‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 167 sur 179 · LE CALENDRIER MODERNE · texte numérisé non relu

LE CALENDRIER MODERNE

en Russie, où l’on suit encore le calendrier julien. 11 résulte de là que les dates de la Russie ne s’accordent pas avec les nôtres. En 1 582 la différence était de 10 jours; cette différence se conserva jusqu’à la fin du dix-septième siècle; l’année 1700 ayant été bissextile dans le calendrier julien, la différence des dates fut de il' jours pendant tout le dix-huitième siècle ; enlin, par la même raison, elle augmenta d’un jour en 1800, et elle est actuellement de douze jours.

— J’espère, ma tille, dit en riant le capitaine, qu’après l’attention que tu viens de porter à l’histoire du calendrier, tu ne te tromperas plus sur la durée de chaque mois.

— 11 y a du reste, repartit le professeur, un moyen extrêmement simple de s’en souvenir. En fermant la main, et en supposant que la saillie correspondant à l’index représente le mois de janvier, le creux suivant représente février, la saillie suivante mars; creux : avril; bosse : mai; creux : juin; bosse : juillet; et en recommençant : saillie de l’index : août, etc. Les mois longs sont marqués par les saillies et les courts par les dépressions.

— Comment a-t-on pu déterminer anciennement la longueûr de l’année? demanda le député.

— Probablement, répondit l’astronome, par l’observation du lever et du coucher dn soleil à certains points de l’horizon. Les premiers hommes passaient !a plus grande partie de leur vie dans les champs. Vers le temps des équinoxes ils auront pu remarquer un arbre, un rocher, un monticule derrière lequel ils voyaient pointer le soleil, à tel jour. Le lendemain, ils auront vu cet astre se coucher ou se lever assez loin de cet endroit, attendu qu’au temps des équinoxes la déclinaison du soleil change sensiblement d’un jour à l’autre. Six mois après, ils auront vu le soleil revenir à ce même point, et au bout de douze mois, il y sera encore revenu. Cette manière de fixer l’année est assez exacte et en même temps fort simple. Elle explique comment les hommes ont pu partager assez vite l’année en quatre parties égales. Elle explique encore comment quelques

kkk XV SOIRÉE.

peuples ont eu des années de 3 et de 6 mois dont il aurait été difficile de fixer autrement le terme et la durée, et comment plusieurs peuples comptaient leur année d’un solstice à l’autre ; car alternativement les jours croissaient pendant une année, et décroissaient pendant la suivante.

En observant le point de l’horizon où le soleil se troùve lejourde l’équinoxe du printemps, on voit que tous les jours pendant trois mois il se lève plus au nord, jusqu’à un certain terme qu’il ne dépasse pas. Voilà le premier intervalle et le premier quart de l’année. 11 revient ensuite sur ses pas jusqu’à l’équinoxe d’automne, où il se lève au même point qu’à l’équinoxe du printemps. C’est le second intervalle. Il passe ce point et s'écarte autant vers le midi qu'il s’était d'abord écarté vers le nord. Voilà le troisième intervalle. Puis revenant vers le nord et retrouvant le point de l’équinoxe du printemps, il finit le quatrième intervalle, et termine l’année.

— La durée du jour, observa encore le député, doit être la mesure la plus anciennement employée sans aucun doute, ainsique ses subdivisions en heures, minutes et secondes.

— Le mot jour, dans son acception la plus générale, s’est toujours appliqué au temps que le soleil parait employer à faire une révolution entière du lirmament. On donne plutôt le nom de journée au temps qui s’écoule entre le lever du soleil et son coucher.

Les Grecs avaient dans l’expression nyctimire, c’est-à-dire nuit et jour, le moyen de prévenir les équivoques que notre langue peut comporter. De temps immémorial, le nyctémère a été divisé en vingtquatre parties ou heures.

Quelques peuples comptaient ces vingt-quatre heures de suite, de une à vingt-quatre. Chez d’autres, on comptait deux périodes consécutives de douze heures chacune. Nous ne parlerons pas de la tentative faite en 1793, de partager la durée du jour en dix heures seulement, dont chacune se composait de cent minutes; cette division n’a pas été adoptée, et l'on est généralement revenu au jour de vingt-quatre heures.

On a beaucoup varié sur le choix du commencement du jour civil.

Les Juifs, les anciens Athéniens, les Chinois, les Italiens, etc., commençaient le jour au coucher du soleil.

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