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L'ASTROLOGIE AU MOYEN AGE

astrologues leurs barons. Henri IV ordonna, dit-on, au fameux Larivière, son premier médecin, de tirer l'horoscope du jeune prince qui devait être Louis XIII. Richelieu et Mazarin, que leur caractère semblerait mettre au-dessus d'une telle superstition, Richelieu et Mazarin consultaient Jean Morin en qualité d'astrologue.

Quand Louis XIY vint au monde , cet astrologue se tenait caché dans l'appartement d'Anne d'Autriche, pour tirer Thoroscope du futur monarque. Ce dernier fait nous montre qu'on commençait à avoir honte de la crédulité : c'est que depuis un demi-siècle Sixte V avait rendu contre les astrologues son motu proprio, qui eut plus d'effet contre les devins que les ordonnances édictées en 1493, 1560 et 1570.

La première de ces ordonnances, dite Cri du prévôt de Paris, avait été rendue < contre les charmeurs, deviueurs, invocateurs de mauvais etdamnés esprits, nécromanciens et toutes gens usant de mauvais arts, sciences et sectes prohibées et défendues par notre mère Église. »

— A propos, fit la marquise , qu'était-ce donc, au fond, que le fameux Nostradamus?

— Michel Nostradamus était un médecin de Provence, né à Saint- Remy, en 1503. Il joignit l'astrologie à la médecine et se mit à prédire l'avenir.

Appelé à Paris vers 1556 par Catherine de Médicis, il tenta de rendre la poésie française interprète de ses oracles. Il avait vu se succéder plusieurs éditions de ses fameux quatrains qu'il intitula dès le début : Quatrains astronomiques. La vogue de ce petit livre ne se ralentit point durant tout le seizième siècle et continua par delà le suivant. S'il faut en croire plusieurs écrits contemporains, les faiseurs d'almanachs s'emparèrent dès lors du nom de Nostradamus pour en parer leurs vulgaires prophéties , et le médecin de Salon devint populaire et célèbre. Un de ses fils essaya de l'imiter, mais il n'y réussit guère : ayant annoncé que la ville de Pouzin, en Vivarais, alors assiégée par les troupes royales, périrait par les flammes, il y mit lui-même le feu pour avoir raison ; mais il fut surpris et tué.

— Je n'ai jamais rien vu de plus curieux, dit l'historien, que les innombrables essais d'explications et de commentaires sur Nostradamus, essais que Ton ressuscite encore aujourd'hui d'année en année.

Je me souviens, entre autres, que Tun des éditeurs, Guinaud, prétend démontrer que rien n'est plus clair et moins mystérieux que les prédictions de son grand homme. Tout lui paraît si lucide dans Nostradamus, que ceux qui ne veulent point y voir clair font preuve de grossièreté et témoignent de Taveugle entêtement des modernes. Ainsi, il cite le quatrain suivant, et demande s*il était possible de prédire plus exactement la Saint-Barthélémy.

Le gros airain qui les heures ordonne,

Sur le trépas du tyran cassera.

Pleurs, plainte et cris, eau, glace, pain ne donne,

S. V. G. Paix, l'armée passera.

Y voyez-vous quelque chose ?

— A peu près aussi clair que dans la diplomatie impériale et royale de l'Europe, fît le député.

— Voici, ajouta Thistorien :

D*abord, le gros airain est bien évidemment la petite cloche de l'horloge du palais. U airain cassera^ signifie que la cloche ne cassa paSy mais qu'elle aurait pu casser. Dans ces mots k trépas du tyrcn^ qui ne voit tout d'abord la mort de l'amiral Coligny, tyran des catholiques, en sa qualité de huguenot? Les pUurs^ Us plaintes^ les cris ne nous paraissent pas extrêmement difticiles à prophétiser; quanta ces mots, €au, glace, pain ne doimCj il faudrait avoir bien de la mauvaise volonté pour ne pas deviner que l'eau, c'est la Seine où furent noyés beaucoup de huguenots ; que la glace n'est autre chose que la terreur glaciale qui refroidit tous les cœurs; pain ne donne représente en termes exprès la famine, suite ordinaire des grandes catastrophes. Avec un peu de patience on ne trouvera pas moins lucide la signification des trois initiales S. Y. G. 11 suflit d'une simple transposition des deux dernières, ce qui nous donne S. C. V. Il est bien évident alors que S représente Philippe U comme Successeur.... de qui, s'il vous plaît?... de Charles-Quint, attendu que C est riniliale de Charles et que le V n'est point un Y, mais le chiffre romain indiquant le nombre cinq ou quint. Pour ce qui est des trois derniers mots du quatrain, paix, l'armée passera^ ils s'expliquent d'eux mêmes : la paix étant rétablie, l'armée passera, parce qu'on n'aura plus besoin d'armée.

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