‹ Histoire du ciel (volume 2)Chapitre 29 sur 179 · LA GAULE · texte numérisé non relu

LA GAULE

fitoiles et le Ciel, et comme ils avaient remarqué la course perpétuelle de ces objets de leur culte, ils tirèrent de ce mouvement général de la matière exprimé par le verbe OiTv, courir, le nom de Oeoï, qu’ils donnèrent à leurs dieux. Tout nous porto à croire qu’il y a une vérité historique dans cette opinion du grand dialecticien et certainement quelque chose de plus qu’une étymologie ingénieuse.

— Ce sont là de curieuses questions d’origines sur lesquelles nous nous entretiendrons dès notre prochaine soirée, dit l’astronome. Nous aurons peut-être une autre étymologie de Htoç.

— En effet, reprit l'historien, nous voyons cette idée de mouvement se manifester avec constance dans le plus grand nombre des vieux types solaires imprimés sur les monnaies ; le Cheval au galop, le Lion qui court, le Taureau qui bondit, le Bige, le Cavalier, le </> qui n’est que le développement du cercle centré ou du soleil O, la Roue, laTrisquêle qui tournait, etc.

Ce symbolisme y occupe une place importante, car il s’étend à tout un ensemble de lois astronomiques; les notions embrassent la marche du Soleil à travers les douze signes du zodiaque, la constatation des équinoxes et des solstices, les aspects des constellations boréales et australes tels qu'ils se produisent aux diverses époques de l'année, les phases lunaires-, enfin, le cours des cinq planètes. A cet exposé, 11 faut encore joindre quelques signes spéciaux qui ont paru se rapporter à des méthodes d’uranographie et dff gnomonique.

Concluons donc que la cosmographie a construit les véritables dogmes de la religion gauloise qui, au fond, était la même que celle des vieilles théocraties orientales. Les pratiques extérieures du culte s’adressaient au Soleil, à la Lune, aux astres et aux phénomènes du monde visible; mais, au-dessus de la nature, il y avait le grand principe générateur et moteur, que les Celtes placèrent probablement plus tard dans les attributions de leurs dieux suprêmes.

J'espère, messieurs, ajouta l’historien en se levant, avoir suffisamment satisfait à mon mandat, et vous avoir convaincus que nos ancêtres méritaient une place d’honneur dans l'Histoire du Ciel.

Page 1