‹ Histoire du cielChapitre 32 sur 151 · ETYMOLOGIES. — DIEU. - CIEL. — TERRE · texte numérisé non relu

ETYMOLOGIES. — DIEU. - CIEL. — TERRE

— Vous me permettrez, mon cher astronome, dit le pasteur, de me souvenir que le premier nom de Dieu est Jehovah^ que le mot Jehov signifie le père de la vie, que les Grecs l'ont traduit par Zeus ou DioSy qui a le même sens, dérivant de Zao), vivre, et que les Romains en ont fait Deus, J'avoue que je préfère garder cette simple étymologie plutôt que de remonter à vos Aryas.

-— Pour moi, répliqua le professeur de philosophie, j*ai une troisième étymologie, bien préférable aux deux précédentes, attendu qu'en hébreu, c'est-à-dire dans l'un des dialectes de la langue commune à la- basse Asie , Yahouh est le participe du verbe Mh, exister^ étre^ et signifie Y existant ^ c'est-à-dire le principe de t)îe, le moteur ou méma le mouvement (l'âme universelle des êtres). Or, qu'est-ce que Jupiter? Écoutons les Latins et les Grecs expliquant leur théologie : « Les Égyptiens, dit Diodore, d'après Manéthon,'prélre de Memphis, les Égyptiens, donnant des noms aux cinq éléments, ont appelé l'esprit ou éther, YoupUer^ à raison du sens propre de ce mot : car l'esprit est la source de la vie, l'auteur du principe vital dans les animaux; et c'est par cette raison qu'ils le regardèrent comme le père, le générateur des êtres. » Voilà pourquoi Homère dit père et roi des hommes et des dieux. La secte des orphiques chantait déjà que Youpiter, peint la foudre à la main, est le commencement, l'origine, la iin et le milieu de toutes choses : puissance une et universelle, gouvernant tout, le Ciel, la Terre, le Feu, l'Eau, les éléments, le Jour, la Nuit. Porphyre rapï)orte que comme les philosophes dissertaient sur la nature et les parties constituantes de ce Dieu, et qu'ils n'imaginaient aucune figure qui représentât tous 'ses attributs, ils le peignirent sous l'apparence d'un homme.... assis pour faire allusion à son essence immuable ; il est découvert dans la partie supérieure du corps, parce que c'est dans les parties supérieures de l'univers (les astres) qu'il s'offre le plus à découvert et vêtu depuis la ceinture, parce qti'il est plus voilé dans les choses terrestres; enfin tenant un sceptre de la main gauche, parce que le cœur règle toutes les actions.

— Et moi, répliqua à son tour le capitaine de frégate, qui était resté versé dans la littérature latine, je préfère encore mon étymologie.

— Numéro quatre ! interrompit Thistorien.

— Oui. Aulugelle m'a prouvé incontestablement que les premiers Lcftins appelèrent Jupiter le souverain des dieux et des hommes, du mot juvare, aider; et, en y joignant le mot pater, père^ ils en formèrent celui de Jupiter^ père qui aide. Par la même méthode, on composa les noms de Neptunus pater, père Neptune ; Satumus pater, père Saturne; Janus pater, père Janus; et Mars pater ou Marspiter, père Mars. De même Jupiter fut appelé Dies pater et Dijovis, Dieu du jour, et encore Lucetius, source de la lumière, parce que c'est ce Dieu qui répand la lumière du même bras dont il soutient nos jours....

— Oh ! oh ! s'écria la marquise, quelle érudition 1 Mais où est le vrai dans tout cela? *

— Au fait, répliqua le député, j'ai aussi une étymologie à proposer. Voyons! faisons un peu de littérature....

— Ah! si nous continuons, interrompit l'astronome, je crois que nous laisserons la proie pour courir après l'ombre, et que notre Histoire du Ciel restera en arrière. Convenons de suite, si vous voulez, avec Voltaire, que les étymologies sont vraiment un thème inépuisable. Quand on songe, par exemple, que cheval \ient i'equus,

— En changeant e en che et quus en val, fit le capitaine de frégate- Voilà un mot convenablement métamorphosé!

— En effet, ajouta le député, il faut convenir

Que, pour arriver jusqu'ici, Il a bien changé sur la route.

— Non-seulement Ji^pî7cr est dans notre tracé, reprit l'astronome, mais encore Uranus, ancien nom classique du Ciel. Et, en effet, madame la marquise, vous suivez sans peine la similitude des mots:

Varuna,

Ouranos,

LYanus.

— Cette succession de mots, répliqua le pasteur, paraît assez naturelle.

— Dans cette conception primitive des Aryas, continua l'astronome, le Soleil est le mari de la Terre qu'il féconde et embellit. Son nom est Savitr' et Surya, dont le radical signifie à la fois verser et fécon-

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