‹ Histoire du cielChapitre 43 sur 151 · ORION. -SIRIUS. — LE GRAND-CHIEN. U · texte numérisé non relu

ORION. -SIRIUS. — LE GRAND-CHIEN. U

— Certainement d'Egypte, répondit rastronome. Le débordement du Nil était toujours précédé par un vent Étésien qui soufflant du nord au sud vers le temps du passage du Soleil sous les étoiles de l'Écrevisse, poussait les vapeurs vers le midi et les amassait au cœur du pays d'où provenait le Nil, ce qui y causait des pluies abondantes, grossissait Teau du fleuve et portait ensuite l'inondation dans toute l'Egypte sans qu on y eût éprouvé la moindre pluie.

Mais comment reconnaître au juste le moment où il fallait tenir les provisions prêtes et les terrasses élevées? La Lune ne pouvant servir à se régler à cet égard, on s'adressa aux étoiles iixes. L'inondation arrivait lorsque le Soleil se trouvait sous les étoiles du Lion. Le matin les premières étoiles du Cancer commencent à se dégager de ses rayons ; mais on ne les distingue qu'avec peine. A côté d'elles, quoique assez loin de là bande du Zodiaque, on voit au matin n^onter sur l'horizon la plus brillante étoile du Ciel. Les Égyptiens choisirent donc le lever de cette magnifique étoile aux approches du jour, comme la marque certaine du passage du Soleil sous les étoiles du Lion, et des commencements de l'inondation. Cette étoile devint la marque publique, sur laquelle chacun devait avoir les yeux pour préparer ses provisions de vivres, et pour ne pas manquer le moment de se retirer sur des terrains élevés. Comme elle n'était vue que très-peu de temps sur l'horizon vers le lever de l'aurore, cette étoile semblait ne se montrer aux Égyptiens que pour les avertir du débordement qui suivait de près son lever. Elle faisait pour chaque famille ce que fait le chien fidèle qui avertit toute la maison des approches du voleur. Ils lui donnèrent donc deux noms représentant sa fonction. Elle les avertissait du danger : de là vient qu'ils la nommèrent le Chien ou TAboyeur, le Moniteur, en égyptien Anubis^ en phénicien Hannobeaclu Encore aujourd'hui nous nommons cette étoile la Canicule^ ce qui est toujours le même nom. La liaison infaillible qu'il y avait entre le lever de l'étoile et la sortie du fleuve hors de son lit déterminait le peuple à l'appeler plus ordinairement l'Étoile du Nil, ou simplement le NU, en égyptien et hébreu Silior, en grec loViç, en latin Sirius.

De plus, les Égyptiens avaient caractérisé les différents jours de Tannée solaire par les différentes étoiles fixes qu'on voit lever im-

médiatement après le coucher da soleil, de sorte que les principales étoiles se trouvaient associées dans leur calendrier à la température et aux travaux de Tagriculture. On prit bientôt pour la cause ce qui n'avait été donné que pour un signe ; on s'imagina qu'il y avait des astres humides, dont le lever produirait la pluie; d'autres qui causeraient la sécheresse; quelques-uns qui feraient croître certaines plantes; et d'autres qui auraient un empire particulier sur certains animaux.

L'année, continua l'astronome, était tigurée chez eux par un homme debout (ou pour mieux dire un dieu), enveloppé si étroitement qu'il ressemble fort à une momie. On distingue à peine le bout des pieds à cette espèce de statue. Les épaules et la tête sont découvertes. Un serpent contourne en spirale le corps de ce dieu et se termine près des épaules.

— N'est-ce pas cette figure qui est posée en bas-relief sur les côtés de votre pendule astronomique? demanda l'historien.

— Précisément, répondit l'astronome : des rayons partent de sa tète, qui porte d'ailleurs un boisseau. Deux divinités, qui paraissent être des Isis, lui présentent le nilomètre. Les hiéroglyphes des mois sont gravés au-dessous. La façade de cette pendule, qui vient du garde-meuble représente, du reste, la naissance de l'astronomie en Egypte. Mais revenons à Sirius.

L'avis de l'Étoile du Nil étant le plus grand événement de l'année des Égyptiens, ils comptaient de son lever le commencement de leur calendrier, et toute la suite de leurs fêtes. Au lieu donc de la peindre sous la forme d'une étoile, ce qui ne l'eût point distinguée des autres, ils la peignirent sous une figure qui avait rapport à sa fonction et à son nom. Quand ils voulaient faire entendre le renouvellement de l'année à commencer du lever de la Canicule, ils la peignaient sous la forme d'un portier reconnaissable à une clef; ou même, ils lui donnaient deux têtes adossées, l'une d'un vieillard qui marquait l'année expirante, et l'autre d'un jeune homme qui marquait le nouvel an. Quand il fallait faire connaître les approches de l'jnondation, on lui donnait une tête de chien. Les attributs qu'on y ajoutait étaient l'explication de ses avertissements. Pour faire entendre qii'il fallait faire des provisions, gagner les terrasses,

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