‹ Histoire du cielChapitre 51 sur 151 · GRANDE RÉVOLUTION DES FIXES · texte numérisé non relu

GRANDE RÉVOLUTION DES FIXES

Le marquis de M ir ville n'hésite pas à reconnaître V Homme ou le Verseau de la sphère dans Ruben, qui, dans la prophétie de Jacob» « se précipite comme de F eau; » les Gémeaux dans < l'association fraternelle de Siméon et de Lévi ; » le Lion dans « Juda, qui se repose*comme le lion ; » les Poissons dans « Zabulon, qui habitera les mers et les rivières ; » le Taureau dans < Issacar, qui se tient dans ses étables ; » le Scorpion chez « Dan, qui sera comme le serpent : mordens; * le Capricorne dans « Nephtali le Cerf; » le Cancer dans t Benjamin, qui change du soir au matin; » les Balances dans « Âser le boulanger; » le Sagittaire dans c Joseph, dont l'arc est resté dans sa force; » et la Vierge dans Dina, fille unique de Jacob. •

— Oh I fit le député, vous me permettrez de mettre en doute cette fantasmagorie ?

— Je sais, reprit le pasteur, tout ce qu'il pourrait y avoir d'arbitraire dans des interprétations aussi &ciles, si elles n'étaient pas commandées^ pour ainsi dire, par la division subséquente des dou^e tribus d'Israël, dont les drapeaux étaient ornés de ces figures. Nous voyons en outre dans le temple de Jérusalem notre monde sublunaire séparé d'abord en quatre parties, puis entouré par les douze signes du zodiaque^ comme dans les camps d'Israël la tribu sacerdotale, séparée en quatre phalanges, marchait toujours entourée par les douze autres ; les quatre premiers chefs portaient sur leurs étendards sacrés, Juda un lion, Ruben un homme ou verseau, Ëphraïm un bœuf. Dan un Scorpion ; ~ chacun des signes se trouvait appliqué à chacune des tribus.

— Au surplus, remarqua le professeur, c'est 'en vain que Hoîse essaya d'efiacer de sa religion tout ce qui rappelait le culte des astres : une foule de traits restèrent malgré lui pour le retracer; et les sept lumières ou planètes du grand chandelier, les douze pierres du grand prêtre, la fête des deux équinoxes, qui, à cette époque, formaient chacun une année, la cérémonie de l'agneau ou bélier céleste alors à son quinzième degré ; enfin le nom d'Osiris même conservé dans son cantique, et l'arche ou cofire imité du tombeau où ce dieu fut enfermé, restent pour servir de témoins à la filiation de ces idées et à leur extraction de la source commune.

— Prenons notre bien où nous le trouvons, fit Thistorien en regar-

dant rastroDome; et puisqu'il est chez des JuiEs, volous-leur en passant (ils en ont pris bien d'autres!). Je rappellerai, du reste, que Zoroastre cinq siècles après Moïse, au temps de David, rajeunit et moralisa chez les Mèdes et les Baclriens tout le système égyptien d'Osiris et de Typhon, sous les noms d'Ormuz et d'Âhrimane, qu'il appela vertu et bien le règne de Tété, péché et mal le r^e de l'hiver, création du monde le renouvellement de la nature au printemps, résurrection celui des sphères dans les périodes séculaires des conjonctions, et enfin vie future, enfer, paradis, ce qui n'était que le Tartare et TÉIysée des astrologues et des géographes.

— Je reviens à notre principale question de la date de rétablissement du zodiaque, reprit l'astronome, Eudoxe rapporte que les solstices et les équinoxes étaient fixés au quinzième signe, c'est-àdire au milieu du Bélier, de TËcrevisse, de la Balance et du Capricorne. Cette détermination est antérieure à son temps et remonte au siècle de Chiron, vers 1353 ans avant Jésus-Christ. Mais il n'est nullement vraisemblable que ceux qui ont établi cette division ne Talent pas fait commencer aux points des équinoxes et des solstices qui en sont l'origine naturelle. Ces quatre points ont fait certainement la première division du zodiaque à l'égard du Soleil. Celle des douze signes ne sont que les quatre premières divisées chacune en trois. « Il est évident, dit Bailly, que chacun des équinoxes et des solstices a dû se trouver au commencement d'une constellation et non au milieu. Ainsi cette division doit être antérieure au temps où les équinoxes et les solstices se sont trouvés au milieu des constellations, au moins de 1080 ans, temps que ces points ont employé pour rétrograder de quinze degrés. On pourrait donc croire, par conséquent, que l'équinoxe du printemps concourait alors avec le premier degré de la constellation du Taureau , et cela vers S400 avant Jésus-Christ. Mais si d'un côté une foule de témoignages et quelques observations prouvent que 3000 ans avant Jésus-Christ les constellations des Pléiades et du Taureau étaient observées, les signés du zodiaque connus, et que de l'autre des traditions donnent lieu de penser que le Soleil dans le Taureau commençait l'année, il en faudra conclure nécessairement que l'équinoxe avait été placée plus avant dans Técliptique, et cela de l'espace d'un signe entier, en

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