CAUSERIE PRÉLIMINAIRE, VII
inaugurées par le siècle de Louis XI V^ en vertu desquelles le temps se métamorphose et disparaît. Les semaines passaient comme des jours^ et Tannée entière^ sans doute^ aurait passé comme une semaine. Les promenades^ le yacht, Téquitation, la botanique ou la géologie prenaient une bonne partie de la journée. Le soir après dîner, on avait Thabitude de se réunir soit au salon, où presque toujours une excellente muâique se faisait entendre, soit plutôt au bord de la mer près d'un chalet encadré d'un parterre de roses, et Ton discourait à sa fantaisie sur mille sujets, parmi lesquels l'un surtout prédomina bientôt.
Quels étaient les personnages ainsi réunis par le hasard? Mentionnons d'abord un astronome de l'Observatoire de Paris, M. E. L. . ., qui avait passé ces dernières années à visiter les principaux observatoires du monde. Après être resté quelque temps en Chine, à l'Observatoire de Pékin, il avait traversé les deux Amériques et avait aidé à l'installation de l'Observatoire de Rio-de- Janeiro. Il arrivait de celui de Greenwich et revenait en France pour y séjourner désormais. Par ses longs travaux (son âge était d'environ 50 ans), il avait acquis une science générale extraordinaire sur tous les sujets qui de près ou de loin touchent à l'Astronomie. Et quelle est la branche des connaissances humaines qui n'ait aucun point de contact avec la science de l'univers, avec la science fondamentale par excellence?
Parmi les hôtes du château, je présenterai ensuite un savant historien, très-célèbre, non-seulement en France, mais encore dans l'Europe entière, et partout estimé autant pour son noble et généreux caractère que pour sa haute valeur intellectuelle. C'était M. H. M..., qui visitait alors au point de vue archéolo-