CONSTELLATIONS. — LE MOUVEMENT DIURNE
voyons en définitive qu'en ce moment de Tannée « de la Grande- Ourse est directement au-dessous de Tétoile polaire à minuit SO minutes.
Midi ao "4»»-
I Matin
Bfinuitao""!"
p passe 2 minutes avant, y 52 minutes après, ô 64, s l^ 53"", et y\ 2*» 47" après.
— ^^ A 3 heures du matin, ajouta le navigateur, la ligne p-a fera le même angle à droite que maintenant à gauche; à 6 heures, ce sera l'opposé de 6 heures du soir. Vous voyez donc bien que voilà un cadran sidéral d'inventé !
— De plus, reprit l'astronome, la figure que nous pouvons tracer des différentes positions de la Grande-Ourse autour du pôle est applicable au mouvement apparent de la sphère pendant toute l'année. Ainsi, aijgourd'hui 4 septembre 1867, cette constellation s'est trouvée A midi 20 exactement au-dessus de la position qu'elle va occuper à minuit 20. Or cette position de midi est précisément celle qu'elle aura à minuit dans six mois, au commencement de mars.
Autrement dit, le Ciel est le même :
Septembre
Décembre
Mars
Juin
midi
6 heures matin
minuit
6 heures soir
Ou:
Septembre
Décembre
Mars
Juin
minuit
6 heures soir
midi
6 heures matin
Ou encore :
Septembre
Décembre
Mars
Juin
9 heures soir
3 heures soir
9 heures matin
3 heures matin
Ou encore :
Septembre
Décembre
Mars
Juin
6 heures matin
3 heures soir
6 heures soir
midi.
Ou enfin :
Septembre
Décembre
Mars
Juin
6 heures soir
midi
6 heures matin
minuit.
•*- Avec cela, s'écria le député, le ciel de chaque mois et de Tannée entière peut être facilement trouvé. Mais si nous revenions à la Ch^ande-Owrse? D'où vient ce nom?
— Si le Chariot est son nom populaire, répondit l'astronome, ce^ lui-ci est son nom scientifique.
En effet, les Grecs l'ont désignée sous le nom de 'ApxTo< ijlcyoXt) {Arctos, d'où est venu le nom d'arctique), les Latins sous celui d'ur^a ^najor; les Anglais l'appellent tfie Gréai Bear, etc. Les Iroquoisia connaissaientau moment de la découverte de l'Amérique, et rappelaient Okùaari\ l'Ours. Or l'explication que nous venons de donner du nom de Chariot n'est plus applicable à cette dénomination-ci. Cet assemblage d'étoiles, en lui ajoutant même les autres petites étoiles circonvoisines, que Ton fait entrer dans la figure, comme <r, p, ic, o, dans la tète, c et x au pied droit de devant, X et {& au pied droit de derrière, v et ( au pied gauche de derrière, on ne parvient pas encore, avec la meilleure volonté du monde, à rien dessiner qui ressemble à un ours ou à un animal quelconque — d'autant plus que la partie principale de l'ours en question serait une longue queue, formée par les trois beaux diamants Alioth, Mizar et Acka'ir, et que
les ours n'en ont pas;.., ou n'en offrent qu'un appendice rudimentaire.
Devant cette absence de toute similitude entre la figure astronomique et le nom terrestre que les hommes lui ont donné, où cbercherons-nous Texplication nouvelle de cette constellation ?
Dans Aristote, si vous le voulez bien, ou, pour remonter plus haut encore, dans cette observation faite par les anciens, que, de tous les animaux connus,, l'aura est le seul qui ose affronter les régions du froid polaire, le seul qui vive au sein des solitudes glacées de ces zones inconnues.
Autant que nous pouvons la conjecturer de nos jours, voilà, à mon avis, Texplication du nom donné à l'astérisme du nord. L'ours n'était-il pas en effet considéré comme le seul être qui vivait sous ces latitudes lointaines?
Une explication analogue à la précédente doit être admise pour le Sanglier des Gaulois, dont nous avons parlé avant-hier, plutôt que de fantastiques rapports de ressemblance entre notre groupe à^é* toiles et l'animal privilégié des peuplades de la Gaule»
— C'est très bien, interrompit le commandant, mais je me sou* viens avoir vu dans Ideler : « Untersuchungen ûber den Ursprung und die Bedeutung der Steirnamen.... »
— Si vous parliez français? s'écria la marquise, nous aimerions autant cela!
— Que, continua le commandant, le nom diOwrta vient de ce que ces deux animaux tournent autour du pôle.
— On peut remarquera ce propos, dit Fhistorien, que la constellation dont nous nous occupons a encore reçu un troisième nom, celui d'Hélice, 'EXixv) chez les Grecs, Hélix chez les Latins, dont nous trouvons facilement l'explication en songeant à son mouvement circulaire autour du pôle.
Ne l'a-t-on pas encore ^nommée CallistOi la nymphe ? dit le professeur de philosophie. Ce nom me paraît pour ma part facile à expliquer comme, les précédents l'ont été par vous. Elle était la plus apparente, la plus belle des constellations de cet hémisphère : xaUCcTTT) ou callista! Cette épithète devint un nom propre.
— Il y a encore une autre dénomination singulière et moins connue, dont le sombre caractère est difficile à justifier, ajouta le pasteur, c'est celle des Arabes, qui ont réfléchi dans la marche lente de cette froide constellation un aspect de leur contemplation rêveuse. La Grande Ourse et la Petite sont pour eux le Grand^Cercueil et le Petit- Cercueil j représentés chacun par quatre étoiles. Les trois autres étoiles sont les pleureuses qui suivent le convoL Les Arabes chrétiens en ont fait le Cercueil de Lazare. Les trois pleureuses du Grand Cercueil sont Marie, Marthe, dit-on, et leur servante, qui a dû s'étonner d'un tel honneur. — Pour certains Arabes, l'étoile polaire d'aujourd'hui s'appelle « le Chevreau • et les deux plus belles de la Grande-Ourse « les Veaux. •
— Chacun de vous ayant représenté un système d'interprétation, fît le député, nous avons donc maintenant tout ce que l'on a dit sur sa signification.
— Pas tout ! répondit u marquise en ouvrant un volume des Con* templations, vous avez oublié Victor Hugo.
•— Est-ce qu'il s'est occupé aussi de la Grande-Ourse? fit le commandant.
— Certes oui, répondit la marquise, car voici ce que je lisais ce matin Le poëte parle de la création, et met en scène Dieu lui-même :
Quand II eut terminé, quand les soleils épars,
Éblouis, du chaos montant de toutes parts,
Se furent tous rangés à leur place profonde,
U sentit le besoin de se nommer au monde;
Et Pètre formidable et serein se leva;
Il se dressa sur l'ombre et cria : c Jéhovah ! •
Et dans Vimmensité ces sept lettres tombèrent;
Et ce sont, dans les yeux que nos yeux réverbèrent,
Au-dessus de nos fronts, tremblant sous leur rayon,
Les Sept astres géants du noir septentrion,
— Cette origine est digne du poète, s'écria le député.
— J'espère» reprit l'astronome, que cette célèbre constellation nous a fourni une longue.histoire. Nous allons maintenant la laisser sur son céleste trône, et nous occuper un peu de ses sœurs.
— Et d'abord de la PetUe-Ourse? fit la marquise.
— Naturellement, madame. Cette constellation doit évidemment son nom à la similitude de sa forme avec la précédente. On sait, en effet, qu'elle se compose également de sept étoiles, disposées dans le même ordre que les précédentes, mais en sens inverse. Si l'on prolonge du côté de a la ligne ^a des deux dernières étoiles du Grand-Chariot, on trouve, à une distance de cinq fois cette ligne environ, l'étoile la plus brillante du Petit-Chariot, a, ou la Polaire. Elle forme le premier cheval du petit Chariot, ou, si l'on veut encore, l'extrémité de la queue de la Petite-Ourse. Tous les noms que nous venons de rappeler à propos de la Grande^Ourse ont été également attribués à celle-ci, postérieure de plusieurs siècles à son aînée, et qui n'a été dénommée qu'à Tépoque où les besoms de la navigation conduisirent Tâme inquiète de l'homme à s'orienter sur un point fixe au milieu du mouvement général des cieux.
Les Grecs enrichirent peu à peu leur sphère primitive de constellations nouvelles, bien avant de songer à les coordonner d'une manière quelconque avec l'écliptique. Un long passage de Strabon, souvent mal interprété, établit complètement la thèse capitale dont il s'agit ici , à savoir : l'introduction successive des constellations
dans la sphère grecque. « C'est à tort, dit Straboiii qne Ton aoense Homère d'ignorance» parce qu'il n'a parlé que d'une des deux Ourses célestes. Probablement la seconde constellation n'avait point encore été formée à son époque. Ce sont les Phéniciens qui la formèrent les premiers et s'en servirent pour naviguer ; elle vint plus tard chez les Grecs. > Tous les scoliastes d'Homère, Hygin et Diogène de Laôrte, attribuent à Thaïes l'introduction de cette constellation. Le Pseudo-Ératosthène nomme la Petite-Ourse •ocvCxri, pour indiquer qu'elle servait de guide aux Phéniciens. Un siècle plus tard, vers la dix-septième Olympiade, Gléostrate de Ténédos enrichit la sphère du Sagittaire, ToEoTr,<, et du Bélier, xpuK.
C'est de cette époque que Letronne fait dater l'introduction du Zodiaque dans l'ancienne sphère des Grecs.
Pour celui qui veut se retremper et revivre dans la littérature historique des anciens, la lecture attentive des écrivains des siècles passés est une source féconde d'enseignements curieux et imprévus. A propos de la Petite*Ourse, je trouve par exemple dans Strabon le passage suivant: < La position des peuples placés sous le parai-» lèle de la Ginnamômophore, c'est-i-dire à 3000 stades au sud de Méroè et à 8800 stades au nord de Féquateur, représente à très-peu de chose près le milieu de l'intervalle compris entre l'équateur et le tropique d'éte, lequel passe par Syène, puisque cette ville est à 5000 stades de Méroé. Ces mêmes peuples, continue Strabon, sont les premiers pour qui la Petite-Ourse se trouve comprise tout entière dans le cercle arctique et demeure toujours visible, rétoih la plua méridionale de la constellation^ l'étoile brillante qui termine la giteue, étant placée sur la circonférence même du cercle arctique, de manière à raser F horizon. A Syène et à Bérénice, ajoute-t-il, on se trouve avoir, lors du solstice d'éte, le soleil au zénith ; en outre, le plus long jour y est de treize heures équinoxiales et demie, et la Grande-Ourse elle-même s'y montre comprise à peu près tout entière dans le cercle arctique, car il ne reste en deliors que les cuisses, l'extrémite de la queue et l'une des étoiles du carré. Pour les habitante des pays situés à 4000 stodes environ au sud du parallèle d'Alexandrie et de Gyrène, le plus long jour est de quatorze heures équinoxiales ; en même temps ils ont Arcturus au zénith, l'étoile seulement dé-
ORIGINE DES CONSTELLATIONS. lo3
cline un peu au sud. A Apollonie, en Épire et en Italie, dans les lieux qui se trouvent à la fois plus méridionaux que Rome, et plus septentrionaux que Néapolis, le plus long jour est de quinze heures équinoxiales. A Byzance, le plus long jour est de quinze heures équî-^ noxiales un quart. Avançons-nous de 1 400 stades dans la direction du nord, la durée du plus long jour est là de quinze heures équi* noxiales et demie, et nous nous trouvons juste à égale distance du pôle et de l'équateur, avec le cercle arctique au zénith. •
Ce qui m'a lé plus frappé dans ce passage, c'est d'y lire qu'à une époque antérieure à Strabon, l'étoile « de la Petite -Ourse, qui semble maintenant immobile au pôle môme parce qu'elle en est très-voisine en effet, n'était pas au.nord comme aT:uourd'hui, mais au contraire plus méridionale que les autres étoiles de la calotte polaire, et tournait sur la circonférence du cercle arctique, de manière à raser l'horizon pour les latitudes dont il parle, et à se coucher pour les latitudes plus voisines de l'équateur.
— Ne serait-ce pas là l'étymologie du nom de polaire et de pôle, qui alors représentait un mouvement rotatoire: icoXeo>, je to^imef demanda l'historien. On aurait donné le nom de polaire à l'étoile « de laPe« tite-Ourse, non parce qu'elle était immobile comme aujourd'hui, mais au contraire parce qu'elle tournait. Gomme le sens des mots change avec le temps!
— Ce nom ne viendrait-il pas plutôt, dit le député, de ce que tout le Ciel paraît tourner autour du pôle ?
— On le suppose ainsi, répondit l'astronome. Quoi qu'il en soit, l'important pour la physiologie du Ciel est de savoir que la polaire était alors loin du pôle.
Le géographe grec parle ici de l'époque où l'étoile la plus brillante qui marquât le centre des mouvements célestes» le pivot et l'axe du monde, était l'étoile « du Dragon. Il y a plus de trois mille ans de cela. Alors, la Petite- Ourse était plus rapprochée du pôle que la polaire actuelle, et celle-ci était < l'étoile la plus méri« dionale ?» de cette constellation , comme nous le verrons en parlant de la précession des équinoxes.
S'il nous restait des parchemins de quatorze mille ans de date, retraçant les mouvements célestes de cette époque, nous y lirions que
rétoile Véga, ou « de la Lyre, occupait alors le pôle du monde, au
lieu de tourner conune elle le fait aujourd'hui à 5 1 degrés de distance polaire. — C'est ce que nous reverrons du reste, sans nous déranger, dans moins de douze mille ans.
— Dans douze mille ans ! s'écria la fille du capitaine de frégate. Dieu 1 où serons*nous ?
— Peut-être précisément sur cette étoile de la Lyre.
— Vous avez terminé, dit le capitaine en s'adressant à l'astronome, Thistoire étymologique de la Grande et de la Petite-Ourse. J'y ajouterai une variante arabe qui ne manque pas d'intérêt.
Dès le temps de la guerre de Troie, les Grecs naviguaient, en observant les étoiles voisines du pôle. Ulysse s*en servit pour gouverner son fameux navire.
Pluche a pensé que cet usage pour la navigation était l'origine du nom d'Ourse donné à cette constellation ; et son étymologie, qui peut n'être pas vraie, est assez ingénieuse pour trouver place ici. Il remarque que les Phéniciens nommaient dans leur langue cette constellation qui leur indiquait leur route, dobebt ou dovbe^ constellation partante. Or ce mot doubé signifiait aussi une ourse dans la même langue, et les Grecs dans la leur lui en ont donné le nom. Il est certain qu'en arabe elle s'appelle encore dubbehj l'ourse. Elle s'appelait aussi calfista^ qui en phénicien signifiait salut. Tous ces noms, selon lui, étaient relatifs aux services que rendaient aux gens de mer ces étoiles boréales.
— Vous avez dit tout à Theure que poléo veut dire tourner, fit la jeune fille, — alors que veut donc dire na-poléon?
— Cela veut dire, répondit le député que < Napoléon -étant-le-liondespeuples, allait détruisant-les-cités.... > Napoléân'ân-oMn-leôn^ eânapokôn-poleân.... Il suffit de supprimer succesivement i gauche les lettres dont est composé ce nom pour trouver cette belle phrase....
— A la question 1 à la question I monsieur l'interrupteur, s'écria la marquise.
— Existe-t-il au monde une recherche plus interminable que celle des étymologies ? répliqua Tastronome. J'assure pourtant que j'aime as.sez l'origine de la nymphe Callisto. La mythologie a pu facilement s*en emparer et enseigner que Jupiter s'étant métamorphosé en
ORJGINE DES CONSTELLATIONS. 105
Diane pour séduire la nymphe favorite de cette déesse, Gallisto, en eut un ûls, Ârcas ou le Bouvier. Or, le Bouvier doit de son côté son nom à sa position près des septem triones ou des sept bœufs. On Ta aussi appelé « le Gardien de l'Ourse. » La mythologie rapporte que si Callisto ne se baigne jamais dans l'Océan , c'est en punition de sa faute et comme conséquence de la colère de Junon, épouse du dieu infidèle. Cette seconde partie de la fable est simplement due à la résidence de TOurse dans le cercle de perpétuelle apparition.
Nous venons de parler du Bouvier. Le nom de son étoile caractéristique et son nom à lui-même Arcturus (Apxioç, ourse, Oupoç, gardien) s'explique sans difficulté par sa position près des Ourses. Cette origine me parait incontestable.
— A moins pourtant que ce ne soit ApxToç oupa : à la queue de l'Ourse, ajouta le professeur.
— Ce qui ne serait pas impossible, fit le capitaine.
— En effet, répliqua l'historien, elle s'explique d'elle-même, en sachant qu'il se compose principalement d'une très-belle étoile de première grandeur, Acturus, et de six étoiles de troisième grandeur disséminées aux environs, et surtout en observant que la brillante Arcturus étincelle sur le prolongement curviligne des trois étoiles de la queue de la Grande - Ourse. Trois étoiles du Bouvier forment un triangle équilatéral.
— C'est au delà de ce triangle, reprit l'astronome, c'est-à-dire dans la direction d'une ligne qui passerait par $, e et C de la Grande-Ourse, que trône la petite constellation de la Couronne boréale. Cette figure doit son nom à sa forme. Parmi les étoiles qui la dessinent, l'une est de seconde grandeur, c'est la * Perle de la Couronne. — C'est en ce point du Ciel qu'une étoile temporaire est récemment apparue (le 12 mai 18d6) et a disparu en quelques semaines.
Le Bouvier est encore Atlas, qui porte le monde, parce que, autrefois, sa tète était voisine du pôle.
— Silius Italiens, observa le professeur, l'a chanté dans ces paroles : « Atlas qui ferait crouler le Ciel, s'il retirait sa tète, soutient les astres de son chef nébuleux, et porte le système du monde sur ses épaules infatigables. Sa barbe est hérissée de glaçons; sur son front s'étend une vaste forêt de pins, où règne une nuit eflroyable ;
les vents déchaînés ravagent sans cesse ses tempes qu'ils creusent par leur fureur ; et de sa bouche orageuse se précipitent à gros bouillons plusieurs fleuves impétueux. »
-- Quel homme!... s'écria la marquise.
— Je remarque aussi, ajouta l'astronome, qu'il est voisin d'Hercule, dont je parlerai tout à l'heure^ et cela me fait souvenir de la naïveté de la légende. Atlas soutenait le Ciel. Prométhée engage Hercule à ne pas aller chercher lui-même les pommes chez les Hespérides, mais à y envoyer Atlas et à soutenir le Ciel à sa place. Atlas alla chercher les pommes; mais étant apparemment fatigué du poids du Ciel, il ne se soucia pas de reprendre sa place, et dit a Hercule qu'il allait lui-même porter les pommes à Eurysthée. Hercule feignit d'accepter et lui demanda seulement de reprendre le Ciel pendant qu'il s'arrangerait un bourrelet pour sa tête. Atlas y consentit, posa les pommes à terre et reprit le Ciel. Hais l'astucieux Hercule s'empressa de prendre les pommes et de se sauver avec...
-* Ah I fit la marquise en éclatant de rire, voilà une bonne histoire.
— Sous laquelle, dit l'historien, on trouverait peut-être un mythe profond de l'astronomie ancienne.
— Vous voyez le Bouvier, reprit l'astronome, costumé en vieux paysan. Il est gardien des bœufs du Septentrion aussi bien que des Ourses.
Des commentateurs ont soutenu que c'était l'Orus des Égyptiens, et que la principale étoile était nommée Arcturos ou tOrus voisin de V Ourse pour le distinguer de la constellation méridionale d'Orion. Les anciens Grecs nommaient la constellation de la Petite-Ourse Kunos-Oura ; selon Freret, il est clair que ce nom signifie le chien d'Orus.
Parmi les constellations circompolaires, nous remarquerons maintenant Cossiopée^ ou la Chaise ou le Trône^ située de l'autre côté de la Petite-Ourse (relativement à la Grande Ourse), et que l'on trouve facilement en prolongeant au delà de la Polaire une ligne qui joindrait cette étoile à S de la Grande Ourse, c'est-à-dire à la première roue du Chariot. La Chaise se compose principalement de cinq étoiles de troisième grandeur disposées comme une M aux jambes écar-
ORIGIiNE DES CONSTELLATIONS. 107
tées. Une petite étoile de quatrième grandeur termine le petit carré commencé par les trois étoiles p, a et y. Cette figure ainsi composée ressemble assez bien aune chaise ou à un trône, dont S et t forme* raient le dossier; et sa dénomination populaire est ainsi justifiée. 11 est bon d'ajouter, toutefois, que cet astérisme, en tournant autour du pôle, renverse ladite chaise dans tous les sens et rend parfois difficile de se la représenter exactement.
Les Latins donnaient à cette constellation le nom de Solium^ chaise, tr^ne, mot souvent employé pour désigner aussi leurs < sièges de bains. » Ils l'appelaient aussi Siliquasirum^ qui a deux significations : l'un désigne un instrument inconnu servant pour le bain ; l'autre désigne du piment, ou poivre de Guinée. Coïncidence bizarre, en fouillant mes racines grecques, j'ai trouvé que le radical possible de Cassiopée, le mot Kaaaîa, désigne aussi une écorce odoriférante de Tespèce de la cannelle.
«- U y avait une chaise là-haut, dit le député, on n'a pu honnêtement la laisser inoccupée.
— C'était un immortel fauteuil à prendre, sans doute, répondit l'astronome; on y a d'abord assis quelqu'un, puis, en copiant les dessins on finit par s'apercevoir qu'on n'y était pas très-commodément et l'on a (voyez la carte) refait le personnage.
Ici les cinq étoiles que nous avons signalées ne forment plus un siège ; Tune se trouve dans le cou, une autre sur le côté droit, une troisième vers la ceinture, une quatrième au genou droit et la cinquième sur le mollet de la même jambe. Les cartes dessinent bien un fauteuil , mais à l'aide d'étoiles insignifiantes ou même en s'en passant tout à fait.
C'est ici, sans doute, le lieu d'observer avec Arago, que nul dessin précis des anciennes constellations ne nous est parvenu. Nous ne connaissons leur forme que par des descriptions écrites, souvent d'une manière fort abrégée. Une description en paroles ne saurait remplacer un dessin, surtout quand il s'agit de figures complexes ; par conséquent, il règne quelque incertitude sur la forme, la position, la place véritable des figures d'hommes, d'animaux et d'objets inanimés qui composaient les astérismes des anciens astronomes grecs ; aussi, quand on a voulu les reproduire sur les sphères ou
les cartes modernes, a-t-on renconlré des difficultés inattendues. Ajoutons que des altérations avouées ont été introduites par certains astronomes, entre autres par Ptolémée, dans les constellations admises avant lui, et notamment dans celles données par Hipparque. Ptolémée dit qu'il a été déterminé à faire ces changements par le besoin de donner une plus exacte proportion aux figures et de les mieux adapter aux situations réelles des étoiles. Ainsi, dans la constellation de la Vierge, dessinée par Hipparque, certaines étoiles correspondaient aux épaules; Ptolémée les place dans les côtes, afin de dessiner une plus belle figure.
Les dessinateurs ou peintres qui ont voulu reproduire les anciens astérismes se sont livrés à leur imagination sans trop avoir égard aux descriptions des astronomes.
* Cassiopètj Céphée, Andromède^ Persée tenant en main la tête de Méduse^ paraissent avoir été établies à une même époque, et sans doute postérieurement à la tirande-Ourse et aux constellations remarquées dès l'origine. C'est une même famille installée dans la même région céleste et associée par le même drame, par la même légende : l'ardent Persée délivrant Tinfortunée Andromède, fille de Céphée et de Cassiopée. Mais cette fable est-elle le symbole des mouvements célestes et vient-elle simplement de ce que Persée se levant avant Andromède semble la délivrer de la nuit et de la Baleine?
La tête de Méduse, cette tête de femme jadis si belle, que Persée coupa et qu'il tient à la main, n'est, dit Yolney, que celle de la Vierge, dont la tête tombe sous l'horizon précisément lorsque Persée se lève; et les serpents qui l'entourent sont Ophiucus et le dragon polaire, qui alors occupent le zénith. Les anciens astrologues auraient composé ainsi une partie de leurs fables ; ils auraient remarqué les constellations qui se trouvaient en même temps sur la bande de rhorizon, et en assemblant les parties, ils en auraient formé des groupes leur servant d'almanachs en caractères hiéroglyphiques. Tel serait le secret de quelques-uns de leurs tableaux, et la solution des monstres mythologiques.
L'opinion peut soutenir cette hypothèse. Mais les figures assemblées plus haut ne seraient- elles pas au contraire une légende terrestre plus ou moins historique n^ofirant qu'une vague correspon-
dance avec ces mouvements? Est-ce une fable dérivée du sens des noms primitivement donnés à ces étoiles? Quoi qu'il en soit, il est curieux qu'à la fin du siècle dernier un membre de la société de Calcutta, Wilford (Asiatic Researches^ III). ait été conduit à établir que les fables des Grecs et des Indiens ont la même source, en questionnant son pandit, astronome, sur les noms indiens des constellations, t Lui demandant, dit-il, de me montrer dans le Ciel la constellation d'Antarmadaj il m'indiqua à l'instant Andromèdey constellation dont je lui avais auparavant déclaré n'avoir aucune connaissance. Puis il m'apporta un livre en sanscrit très-rare, et extrêmement curieux, qui contenait un chapitre particulier sur les Upanacchatras^ ou constellations extrazodiacales, avec les dessins de Capuja (Céphée); de Casyapi (Cassiopée), assise, tenant une fleur de lotus dans la main ; ii'Aniarmada, enchaînée avec le Poisson auprès d'elle; enfin, de Para^'ca (Persée), qui, suivant l'explication du livre, tenait la tête d'un monstre qu'il avait tué dans un combat ; le sang en dégouttait, et elle avait des serpents au lieu de cheveux. >
— Toute espèce de dessins de constellations n'offrant qu'un rapport très-éloigné avec les étoiles composantes, fit remarquer à ce propos le navigateur, deux personnes non prévenues n'auraient jamais pu se rencontrer dans la configuration d'un seul emblème ; par conséquent, nous pouvons établir en principe que l'identité dans les noms et dans les dessins des constellations chez deux peuples suppose nécessairement que l'un a copié l'autre, ou que tous deux ont copié le même modèle. C'est ainsi que la connaissance de quelques constellations indiennes chez les Américains, avant l'arrivée des Européens, est regardée comme une des plus fortes preuves de l'an* tique communication entre les habitants des deux continents. Nous pouvons donc présumer que les planisphères indiens et grecs descendent de la même source. Les Phéniciens , dans leurs relations commerciales, n'auraient-ils pas reçu le planisphère primitif, et n'auraient-ils pa le transmettre aux Grecs dont ils ont été les instituteurs en astronomie?
— Il y a une singulière ressemblance, dit le professeur de philosophie, entre les noms sanscrits Capeya, Casyapy (Céphée et Cassiopée) et Chasiapati^ qui signifie roi des Chasas ou habitants du Caucase.
Toute cette mythologie n'est peut-être qu'une interprétation de mots, quelque chose comme le Pirée pris pour un homme. Voyez en effet les rapprochements. Dans la sphère asiatique, on voit Phorcus {Phorcus^ port de mer) et trois filles effroyables appelées Gorgones {Gorgos, rapide, terrible) : une porte le nom d*Euryale {Euryalosy large, étendue); la seconde, celui de Sténo {SthenoSj force), et la troisième celui de Méduse {Medé, je dirige, j'arrête). De ces trois Gorgones, les deux premières étaient immortelles, ce qui convient aux torrents rapides exprimés par les deux Poissons; mais Méduse était mortelle, ce qui est applicable aux glaçons. Le sang qui coulait de la tète coupée de Méduse n'était que de l'eau naturellement produite par une source appelée Pégase {Pégè^ source, fontaine), etc.
— Au milieu de ces mystères étymologiques, répliqua l'astronome, comment retrouver Torigine vraie et primitive des noms? Nous avons pu remonter à cette origine pour les deux Ourses, Arcturus ou le Bouvier, et lès circompolaires. Nous n'avons pas encore parlé de la Lyre, qui étincelle au bord de la Voie lactée et forme un grand trian* gle isocèle avec Arcturus et la Polaire. Si nous avions des vestiges d'une carte céleste, datant de quatorze mille ans, comme nous en trouvions l'autre soir d'un système cosmographique aryen, peut-être comprendrions nous mieux les désignations qui nous occupent. Il me vient à ce propos une idée singulière. A cette époque, la Lyre était près du pôle, et se mouvait avec la lenteur d'une tortue. N'aurait-on pas donné précisément ce nom significatif de tortue à l'étoile brillante la plus lente du firmament? Si j'émets cette bizarre question, c'est que je remarque que le même mot désigne en grec (Ghelys) comme en latin (testudo), une tortue et une lyre^ et que déjà cette équivoque a donné naissance autrefois à la fable qui nous annonce que Mercure construisit une lyre du dos d'une tortue dont l'image fut depuis placée dans le Ciel.
Lucien de Samosate nous dit de son côté que les Grecs ont donné ce nom à cette constellation pour faire honneur à la lyre d'Orphée.. .
Tandis que l'astronome parlait ainsi, dix heures sonnèrent à la tour du château. L'histoire des constellations était loin d'être épuisée. Il fut convenu qu'on la continuerait le lendemain;
CoDtinuatioa du sujet de la soirée précédente. Recherches sur l'explication des figures tracées dans le Ciel et des noms donnes aux constellations. — Mythologie; drames et comédies représentés sur la sphère céleste. Analogies et correspondances. Modifications des noms primitifs. Les cartes célestes du moyen &ge. — Constellations australes. — Époque de la formation de la sphère grecque- Elle
descend d'un peuple plus ancien et plus oriental.
L'entretien de la veille sur l'origine des flgures et des dénominations célestes se continua le lendemain. L'astronome poursuivit ses explications sur les habitants constellés des régions circompolaires.
Parlons d'abord, dit-il, du fameux Dragon qui règne au pôle. Formé par la ligne sinueuse des étoiles qui s'étendent de la Grande- Ourse au delà de la Petite Ourse et jusqu'à la Lyre, il doit son nom, non-seulement à cette ligne serpentiforme qui le dessine, mais encore à la position du pôle de l'écliplique, qu'il enserre de ses anneaux. Le pôle de Técliptique, quoique invisible dans le Ciel et sans caractère distinctif, a cepi ndant été connu et marqué sur les cartes dès la plus haute antiquité, et avant même le pôle du monde, car il est le centre du grand cercle du zodiaque. Or, le zodiaque est, comme nous le verrons dans notre prochaine soirée, dessiné sur les sphères les plus anciennes ; le pôle de l'écliptique est le point auquel aboutissent les fuseaux, et le centre autour duquel on décrit l'arc du
zodiaque. Le Dragon a été généralement employé pour marquer les lieux fixes et les foyers des monuments célestes.
Dans la fable, le Dragon était le gardien du jardin des Hespérides ; c'est sous ce titre que je le vois figurer dans le quatrième chant de YÉnéidej v. 485.
— Il me semble me souvenir, interrompit le député, d'avoir vu ce jardin des Hespérides avec ses pommes d'or et le Dragon de l'entrée figurer dans les travaux d'Hercule. Au collège, en septième ( vous voyez que cela date de loin 1 } nous faisions les exercices de l'Enchiridion, tout en commençant la grammaire grecque. J'étais bien âgé d'une dizaine d'années, et pourtant je vois encore la classe, le grand professeiir aux manches de percaline noire et mon livre à couverture bleue. Ces souvenirs renaissent en voyant cette carte céleste. Le Lion de la forêt de Némée, l'Hydre de Lerne et le Cancer, je les vois tous trois réunis au bas de la carte, à gauche; et comme vous me parlez du Dragon et des Hespérides, je remarque dans le haut de cette même carte Hercule lui-même, le pied vers la tète du Dragon^ tenant dans sa main gauche le Rameau et Cerbère^ et devant lui bien des oiseaux : l'Aigle, le Cygne, le Vautour-Lyre, volant au-dessus du lac étoile de la Voie lactée si large en cette région : ne seraientce pas là les oiseaux du lac Stymphale ? Ces astérismes semblent groupés là comme ceux du drame d'Andromède nous Font paru hier.
— Les travaux d'Hercule, répondit l'astronome, sont certainement un symbolisme astronomique, car, malgré le temps, nous retrouvons encore aujourd'hui de clairs vestiges de cette correspondance. On les a rattachés au passage du Soleil à travers les douze signes du zodiaque, comme nous le verrons dans notre prochaine soirée, mais ce rapport n'est pas homogène et ne doit renfermer qu'une partie de la vérité.
Les anciens eux-mêmes se sont fort questionnés sur la position d'Hercule dans la sphère céleste. Aratus dit de cette figure qu'il ne lui connaissait point de nom ; et Manilius n'en trouve rien de mieux à dire, sinon qu'elle sait sans doute elle-même pourquoi elle est dans cette posture ! On serait étrangement induit en erreur si l'on s'en rapportait au nom et à la forme de cette constellation sur nos
planisphères; car, selon les poêles, VEngonasis, ou Thomme à genoux, doit être dans une situation embarrassante et triste, au lieu de figurer le héros vaillant dont il porte le nom, d'après les astronomes niodernes.
— Strabon, dit Thistorien, parlant de la plaine située entre Marseille et l'embouchure du Rhône, appelée le Champ des Cailloux (aujourd'hui la Crau), dit qu'elle est couverte de cailloux gros comme le poing, au milieu desquels s'amassent des eaux jaunâtres. Il suppose qu'Eschyle a voulu expliquer par la fable la présence de ces cailloux. Hercule étant chez les Liguriens, aurait eu à combattre contre eux; il avait épuisé ses flèches, et n'avait même pas une pierre à lancer contre les Liguriens. Jupiter, touché des dangers de son iils, lit pleuvoir une nuée de pierres rondes, avec lesquelles Hercule repoussa ses ennemis. L'Engonasis était donc pour quelques-uns Hercule s'agenouillant pour ramasser ces pierres.
— J'ajouterai avec Posidonius, fit en souriant le professeur, que puisque Jupiter a mis tant de bonté à intervenir dans cette escarmouche, il aurait bien dû faire tomber cette grêle de pierres sur les Liguriens eux-mêmes ; Hercule n'aurait pas eu la peine de se baisser.
— Ophiuchus, que nous voyons plus loin, reprit l'astronome, porte tout simplement le nom grec du serpent, de l'animal qu'il tient à la main : « 'Oçiooyoç — qui tient un serpent. »
Il y a eu évidemment des superpositions faites d'âge en âge sur la sphère céleste, et les mêmes assemblages d'étoiles ont servi â divers usages selon les systèmes. Nous en avons la preuve dans la multitude des noms qu'on a donnés aux principales constellations. Pour en signaler quelques exemples, je dirai que celle d'HercuU a été appelée aussi 'OxXaîojv, 'Evyovaffiç, KopvrjTTiç , Engouasis, Ingeniculus, Nessus, Thamyris, Desanes, Maceris, Almannus, al Cheti, etc. ; celle du Cygne : K^xvoç, IxtW, 'Opvtç, Qlar, Helenœ genitor, Aies Jovis, Ledaeus, Milvus, Gallina, Crux, la Croix, etc.; celle du Cocher: 'iTcjciXaTTiç, *E).affTiitw)ç, 'Aip{Ar,XaT7i;, "Hvcoxoç; Auriga, Arator, Heniochus, Érichthonius ; Mamsek, Ala'nat, Alhaiot,^Alatod....
— A la bonne heure 1 fit la marquise, voilà des étoiles qui ne se plaindront pas d'avoir été délaissées.... »
— Sans compter, reprit l'astronome, qu'on a greffé sur le Cocher,
Uk CINQUIÈME SOIRÉE. — LES CONSTELLATIONS.
une Chèvre, Ak; Alenia, Aglaë, Aega; Ala'nz,al Cabelah, al Cailat, al Silat...
— La Chèvre, s'écria une des jeunes filles, Capella ! c'est la belle étoile où Taslronome si original que nous avons rencontré Tannée dernière a Interlaken avait placé son histoire céleste de Lumen?
— Comme tu te souviens I fit en souriant le capitaine. Oui, c'est là où, ce soir même de l'année J867, tandis que nous discourons ici sur les étoiles, il y a sans doute des habitants qui de là-haut regardent la Terre, et la voient actuellement, non pas telle qu'elle est aujourd'hui, mais telle qu'elle était en 1795, sous la Révolution française.
— Comment cela? s'écria la marquise.
— Oui, madame, reprit la jeune fille, c'est prouvé par la vitesse de la lumière. La photograpliie de la Terre, qui voyage dans l'espace, comme la lumière de tous les astres, avec une vitesse de 77 000 lieues par seconde, n'arrive à Capella qu'après un voyage de 72 ans....
— Je serais charmée d'avoir l'explication de ce mystère, répéta la marquise.
— Nous aurons sans doute lieu de toucher à cette curieuse question dans l'une de nos prochaines causeries, répliqua l'astronome; mais je vous demanderai ce soir la permission de continuer notre examen de la sphère, car il est si complexe, si étendu, que nous aurons de la peine à arriver au zodiaque.... Nous en étions, je crois, au Cocher.
Sur les anciennes cartes françaises il est désigné sous le nom de Chartier et tient un fouet dans sa main gauche tournée vers le Chariot. Est-ce par sa proximité du Chariot septentrional qu'il a reçu ce nom de Chartier et de Cocher ? Sans doute. — Il fait à peu près pendant avec le Bouvier qui, sur ces mêmes anciennes cartes, allonge sa main droite vers la première étoile du Chariot. Ces images symbolisent la rentrée des gerbes de blé.
— Sur notre carte de Flamsteed, dit la marquise en reprenant la carte reproduite plus haut, je vois à l'opposé d'Hercule, entre l'écliptique et l'équateur, un héros qui paratt lui ressembler fort : Orion.
— En effet, répondit l'astronome, vous le voyez au bas de la carte, coupé à la ceinture par l'équateur. Pour trouver le reste de la fi-