‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 163 sur 179 · LES ANNÉES ET LES JOURS · texte numérisé non relu

LES ANNÉES ET LES JOURS

Voilà donc deux mouvements pouvant servir de mètre pour la durée. Malheureusement ils n’ont pas entre eux de commune mesure.

1 • 'piITI. it'Antming

L'année terrestre et les mois.

Ainsi, il n’y a pas un nombre exact de jours dans l’année. Pour revenir au même point de son cours relativement au soleil, la terre emploie 365 jours, plus une fraction....

— 25 centièmes, ou un tpiart de jour, ou six heures, je crois ï dit la fille du capitaine.

— Pas exactement.

— 256 millièmes? dit l’historien.

— Pas exactement.

— 2563 dix-millièmes? ajouta le navigateur.

— Pas encore exactement , répondit l'astronome. Nous pouvons aller aux dix-millionièmes, sans voir la fraction s'arrêter. La révolution sidérale de la terre est, en jours moyens, donnée par le Chiffre 265,2563744.

On appelle année sidérale le temps que, par suite de la révolution de la terre, le soleil emploie à accomplir son cours apparent ou l’intervalle compris entre deux coïncidences successives du centre du soleil avec une même étoile de l'écliptique.

Mais pendant cet intervalle, l’équinoxe, nous l’avons vu, se déplace parmi les étoiles. Cette rétrogradation séculaire fait qu’en un

an il est un peu plus à l'est qu'il n’était. Le soleil arrive donc à lui un instant plus tôt : onze minutes environ, ou plus exactement : 0 j. 0141 i78. En retranchant cette petite quantité de l'année sidérale, nous avons l'année Iropiqut, le retour annuel du soleil à chaque équinoxe, celui qui importe aux saisons et au calendrier. C’est donc 365,2422166, 365' 5k 48” 47* 8.

Voilà donc l’année. Par conséquent, on ne peut la partager en un nombre exact de jours.

— Ce qui a singulièrement géné la chronologie ! fit l’historien.

— Cependant il y a 365 jours par an, dit le comte.

— Et 366 aux années bissextiles, remarqua la fille du capitaine.

— C’est justement dans ce partage qu’a toujours été la difficulté, dit l'historien. Ainsi, le plus ancien des calendriers connus, celui des Égyptiens, faisait l’année de 365 jours juste. Elle était donc de six heures trop courte. 11 en résultait qu’au bout de quatre ans, l’année recommençait un jour trop tôt; c’est-à-dire que la date d’un solstice ou d’un équinoxe tombait un jour plus loin. Par l’accumulation de ces petites différences, l’effet devenait sensible dans la durée même de la vie d’un homme, puisque au bout d'un siècle cette année recommençait 24 jours avant l’année réelle. Le premier jour de celleci se trouvait ainsi parcourir toutes les dates de celle-là, et, au bout de 1460 années réelles, on avait compté 1461 années civiles, et le jour initial des deux années se retrouvait en coïncidence comme dans l'origine.

Comme le jour initial parcourait, en rétrogradant, tous les degrés du zodiaque, le retour des mêmes saisons et des mêmes travaux d'agriculture n’était pas attaché aux mêmes dates :ce qui rendait l’observation des levers d’étoiles fort importante. Le lever liéliaque de Sirius annonçait l’époque du débordement prochain du Nil, phénomène d’une si grande utilité pour l’Égypte, qu’il était célébré par des fêtes nationales des plus solennelles.

Dans ce système, la même date courait toute l'année. Les travaux de l'agriculture se rapportent aux divers mois, non pas à cause de leurs noms, mais à cause de leurs températures. Dans le système de l'année égyptienne, on ne pouvait donc pas dire : la moisson se fait dans tel mois, la vendange dans tel autre, puisque tous les mois,

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