LES CIEUX SOLIDES. — ÉTOILES FIXES
nomènes du mouvement diurne : elle était à ses yeux un objet matériel et solide.
-* Mahomet parle dans le Coran (Sourate XVII), des cieux solides et des sept sphères emboîtées, ajouta le pasteur. J'ajouterai d'autre part que les Pères de l'Église croyaient en général, comme nous le verrons plus loin, à la solidité de la voûte étoilée.
— Ces mots de voûie étoilée ou d'étoiles fixee^ reprit Tastronome, sont autant d'expressions impropres qui rappellent que Ton a confondu deux idées différentes. Quand Aristote emploie l'expression d'astres fixes pour désigner les étoiles ; quand Ptolémée les nomme adhérents, il est bien évident que ces désignations se rapportent à la sphère cristalline d'Anaximène. Le mouvement diurne qui entraine tous ces astres de l'est à l'ouest, sans changer leurs distances mutuelles, avait dû conduire tout d'abord à des idées ou à des hypothèses de ce genre : < Les étoiles appartiennent aux régions supérieures ; elles y sont fixées et comme clouées sur une sphère de cristal ; les planètes, qui ont un autre mouvement en sens inverse, appartiennent à des régions inférieures et plus voisines de nous. > Si dès les premiers temps de l'ère des Césars, on trouve dans Manilius, le terme de Stella fixa au lieu de infixa ou affixa, il esta croire qu'on s'en était tenu d'abord, dans l'école romaine, au sens primitif dont nous venons de parler, mais qu'à la longue, le mot fixus emportant avec lui le sens A'immotus et i*immobilis, il s'est fait peu à peu dans la croyance populaire ou plutôt dans le langage même, une confusion où ridée d'immobilité a dû prévaloir ; de telle sorte que les étoiles sont devenues fixes {stellk fixœ), indépendamment de la sphère à laquelle on concevait autrefois qu'elles étaient attachées. Voilà comment Sénèque a pu dire du monde des étoiles, fiœum et immobUem populum.
Si nous prenons pour guides Stobée et le collecteur des « Opinions des Philosophes », et que nous suivions la trace de cette idée d'une sphère de cristal jusqu'à l'époque antique d'Anaximène, nous la retrouvons encore plus nettement formulée par Empédocle. Ce philosophe considère la sphère des fixes comme une masse solide, formée d'une partie de Téther, que l'élément igné aurait converti en cristal. La Lune est, à ses yeux, une matière que la puissance du