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ANCIENNETÉ DE L'ASTRONOMIE

tes les sciences que Tesprit humain devait un jour étendre davantage.

On peut dire que, dès que le Ciel a eu des témoins, il a eu des admirateurs. Si Ton accordait le titre d'inventeurs à ceux des hommes qui les premiers ont été frappés de ce spectacle, ils auraient tous le même droit, et l'astronomie serait aussi ancienne que rhomme lui-même. Le véritable inventeur de la science est celui qui, en découvrant la première vérité, a posé la base de nos connaissances astronomiques.

— Cet inventeur est-il unique? demanda le capitaine de frégate. La science, également antique chez différents peuples, a-t-elle plusieurs inventeurs?

— La question serait décidée, répondit l'historien, si l'on pouvait s'en rapporter aux traditions ; chaque nation nomme ses premiers guides : Uranus et Atlas chez les Grecs primitifs; Fohi à la Chine; Tliaut ou Mercure en Egypte; Zoroastre et Bel us dans la Perse et dans la Babylonie.

— Ceci peut suffire à ceux qui ne cherchent que des noms, et qui, dans ces récits de la tradition nationale, veulent bien en croire la vanité sur sa parole, répliqua le navigateur.

— Sans avoir approfondi l'histoire des sciences, reprit lastronome, on voit que leur lumière, née dans l'Orient, comme celle du Soleil, s'avance ainsi que cet astre vers l'Occident, et, dans une révolution très-lente, semble, comme lui, devoir faire le tour du monde. 11 est sans doute des connaissances premières et simples, qui ont pu s'offrir d'elles-mêmes et qu'on doit s'attendre à retrouver partout. Mais celles qui sont le fruit de la méditation, d'une observation longue et des moyens combinés des arts appliqués à la science, ne peuvent être établies que chez des nations anciennement policées, lesquelles, ayant existé longtemps sur la Terre, ont eu le temps nécessaire au développement de l'industrie humaine.

— Uranus, Atlas, Pohi, Thaut, Zoroastre, Belus, demanda la marquise, sont-ils les premiers astronomes? sont-ils, au moins, les plus anciens dont les noms nous soient parvenus, et à notre égard les véritables instituteurs de la science?

Wi TROISIÈME SOIRÉE.

— Mais , interrompit le capitaine , est-il certain même que ces hommes aient vraiment existé ?

— Nous sommes fort indécis sur l'identité historique des noms anciennement célébrés, répondit l'astronome; les actions et les ouvrages des premiers chercheurs sont enveloppés d'obscurité, tout est mêlé de fables dans la tradition, de sorte que Ton peut soutenir que ces personnages, ainsi que le plus grand nombre de ceux dont il est question dans la mythologie grecque, ne sont que des emblèmes.

— C'est ce que soutiennent entre autres, reprit Thistorien, Pluche, Warburton, et quelques modernes dont les ouvrages sont remplis de recherches profondes et de vues ingénieuses.

— Les explications de Pluche, observa l'astronome, m'ont toujours paru si générales, que, par cette seule raison, je les juge suspectes. On est étonné de le voir marcher si librement dans les ténèbres des antiquités égyptiennes. Un ancien prêtre â'Héliopolis, revenu exprès sur la Terre, ne nous guiderait pas plus facilement dans ce labyrinthe. On croit voir un homme qui, du haut d'une montagne, dessine pendant la nuit le paysage dont il est environné, et qui y place au hasard des plaines, des champs cultivés, des ruisseaux, des arbres et des maisons, parce qu'il sait que ces différents

. objets se rencontrent dans un paysage.

On doit respecter la tradition, sans l'adopter tout entière; elle grossit en roulant à travers les siècles, elle se charge et s'enveloppe de fables ; mais toute enveloppe a un noyau qui lui sert d'attache, et ce noyau, c'est la vérité historique.

— Alors, vous admettez, reprit le capitaine, qu'Uranus, Atlas, Saturne et ses enfants sont des personnages réels ; leur existence vous paraît vraisemblable, parce qu'elle est attestée par un certain nombre d'écrivains?

— . Que tous ces noms soient historiques (comme on Ta supposé jusqu'à notre époque), c'est ce que je n'admets pas, reprit l'astronome; mais, symboliques ou historiques, ils représentent pour nous les origines de l'astronomie. Plusieurs, comme Uranus, sont certainement symboli(|Ucs.

— C'est dans les temp's obscurs, qui ont précédé les temps hislori-

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