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FORMATION DU ZODIAQUE. — CHEMIN DE LA LUNE

zone assez étroite, que les Grecs ont nommée le zodiaque, et que les Chinois appelaient le chemin jaune, on voulut mesurer le mouvement des astres, et on sentit qu'il «erait commode de partager cette zone en intervalles égaux. Le mouvement rapide de la Lune offrit un moyen assez facile de parvenir à cette division. On remarque chaque soir notre pâle satellite à Test de la position qu'il occupait la veille. Il décrit ainsi le zodiaque de louest à Test en 27 jours 8 heures environ. Les uns firent 28 divisions, et les autres 27; On donna à ces divisions le nom de maisons, demeures, hôtelleries, parce que, en effet, la Lune habitait, logeait dans chacune de ces divisions pendant 24 heures et que, dans le voyage entier du zodiaque, ces différentes demeures ou hôtelleries étaient ses habitations successives. On les désigna par les belles ^toiles qui y brillaient; mais comme il ne s'y en rencontre pas toujours, on choisit les plus voisines pour nommer les divisions qui y répondaient; on alla même quelquefois chercher des étoiles assez loin; ainsi, par exemple, la seizième constellation des Indiens, qu'ils appellent Vichaca^ est désignée par la Couronne boréale qui a plus de 40^ de latitude ; cette nécessité provenait d'ailleurs de ce que la clarté lunaire fait disparaître un grand nombre d'étoiles, surtout dans le voisinage de Técliptique.

Cette division du zodiaque a été très-généralement répandue, et fut commune à presque tous les peuples anciens. Les Chinois ont 28 constellations ; mars le mot chinois Slou ne présente point l'idée d'un groupe d'étoiles, nous le traduisons par le mot constellation ; il ne signifie réellement que demeure^ hôtel Dans la langue copte, ou dans l'ancien égyptien altéré, le mot par lequel on désigne les constellations a la même signification. Les Coptes comptaient également 28 constellations : on retrouve la même division chez les Arabes, les Perses et les Indiens. Il ne paraît pas qu'elle ait été admise chez les Chaldéens qui partageaient le zodiaque en 12 signes, et qui avaient d'ailleurs 12 constellations australes et autant de boréales; mais aux Chaldéens près, la division du zodiaque en 27 ou 28 parties semble avoir été connue de tous les peuples de la haute antiquité.

Les Siamois et les Indous n'en comptaient que 27. Cependant quelques-uns ont fait mention d'une 28'' nommée Abirjitten (lune interca-

\kO SIXIEME SOIREE. — LE ZODIAQUE.

laire). De plus, ils se servaient des constellations ponr connaître l'heure de la nuit, par leur place dans le Ciel, vers le méridien ou rhorjzon, et leur méthode suppose qu'ils avaient 28 constellations. Us divisaient le jour en 60 gurrhées ou heures ; la gurrhée, en 60 pulls ; le pull, en 60 mimiets ou clins d'œil.

Les Arabes ont très-anciennement la division du zodiaque en 28 parties. Ils donnaient à chacune de ces divisions des noms relatifs aux noms des signes du Zodiaque, de manière que le premier s'appelait les Cornes; le second, le Ventre du Bélier.

Les anciens Perses avaient aussi divisé le Zodiaque en 28 constellations; la seconde, appelée Perviz^ fut formée par les Pléiades. Les Perses prirent plus tard la division en 12 signes : l'Agneau , le Taureau, les Gémeaux, le Lion, l'Épi, la Balance, le Scorpion, l'Arc, le Capricorne, le Seau et les Poissons. Ces déterminations sont consignées dans les ouvrages de Zoroastre, et ne peuvent être, par conséquent, moins anciennes que lui; elles paraissaient devoir remonter au siècle de Diemschid.

Quoique notre savant capitaine de frégate nous ait offert à notre seconde soirée des monnaies astronomiques de la Chine représentant un Zodiaque divisé en 12 signes, j'ajouterai à l'appui de ce qui précède que les Chinois ont eu également d'abord la division en 28 constellations. Demandez-en des nouvelles à notre vieil ami M. Biot ?

Celte division en 28 parties est moins connue et moins déterminée, parce que les Grecs ne l'ont point adoptée; mais on la retrouve dans rinde, et elle est encore usitée chez les Arabes.

A ces 28 constellations, les peuples de la haute Asie faisaient correspondre une série de 28 animaux, parmi lesquels 12 sont usités dans tout l'Orient pour compter les années Le cycle en était tracé avec une grande exactitude dans les zodiaques apportés d'Egypte. Peut-être ce cycle des animaux est-il l'origine du mot Zodiaque.

— Jusqu'à présent, interrompit le capitaine de frégate, l'habitude de considérer le Zodiaque comme la route du Soleil nous avait toujours fait associer ces deux idées, et nous étonnerons bien des personnes, même savantes, lorsque nous leur dirons que c'est la Lune qui, la premièrCy traça le Zodiaque en 28 sections.

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— Plus tard, reprit Tastronome, on reconnut que le Soleil suit sensiblement la même route céleste, et cette route fut principalement regardée comme celle de Tastre radieux.

— Je ne sais quel air mystérieux ont ces signes, reprit Thistorien, mais c'est peut-être à leur aspect cabalistique qu'ils doivent leur grand succès dans l'ornementation architecturale.

— En effet, on les a mis un peu partout, dit le député, comme les décorations.

— Je les ai vus entre autres, continua le commandant, sur le portique de. l'église de la ville de Cognac, qui renferme le Zodiaque chaldéen, dont chaque signe porte un des travaux d'Hercule. Je Tai remarqué aussi sur le portail nord de Notre-Dame de Paris, sur la basilique de Saint-Denis et la cathédrale de Strasbourg.

La façade du palais du Luxembourg porte, en or, la moitié du Zodiaque, mais renversée.

Cette représentation n'est pas rare, et il serait du reste fortUong d'énumérer ici tous les monuments sur lesquels le Zodiaque a été sculpté.

On est même, ajouta encore le capitaine de frégate, précisément occupé à construire en ce moment-ci, à Cherbourg, de nouveaux signes du Zodiaque, appelés au plus grand succès, s'ils correspondent à l'argent qu'ils ont coûté.

— Que voulez-vous dire ?

— Oui : le Bélier^ le Taureau vont être lancés à la mer. Ce sont des frégates cuirassées en forme de cigare, qui perceront les navires anglais comme une motte de beurre....

— Cet antique et illustre Zodiaque, reprit l'astronome, a dû être composé avant que toute là sphère fût établie, parce que l'attention s'est tout d'abord portée sur la route apparente des deux astres principaux. Nous avons déjà vu, hier soir, que le pôle de l'écliptique est marqué sur les anciennes cartes avec un nom particulier. Comment cela s'est-il fait? L'étoile la plus voisine du pôle de l'équateur a dû, en tout temps, attirer l'attention ; car on n'a pu s'empêcher de remarquer qu'elle reste seule immobile, quand le ciel entier semble tourner sur elle comme sur un pivot; et il était naturel de la regarder comme centre de tous les mouvements de la voûte étoilée. Cependant^

en traçant les constellations, on a négligé absolument d'indiquer la place de Tétoile polaire, tandis qu'on a indiqué, avec beaucoup de soin, le pôle de Técliptique par les replis du Dragon : on ne saurait supposer qu'à cette époque où la science astronomique était encore à son berceau , on eût connu l'instabilité de l'étoile polaire; c'est une découverte qui demande l'observation de plusieurs siècles; il faut donc croire, qu'ayant l'intention de distinguer particulièrement la route annuelle du Soleil, on a jugé convenable de désigner le pôle de l'écliptique comme centre de cette route.

Les Pléiades, le Taureau sont, comme nous l'avons vu, parmi les plus anciennes constellations. On remarque qu'au temps d'Hésiode, les Pléiades divisaient l'année rurale en deux parties. Leur coucher le matin marquait le commencement de l'hiver, leur lever le matin marquait le commencement de l'été. On trouve dans les calendriers que le septième jour après l'équinoxe de l'automne, les Pléiades se montraient le matin et le soir. Ce phénomène a dû arriver vers l'an 2200 avant J. G. Selon Pline, il y avait une ancienne astronomie publiée sous le nom d'Hésiode, dans laquelle le coucher visible des Pléiades, au lever du soleil, était marqué le jour même de l'équinoxe d'automne. Cette coïncidence n'a pu avoir lieu que l'an 2278 avant J. C. Ptolémée dans son calendrier latin marque le lever des Pléiades le soir, sept jours avant Téquinoxe d'automne; il fallait que cette constellation précédât l'équinoxe du printemps d'environ I0\ Comme elle a aujourd'hui 56' de longitude, il faut qu'il se soit écoulé 4870 ans, et par conséquent que cette observation ait été faite 3000 ans avant notre ère.

La date probable du Zodiaque des Perses s'accorde avec les précédentes. Anquetil, dans sa traduction du Zend-Avesta, nous donne quelques détails sur les idées des anciens Perses à l'égard des étoiles. Ils les regardent comme une multitude de soldats, expression qui répond à celle de l'armée céleste, dont il est si souvent mention dans l'Écriture. Us disent (sans doute pour donner l'idée du grand nombre des petites étoiles) qu'il y en a 486 000. Quatre grandes étoiles sont, selon eux, les surveillantes des autres: ces étoiles sont Taschter, qui garde l'est; SateïiSy l'ouest; Vénandi le midi; Hastorang, le nord.

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