‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 165 sur 179 · LENDRIERS GRECS ET ROMAINS · texte numérisé non relu

LENDRIERS GRECS ET ROMAINS

L’incroyable bizarrerie decette manièrede compterse complète d’une manière digne d’elle si l’on ajoute que l’avant-veille de chacun de ces jours, qui aurait dû prendre respectivement le nom de deuxième jour avant les nones, avant les ides, avant les calendes, s’appelait en réalité le troisième ; le jour qui précédait l’avantrveille prenait le nom de quatrième, et ainsi de suite, avec une erreur constante en plus d’une unité!

Comme il y avait dix jours de moins dans l’année, on sentit bientôt la nécessité de les ajouter. On créa donc un mois supplémentaire que l’on appela mercédonius. Ce mois, par une autre bizarrerie, on l’intercalait tout entier entre le 23 et le 24 février. Ainsi après le 23 février venait : le 1", le 2, le 3, etc., mercédonius; ce n'était qu’après l’épuisement des jours de ce mois supplémentaire qu’on reprenait la série : 24, 25 février, etc.

Enfin , pour combler la mesure , les pontifes chargés du soin de régler ce complexe calendrier, s’en acquittèrent aussi mal que possible; par négligence, ou par un usage arbitraire de leur puissance, ils allongèrent ou accourcirent l’année sans aucune règle d’uniformité. Souvent même ils ne consultaient pour cela que leur commodité, ou les intérêts de leurs amis.

Le désordre que cette licence avait jeté dans le calendrier était allé si loin, que les mois avaient changé de saison, ceux de l’hiver ayant été avancés à l'automne, ceux de l’automne à l’été, etc. Les fêtes étaient célébrées dans des saisons différentes de celles pour lesquelles on les avait instituées; en sorte que celles de Cérès arrivaient lorsque le blé était en herbe, et celles de Iîacchus quand les raisins étaient verts. Jules César résolut d’établir l’année solaire suivant la mesure connue de la révolution du Soleil, ou 365 jours et un quart. Il ordonna que chaque quatrième année on ferait l'intercalation d’un jour à la place où l’on faisait arriver le mois mercédonius, c’est-à-dire entre le 23 et le 24 février. Ainsi l’année civile eut 365 jours 1/4.

Le 6"* des calendes de mars était dans les années communes le 24 février; on l’appelait sexto-kalendas. Comme tous les quatre ans on intercalait un jour entre le 23 et le 24, ce jour additif était appelé un second 6"' jour, bissexto-kalcndas, d’où vient le mot bissextile, appliqué aux années de 366 jours.

Mais il fallaitrendre aussi les fêles publiques aux saisons quidevaient les recevoir : César fut obligé d’insérer dans l’année courante — 46 (ou 708 de Rome) deux mois intercalaires, outre le mois mercédonien. On eut donc une année de 15 mois divisés en 445 jours : c’est ce qu’on appela l'année de confusion.

César chargea de tous ces soins Sosigène, célèbre astronome d'Alexandrie, qu’il avait amené à Rome dans ce dessein ; et sur les mêmes principes, Flavius eut ordre de composer un nouveau calendrier dans lequel il fit entrer toutes les fêtes romaines, en suivant toujours l’ancienne manière de compter par les calendes, les noues et les ides.

Antoine, après la mort de César, fit donner au mois quintilis, où Jules César était né, le nom de Julius, d'où nous avons fait juillet. On donna le nom d’Aujuîtus (août) au mois seotilis, parce que l’empereur Auguste avait remporté ses principales victoires pendant ce mois.

— Tibère, Néron, et les autres monstres impériaux, fit le député, avaient essayé de faire donner leur nom aux autres mois. Mais les peuples ont eu ici plus d’honneur que d’habitude et n’ont pas accordé cette flatterie.

— En effet, répliqua le professeur, ces derniers mois s’appellent toujours Septième, Huitième, Neuvième et Dixième, quoiqu’ils n’aient plus cette place depuis Numa Pompilius.

— Et que le christianisme ait presque tout changé au paganisme, dit le pasteur.

— Ce que c’est que l’habitude !

Voici, ajouta l’astronome, le dessin d’un calendrier cubique en marbre blanc trouvé à Pompéi. Chaque mois est couronné par le

signe du zodiaque par lequel passait le soleil. Sous le nom du mois est inscrit le nombre de jours qu’il renferme, — la date des noncs, — le nombre des heures de jour et le nombre des heures de nuit, — la place du soleil, — la divinité sous la protection de laquelle le mois était placé, — les travaux d’agriculture qui devaient être faits dans le mois, les fêtes civiles et les céré-

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