L’ASTROLOGIE DANS L'ASIE ANCIENNE
influences sidérales toutes les propriétés naturelles, imaginaient entre les planètes et les métaux dont l’éclat respectif avait avec la teinte de leur lumière une certaine analogie, des relations mystérieuses. L’or correspondait au Soleil, l'argent à la Lune, le plomb a Saturne, le fer à Mars, l’étain à Jupiter, le mercure garde encore maintenant le nom de sa planète. Il n’y a pas plus de deux siècles que l’on a cessé de désigner les métaux par le signe de leurs planètes respectives. L’alchimie, mère de la chimie, était une sœur intimement liée avec l'astrologie, mère de l’astronomie.
— La civilisation égyptienne remontait à une époque non moins reculée que celle de Babylone, ajouta l’historien, et il est juste de confirmer les idées précédentes par les documents qu’elle nous offre. Observateurs non moins soigneux que les astrologues babyloniens, des météores et des révolutions atmosphériques, ils savaient prédire certains phénomènes et se donnaient pour les avoir produits.
Diodore de Sicile nous dit que les prêtres égyptiens indiquaient assez ordinairement les années de stérilité et d’abondance, les contagions, les tremblements de . terre, les inondations, les comètes. La connaissance des phénomènes célestes faisait, en Égypte comme en Ohaldée, partie intégrante de la théologie. Les Égyptiens avaient des collèges de prêtres spécialement attachés à l’étude des astres, et où Pythagore, Platon, Eudoxe avaient été s’instruire.
La religion était d'ailleurs en Égypte toute remplie de symboles se rapportant au soleil et à la lune. Chaque mois, chaque décade, chaque jour était consacré à un dieu particulier. Ces dieux, au nombre de trente, ont été désignés dans l’astronomie alexandrine sous le nom de décaiu (îixmoi) ou dieux décadaires. Les fêtes étaient marquées par le retour périodique de certains phénomènes astronomiques, et les levers héliaques auxquels se rattachaient certaines idées mythologiques étaient notés avec une grande attention. On trouve encore aujourd’hui la preuve de cette vieille science sacerdotale dans les zodiaques sculptés au plafond de quelques temples et dans des inscriptions hiéroglyphiques des phénomènes célestes.
D’après les Égyptiens, auxquels n’avait pas plus échappé qu’aux Grecs l’influence des changements atmosphériques sur nos organes, les différents astres avaient une action spéciale sur chaque partie du
corps. Dans les rituels funéraires que l'on déposait au fond des cercueils, il est fait constamment allusion à cette doctrine. Chaque membre du mort est placé sous la protection d’un dieu particulier. Les divinités se partagent pour ainsi dire la dépouille du défunt. La tête appartient au dieu Ha ou Soleil, le nez et les lcvrés à Anubis, et ainsi de suite. Pour établir le thème généthliaque de quelqu'un, on combinait la théorie de ces inlluences avec l’état du ciel au moment de sa naissance. Il semble même que dans la doctrine égyptienne, une étoile particulière indiquât la venue au monde de chaque homme, opinion qui était aussi celle des Mages et à laquelle il est fait allusion dans l’Évangile.
En Égypte, comme en l’erse et en Chaldée, la science de la nature était une doctrine sacrée dont la magie et l’astrologie ne constituaient que des branches, et où les phénomènes de l’univers se trouvaient rattachés par un lien étroit aux divinités et aux génies dont on le croyait rempli. Il en fut de même dans les rdligions primitives de la Grèce.
Les femmes de la Thessalie avaient surtout une grande réputation dans l'art des enchantements. Tous les poètes répètent à l’envi qu’elles pouvaient, par leurs chants magiques, faire descendre la Lune. Ménandre, dans sa comédie intitulée la Thessalienne , représente les cérémonies mystérieuses à l’aide desquelles ces sorcières forçaient la Lune a abandonner le ciel, prodige qui devint même si bien le type par excellence de tout enchantement, que Nonnus nous le donne comme opéré par les brahmanes. 11 y avait de plus en Grèce un culte qui était à lui seul une véritable magie, c’était celui d'Hécate, aux rayons mystérieux, la patronne des sorcières.
Lucien de Samosale — s’il est vrai que le traité sur l’astrologie soit bien de lui — justiiie dans les termes suivants sa croyance à l'inlluence des astres: « Les astres, dit-il, suivent leur orbite dans le ciel; mais, indépendamment de leur mouvement, ils agissent sur ce qui se passe ici-bas. Voudriez-vous qu’un cheval au galop, que des oiseaux et des hommes en s’agitant, lissent sauter des pierres ou voler des brins de paille par le vent de leur course, et que la rotation des astres ne produisit aucun effet? Le moindre feu nous envoie ses émanations, et cependant ce n'est pas pour nous qu’il brûle, et il se