LE CALENDRIER ÉGYPTIEN
dans une certaine période, correspondraient à la température favorable à la moisson, à la vendange, etc.
— Voilà un calendrier qui ne servait pas à grand'cliose, dit le professeur; celui des Grecs était plus embrouillé, mais plus utile.
11 était luni-solaire, c’est-à-dire qu’il se réglaità la fois sur les révolutions de la lune et sur celles du soleil; voici commenton l’avaitétabli.
L’année commençait à la nouvelle lune la plus voisine du 20 au 21 juin, époque du solstice d’été; elle était composée en général de 1 2 mois dont chacun commençait le jour de la nouvelle lune, et qui avaient alternativement 30 et 29 jours. Cette disposition, conforme à l'année lunaire, ne donnait que 364 jours à l’année civile; et comme elle est plus .courte que celle du soleil de 10 jours 21 heures, cette différence, en s’ajoutant, produisait à peu près 87 jours au bout de 8 ans, ou 3 mois de 29 jours. Pour amener les années lunaires à concorder avec les solstices, il fallait donc ajouter trois mois intercalaires en 8 ans.
On attribue à Méton la remarque qu’après 19 ans, il s’est écoulé 235 lunaisons çt que les nouvelles et pleines lunes reviennent aux mêmes dates. En effet, l’année et la lunaison sont à très-peu près entre elles dans le rapport de 235 à 19. Avec une série de 19 années d'observations lunaires, les phases reviennent périodiquement dans le même ordre, et l’on peut prédire les dates des retours de ces phases. Ce cycle lunaire fut adopté de Athéniens l'an 433 avant notre ère, pour régler leur calendrier luni-solaire, et ils en avaient fait graver le calcul en lettres d’or sur les murs du temple de Minerve; c’est de là que vient le nom de nombre d’or qu’on donne au numéro qui marque le rang d’une année proposée dans cette période de 19 ans, ramenant les phases aux mêmes dates.
Calippe rendit ce cycle plus exact, en le quadruplant et ôtant un jour ; ainsi il le lit de 27759 jours, ou 76 années juliennes, durant lesquelles on a 940 lunaisons.
— Le calendrier romain, dit l’astronome, était encore plus compliqué que le grec, et moins bon. C'est un véritable capharnaüm. Romulus donna à ses sujets un arrangement bizarre auquel nous ne comprenons plus rien. Plus guerrier que savant, ce fondateur de Rome ne faisait l’année que de dix mois, les uns de 20 jours, les
autres de 551 Ces durées inégales étaient probablement réglées par les travaux champêtres et les idées religieuses dominantes. Après l’épuisement de ces dix mois on recommençait à compter toujours dans le même ordre. L’année n’avait que 304 jours.
Le premier de ces dix mois s’appelait mars, du nom du dieu dont Romulus prétendait descendre. Le nom du deuxième mois ( aprilis ) dérive ou du mot aperire, ouvrir, parce que c’est le moment où la terre s’ouvre, ou d ’Aphrotlilé, un des noms de Vénus, grand’mèrc pÉnée. Le troisième mois fut consacré à Maïa, mère de Mercure. Le quatrième à Junon. Les noms des six autres mois exprimaient simplement leur rang :
Uuintilis Sextilis September October Novembqr December (cinquième) (sixième) (septième) (huitième) (neuvième) (dixième ;.
Numa ajouta deux mois aux dix de Romulus; l'un prit le nom de Januarius, de Janus; le nom de l’autre dérive, ou des sacrifices expiatoires {februalia ) par lesquels on se purifiait des fautes commises dans le cours de l’année, ou de Februo, le dieu des morts, auquel ce dernier mois aurait été consacré. L'année fut alors portée à 355 jours.
Ces mois romains sont devenus les nôtres. 11 est donc indispensable de les considérer à leur origine, et de voir comment ils se sont modifiés et complétés.
Chacun d’eux était partagé en sections inégales, séparées par des jours portant les noms de calendes, de noncs et d’ides. Les calendes étaient invariablement fixées au premier jour de chaque mois; les nones arrivaient le 5 ou le 7; les ides, le 13 ou le 15.
Les enfants, dit Arago, ayant leur attention principalement lixée sur le prochain jour de congé, sur le dimanche, désignent souvent les jours de la semaine d’après leur distance à cette époque tant désirée. 11 n’est pas rare de leur entendre dire : nous sommes à deux, à trois, à quatre jours, etc., du dimanche. Ainsi comptaient les Romains : ils caractérisaient chaque jour par sa distance à la fête suivante du même mois. Immédiatement après les calendes d’un mois quelconque, les dates étaient rapportées aux nones, et l’on disait : sept jours, six jours, cinq jours, etc., avant les noncs. Dès le lendemain des nones, on comptait par ides; enlin les jours qui terminaient un mois étaient rapportés de même aux calendes du mois suivant.