VIII CAUSERIE PRÉLIMINAIRE
gique les rives de la basse Normandie et de la Bretagne. Sa conversation était à la fois profonde et agréable, hardie et tempérée. Lorsqu'il exposait les enseignements de Thistoire, on croyait entendre un druide revenu sur cette terre pour nous faire assister de nouveau aux œuvres des anciens jours. Il y avait, il y a, précisément sur le cap de Flamanville, un dolmen élevé par les druides, et souvent c'était là que commençaient les conversations relatives à l'histoire de l'humanité, de la planète et de l'univers.
Un député, M. G. B..., faisait également partie de ce groupe momentané d'hommes éminents à différents titres. D'un caractère bien différent de celui de Thistorien et de l'astronome, il n'aimait pas traiter longuement et techniquement les questions même les plus instructives, mais préférait glisser d'un sujet à un autre. Fin et nerveux autant quespiri- ^
tuel, il se plaçait dans la conversation comme tout exprès pour arrêter par une remarque ingénieuse la monotonie d'un long discours, ou pour mettre en doute les assertions posées. Comme l'historien, d'ailleurs, il avait une prédilection marquée pour l'astronomie, et fréquentait ponctuellement, lorsqu'il était à Paris, les soirées de l'Observatoire.
Il y avait encore là un pasteur de l'Église réformée, M. D..., arrivé récemment du comté de Kerry et des lacs de Killarney, l'esprit meublé de toutes les interprétations faites sur la Bible et des mille tentatives d'accord essayées entre son texte et la parole de la science moderne. D'une tendance systématique bien différente était un capitaine de fré- j gâte de Cherbourg, M. F..., alors également à Flamanville, en même temps qu'un érudit professeur de philosophie de la même ville, M. D. L. C... Le commandant était parfaitement