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ORIGINE ET ANTIQUITÉ DU ZODIAQUE

de rentrée du Soleil dans les Chevreaux aurait été brillante à Mendès, où Ton nourrissait plus de chèvres qu'ailleurs. Chaque ville aurait célébré de la sorte la néoménie d'un signe ou d'un autre, selon l'intérêt ou le goût qu'elle y pouvait prendre. Dans l'usage où l'on était de décorer le cérémonial de figures singulières, les peuples couronnaient de fleurs et conduisaient processionnellement l'animal symbolique dont la fête portait le nom.

Cette conjecture reçoit plus de vraisemblance encore par le calendrier de l'Egypte. La moisson se fait en mai dans la basse Egypte, en avril au-dessus du Caire, et en mars, ou même plus tôt, dans la haute Egypte. La moisson étant l'objet principal des espérances du peuple, on se rend compte de la grande solennité de l'entrée du Soleil au Bélier dans les environs de Thèbes. La même raison aurait fait célébrer à Memphis le passage du Soleil dans le Taureau ; et à Mendès le passage du Soleil sous les Chevreaux. Hors de l'Egypte, la moisson étant achevée vers le passage du Soleil dans le Lion, la figure de ce signe a pu facilement être unie avec l'Isis qui annonçait la grande fête où l'on remerciait Dieu de la récolte du blé.

— Je remarque sur ce sujet, dit le capitaine, un ancien témoignage qui n'est pas à dédaigner. «^ C'est de la division du Zodiaque, dit Lucien, que prit naissance cette foule de divinités animales adorées en Egypte ; les uns employaient une constellation et les autres une autre. Ceux qui jadis consultaient le Bélier adorent un bélier; ceux qui tiraient leurs présages des Poissons ne mangent pas de poisson ; on ne tue pas le bouc chez ceux qui observaient le CapricomBy et ainsi de suite, selon l'astre dont on respectait le pouvoir. S'ils adorent un taureau, c'est certainement pour honorer le Taureau céleste ; cet Apis, qui est pour eux un objet sacré qui pait en liberté dans leur pays et pour lequel ils ont fondé un oracle, est le symbole astrologique du Taureau qui brille au ciel. »

— Quel rôle immense l'astronomie n'a-t-elle pas joué dans ces anciens temps I s'écria le professeur.

— Je croirais assez que c'est en Egypte que ces habitudes astronomiques ont été le plus en usage, dit le député* Je me souviens qu'à la fin de l'année 1823 Cailliaud, au retour d'un voyage en

cette antique contrée, procéda en compagnie de quelques savants à l'exhumation d'une momie singulière.

Au fond de la caisse était peint un zodiaque analogue à celui de Dendérah. *

Sous le couvercle, le long du corps d'une grande déesse on remarquait de plus onze signes du Zodiaque, duquel était extrait le Capricorne.

Les premiers savants qui examinèrent cette momie lui attribuèrent d'abord une haute antiquité.

Mais d'après la lecture d'une inscription, M. Letronne montra que ladite momie était un jeune homme mort à vingt-un ans quatre mois et vingt-deux jours, la dix-neuvième année de Trajan, le B du mois de pazni, qui correspond au 2 juin de Tan i !6.

L'embaumé était par conséquent né le 1 S janvier 95, mois pendant lequel le Soleil occupait le Capricorne.

Ainsi le Zodiaque de la momie était un thème astrologique relatif à la vie du personnage embaumé.

— C'est le dernier vestige d'un usage antique, répliqua l'astronome. Gardons-en le souvenir, comme témoignage des longs siècles pendant lesquels les mœurs restèrent régies par l'astronomie, l'institutrice première des hommes et des peuples.

J'en reviens aux noms dés signes du Zodiaque. Nous avons vu que c'étaient d'abord des noms d'animaux, d'où la zone a tiré son titre de Zodiaque (Zo>$(ov, petit animal). On peut conclure de cette étymologie que les signes qui sont désignés aujourd'hui par des figures d'hommes, ou d'une autre espèce, sont des changements ou des inventions postérieures. Les douze signes ont dû être tous marqués par des animaux. Ce sont sans douté les mêmes qui désignent

encore dans l'Asie les années de la période de douze ans; période qui est dans toute cette partie du monde de la plus haute antiquité. Il est possible que l'on n'y ait placé des hommes que lorsque l'astrologie a prétendu lire leur destinée écrite dans le ciel. Il ])arut naturel de représenter l'homme dans la plupart des régions célestes qui avaient tant d'empire sur lui. D'ailleurs, l'astrologie voulut désigner par les attributs, par l'attitude des hommes qu'elle y dessinait, les influences que telle ou telle constellation pouvait répandre,

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