trouvait réunie autour de lui. Il y avait plusieurs gentilshommes canadiens, quatre officiers des troupes du roi, et enfin des hommes signalés par les exploits les plus aventureux.

C'était la plus intrépide réunion que l'on vit jamais en Canada. Choisis parmi les meilleurs, M. d'Iberville, dans sa nouvelle expédition, les avait formés encore à affronter les plus grandes fatigues. Nous aimons à rappeler ici les

] 7() Vie du chevalier d'IberviUe.

noms qui nous ont été conservés dans les relations, et

dont plusieurs sont encore dignement portés en Canada:

Le capitaine îles Muys, MM. <le Rancogne, d'Amour de

Plaine de Montigny, de Bienville, frère du commandant,

Bouclier de La Perrière, Deschauffours l'Hermite, Dugué de Boisbriant, et enfin Nescambiout, le chef des Abénaquis, qui alla à Versailles quelques années après. 11 fut présenté au roi et reçut un sabre d'honneur.

Cette dernière campagne ne les avait pas seulement aguerris, elle leur avait procuré l'abondance. Ils n'en al msaient pas, étant soumis à la plus stricte discipline, mais ils en profitaient pour se préparer aux éventualités de l'avenir, achetant des armes excellentes, des vêtements et les fourrures nécessaires pour les rudes climats du Nord.

Mais ce riche butin amena des difficultés auxquelles on /■tait loin de s'attendre.

M. de Brouillan fit connaître de la manière la plus formelle qu'il prétendait participe]- aux bénéfices d'une expédition dont il n'avait pas voulu partager les dangers. M. d'Iberville, tout en reconnaissant l'injustice de cette réclamation, était disposé a céder, par respect pour l'au-

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