COSMOGRAPHIE ECCLÉSIASTIQUE
mois ; a Ecce testimonium meum. » A ses côtés, deux anges portent dans leurs mains les instruments de la passion. Sur la droite, un autre ange embouche la trompette de laquelle sort un écriteau avec cette légende : Levez si vendrez vous par... Un ange amène par la main un évêque, derrière lequel est un roi suivi d’autres personnages -, il les introduit par une porte formée de deux colonnes et qui parait servir d’entrée à un édifice.
La Vierge est agenouillée aux pieds de son fils. Derrière elle est
une fcmme'aussi à genoux et qui tient une couronne qu’elle semble prête à poser sur la tête de la mère du Christ; enün, à côté de cette sainte femme, un ange agenouillé semble appuyer l’intercession maternelle. La Vierge découvre son sein, et prononce les paroles d'un écriteau que soutient un ange à genoux en face d’elle : Vei t b' fi z mon piz dedeuiz lauele chare prtisUs — Etes marne telles dont L it
de Virgin qui estes — Syes merci de tous si com nos marnes dessus — fl... em... ont servi kad sauver esse me feisles.
A gauche, un autre ange, embouchant également la trompette, en fait sortir les paroles suivantes, tracées sur un écriteau : Levés si ailes aJI fa de enfer cstable. Une porte, dessinée comme celle de l’entrée, représente probablement l’issue par laquelle ceux qui sont condamnés aux peines éternelles doivent sortir. En effet, on voit le diable traînant après lui dans l’enfer une foule d'humains liés à une corde qu'il tient à la main.
La carte proprement dite commence à sa partie supérieure, c’està-dire à l’orient, par le paradis terrestre. C’est un cercle, au centre duquel on a dessiné l’arbre de la science du bien et du mal. Adam et Eve sont là, en compagnie du serpent tentateur. Les quatre fleuves légendaires sortent du pied de l'arbre, et on les retrouve plus bas, descendant à travers la carte. En dehors de l’Éden on voit représentée la fuite du premier couple et l’ange qui les chasse. A cet extrême orient est la région des géants à tète bestiale. On y voit aussi la première ville humaine, bâtie par Enoch. Plus bas, on re marque la Tour de Babel. Voici, du reste, les détails les plus curieux qui m’ont frappé dans cette vaste et curieuse carte.
Deux hommes, près du fleuve Iaxartes, sont assis sur une colline, occupés à manger, l’un une jambe humaine, l'autre un bras, ce que la légende explique ainsi : « Ici habitent les Essédons, dont la coutume est de chanter aux funérailles de leurs parents; ils déchirent les cadavres avec les dents, et préparent des mets avec ces chairs mêlées à des viandes d’animaux. Selon leur opinion, il est plus honorable aux morts d’étre ensevelis dans le corps de leurs proches, que dans celui des vers. »
Plus bas, on remarque les dragons et les pygmées, toujours à l'orient de l’Asie; et un peu plus loin, au milieu d'un paysage bizarre, le roi des Cyclopes.
Cette géographie extraordinaire nous montre dans l'Inde la « man tichora, qui a une triple rangée de dents, la face de l'homme, les yeux glauques, la couleur rouge du sang, le corps du lion et la queue du scorpion ; sa voix est un sifflement. »
Au nord de Gange est représenté un homme à une seule jambe
ombrageant sa tête avec son pied, ce qui est expliqué par la légende : « Dans l’Inde habitent les Monocles, qui n’ont qu’une jambe et vont cependant d’une prodigieuse vitesse. Lorsqu’ils veulent se défendre de l’ardeur du soleil, ils se font de l'ombre avec la plante de leur pied qui est fort grand. »
Les Dlcmmyes ont la bouche et les yeux dans la poitrine. D’autres ont la bouche et les yeux sur les épaules. Les Parvint sont des Éthiopiens qui ont quatre yeux.
A l’est de Syène est un homme assis, couvrant sa tête avec sa lèvre : « Peuple qui avec sa lèvre proéminente se met le visage à l’abri du soleil. »
Au-dessus est dessiné un petit soleil avec le mot Sol. Ensuite vient un animal à figure humaine, ayant les pieds d’un cheval, la tête et le bec d'un oiseau; il s’appuie sur un bâton : c’est un satyre, nous dit la légende. Les faunes, à moitié hommes et chevaux. Les cynocéphales, hommes à tète de chien, et les cynanthropes, chiens à tète humaine.
Le sphinx a les ailes de l’oiseau, l’extrémité du serpent, la tête •îe la femme. Il est placé au milieu des Cordillères qui se rattachent a une grande chaîne de montagnes. On y voit enfin le Monocéros , animal terrible et voyez la merveille : « Que l'on expose à ce Monocéros une jeune fille, celle-ci, lorsque l’animal s’approche, découvre son sein; le monstre, oubliant sa férocité, y pose sa tête, et, lorsqu’il est endormi, on le prend sans défense. *
Près du lac Méotide on voit un homme vêtu à l’orientale, coillé d’un bonnet qui se termine en pointe et tenant par la bride un cheval dont le harnais est une peau humaine, ce qui est expliqué ainsi dans la légende latine : « Ici habitent les Grifes, hommes très-méchants, car entre autres crimes, ils vont jusqu’àse faire, avec la peau de leurs ennemis, des couvertures et des vêtements pour eux et leurs chevaux. »
Plus au midi est un grand oiseau, une autruche, selon la légende : « L’autruche a la tête de l’oie, le corps de la grue, les pieds du veau. Elle mange le fer. » *
Non loin des monts Itiphées, deux hommes vêtus de longues tuniques et coûtés de bonnets ronds sont représentés dans l’attitude de gens qui combattent : l’un brandit une épée, l’autre une espèce