PERSPECTIVES CÉLESTES. — LE ZODIAQUE
Je nommerai de suite ces signes, dont nous aurons beaucoup à parler dans la suite, et que tout le monde doit savoir « par cœur * comme on dit ici :
L'un de ces groupes prit le nom de Bélier t; son voisin, en marchant de Toccident à l'orient, s'appela le Taureau tJ' ; le troisième prit le nom de Gémeaux tf ; le quatrième, celui de Cancer 6^, Viennent ensuite, en suivant Tordre de leur succession : le Lion Si , la Vierge n)i, la Balance '^y le Scorpion n\^y le Sagittaire >^^ le Capricorne % , le Verseau tss et les Poissons )( ,
Les deux vers latins suivants du poëte Ausone donnent ces douze noms dans le même ordre :
Sunt : Arles, Taurus, Gemini, Cancer, Léo, Virgo, Libraque, Scorpius, Arcitenens, Caper, Amphora, Pisces.
Les signes, placés à côté de ces douze noms, sont ceux par lesquels on désigne ces constellations dans les ouvrages d'astronomie et dans les calendriers. Quelques-uns de ces signes sont faciles à expliquer. Ainsi, le premier r indique les cornes du Bélier, le second V la tête du Taureau. Le dard, ajouté à une sorte de lettre ?n, distingue le Scorpion i%; la flèche ne peut laisser aucun doute sur le mot Sagittaire » ; '^i est formé de la réunion des deux lettres t et p qui commencent le mot grec xpa^oç, c'est-à-dire bouc. Remarquons, entre parenthèses, que le mot tragédie vient des deux mots grecs bouc et chant,
— Oui : Tpayo; w5r„ s'écria le professeur de philosophie. Si on ne connaissait pas le sens du mot tragédie, on serait longtemps à le deviner par son étymologie !
— Il en est ainsi de bien d'autres mots, répliqua l'astronome, comme nous ne manquerons pas de le voir en cherchant l'origine des constellations et des dénominations célestes. Le signe de la Balance, ajouta-t-il, et celui des Poissons se reconnaissent facilement
à leurs marques ^^ )( . Enfin le Verseau est marqué par un courant d'eau ï=^.
La constellation du Bélier, actuellement très-voisine de Téquateur, est celle qu'au temps d'Hipparque le Soleil traversait à l'équinoxe de printemps.
Nous verrons plus tard qu'en vertu du mouvement de précession l'équinoie, qui, du temps d'Hipparque, arrivait dans le Bélier, a lieu maintenant dans les Poissons, malgré les almanachs et les calendriers, qui continuent à faire entrer le Soleil le Si mars dans le Bélier.
On a bien compris que si le Soleil paraît parcourir en un an ces douze signes, c'est parce que la Terre, en tournant autour de lui, le place successivement devant chacun d'eux.
Nous discuterons et nous exposerons plus loin l'origiDe des noms donnés à ces signes, ainsi qu'aux autres constellations. Le point important, dont il importe que nous soyons pénétrés dès cette première soirée, c'est de savoir que ces apparences sont dues au mouvement de la Terre autour du Soleil.
Ici l'astronome dessina la marche de la Terre autour du Soleil. Au delà de l'orbite de la Terre il décrivit un cercle concentrique dans lequel il traça les signes du Zodiaque, au-dessus de chacun desquels il inscrivit le nom du signe — et au-dessus de chaque nom il dessina le signe zodiacal lui-même. Enfin , dans un dernier cercle il inscrivît les positions des consultations, qui ne correspondent plus aux signes, comme on le reverra dans un entretien suivant. Le Soleil est immobile au centre, comme l'obélisque, dont il a été