ORIGINE ET ANTIQUITÉ DU ZODIAQUE
constellations et les noms qu'on leur a donnés, qu'il n'est nullement étonnant que ces constellations aient aussi partout à peu près les mêmes signes, r vient des cornes du Bélier; V est une tête de Taureau avec les cornes, etc.
Nous avons déjà vu ces signes dans notre Première Soirée.
— Je pourrais citer aussi, dit Thistorien, différents exemples d'hiéroglyphes. Ainsi, ces curieux Égyptiens désignaient l'éternité par les figures du Soleil et de la Lune. Ils figuraient le monde par un serpent bleu à écailles jaunes : les étoiles (c'est le Dragon chinois). Pour exprimer l'année, ils représentaient Isis, qui, dans leur langue, se nommait aussi Sothis, ou la Canicule, première des constellations, par le lever de laquelle l'année commençait; son inscription à Sais était : C'est moi qui me lève dans la constellation du Chien.
— En vertu de la précession des équinoxes, dit l'astronome, le Grand-Chien, ou la Canicule, qui dominait sur le mois d'août, n'arrive plus maintenant sur l'horizon qu'au mois d'octobre. Les jours caniculaires de l'almanach sont donc un anachronisme I . . .
— J'ai également vu dans mes hiéroglyphes, reprit l'historien, que les Égyptiens peignaient l'inondation par un lion, parce qu'elle arrive sous ce signe; et de là, dit Plutarque, l'usage des figures du lion vomissant de l'eau à la porte des temples. L'épervier était l'emblème du Soleil et de la lumière, à raison de son vol rapide et élevé dans les hauteurs de l'atmosphère.
La langue égyptienne est perdue pour nous ; mais on en retrouve des traces dans l'arabe, l'hébreu et le cophte. C'est en comparant ces trois langues que l'on a pu s'assurer que les noms des douze mois de l'année étaient les mêmes que ceux des douze constellations zodiacales; noms qui nous ont été transmis, d'une manière authentique, par les auteurs grecs.
Les noms des signes du- zodiaque peignent donc les mois, les animaux des constellations, et l'action propre à chacun. Ainsi, du mot Thour^qui signifiait le mois et l'anmial Taureau, dérivait le verbe. Alhar^ qui voulait dire labourer; Faosi^ le Bélier, a donné le verbe Fasay appeler les troupeaux au pâturage; Farmouthi, la Balance, dérivait du mot Amatj mesurer^ et ainsi des autres.
— Le zodiaque a certainement passé par la Ghaldée et par l'Egypte avant d'arriver en Grèce, reprit l'astronome.
Lalande et d'autres astronomes sont d'avis que les douze signes ont été ensuite les symboles des douze grands dieux de l'Egypte. Le Bélier était consacré à Jupiter Âmmon, et il était représenté avec une tête de bélier; le Taureau figurait le dieu Âpis, honoré en Egypte sous la forme d'un bœuf; les Gémeaux répondaient à Horus et Harpocrate, tous deux fils d'Osiris ; TÉcrevisse était consacrée à Anubis ou Mercure ; le Lion appartenait au Soleil d'été, à Osiris ; la Vierge était consacrée à Isis ; la Balance et le Scorpion étaient compris tous deux, comme on l'a vu, sous le nom de Scorpion. Cet animal, chez les Égyptiens, appartenait à Typhon, conmie tous les animaux dangereux; le Sagittaire était l'image d'Hercule, pour qui rÉgypte avait la plus grande vénération; le Capricorne était consacré à Pan ou à Mendès, divinité des Égyptiens, dont le symbole était un bouc; le Verseau, c'est-à-dire l'image d'un homlne qui porte une cruche, se trouve sur divers monuments égyptiens.
Le goût des Orientaux, et surtout des Égyptiens, pour les figures symboliques, a porté différents auteurs à croire avec Pluche que le bélier qu'on honorait dans la Thébaïde et dans la Libye, les taureaux qu'on honorait à Memphis et à Héliopolis, les chevreaux qu'on honorait à Mendès, le lion, les poissons et d'autres animaux qu'on honorait en différents cantons, étaient dans leur origine des symboles fort simples : les signes du zodiaque. Selon cette théorie, on caractérisait la néoménie d'un certain mois ou d'un autre, en accompagnant l'Isis qui annonçait cette fête, de la vue de l'animal céleste où le Soleil entrait; et au lieu d'une simple peinture, on faisait paraître dans la fête l'animal même. Le chien étant le symbole de la Canicule qui ouvrait autrefois l'année, on faisait paraître un chien vivant à la tête de tout le cérémonial de la première néoménie. C'est Diodore qui nous le rapporte comme témoin ociilaire. On s'accoutuma à appeler ces néoménies, la fête du Bélier, la fêt^ du Taureau, du Chien, du Lion. La néoménie du Bélier serait devenue la plus solennelle dans les lieux où l'on faisait un grand commerce de brebis. La néoménie du Taureau aurait été la plus agréable de toutes dans les gras pâturages de Memphis et de la basse Egypte. La féto