LE CIEL ET LA MOUT CHEZ NOS PÈRES
Qui no sent frémir dans ces paroles, s’écrie à ce propos l’auteur de l'Esprit de la Gaule dans un magnifique langage, « qui ne sent frémir dans ces paroles le même courant d'où était sorti Pythagore, et qui, se ranimant à la Renaissance, devait produire Copernic, Galilée, Kepler et tous les explorateurs modernes du monde sidéral ! Flammes sacrées, qui enleviez nos pères au sein des contrées mystérieuses qu’ils voyaient flotter dans l’espace, et qu’a sitôt abattues la main fatale de Rome : notre race, en reprenant possession d’elle-même, ne vous verra-t-elle point reparaître, et nos poètes ne sauront-ils pas retrouver, à vos rayons, la puissance de nous faire voyager encore au delà des horizons de cette terre, qui, à mesure qu’ils se définissent, deviennent si pauvres et si bornés? Espérons-lel bien que les trésors de cette antique poésie aient disparu dans le silence des voix qui les chantaient, il nous reste pour ranimer les déserts du Ciel, avec les secrètes impulsions du sang de nos aïeux, le souvenir de leur foi dans l’infinité de la vie. »
L’alliance fondamentale de la doctrine de la pluralité des mondes avec celle de l’éternité des âmes doit être pour nous le caractère le plus mémorable de la pensée de nos ancêtres. La mort terrestre n’était pour eux qu’un fait psychologique et astronomique, pas plus grave pour celui qui le subissait qu’une éclipse de lune pour l'astre des nuits, ou que la chute de l’habit verdoyant du chêne sous le souffle du vent d’automne. On voit ces conceptions et ces mœurs, au premier abord si extraordinaires, se revêtir d'un aspect simple et naturel. Les Gaulois étaient tellement convaincus de la vie future dans les astres, qu’ils allaient jusqu’à je priler de l’argent à rembourser dans l'autre monde !
— Tiens ! exclama le député, voilà une coutume qui ne prendrait pas chez les Gaulois d'aujourd'hui I
— Aussi, reprit l’historien, avait-elle singulièrement frappé les
Plutarque rapporte que, durant cent soixante-dix ans, il n'y eut point d'images dans les temples de Rome. Cette absence d’idoles, et les doctrines pythagoriciennes attribuées à Numa, ont une explication Tort plausible : c'est que Numa représente dans la Rome primitive un élément demi-gaulois, comme Romulus et Tullus représentent l'élément latin, comme les Tarquins représentent l'élément étrusque. Les montagnards de la Sabine, patrie de Numa, étaient en voisinage et en rapports continuels avec les Gaulois ombriens (Henri Martin, Histoire de France.)