‹ Histoire du cielChapitre 55 sur 151 · L'INVENTION DU ZODIAQUE · texte numérisé non relu

L'INVENTION DU ZODIAQUE

et les inclinations qu'elle devait inspirer aux individus naissants. Ces figures d'hommes furent d'abord sans nom ; c'est dans des temps plus modernes que la vanité des Grecs a songé à faire dans le Ciel l'apothéose de ses héros, et à consacrer dans ce livre éternel leurs noms à la postérité.

Je suis assez porté à croire, continua l'astronome^ que les noms donnés aux constellations zodiacales l'ont d abord été à l'étoile principale de chaque constellation. Ainsi, ce fut Régulus qui pendant longtemps désigna le Lion, Antarès le Scorpion, l'Épi la Vierge, Âldébaran le Taureau, Castor et Pollux les Gémeaux,... et les noms donnés à ces étoiles ont eu pour cause sans doute la coïncidence de leur lever avec les travaux de la campagne, les phénomènes de l'époque, les fêtes, etc., ou encore la situation des étoiles mêmes, comme cela a dû arriver pour les Gémeaux.

Eudemus, de Rhodes, un des élèves les plus distingués d'Arislote et auteur d'une histoire, de l'Astronomie, attribue l'introduction de la zone zodiacale à QËnopide de Chio, contemporain d'Anaxagore. L'idée de rapporter les lieux des planètes et des étoiles à l'orbite solaire, la division de l'écliptique en 12 parties égaies, appartient à l'antiquité chaldéenne, d'où elle parvint directement aux Grecs. La date de cette transmission ne remonte même pas au delà du commencement du cinquième ou du sixième siècle avant notre ère. Les Grecs s'étaieut bornés à subdiviser dans leur sphère primitive les constellations qui se rapprochaient le plus de l'écliptique et qui pouvaien.t servir de constellations zodiacales. La preuve en est simple : si les Grecs avaient pris à un peuple étranger un Zodiaque complet au lieu de borner leurs emprunts à l'idée de partager l'écliptique en douze parties^on ne retrouverait point chez eux onze constellations seulement dans le Zodiaque, une d'entre elles, le Scorpion, ayant été partagée en deux pour compléter le nombre nécessaire. Leurs divisions zodiacales auraient été plus régulières; elles n'auraient point embrassé des espaces de 36 à 48 degrés, comme le Taureau, le Lion, les Poissons et la Vierge, tandis que le Cancer, le Bélier et le Capricorne en comprennent de 19 à 23 seulement. Leurs constellations n'auraient point été disposées irrégulièrement, au nord et au sud de l'écliptique, tantôt occupant sur ce cercle de grands in 1er -

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valles, tantôt resserrées, au contraire, et empiétant Tune sur l'autre comme le Taureau et le Bélier, le Verseau et le Capricorne. Preuves évidentes que les Grecs avaient fait les signes du Zodiaque avec leurs anciennes constellations. Telle est l'opinion de Humboldt.

D'après Letronne, le signe de la Balance n'a été introduit que du temps d'Hipparque, et peut-être par Hipparque lui-même.

— Mais, dit le professeur, Virgile lui-même ne s'est-il pas chargé de nous l'apprendre en parlant ainsi à César dans son apothéose :

< Tu es le protecteur des villes, dit le poëte ; ton front est ceint du myrte consacré à la déesse dont tu descends; tu augmentes le nombre des astres de l'été, et tu te places entre la Vierge et le Scorpion, qui se resserre déjà pour te recevoir.... »

Entre la Vierge et le Scorpion 1 La Balance n'y était donc pas encore.

Si l'on en croit Pline le naturaliste, ajouta le même, le Bélier et le Sagittaire auraient été introduits dans le Zodiaque, au sixième siècle seulement, par Cléostrate de Ténédos. Mais je n'ajoute pas foi à cette assertion de Pline.

— Ni moi» répliqua l'astronome, car le Zodiaque est certainement plus ancien que tous les Grecs. Ceux-ci n'ont fait que le prendre petit à petit aux Orientaux.

En nous faisant apercevoir les raisons naturelles qui ont fait donner aux constellations de l'Écrevisse et du Capricorne les noms qu'elles portent, Macrobe nous a dévoilé, sans y penser, les vraies raisons qui ont réglé le choix des noms qu'on a donnés aux autres.

< Voici, dit-il, les motifs qui ont fait donner aux deux signes que nous appelons les portes ou les barrières de la course du soleil, les noms d'Écrevisse et de Chèvre sauvage. L'écrevisse est un animal qui marche à reculons et obliquement : de même le Soleil parvenu dans ce signe commence à rétrogader, et à descendre obliquement. Quant à la chèvre, sa méthode de paître est de monter toujours et de gagner les hauteurs tout en broutant. De même le Soleil, arrivé au Capricorne, commence à quitter le point le plus bas de sa course pour revenir au plus élevé. »

Si les deux constellations, sous lesquelles le Soleil se trouve aux deux solstices, n'ont reçu ces noms que pour désigner par un mot ou

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