SEPTIÈME SOIRÉE. — NATURE DU CIEL
feu a coagulée en forme de grêlon et qui reçoit sa Inmière dn Soleil. Dans la physique des anciens, et d'après leur manière de conceToir le fjassage de Tétat fluide à l'état solide, les concq)tioos précédentes n'étaient point en relation nécessaire avec les idées de refroidissement et de congélation ; mais l'affinité du mot xpu^tsÀIx avec xpuoç et xfvTTsivM, et un rapprochement naturel avec la matière qui sert ▼nlgairement de type pour la transparence, ont donné corps i des idées d'abord moins précises ; on en est Venu i Toir, dans la voûte céleste, une sphère de glace et de verre, et Lactance a pu dire : Calum aerem glaeialum esu^ et ailleurs : Vitreum cœlum. Sans doute, Empédocle n'a point songé au verre, invention phénicienne, mais bien à l'air que Téther igné aurait transformé en un corps solide éminemment translucide. Ainsi la voûte céleste la plus élevée fut considérée comme un massif de cristal glacé. D'après la Bible , certains théologiens en ont même fait un véritable plafond de glace, d'eaux supérieures congelées !
— Ne serait-il pas possible que les anciens aient puisé l'idée d'assimiler leur Ciel de cristal à une voûte de glace {aer glaeiatus de Lactance], dans la connaissance du décroissement de la température des couches atmosphériques? demanda le navigateur.
— MalgTc les excursions dans les pays de montagnes, et l'aspect des cimes couvertes de neiges éternelles, répondit l'astronome, les anciens croyaient au contraire à l'existence d'une région chaude audessus de l'atmosphère. Après avoir parlé des sons célestes > que les hommes ne sauraient entendre, selon les pythagoriciens, parce qu'ils sont continus et que les sons, pour être perçus, doivent être interrompus par des silences », Aristote admet que les sphères célestes échauffent, par leurs mouvements, l'air placé au-dessous, sans s'échauffer elles-mêmes. Il y aurait ainsi une production de chaleur, c Le mouvement de la sphère des fixes est le plus rapide, dit-il, pendant que cette sphère se meut circulairement avec les corps qui y sont attachés, les espaces placés immédiatement au-dessous s'échauffent fortement, à cause du mouvement des sphères, et la chaleur, ainsi engendrée, se propage en bas jusqu'à la Terre. >
— J'ai remarqué, fit le professeur, que Macrobe, commentant Cicéron, parle du décroissement de la température avec la hauteur.