CHAPITRE VI Le Collège national (1791 L
Aussitôt que le Conseil d'administration eut ratifié La nomination de Gaultier comme principal «lu Collège, ce dernier pril possession de sa charge, ainsi que du mobi lier appartenant à l'établissemenl el donl L'inventaire, commencé Le 23 septembre, fut fait, en présence de son pit'ii.M-fss.'ur. [iiir deux experts, assistés du procureur syndic, d'un administrateur du districl el de deux des membres du Bureau ' .
Les professeurs chargés d enseigner sous la direction du nouveau principal étaient : Claude-André Simon, clerc tonsuré du diocèse de Tours, pour la rhétorique et la seconde: Michel Brédif, également clerc tonsuré, pour lu :; e1 la é; René Paul Villain, étudiant, pour la 7 : Joseph Renaud La Grenouillère, pour la 5e et la 6''. Ils prêtèrent sermenl devant les officiers municipaux. Le procureur de la commune et le greffier, les trois premiers Le2novembre, le quatrième le 8 décembre - .
Indépendamment des classes dirigées par ces madrés, le Collège allait avoir un cours de mathématiques, de
(1) Les meubles, que d'après l'inventaire de 1787 l'abbé Hudault était tenu de remettre en nature Curent estimés 237 livres 6 suis seulement, mais il en manquait quelques-uns représentant d'après cet inventaire une somme de 7 liv. (i sols dont il fut déclaré débiteur. Au contraire, la partir du mobilier que le Bureau devait reprendre à prix d'estimation fut évaluée a 3.795 livres Ki sols, en augmentation, sur l'inventaire de 1787, de la somme de 104 livres 7 sols que le nouveau principal sVngagea a verser à son prédécesseur. On comptait alors, au Collège. 57 lits. lArch. inuii. de Cbinon, série I.)
(2) D'après l'arrêté du Directoire du département du 9 septembre, ces pross urs devaient être nommés par le Bureau du Collège, tandis que d'après
les procès-verbaux de leur prestation de serment ils avaient été désignés par l'évêqne. Les délibérations du Bureau s'arrêtant, par suite d'une mutilation du registre, au 4 juillet 1791, il nous est impossible de trancher cette question. 10 feuillets ont été arrachés, sans doute intentionnellement, faisant ainsi disparaître les délibérations prises pendant une année entière. Le registre suivant commence à la date du 5 juillet 1792.
physique et d'histoire naturelle, dont la création avait été décidée le 30 septembre par le Conseil général de la commune. Ce cours était destiné, non seulement aux élèves «le rétablissement, mais encore aux jeunes gens du dehors qui pouvaient être admis à le suivre gratuitement après eh avoir été reconnus dignes à la suite d'un examen. Un ancien bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, Louis Delatre, fut désigné pour occuper cette chaire et il prêta serment le 12 novembre. C'était la première fois qu'un cours de cette nature s'ouvrait au Collège et il eût pu, dans un autre moment, rendre les plus grands services.
La rentrée des classes au Collège national — car ce n'était plus le Collège royal — semblait donc se faire dans d'excellentes conditions. Le personnel enseignant était suffisamment nombreux ; le principal et les administrateurs étaient animés des meilleures intentions et prêts à faire tous les sacrifices pour l'instruction et l'éducation des enfants qu'on allait leur confier. Le prospectus (pie le Bureau du Collège avait adopté le 25 septembre en est la meilleure preuve. Il donne une idée si exacte de « l'éducation physique, morale, littéraire et sociale » que l'on donnait au Collège, des détails si précis sur la vie que les élèves menaient dans l'établissement, sur les soins dont ils y étaient entourés, ainsi que sur les conditions de la pension, que nous n'hésitons pas à le reproduire in extenso malgré sa longueur. Cet important document présentera au lecteur, mieux que nous ne saurions le faire en le commentant, un tableau fidèle de ce que furent, sous la direction de Gaultier La Richerie, l'instruction, l'éducation et la discipline, dans cette maison qui était encore, à cette époque, l'une des plus prospères de la région.
PROSPECTUS DE L'EDUCATION DU COLLEGE NATIONAL de la ville de Chinon, département d' 'Indre-et-Loire.
Si Les sages, les législateurs des Nations regardèrent toujours l'éducation de la jeunesse comme la source du repos et de la prospérité des Lmpires, combien cette vérité ne devient-elle pas sen-
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Bible au moment où la Nation françoise, régénérée, appelle aux fonctions Législatives, aux différentes places dans L'administration et l'ordre judiciaire, tous les citoyens, sans autre distinction que celle du mérite et de La vertu. N'est-ce pas, en effet, l'éducation qui forme les hommes, el Les mel en état de remplir dignement les différents emplois que leur confie La république?
La jeunesse est comme La pépinière de l'Etat. Cette propriété politique exige tous les soins, toute la surveillance de La société. Nus im) fans Bont destinés à devenir des chefs de famille, des administrateurs, des magistrats, des législateurs même. D'où il suit que ce qu'il peut y avoir de bon ou de vicieux dans leur éducation influe nécessairement sur La Nation entière, sur La race actuelle et sur les générations futures. En «•'•la l'éducation peut ôtre regardée comme la source de l'esprit et du caractère national.
Nos sages Législateurs ont senti la nécessité d'une réforme dans l'enseignement public Ils otft décrété comme article constitutionnel qu'il seroit établi une éducation nationale, uniforme pour toutes Les parties de L'Empire : mais ce grand travail n'est pas fait. Cette partie essentielle de notre législation exige peut-être encore beaucoup de tems pour être entièrement organisée.
Il importe cependant, en attendant, que les pères de famille ne soient pas prives des moyens de procurer à leurs enfans une éducation solide; le teins est précieux, sa perte est irréparable. On croit Jonc répondre aux désirs de Messieurs les parents en les prévenant que cette ressource leur est continuée au Collège de « '.binon.
Monsieur Gaultier la Richerie, ci-devant Bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, vient d'être nommé au Principalat de ce Collège. L'amour seul du bien public et le désir d'acquitter sa dette envers la société, de s'y rendre utile, lui ont fait accepter cette importante et pénible fonction. Il se fera un devoir de mériter la confiance en dirigeant l'éducation sur les meilleurs principes.