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IMAGINATIONS ANCIENNES SUR LE CIEL

le philosophe d'Apollonie, qui croyait aussi que les astres étaient semblables à la pierre ponce. En effet, Anaxagore de Glazomène se figurait tous les corps célestes < comme des fragments àe rochers, que Féther, par la force de son mouvement giratoire, aurait arrachés à la Terre, enflammés et transformés en étoiles. » Ainsi, l'école ionique plaçait avec Diogène d'ApoUonie les aérolithes et les astres dans une seule et même classe; elle leur assignait une même origine terrestre, mais en ce sens seulement que la Terre, comme corps central, aurait fourni la matière de tous ceux qui l'entourent.

Plutarque s'exprime ainsi sur cette curieuse assimilation : « Anaxagore enseigne que Téther ambiant est de nature ignée; par la force de son mouvement giratoire, il arrache des blocs de pierre, les rend incandescents et les transforme en étoiles. » Il paraît que le philosophe de Glazomène expliquait aussi, par un effet analogue du mouvement général de rotation, la chute du lion de Némée qu'une ancienne tradition faisait tomber de la I/ane sur le Péloponèse. Nous avions tout à l'heure des pierres de la Lune^ voici maintenant un animal tombé de la Lune ! D'après l'ingénieuse remarque de Bœckh, cet ancien mythe du lion lunaire de Némée aurait une origine astronomique et se trouyerait en rapport symbolique dans la chronologie avec le cycle d'intercalation de l'année lunaire, avec le culte de la Lune à Némée, et les jeux dont il était accompagné.

Anaxagore explique le mouvement apparent de la sphère céleste dirigé de Test à l'ouest, par l'hypothèse d'un mouvement de révolution générale dont l'interruption, comme on l'a vu plus haut, produit la chute des pierres météoriques. Cette hypothèse est le point de départ de la théorie des tourbillons qui, après plus de deux mille ans, a pris par les travaux de Descartes, de Huyghens et de Hooke une si grande place entre les systèmes du monde.

— Vous nous avez dit, répliqua le pasteur, qu'Anaximène paraissait être le premier des Grecs qui, peut-être à l'exemple des Orientauxy avait enseigné la solidité des cieux. Gette opinion parait trèsancienne, car le mot hébreu, qui dans la Genèse répond à firmament, signifie quelque chose d'étendu et de solide. Il fallait en effet quelque chose de solide pour entraîner les étoiles en conservant leur ordre et leur distance. G'était le huitième ciel, le ciel des étoiles.

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