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LE COLLÈGE MODERNE DEPUIS 1803 JUSQU'A NOS JOURS

(Ecole secondaire communale; Collège communal)

Nous avons vu que l'ancien Collège, transformé en école secondaire en 1793, avail cessé d'exister avanl La fin de l'an II, c'est-à-dire vers le milieu de l'année 1794, el que. depuis cette époque jusqu'à la fin de la période révolutionnaire, la ville de Ghinon n'avait possédé, en fait d'écoles publiques, que Mes écoles primaires.

L'adoption de la Constitution de l'an VIII, qui sanctionnai! le « - < » 1 1 1 ► d'Etal de Brumaire el modifiail profondément le gouvernemenl intérieur de la France, fut le poinl de dépari de la réorganisation <le l'enseignement.

Désir commencemenl «le l'an IX. le premier consul avail appelé Chaptal au ministère de l'intérieur. L'étal déplorable dans lequel se trouvait alors l'instruction publique, <l»Mit le service était du ressort de son administration, ne tarda pas à attirer l'attention du nouveau ministre qui, le -!•"> ventôse de la même année 16 mars 1801), chargea les préfets de procéder, dans leurs départements, à une enquête sur l'enseignement.

i rous les faits concernant - moderne sonl extraits, saul indica-

tion contraire, des délibérations du Conseil municipal de Chinon, des an du maire de la ville, el surtout «lu registre des.4rré'^s du Bureau administratif du Collège depuis imi jusqu'à nos jours, registre que M. le Principal a eu l'obligeance <l«' ii"Uv communiquer.

Après avoir rappelé l'état florissant des anciens collèges el les services qu'ils avaient rendus en leur temps; après avoir fait ressortir l'insuffisance notoire d'une seule école centrale par département, et exposé que le moment était venu de réorganiser l'enseignement ; le ministre invitait les préfets a profiter de la prochaine session des Conseils d'arrondissement pour les prier de donner des détails précis sur le nombre, l'organisation, les revenus et l'état de prospérité des établissements d'instruction existant dans l'arrondissement avant la Révolution, — de faire connaître les ressources dont on pourrait disposer pour les rétablir, tant au point de vue des bâtiments et des revenus que du personnel enseignant, — de formuler enfin leur opinion sur les avantages de ces maisons d'instruction.

Les résultats de cette enquête, connue sous le nom d'Enquête scolaire de l'an IX, parvinrent pour la plupart au ministère au printemps de la même année. Ils apprirent au ministre que la réforme qu'il projetait serait bien accueillie, lui en confirmèrent la nécessité et lui démontrèrent la possibilité de l'effectuer sans trop de difficultés. Et, en effet, un an après, cette réforme recevait son exécution par la loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) qui réorganisait complètement l'instruction publique et dont nous croyons devoir reproduire les articles suivants :

Art. I. — L'instruction sera donnée :

1° Dans des écoles primaires établies par les communes;

2° Dans des écoles secondaires établies par les communes ou tenues par des maîtres particuliers;

3° Dans des lycées et des écoles spéciales, entretenus aux frais du trésor publie.

Art. VI. — Toute école établie par les communes ou tenue par des particuliers, dans laquelle on enseignera les langues latine et française, les premiers principes de la géograpbie, de l'histoire et îles mathématiques, sera considérée comme école secondaire.

Par son article VII, cette loi encourageait la création

dps écoles secondaires par la concession d'un local el de

divers nulles avantages.

Le t messidor de la même année, un arrêté enjoignait aux préfets el aux sous préfets de signaler au gouverne ment, après les avoir visités, les établissements situés dans leurs arrondissements respectifs el pouvant être autorisés à porter le nom d'écoles secondaires. Cel arrêté, par son article V, imposail aux communes el aux instituteurs, désiranl établir Mes écoles de ce genre, l'obligation d'en faire la demande au sous-préfet, qui devail donner son avis sur la capacité el la moralité du directeur el des professeurs proposés, ;iiusi que sur les avantages ou les inconvénients de l'établissemenl projeté.

Bientôt après, un autre arrêté en date du 30 frimaire an XI décidait, par ses articles I el II, que l<is bâtiments des anciens collèges, qui n'avaient pas été aliénés et <|ui n'étaienl pas affectés è un autre service public en vertu d'une décision formelle et spéciale du gouvernement, seraienl de préférence è tous autres concédés aux écoles secondaires; et. par son article VI, que les maires auraienl la surveillance de ces écoles, sous l'autorité des préfets el sous préfets, et veilleraient particulièrement à ce que l'enseignemenl comprenne au moins tous les objets prescrits par l'article VI de la loi du 1 1 floréal an X. »it à ce qu'il n'y ail jamais moins de trois professeurs, y compris le principal.

Cependant, les écoles secondaires ne devaienl être définitivement réglementées que l'année suivante, par l'arrêté du 1'.' vendémiaire au XII, doni mais croyons devoir donner, sinon le texte exact, du moins l»1 sens des principales dispositions.

Arrêté du !'■> vendémiaire an XII

contenant règlement /><>ni- 1rs écoles secondaires communales

(Extrait i.

Art. I. — Il y aura dans chaque ville où il sera établi une école

secondaire communale un Bureau d'administration de '•'•tt ;ole,

composé du sous-préfet, du maire, du commissaire du gouverne-

nient près le tribunal d'arrondissement s'il y en a un, de deux membres du Conseil municipal, du juge de paix et du directeur.

Art. IV et A'. - I.e directeur et les professeurs de ces écoles seront nommés par le ministre de l'intérieur sur la présentation de deux sujets pour chaque place, faite par le Bureau, et après avis du sous-préfet et du préfet.

Ait. VI. - l.e sous préfet et. à son défaut, le maire, sera le président du Bureau d'administration.

Art. VII. — Il y aura un registre coté et paraphé par le président sur lequel seront transcrites toutes les délibérations.

Art. \\\\. — L'instruction, dans les écoles communales secondaires, sera donnée à des élèves pensionnaires et à des élèves externes.

Art. IX. — Le pensionnat sera au compte du directeur avec qui sera l'ait des conventions par le Bureau d'administration.

Ait. X. — Le prix de la pension sera fixé par le Bureau, ainsi que la rétribution que devront payer les externes.

Art. XV. -- Les classes vaqueront un jour par semaine, qui pourra sur l'arrêté du Bureau être partagé en deux demi-jours.

Art. XVI. — Les vacances auront lieu depuis le 15 fructidor jusqu'au 15 vendémiaire.

Art. XVII. — Les professeurs des écoles secondaires communales porteront, dans leurs fonctions et dans les cérémonies publiques, « habit français complet noir, chapeau français ». Le directeur aura, de plus, une broderie noire en soie au collet.

Art. XXIV. — Aux termes de lait. VI de la loi du 11 floréal an X, l'instruction dans les écoles secondaires communales aura pour objet les langues latine et française, la géographie, l'histoire et les mathématiques.

Art. XXV. — L'enseignement littéraire sera divisé en six classes, dénommées ii . .V. 4". 3e, 2e et première. Il en sera de même pour les mathématiques.

Art. XXIX. — Dans les écoles où, conformément à l'art. VI de 1 arrêté du 30 frimaire an XI, il n'y aura que trois professeurs, y compris le directeur, l'un d'eux enseignera les mathématiques et il n'y aura ni 2e, ni lr" classe. Ces deux classes n'existeront que quand il y aura quatre professeurs.

Art. XXXII. — Les élèves pensionnaires porteront un habit ou une redingote de drap vert, doublé de même couleur, collet et parements couleur ponceau: chapeau rond jusqu'à 14 ans; chapeau français après cet âge; boutons blancs, de métal, portant au milieu

les mots : école secondaire, et autour en légende le nom du lieu où sera l'école.

Art. LUI. A la fln de chaque année, il j aura des compositions

générales pour les prix de toutes les cla . et des exercices sur

toutes les parties de l'instruction.

Art. I.l\ . Les exercices se feront en public h en présenci membres du Bureau.

Aucune des maisons d'instruction existani à Chinon lors de l'enquête de l'an l\ ne remplissail les conditions

voulues pour être érigé n école secondaire ' . Mais, dès

que lu l<»i «lu il floréal nu \ cui ci.' promulguée, la Ville, qui depuis longtemps déjà songeait è réorganiser son ancien Collège, s'occupa des moyens d'avoir une '!«• ces écoles. Le 26 thermidor, le Conseil municipal chargea 1»' maire '!<• s'entendre è cel efïel avec l'autorité supérieure; ci. dès N' commencemenl de l'an XI, ce magistrat, après y avoir été autorisé par le préfet, entra en pourparler avec le citoyen Ragueneau, 'le Panzoult, que In municipalité aurail voulu mettre à lu tète de cette école.

Ragueneau avail fondé à l'Ile-Bouchard, plusieurs minées auparavant, un établissemenl d'instruction secon daire qui, dès l'an VIII, étail très florissanl -' el qui. seul dans toul l'arrondissement, venail d'être érigé en école secondaire par un arrêté en date «lu 30 vendémiaire un XI :i.

li il nous a été impossible, toutefois, de retrouver les réponses faites par le Conseil d'arrondissement de Chinon an questionnaire adressé par l»' ministre >'t qui durent être transmises par l'intermédiaire du sous-préfel n'existent, semble-t-il, ni a la sous-préfecture, m aux archives d'Indre-et- Loire, ni au ministère de L'instruction publique, ni aux archives nation

(2) Le programme des examens publics qui précédèrent la distribution des prix, en l'an VIII, programme qui comprend 31 pages in;, uous apprend que le pensionnai <'<< <-it<"f>> Ragueneau existait depuis trois ans déjà; que l'un pouvait y faire toutes les classes de latinité, el qu'il >'> trouvait des élèves de Sainte-Maure, de Richelieu, de Chinon, de Saumur, etc.

• ette école était installée au lieu dit la Garnauderie, dans un.' maison appartenant alors a m. Voisine de la Fresnaye '•( aujourd'hui à M. Huguet. Cet immeuble, m111 fait en quelque sorte partie de l'agglomération de l'Ile- Bouchard, est situ.' a l'extrémité nord-ouest du bourg de Saint-Gi l'intersection des routes de Chinon et de Panzoult, et sur cette dernière commune.

L'administration municipale aurait désiré pouvoir opérer lu translation de cette école à Ghinon. Mais les pourparlers engagés avec Ragueneau n'ayant pas abouti <>), le maire traita avec « le citoyen Gigault » et, le 29 floréal, il eu informa le préfet en lui demandant en même temps l'autorisation de faire aux bâtiments de l'ancien Collège les réparations que nécessitait l'installation de la nouvelle école.

En prenant l'initiative de cette création, la Ville avait assuré au directeur un traitement de 1.200 francs, à la charge par celui-ci de choisir et de solder les régents et d'administrer le pensionnat à ses risques et périls.

Gigault. qui avait professé autrefois au Collège royal <2>, prit aussitôt ses dispositions pour ouvrir l'établissement dont on venait de lui confier la direction. Il adressa à cet effet une demande au sous-préfet et en même temps il fit savoir par un Avis au public, imprimé sous forme de placard in-folio, que « le 1er thermidor an XI le directeur du Collège de Ghinon ouvrirait un coins d'étude des langues latine et française, d'histoire, de géographie et cle mathématiques ". Mais il avait compté sans les lenteurs administratives. Le sous-préfel attendit en effet jusqu'au 7 thermidor pour prendre l'arrêté suivant (3) :

(1) Pendant que Ragueneau était sollicité de venir a Chinon, il recevait de la ville de Tours des propositions sans doute plus avantageuses, et bientôt son école était réunie aux deux écoles secondaires existant déjà dans cette ville, celles des citoyens Corneille (appelé aussi Marc Corneille ou Corneille Saint-Marc) et Trousseau (père du célèbre médecin), pour former le Collège de Tours, dont la direction fut confiée à Ragueneau et à Trousseau. Ragueneau avait été car.' constitutionnel de Saint-Gilles de l'Ile-Bouchard, en 1793.

2) François-Joseph Gigault, né à La Guerche le 17 février 1750, était profesroyal de Chinon dès 1772. Nommé à la cure de Huismes à la fin de décembre 1781, il occupa ce poste jusqu'en 1793. Il resta dans cette commune pendant toute la période révolutionnaire: acheta le 11 fructidor an IV le Clos de Bonaventure, domaine de la Couronne, vendu alors connue bien national; et, après avoir été président de l'administration centrale du canton de Chinon extra muros, il était maire de Huismes depuis l'an VIII lorsqu'il fut appelé en l'an XI (1803) à réorganiser le Collège de Chinon. Il mourut dans cel établissement le 15 janvier 1807.

est possible cependant que le Collège ait été ouvert dés le 1" thermidor, avant que le gouvernement en ait donné l'autorisation. — Le sous-préfet - Albert Ruelle, originaire de La Chapelle-sur-Loire, qui avait été député d'Indre-et-Loire à la Convention, puis membre du Conseil des Cinqn l'an IV.

— Ki: J —

o Vu le pétition présentée par le citoyen Gigaull tendant à obtenir la concession de la maison de l'ancien Collège de Chinon pour y former l'établissement d'une école secondaire;

Vu l'art. 5 de l'arrêté des Consuls du 6 messidor an X. portant que les communes ou les instituteurs particuliers, qui voudront établir des écoles secondaires, présenteront leur demande au souspréfet de l'arrondissement, qui donnera son avis sur la capacité et le moral des personnes proposées tanl pour la direction et manutention que pour renseignement, et sur les inconvénients ou les avantages de l'établissement projeté;

Vu les art. 1 et 2 de l'arrêté du gouvernement du 30 frimaire dernier, portant 1° que pour obtenir régulièrement la conces des locaux promis par l'art. 7 de la loi du 11 floréal an X. les com m unes et les instituteurs justifieront par des certificats des directeurs de l'enregistre ut, que les locaux dont ils demandent la

jouissance pour l'établissement de l'école secondaire ne font point partie des domaines nationaux définitivement réservés a un autre service public, en vertu d'une décision formelle et spéciale du gouvernement; 2° que les bâtiments invendus, qui ont servi à l'usage des collèges ou de tous autres établissements d'instruction publique et qui ne seront point compris dans l'exception ci-dessus indiquée, seront de préférence concédés aux écoles secondaires

Considérant que l'établissement d'une école secondaire, vivement réclamée par le Conseil municipal, la mairie et les habitants de ( iliinon, est d'une utilité et d'une urgence généralement reconnues è raison de la situation topographique de cette ville, sa centralité des autres communes de l'arrondissement dont elle est le chef-lieu, sa population qui s'élève à plus de 6.000 âmes et le besoin pressant d'instruction: que d'ailleurs cette école ne fera que remplacer un Collège célèbre, qui a dans tous les temps forme des sujets distingués;

Considérant que le pétitionnaire et les citoyens Herpin et Ganne, qu'il propose pour professeurs, joignent à une moralité non équi voipie tous les talents et les connaissances nécessaires pour le

genre d'instruction auquel ils sont appel -

Considérant que le local du ci-devant Collège convient sous tous les rapports à l'établissement de l'école secondaire: qu'il est consacré à cet usage par l'article 2 de l'arrêté du gouvernement du 30 frimaire dernier: qu'enfin il résulte des observations du directeur des domaines et de l'enregistrement qu'il ne fait point partie

- lomàines nationaux définitivement réservés à un autre service public :

Kst d'avis qu'il suit établi une école secondaire dans ta ville de Chinon, sous la direction du citoyen Gigault pétitionnaire, et qu'à (ïel la maison du ci-devant Collège lui soit concédée, à la charge par lui de la réparer et entretenir, de se charger de tous les frais de premier établissement et de faire enseigner dans cette école les langues latine et française, les principes delà géographie, de l'histoire et des mathématiques, conformément a l'article 0 delà loi du 11 frimaire an X U) ».

Appuyée comme elle l'était parle sous-préfet de Chinon, la pétition du citoyen Gigault devait forcément recevoir de l'autorité supérieure un accueil favorable. En effet, par un arrêté en date du 16 frimaire an XII (8 décembre 1803), le gouvernement autorisait la création de lécole secondaire et abandonnait en même temps à la Ville les bâtiments de l'ancien Collège pour y établir cette école -'.

Voici le texte de cet arrêté qui marque la date officielle de la réouverture du Collège :

« Arrêté du 16 frimaire an XII. — Vrt. XXIV. -- La commune de Chinon, département d'Indre-et-Loire, est autorisée à établir une école secondaire dans le bâtiment du ci-devant collège de cette ville, qui lui est concédé à cet effet. »

L'autorisation était donc accordée, non pas au citoyen Gigaull personnellement et pour l'ouverture d'une école privée, mais à la Ville et conséquemment pour l'ouverture d'une école communale.

L'abandon des bâtiments, que l'Etat faisait en même temps, compensait bien faiblement les spoliations dont le Collège avait été victime pendant la Révolution,

Malgré les termes de cet arrêté, le nouvel établissement s'ouvrit sous le nom de Collège, qu'il conserva pendant trois années. Est-ce, comme le dit l'Annuaire d'Indre-et-

(1) Registre des arrêtés du -<>us-préfet de Chinon, an VlII-an XIII. (Archives sous préfecture.

avons vu précédemment (page 134) comment cet établissement qui, primitivement, appartenait à la Ville, était devenu la propriété de l'Etat.

Loire de 1807, parce que l'école secondaire ne pul alors être organisée conformément aux règlements? Mous ne le pensons pas. Nous croyons plutôt que les écoles autorisées pouvaienl prendre à peu près indifféremment l'un ou l'autre de ces noms ' . il n'y avail il esl vrai, à <•'■ moment, que deux professeurs, indépendammenl .du principal, mais, d'après l'arrêté du .'!<> frimaire an \. ce personne] étail suffisant, •■! c'esl 'lu reste dans cescondilions que s'ouvrirent alors la plupart des écoles secondaires.

Le nouveau Collège s'annonça dès ses débuts comme devanl être prospère. Une année seulement après sa fondation, à la fin de l'an XII, il comptait en effet 52 éli dont <; pensionnaires

L'année suivante, les 23 et ^i fructidor an XIII, des exercices littéraires publics eurent lieu dans la cour du i' Coiir-.- .. conformément aux dispositions <!•' l'arrêté «lu J!» vendémiaire an XII, et furent suivis, le premier, de la représentation par les élèves d'un drame en un acte (l'Epée), '■! le second, d'une comédie en 2 actes (le Voyageur), <i 'le plusieui -s baHets » et 'I»' la distribution des prix. Le nombre des récompenses à décerner au cours de cette solennité, avait été fixé par le préfet, d'après 1*' nombre même des élèves de chaque classe

Gigault étant mort l»1 1~> janvier 1807, eut pour suce» s seur l'abbé Chrétien qui, comme lui, avail enseigné au Collège avant la Révolution.

La Ville, en lui confiant cette charge 19 février 1807 . imposa au nouveau principal l'obligation de s'adjoindre un nombre suffisant de régents pour permettre aux élèves de faire toutes les classes ■ depuis la 6e jusqu'à la lre i), ce qui n'avait pas encore eu lieu.

l C'esl ainsi que les deux éco s - tdaires de roursel celle de Panzoull avaient été réunies en un seul établissement, sous le nom de Collège de T.air-.

i Annuaire d'Indre-et-Loire pour l'an XIII.

3 Registre des correspondances du sous-préfel de Chinon, an X1II-1813. (Archives de la sous préfecture.

L'abbé Chrétien, dont la nomination fut bientôt confirmée par l'autorité supérieure, se conforma au désir de la municipalité el ce fui à partir de ce moment seulement que le Collège prit officiellement le nom d'école secondaire.

Toutes les classes, dont l'existence avait été réclamée par la Ville, étaient organisées avant la fin de l'année scolaire. La preuve rions en est donnée par le programme des exercices littéraires qui eurent lieu dans la grande cour de l'établissement les 1 1. 15, \() et 17 septembre 1807, et qui furent suivis de la « représentation d'Alexis ou l'Erreur d'un bon père, opéra en un acte » et de la distribution des prix, faite aux élèves de « l'école secondaire ». Ce programme nous montre également que la classe de première avait déjà repris son ancien nom de classe de rhétorique, et que, indépendamment des cours de latinité, qui comprenaient sept classes, depuis la septième jusqu'à la rhétorique, il y avait un cours de français et un cours de mathématiques. Ce dernier était professé par le principal.

La maison ne cessa de prospérer entre les mains de l'abbé Chrétien qui, après l'avoir dirigée pendant près de trois années, la quitta, à la fin de 1809, pour aller enseigner au Collège de Tours, dont il fut bientôt nommé principal.

Une modification importante venait de se produire dans l'organisation de l'enseignement. Par le décret du 17 mars 1808, portant- création de l'Université de France, Napoléon avait établi autant d'Académies qu'il y avait de Coins d'Appel, et mis à la tète de chacune d'elles un Recteur qui devait servir d'intermédiaire entre le personnel enseignant des établissements compris dans le ressort de l'Académie et le Grand:Maître de l'Université. Ce dernier avait, dans tout l'empire, la haute direction de l'enseignement, dont l'Université possédait le monopole.

I es académies comprenaienl plusieurs Facultés, dirigées chacune par un Doyen, h donl les professeurs conféraienl les grades de bachelier, de licencié e1 de docteur.

Les écoles secondaires reprenaienl en même temps I»' nom de collèges, el leur directeur celui de principal.

Ce décrel décidail égalemenl que les principaux el les régents des collèges auraienl désormais le grade de bachelier es lettres ou es sciences, suivanl qu ils enseî gneraient les lettres ou les mathématiques, el qu'à l'ave air, ils seraient, ainsi que les maîtres d'études, astreints au célibal et à la vie commune ">.

Il réglait aussi le costume des membres de l'Université qui, tous, devaient porter < l'habit noir avec une palme brodée en soie bleue sur la partie gauche de la poitrine . et il spécifiait que les régents feraient leur classe en robe d'étamine noire » par-dessus laquelle serait placée, sur l'épaule gauche, « la chausse variant de couleur sui

vaut les facultés et île bordure seulement suivant les

grades

Enfin, il attribuait au grand-maître de l'Université la nomination «les principaux et des régents qui, depuis l'arrêté du 19 vendémiaire an XII, appartenait au ministre de l'intérieur. Toutefois, à Chinon el ailleurs sans doute, la plupart de ces nominations continuèrent à se taire, pendant longtemps encore, sur la présentation de candidats proposés par l'autorité locale. Le maire, après s'être entendu avec les membres du Bureau, désignail lui même à l'administration supérieure le principal qu'il désirait avoir el avec lequel il faisait ordinairement un traité préalable. Ce dernier, d'accord avec la Commission administrative, Choisissait alors les professeurs dont la uoini nation était ensuite sanctionnée par le grand maître de l'Université.

(1) Cette disposition était spéciale aux collèges communaux. Dans lycées, le proviseur et le censeur étaient seuls astreints au célibat : les professeurs pouvaient être mariés, mais devaient alors habiter en dehors de rétablissement, aucune femme ne pouvant « être logée ni reçue > dans l'intérieur des lycées et colli

Les dispositions du décretdu 17 mars 180s, relatives aux établissements d'instruction secondaire, furent rendues exécutoires pur un autre décret, en date du 15 septembre de la même année, qui décidait que tous les collèges seraienl rattachés à l'Université à partir du 1er janvier 1809, et qui accordait en même temps aux professeurs un délai de six années (jusqu'au 1er janvier 1815) pour prendre leurs grades dans les Facultés

L'Université était donc complètement organisée lorsque l'abbé Chrétien abandonna la direction du Collège.

Ce principal, qui avait su gagner l'estime et la confiance des Chinonais, laissa des regrets unanimes. Son départ fut d'autant plus fâcheux que l'on eut beaucoup de peine a lui trouver un successeur. L'établissement en fut gravement atteint dans sa prospérité, menacé même dans son existence et. pendant plusieurs années, il resta dans une situation fort critique.

Lai >1 >é Guillard, appelé au principalat par arrêté du grand-maître de l'Université, en date du 3 janvier 1810, refusa d'abord d'accepter cette charge; puis, sur les instances du maire qui lui tit observer qu'il n'avait été nommé que parce qu'il avait préalablement donné son consentement, il changea d'avis et, le 17, il écrivit à ce magistrat qu'il acceptait. Cependant, il abandonna bientôt ses fonctions ilti mars) pour aller rejoindre à Tours son prédécesseur ' .

Plusieurs candidats se présentèrent alors pour occuper sa place, mais la Ville ne pouvant parvenir à leur faire accepter ses conditions (2j. le gouvernement dut surseoir

(1) Il venait d'être nommé régent au Collège de cette ville par un arrêté du H du même mois.

- Les ans demandaient une subvention trop élevée. Les autres ne voulaient accepter qu'à la condition que le Collège serait tranféré dans l'ancien hôpital (théâtre actuel); mais le capitaine de gendarmerie du département se refusail lu déplacement de la brigade qui occupait ce local.

H la nomination du titulaire. En attendant, el pour que le Collège ne souffril pas trop de l'absence de principal, l»' maire, par un arrêté en date du 16 juillet 1810, investil de la direction de l'établissement, avec les émoluments et les charges attachés à cette place, M. Julien Guérinel Barré qui depuis longtemps enseignait au Collège el qui occupa cette fonction jusqu'à la lin de l'année scolain

Pendanl les vacances, le 23 septembre, l'administration municipale offril le principalat ;i un autre régent, M. Leconte Legendre, qui fut installé par le maire, le 12 novembre, à l'issue de la messe du Saint Esprit, célébrée dans l'église Saint-Etienne : mais, contre toute attente, cette nomination ne fui pas confirmée par lf grand-maître de l'Université qui, le ■"> décembre, appela aux fonctions de principal M. Gracieux, alors régent au Collège d't hrléans.

Les principaux qui s'étaient succédé au Collège depuis sa réouverture, en l'an XII, jusqu'à la fin de L810, étaient tous d'anciens professeurs du Collège royal. Pendant ce laps 'If temps, la maison avail toujours été régie par le principal qui touchait 'If la Ville un»' subvention fixe de 1.200 francs et qui se chargeait <!•' rémunérer les régents H Me tenir le pensionnai n ses risques et périls.

Avec M. Gracieux, il en l'ut autrement. Le Collège fut administré par le Bureau qui percevait de la Ville la sub vention précédemment allouée au principal, subvention qui, maintenue d'abord à 1.200 francs, fut bientôt portée a 2.000. Le principal n'était lié par aucun traité spécial : il recevait des appointements fixes comme les mitres pro fesse urs, mais il était chargé de faire les recettes et «le régler les dépenses de l'établissement, et ses comptes étaient ensuite vérifiés par les administrateurs.

D'après un décret du i- juin 1809, le Bureau d'adminis-

l) Guérinel étant marié ne pouvait avoir de nomination officielle de l'Université.

(2j Leconte était un ancien prêtre marié. Tout en étant professeur au Collège, il était magistral de sûreté.

t rat ion devait être nommé par le recteur et présidé par un inspecteur d'Académie ; et les dépenses des collèges communaux devaient être réglées chaque année, par le Conseil de l'Université, avant la rédaction du budget des communes.

Pour se conformer aux prescriptions de ce décret, le Bureau du Collège, nommé le 11 mars 1811, se réunit le 28 du même mois et dressa pour la première fois, à notre connaissance, l'état présumé des recettes et des dépenses de l'établissement (*).

Les recettes comprenaient :

1° La subvention de la Ville.

2° Le produit de la pension des élèves.

3° Le produit de la rétribution collégiale, qui était de 6 francs par mois pour les élèves latinistes (2) et de 3 francs pour les élèves des classes élémentaires.

'*" Le produit de la rétribution universitaire, qui était de 20 francs par an pour chaque élève latiniste <3>.

Quant aux dépenses, elles se composaient :

1° Du traitement du principal, des régents et du portier. 2° Du produit de la rétribution universitaire, qui était versé intégralement dans les caisses de l'Etat. 3° Des frais occasionnés parla distribution des prix.

4° Des réparations que nécessitait l'entretien des bâtiments.

5° Des frais de chauffage, d'éclairage, etc.

Voici du reste cet état tel qu'il se trouve exposé sur le registre des délibérations du Bureau <4).

(1 Ce Bureau nous parait être le premier qui ait été nommé depuis que le Collège était rattaché à l'Université.

2 Le montant de cette rétribution avait été fixé par un arrêté du maire en date du 13 juin 1810.

(3) La rétribution universitaire avait été établie par le décret du 17 mars 1808.

(4) Registre des arrêtés du Bureau administratif du Collège, depuis 1811 jusqu'à nos jours. (Archives du Collège de Chinon.)

El VI PRÉS1 Ml M HKCI Ml— DÉPEN8E8

Revenus spéciaux: Dépenses ordinait

eu , i -H laAAf Trait' du principal . . . . 1200 f.

Subvention de la ville . . 1200 !.. ' '

n j • I • , r\ Professeur de rhétorique

Produit du pen>ionnat . . 0 M

j . «-:, „.>, ,, seconde et math . . PJihi

— du i j pensionnat 0

— de }*et X Iihki

Rétribution du Collège dc . a ,,- ,;m

34 élevé- ,i ti lr. par mois, — élément- de latinité W0

pour 10 mois et demi '1\\1 Maître d'écriture i< m »

34 — à 3 fr 1071 ces du portier 100

Rétribution universitaire Rétribution due à l'Université 680

34 élèves à 20 fr 680 ,, • ., ,-

Prix aux élevés l.il)

34 — non sujets a la r . .• i i • • inn

hntretien de- bâtiment- . 1 • « i

rétribution (n apprenant , ..

. r . Dépenses extraordinaires

que le français) .... 0 n

Unaulla^e 90

Total 5093 f. Eclairage

Articles divers 100

Total 6068 t.

Ce budget nous donne des détails intéressants sur L'organisation des classes, le traitemenl du personnel, le nombre des élèves, le montant de la rétribution collégiale, etc. Il nous apprend aussi qu'il n'\ avail pus de pensionnaires el que les recettes prévues étaient de beaucoup inférieures aux dépenses.

Le Collège se trouvait donc dans une situation peu prospère, ce qui ne doit pas étonner puisque quatre principaux venaient de s'y succéder dans le cours d'une

année."

Les prévisions faisant supposer un déficit de près de 1.000 francs, les administrateurs demandèrent a la Ville de leur allouer 2.400 francs au lieu de 1.200. Le Conseil municipal refusa d'accéder a cette demande : mais, bientôt après, à la suite d'une réclamation formulée par les régents qui se plaignaienl de ce que 1»' principal ■■ ne leur avait pas compté une obole depuis son arrivée », et après avoir reçu de ce dernier l'aveu qu'il avait eu effet employé

à d'autres usages les fonds à ce destinés, la Ville mit un crédit de 2.000 francs à la disposition du Bureau afin de lui permettre de payer les professeurs et d'équilibrer le budget.

Le 5 juin de la même année, les administrateurs adoptèrent un règlement fixant le prix de la pension à Km francs, celui de la demi-pension à 200 francs, et décidant, entre autres choses, qu'il y aurait chaque semaine deux demi-congés : le mardi er le jeudi après midi, avec promenade

Le 29 avril 1812. le Bureau établit, comme il l'avait fait en 1811, le compte présumé des recettes et des dépenses pour l'année suivante.

Ce budget faisait prévoir un excédent de recettes de 100 francs, dû presque uniquement à l'augmentation de lu subvention de la Ville, portée à 2.000 francs.

Le Collège n'avait donc pas sensiblement prospéré depuis l'année précédente. Il y avait cependant une dizaine de pensionnaires, mais le nombre des externes avait plutôt diminué W.

Le Conseil municipal, peu satisfait de cette situation qu'il attribuait à l'incapacité du principal, décida, à sa session de mai, lors de la discussion du budget de 1813, de refuser tout crédit pour le Collège tant que M. Gracieux ne serait pas déplacé. Sur une réclamation du ministre, transmise par le préfet, il déclara persister dans cette détermination; cependant il consentit à voter une somme de 1.200 francs destinée à l'instruction publique, mais sans affectation spéciale, et en même temps il invita le maire à faire, auprès du recteur et du grand maître de l'Université, les démarches les plus pressantes pour obtenir le changement du principal.

Lors de la rentrée des classes, la Ville n'ayant pas encore obtenu satisfaction, conclut un arrangement avec M. Gracieux qui consentit à abandonner la direction du

l La nourriture des pensionnaires était comptée à raison de 65 centimes

par j'

Collège à partir du Ier décembre, mais à la condition de conserver son traitement jusqu'à ce que l'Université l'ail appelée d'autres [onctions. M. Miton, avec qui la Ville

avait déjà été «mi pourparler lors 'lu dépari <i»' l'abbé Guillard, prit alors le principalat, avec l'agrément 'le I au torité académique, mais sans avoir de nomination offi cielle el par conséquent a titre provisoire, il se chargeait d'administrer l'établissemenl a son compte et à ses risques et périls, sans pouvoir réclamer autre chose que la somme allouée annuellemenl par la Ville et qui fui portée à 3.000 francs. Ces conditions devaient «lu peste être acceptées par ses successeurs, jusqu'en 1835, mais la subvention de la Ville fui ramenée à 2.000 francs en 1818, pour t'ire reportée à 3.000 ;i partir de 1823.

M. Miton ne resta pas longtemps en fonctions, il mou ru I le 2!» juin 1813, avant d'avoir vu sa nomination confirmée par le grand maître de l'Université ' .

M. Villiers Moriamé, qui lui succéda 2>, fut certainement un des meilleurs administrateurs qu'ait eus le Collège. L'établissement prospéra rapidement entre ses mains, si bien qu'un an après son installation, lors de in rentrée de isi i. le nouveau principal annonçait qu'il axait i»; pensionnaires et demi pensionnaires au lieu de 3 qu'il avait trouvés lors de son arrivée, et qu'il en attendail encore une vingtaine. Il devenail donc nécessaire de taire de nouvelles constructions. En attendant, le Bureau se vit obligé de prendre en location une partie de la « maison Taillandier située vis-à-vis la porte du Collège . pour y faire un dortoir que devail surveiller un régenl :: .

Quatre ans après, le nombre des internes avait plus que doublé. Un documeni conservé aux archives d'Indre-et-

i Miton étail marié. Peul être est-ce pour cela qu'il ne fut jamais investi offlciellemenl du principalat. L'obligation de rester célibataires, que le décret ilu 17 mars 1808 imposai! aux principaux <•! aux régents des collèges, n'a jamais, croyons-nous, été révoquée depuis lors. Cependant, on cessa bientôt d'en tenir compte ; mais, pendant longtemps, ces fonctionnaires devaient, avant de se marier, en demander l'autorisation. Aujourd'hui, ils sonl di>pensés de cette formalité.

(2) Sa nomination est du 28 juillet 1813.

i 'est l'immeuble qui porte aujourd'hui dans la rue d sn 3 et 5.

Loire ' nous apprend en efïet qu'en 1818 on comptait au Collège 90 pensionnaires, 20 demi-pensionnaires, 13 externes payants et 3 externes gratuits, soit 156 élèves, qui étaient ainsi répartis dans les diverses classes :

Philosophie 8

Rhétorique 10

Seconde 15

Troisième 15

Quatrième 18

Cinquième 20

2e élémentaire 20

1" élémentaire 25

Cours de Français 25

Ce document nous apprend aussi que, la même année, les classes de mathématiques comptaient 48 élèves qui, paraît-il, suivaient en même temps d'autres cours et se trouvaient compris clans le tableau précédent. Quant aux deux classes élémentaires, elles correspondaient, à cette époque, à la 6e et à la 7e; c'est du reste ainsi qu'elles se trouvent désignées au programme des examens publics qui précédèrent la distribution des prix en 1817 et en 1818.

Le Collège communal voyait donc renaître les beaux jours de l'ancien Collège royal. Il était de plein exercice, et sa prospérité devait se maintenir ou à peu près tant que M. Villiers en conserverait la direction. Peut-être même le nombre des élèves s'accrut il encore, mais nous ne possédons aucune donnée à cet égard. Ce que nous savons, c'est que les études y étaient très fortes et se maintinrent telles sous les principaux qui vinrent après lui. Le Collège avait, à ce point de vue, dans toute la région, une réputation justement méritée.

Nous avons connu, au déclin de leur vie, nombre de Chinonais qui avaient été les élèves de M. Villiers et de ses premiers successeurs, et qui prenaient plaisir à rappeler les succès que le Collège remportait à cette époque.

(1 Collège de Chinon, réparations, 1816-1821 (liasse 113).

Presque tous, malgré les années accumulées sur leur tête, possédaient encore à fond tous les chefs d œuvre de U littérature ancienne, parlaient même couramment le latin, et souvent versifiaient dans cette langue avec La plus grande facilité.

C'esl sous le principalat de M. Villiers, et sur sa demande, que lr Bureau créa, en 1816, à L'usage des élèves et des maîtres, une bibliothèque qui existe en actuellement.

L'année suivante, en 1*17. les administrateurs adoptèrent un règlement extrait, dit Le registre des délil tions, des ■ Statuts universitaires concernant les coll< royaux et communaux et qui diffère peu des règlements actuels quant à ce qui concerne La durée des cli des éludes et La police générale de L'établissement. Nous en extrairons seulement ce qui se rapporte aux coi \ bien inoins nombreux alors qu'aujourd'hui. Ils avaient lieu :

Le jeudi, le dimanche et Les jours de fête;

Le premier jour de l'an et le Lendemain;

Le 2S janvier, jour de la Saint-Charlemagne;

Le 4 mai, congé du roi :

Le vendredi et le samedi saint:

Les lundis de Pâques et de La Pentecôte.

Et encore Le règlement ajoute-t-il que « les jours de congé, il y aura 5 heures de travail, dont 2 heures, le jeudi, seront employées à des leçons de sciences physiques

La distribution des prix, qui avait lieu du 8 au 15 sep tembre. devait être présidée par le recteur ou. en son absence, par le président du Bureau, assisté desadminis trateurs.

Les vacances duraienl six semai]

Nous avons vu que. lors de In rentrée de 181 i, on avait reconnu la nécessité d'édifier au Collège de nouvelles constructions.

Depuis longtemps déjà l'administration municipale avait constaté l'insuffisance des bâtiments existants. Dès l'an XI, au moment où la Mlle songeait à rétablir le Collège, le Conseil, après avoir délibéré pour savoir si cet établissement sérail installé dans l'ancien Collège royal, dans l'ancien hôpital ou dans la partie du couvent des Augustins laissée vacante par la sous-préfecture, avait donné la préférence à ce dernier local, comme étant le plus vaste et nécessitant le moins de frais pour être aménagé convenablement.

Mais, l'année suivante, le gouvernement, en autorisant la création de l'école secondaire, avait abandonné à la Ville, pour l'y installer, l'ancien Collège qui, nous l'avons dit, était devenu la propriété de l'Etat. C'est donc dans cet immeuble que s'ouvrit alors la nouvelle maison d'instruction.

Les bâtiments, qui avaient beaucoup souffert pendant la Révolution, étaient en très mauvais état. Le petit Collège et l'aile droite des constructions du grand Collège, menaçant ruine, durent être démolis et n'existaient plus en 1807. Les locaux se trouvant dès lors insuffisants, la Ville ne savait si elle devait cependant y laisser le Collège et faire à l'immeuble les annexes nécessaires, ou le transférer dans l'ancien hôpital qui serait aménagé en conséquence.

Appelé à se prononcer sur cette question, le Conseil municipal, dans ses réunions du 12 mai 1808 et du 5 mai 1809, donna la préférence à cette dernière combinaison. Il considérait en effet que, pour laisser le Collège dans le même local, il était indispensable de réédifier l'aile droite des bâtiments; mais il lui paraissait difficile de pouvoir préserver de l'humidité cette construction que les terres auraient dominé du côté du levant, et il craignail en outre qu'il ne se produisit des éboulements à cause des caves qui se trouvaient de ce côté.

Cependant aucune décision n'avait encore été prise quand, le 11 avril 1810, le Conseil chargea deux de ses membres, MM, Dumoustier et Mingot, d'étudier de nou-

vrnii la question. Le il du mois suivant, ces messieurs firenl connaître au Conseil que le transfert du Colli dans L'ancien hôpital leur paraissail en effel préférable el que, d'après le devis qui en avail été fait, ce déplacement occasionnerait une dépense de 6.682 Erancs seulement.

Cette somme n'était pas considérable. < :»'j»**ii«i;iiit elle était encore trop élevée pour les ressources de la Ville, alors forl restreintes. Du reste, l;i brigade de gendarmerie étail installée depuis quelque temps déjà dans nu*' partie de L'aneien hôpital, et le capitaine commandant la compagnie <lu département avait déclaré qu'il nepouvail conseil tir h La déplacer. Ce projet fut 'loue momentanément abandonné.

On attendit alors trois années et lorsqu'il fallul prendre une décision, en 1813, L'immeuble dans lequel on s'étail proposé d'installer le Collège n'était plus disponible. La partie occupée autrefois par Les religieuses Augustines, et qui, pendant La Révolution, avait été consacrée à l'ins lallation des écoles publiques, venail d'être aliénée (l>, tandis que U' bâtiment dans lequel se trouvaient jadis salles des malades, et qui avail ensuite servi d'arsenal el de dépôt d'effets militaires, était définitivement affecté ô la gendarmerie - . La Ville dut donc abandonner son projet, et elle inscrivit au budget de 181 L une somme «le 6.0)0 francs, destinée à commencer au Collège Les travaux nécessaires.

L'année suivante (1814), un devis des constructions h taire, se montant à 21.197 fr. 97 c . fui présenté le 12 mai au Conseil municipal qui L'accepta. Des difficultés en empêchèrent l'exécution, et un nouveau devis, s'élevanl à 31.000 francs, fui adopté par le Conseil l»1 24 décembre de la même année :il.

(1) C'est la maison occupée actuellement par M. Cornet, architecte (place de l'Hôtel-de-Ville, n* 53). Elle avait été affermée, le 25 a<>ùt 1811, ,'i M.Truteau qui en ni ensuite l'acquisition.

(2) C'est le théâtre actuel.

(3) lu autre devis, portant aussi la date de 1814, se montant a 69.231 fr. 56 c. compris les honoraires de l'architecte et dont le détail se trouve aux

archives d'Indre-et-Loire (Liasse 113) n'avait pas été accepté.

Cependant la municipalité, effrayée des dépenses dans lesquelles ces travaux allaient l'entraîner, et ne voyant pas la possibilité d'y faire face, eut alors l'idée de transférer le Collège dans les bâtiments occupés par la souspréfecture et d'installer celle-ci dans la maison de M. MollandinW ou mieux dans celle de M. Chalumeau (2>, que leurs propriétaires consentaient à échanger pour une partie des pâtis communaux de Saint-Mexme ou de Grigny. Le sous-préfet donna son approbation à ce projet, mais le préfet n'ayant pas autorisé l'aliénation des prairies communales et les propriétaires ne voulant pas vendre leurs immeubles à prix d'argent, la Ville se vit clans l'obligation de ne pas déplacer le Collège et de faire les constructions que nécessitait le nombre toujours croissant des élèves. Le temps pressait du reste puisque dès la rentrée de 1814 le Bureau avait dû installer un dortoir dans une maison voisine.

La Ville se trouva donc contrainte de mettre à exécution le projet qu'elle avait adopté le 24 décembre 1814 et qui consistait à édifier au levant de la cour d'entrée, dans l'emplacement des bâtiments démolis, une aile de constructions parallèle à celle qui existait au couchant, et à relier ce nouveau corps de logis à celui qui occupait le fond de la cour. Cette décision fut prise, en séance du Conseil, le 29 juin 1816, et le 4 août suivant les travaux furent adjugés au sieur Mathé, entrepreneur à Poitiers, pour la somme de 32.075 fr. 13 c, ce qui, avec les honoraires de l'architecte, faisait un total de 33.775 francs.

Les travaux furent aussitôt commencés sous la direction de M. Pinguet, architecte à Tours, et les bâtiments étaient terminés ou à peu près lors de la rentrée de 1817. Les pierres, au nombre de 5.000, avaient été extraites des ciives mêmes du Collège.

Cependant des difficultés imprévues avaient surgi pen-

! C'est la maison occupée actuellement par la brasserie de M. Chalonfrue Voltaire, n° 22).

(2) C'est la maison occupée actuellement par M. Guertin, avoué (rue Jean- Jacques-Rousseau, n° 45).

ilitiii l.i construction. En creusanl les fondations, on avait rencontré des caves don! La présence avait nécessité des travaux supplémentaires importants. L'ingénieur des ponts el chaussées, M. Dubrac, qui avail reconnu la nécessité de i-»'^ travaux, avail également ordonné de [aire escarper le rocher situé au nord des bâtiments, Des dépenses considérables, non pré\ ues au devis, en étaient résultées e1 avaienl été évaluées aloi s à plus de 4.000 francs pour les terrassements el de 13.000 pour les fondations.

Lorsque les constructions furent achevées, l'architecte vint en prendre livraison. Un premier procès-verbal de réception des travaux, arrêté par M. Pinguet, le 16 juillet 1818, à la somme de 51.163 fr. 76 c. ne fut pas accepté par le maire. Un second, arrêté le 15 novembre 1820 ;i La somme de 17. 176 francs eut le même sort. Enfin, un troi sième, commencé par le même architecte le 5octobre 1*21 et terminé le 8 janvier suivant, après 1»' décès de Pinguet, par M. Descombes, expert à Chinon, ayanl été contesté par l'entrepreneur, fui réglé par un arrêté du Conseil de préfecture, en date du 23 avril 1822, qui déboutait Le sieur Mathé M»1 ses prétentions ,h.

Une partie de ces dépenses fut soldée avec les fonds dont la Ville pouvait alors disposer; le surplus, à l'aide d'un emprunt de 20.000 francs, réalisé par l'émission de 10 obligations de 500 francs, qui furent remboursées par voie de tirage au sort, en i fuis, de 1819 à L822

Les bâtiments du Collège n'ont pour ainsi dire pas changé depuis lors. Ils ont seulement été l'objet de quelques annexes dont la plus importante es1 la construction, en 1869, d'un étage au-dessus du préau <le la mande cour, mais ils ont subi à diverses reprises des modifications dans leur distribution intérieure.

ii Non- n'avons trouvé nulle part le montant de ce dernier règlement.

Pendant le principalat de M. Villiers, l'organisation de

l'enseignement n'avait pas été sensiblement modifiée. Cependant, dès 1814, le gouvernement provisoire, établi lors de la rentrée des Bourbons, s'était prononcé pour la liberté de l'instruction. Mais cette idée avait bientôt été abandonnée et, pendant plusieurs années, la Restauration conserva intacte l'œuvre napoléonienne qui réservait à l'Etat le monopole de l'enseignement. Une ordonnance de 1820 accentua même momentanément les privilèges de l'Université en décidant que les élèves ne seraient admis à subir les épreuves du baccalauréat qu'après avoir fait la rhétorique et la philosophie dans des établissements universitaires. Mais, l'année suivante, une nouvelle ordonnance, en date du 27 février, donnait déjà une certaine liberté aux maisons particulières d'instruction et décidait qu'elles pourraient désormais être reconnue- comme étant de plein exercice, en restant toutefois sous la surveillance de L'Université.

Ces dispositions libérales de l'Etat furent-elles pour quelque chose dans la diminution du nombre des élèves sous le principalat de M. Tabary qui, à la rentrée de 1821. avait succédé a M. Villiers-Moriamé ? Nous ne saurions le dire. Ce qu'il y a de certain, c'est que cette diminution s'accentua rapidement, puisqu'en 1823 il n'y avait plus que 30 pensionnaires.

Cette situation occasionnait un déficit considérable dans les recettes du Collège. Aussi la Ville, qui depuis 1818 allouait au principal une subvention de 2000 francs seulement, fut-elle obligée dès 1823 de la porter à 3000 et même d'accorder presque tous les ans à ce fonctionnaire, a titre d'indemnité supplémentaire, une somme de plusieur- centaines de francs, parfois même de 1000 francs et au-delà.

Le mauvais état de santé de M. Tabary. qui contribuait

Bans doute à nuire à la prospérité de la maison, le contrai gnil à se retirer au mois d'aoûl 1828. "

s. m successeur, \i. Corneille Saint-Marc, précédem meut maitic de pension a Tours, consenti! à administrer le Collège aux mêmes conditions, il recevail de la Ville 3000 francs par an. louchait la rétribution collégiale et I»' prix de la pension, el se chargeail de subvenir aux frais de l'internai et de solder le traitement des régents, fixé par le Bureau.

Les charges du nouveau principal elaient même plus lourdes que celles .le ses prédécesseurs.

En traitanl avec M. Sainl Marc, le Bureau lui avait en

elïel imposé, avec l'assen I i me II I de l'a il 1 I >ri I é acadeni il pie.

l'obligation d'annexer au Collège une école primaire

comprenant deux cours. Dans le premier, on devait enseigner la lecture, l'écriture, la numération el les éléments de la langue française: dans le second, la calligraphie, l'arithmétique, la littérature française, la tenue des livres, en un mol toul ce qui était nécessaire aux jeunes gens se destinant au commerce. Les élèves du premier cours devaient payer 36 francs par ni. ceux du second

50 franc--, sans compter les menus frais supplémentaires : i francs pour les places à l'église, 2 francs pour le chauffage.

Les administrateurs avaienl en même temps décidé «pie les externes latinistes el astreints à la rétribution univer Sitaire seraient admis « comme ils l'étaient avant la Révolution» à faire leurs devoirs au Collège, pendant L'intervalle des classes el sous la surveillance des maîtres d'étude, el qu'ils paieraient à cel effet 30 francs par an. C'est donc de cette époque que date la création de L'exter mil surveillé au Collège communal.

il En abandonnant la direction du Collège, M. Tabary obtenait un congé pendant la durée duquel M. Saint-Marc s'engageait à lui payer une partie de son traitement. Mais cette situation se prolongea plus longtemps que ne l'avait pensé M. Sainl Marc. Le congé de son prédéi esseur tut plusieurs fois renouvelé, et, malgré ses instances réitérées pour obtenir de l'Université sa nomination officielle, il ue put l'avoir avant 1832. Jusqu'en 1831, l'administration universitaire lui donnait le titre de sous-principal, et à partir de cette époque celui de principal provisoire.

Enfin, l'année suivante, le Bureau introduisit au Collège l'étude des langues vivantes. Le Conseil royal de l'instruction publique, par un arrêté en date du 15 septembre 1829, avait rendu cet enseignement obligatoire dans les collèges royaux. Les administrateurs, désirant maintenir les études du Collège de Chinon au même niveau que celles de ces établissements, prirent le 16 décembre la décision suivante, que nous reproduisons en l'abrégeant :

« L'étude de la langue anglaise et de la langue italienne fera partie de l'enseignement du Collège, et les élèves seront admis à suivie ces cours sans payer aucune nouvelle rétribution.

L'enseignement de l'anglais aura lieu dans les classes de 4e et de 5 . et celui de l'italien dans la classe de 3e.

M. le Principal, ayant offert de rétribuer le maître sur les bénéfices du pensionnat, prendra les mesures nécessaires pour que les cours commencent le 1" janvier.

Sur la proposition du principal, M. Delahaye, régent de Rhétorique ' . sera chargé d'enseigner ces deux langues ».

M. Saint-Marc, en acceptant ces nouvelles obligations, n'avait en vue que l'intérêt de l'établissement qu'il dirigeait. Les bénéfices qu'il était appelé à en retirer ne devaient pas l'indemniser des sacrifices qu'il s'imposait.

Depuis la réouverture du Collège, en l'an XII, la distribution des prix avait coutume d'être précédée, chaque année, d'exercices publics. En 1829, M. Saint-Marc, qui, pour la première fois, se trouvait appelé à organiser cette solennité, les supprima. Le maire s'en plaignit. Ils furent donc rétablis l'année suivante'2); et ceux de 1831, dont nous possédons le programme, prouvent qu'indépendamment des classes de français et des cours de langues anglaise et italienne, nouvellement organisés, il y avait alors au Collège toutes les classes de latinité depuis la 8e jusqu'à la philosophie, et trois cours de mathématiques : mathémathiques préparatoires, élémentaires et spéciales.

(1 M. Delahaye, tout en étant professeur au Collège, était en même temps libraire et gérant responsable de la Feuille hebdomadaire de l'arrondissement de Chinon.

(2) Feuille hebdomadaire de l'arrondissement de C/Unon,a° du 27 août 1830.

Toutefois, ces exercices sonl les derniers don! nous ;i\ ons trouvé le programme imprimé ' .

Les examens publics qui précédaient ainsi la distribu tion des prix ne tardèrenl sans doute pas à être suppri mes '-'. En tout cas. ils n'eurenl pas lieu »'n 1832 L'épidémie de choléra, qui décimai! alors la population chinonaise, avail déterminé le Bureau a prendre, b la date du 10 août, l'arrêté suivant :

« Art. I. — Les classes continueront jusqu au l : septembre prochain pour les élèves que leurs parents jugeront convenable de

laisser au ntllèirr.

Art. II. — La rentrée des classes aura lieu le lundi 15 octobre, et la distribution des prix le 5 aovembre suivant.

Art. III. - Les élèves qui, d'après leurs compositions, auront obtenu des prix ou des accessits, les recevront quand bien même ils ne reviendraient pas l'an prochain, et dans ce cas leurs prix et la liste des prix seront adressés à leurs parents, par le principal. aussitôt la distribution.

Art IV. — Les compositions des prix étant achevées, la liste des prix sera, avant le 15 du murant, adressée a M. le sous préfet, président du Bureau, pour rester entre ses mains jusqu'à l'époque de la distribution. »

Conformément a cel arrêté, lu distribution des prix eut lieu le 5 novembre. Ce fail nous est confirmé par 1*' palmarès imprimé de cette solennité, qui est le plus ancien que nous connaissions.

Le lendemain, <; novembre, le principal rédigea un règlemenl spécialement destiné aux élèves Me l'école

préparatoire annexée ;m Collège pour la préparation aux écoles polytechnique, militaire, navale et forestière. Ces élèves avaient chacun leur chambre, pouvaient sortir seuls ou se visiter entre eux. le tanlof de midi à une

(1) Ce programme étail imprimé, comme au kvih* siècle, tantôt soua (orme de placard in-folio, tantôt .-eus (orme «le brochure in-4'. Jusqu'en 1814 il mentionnait le nom des élèves, mais il ne le donnait plus dès 1817. iXous n'avons pas vu celui de 1815 ni celui de 1816.)

2] Nous avons vu dans les dossiers de l'inspection académique (Arcb. d'Ind.-et-Loire) le programme manuscrit de ceux que le principal se proposait de faire passer aux élèves en 1833 <'l qu'il soumettait préalablement à l'approbation de l'autorité supérieure.

heure, el le soir de 8 heures à 9 heures et demie. Toutefois, ils ne pouvaient sortir le soir pendant l'hiver et il leur était expressément défendu, en tout temps, de recevoir dans leur chambre d'autres élèves que ceux de L'école préparatoire M. Le prix de la pension, pour ces élèves, étail de 750 francs <2>.

Jusqu'à cette époque il n'y avait eu au Collège qu'un seul régent de mathématiques, qui professait à la fois les mathématiques élémentaires et les mathématiques spéciales. C'était insuffisant en raison de l'importance de l'école préparatoire qui comptait alors 7 élèves. Le Bureau, par décision du 11 février 1833, pria donc le recteur de donner au régent de mathématiques, qui était alors M. Madamet (3), le titre de régent de mathématiques spéciales, et de créer une chaire de mathématiques élémentaires et de physique.

Ce projet ne tarda pas à recevoir son exécution, et M. Madamet put désormais consacrer tout son temps aux élèves qui se destinaient aux grandes écoles du Gouvernement. Son traitement était de 1200 francs, tandis que celui du régent de mathématiques élémentaires fut fixé à 1000 francs.

Cependant, pour diminuer les frais occasionnés par la création de ce nouveau professeur, on supprima la chaire d'histoire et de géographie, dont le titulaire touchait également 1000 francs, mais on créa un sous-principal, aux appointements de 800 francs, et ce poste, confié d'abord à M. Duguet, fut occupé ensuite par M. Saint- Marc, jeune, frère du principal. ■

Pendant tout le temps de son principalat, M. Saint- Marc ne cessa de consacrer toute son activité et de

(1) Feuille hebdomadaire de l'arr' de Chinon, n° du 23 novembre 1832, où ce règlement est inséré in-eœtenso.

(2) Feuille hebdomadaire de l'an-' de Chinon, n° du 13 septembre 1833.

3) M. Madamet était un professeur très distingué. On lui offrit à diverses reprises des postes plus importants qu'il refusa pour rester à Chinon. C'était le père de M. Albert Madamet, ancien ingénieur en chef des Constructions navales, actuellement directeur des Forges et Chantiers de la Méditerranée, l'un des plus brillants élèves du Collège au milieu du xix* siècle.

donnei tousses soins à l'établissement <i" il dirigeait. Aussi, parvint-il rapidement a ramener la prospérité dans cette maison. Le nombre des pensionnaires, qui n'était que de n lors de son arrivée, atteignil en 1834 le chiffre de su. Deux anciens élèves de l'école préparatoire étaient alors è l'école polytechnique, un a l'école de Saint-Cyi '.

L'année précédente, le Collège comptait mê trois de

ses élèves à l'école polj technique

Cependant M. Saint-Marc ne s'enrichil pas au Coll< il dépensait sans compter pour améliorer le bien être des élèves, comme pour entretenir et accroître le mobi lier. Et, lorsqu'il dut abandonner sou poste, en 1835, il se trouvait Mans une situation financière forl embarrassi

Son frère lit. sans succès, des démarches pour lui succéder. Les candidats étaient du reste nombreux, el ce fut M. Pilleau, alors principal du collège de La Rochefoucauld, qui fut nommé par arrêté du ministre de L'instruction publique en date du b"> septembre 1835.

L'uniforme «1rs élèves qui, nous l'avons vu, avait primitivement été réglé par l'arrêté du lu vendémiaire an XII, fui modifié pendant le principalal de M. Saint-Marc. Le -i~ octobre 1830. le Bureau décida que cet uniforme consisterait désormais «en un frac en drap bleu <lr roi, avec collet, parements et retroussis en drap bleu < le ciel»: les boutons devaienl être dorés et porter l'indication du Collège de Chinon ; Le pantalon devail également être en drap bleu de roi <:*J. Cel arrêté ne parlait pas de la coiffure, mais un prospectus du Collège, imprimé sous le principalat de M. Filleau, successeur immédiat de M. Saint-Maie nous apprend que les élèves axaient alors une a casquette d'uniforme ».

Le nombre, le choix et le mode de nomination des

(1) Feuille hebdom. de i'<hth>i</- ./..< Chinon, n* du u avril k<;.

(2) Dossiers de l'inspection académique. [Archives d'Indre-et-Loire.

(3) Un décret du lô novembre L811 avait déjà remplacé, en principe, pour les pensionnaires des collèges et à partir du 1" avril suivant, l'ancien habit vert par un habit bleu, mais le Collège de Chinon n'avait pas encore, semblet-il, adopté cette modification.

boursiers avaient également varié à diverses reprises depuis la réouverture du Collège.

L'arrêté du 19 vendémiaire an XII, réglementant les écoles secondaires communales, décidait qu'il ne pourrait y avoir qu'un boursier sur 25 pensionnaires et que ces places seraient données aux élèves les plus méritants, ou aux enfants de militaires ou de fonctionnaires publics habitant la commune.

D'après le règlement adopté au Collège en 1817, et extrait des règlements officiels de l'Université, les élèves exemptés de la rétribution collégiale ne devaient pas excéder le dixième de la totalité des élèves payants et devaient être choisis par le Bureau parmi les enfants des familles pauvres ou peu aisées, en donnant la préférence à ceux qui lui seraient désignés par les curés des paroisses « comme annonçant des dispositions pour l'état ecclésiastique ». Il y en avait alors 5 au Collège.

En 1824, un arrêté du Conseil royal de l'instruction publique avait fixé le nombre de ces élèves au dixième du nombre des externes, et conseillé aux administrateurs d'accorder surtout cette faveur « aux enfants des familles estimables qui, par l'effet de la Révolution, avaient éprouvé des pertes dans leur fortune ou leur état », et de n'y faire participer les enfants de la classe ouvrière que lorsqu'ils manifesteraient de très grandes dispositions et une conduite irréprochable. Cependant, le nombre des boursiers fut maintenu à 4, bien qu'il n'y eut alors que 28 externes.

En 1830, lors du vote du budget, le maire rappela à rassemblée municipale que la Ville, en s'engageant à allouer au Collège une subvention annuelle, s'était réservé le droit d'y faire instruire gratuitement le dixième des élèves, choisis parmi ceux dont les parents ne pouvaient payer la rétribution. Le Conseil exprima alors le désir de désigner lui-même, sur la proposition du maire, les enfants appelés à jouir de cette faveur. Il n'en fut rien cependant. Et le 27 octobre de cette même année, ce fut encore le Bureau qui nomma les boursiers;

il accorda la gratuité a 7 élèves, dont [ latinistes, el donna une demi bourse a un autre élève latiniste.

Enfin, le 15 juillet de l'année suivante, le Bureau décida qu'à l'avenir les bourses seraient données au concours el attribuées par moitié aux élèves des « I » ■ u x écoles primaires ll). Deux places s'étanl trou^ vacantes a l'époque de la rentrée, le Bureau ouvrit un concours a la suite duquel il accorda l une des bourses a l'élève Jules Girard, de l'école des Frères, qui avait répondu d'une manière très satisfaisante, mais il se vit dans l'obligation de réserver iH.ur un autre concours la bourse destinée aux élèves de l'école mutuelle, aucun des élèves présentés par cette école « n'étant encore assez instruit et ne réunissanl les autres conditions exigées

Ces concours ne nous paraissent pas s'être renouvelés Mans la suite, et les boursiers continuèrent, pendanl quelques années encore, à être désignés par le Bureau sur la proposition du principal, en attendant qu'ils le tussent par le Conseil municipal.

Une chapelle existail au Collège dès 1»' commencement du xixe siècle. Le règlement de 1811 obligeail même les professeurs et les élèves à y assister aux offices les dimanches et jours de tête. Devenue sans doute insuffisante, elle était probablement fermé n 1818 lorsque la

création d'un nouvel oratoire fut autorisée. Cependant, a partir de cette époque et duranl une période de «li\ années, les élèves suivirent encore les offices paroissiaux.

Réorganisée par les soins de M. Saint Marc, lors de son arrivée à Chinon, la chapelle fut bénite le 5 novembre 1828 par M. Souchu, curé archiprêtre de saint Etienne, et, bientôt après, l'archevêque désigna un aumônier pour la

(1) Ces deux écoles étaient l'école des Frères et l'école mutuelle, subventionnées l'une et l'autre par la Ville.

(2) Cette décision donna lieu, dans la Feuille hebdom. de Varr* de Chinon, à

une polémique à laquelle prirent part les parent* des élevés pré>entés par le directeur de l'école mutuelle, le principal du Collège et le SOUS-préfet, ce dernier comme président du Bureau.

servir. Tous les élèves furent dès lors astreints à y suivre les offices religieux.

Nous ne savons quel était, à cette époque, le traitement de l'aumônier. Le principal le payait sans doute de ses deniers. Cette dépense .ne fut inscrite au budget qu'à partir de 18il et sur la demande expresse du recteur. La ville vota à cet effet une somme de 150 francs, qui fut augmentée plus tard, mais le principal donnait l'excédent. A partir de 1873 les deux vicaires de Saint-Etienne se partagèrent le service, et les choses restèrent en cet état jusqu'à la suppression de l'enseignement et du service religieux dans l'établissement, à la rentrée de 1889.

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Le 20 octobre 1835, M. Filleau, après avoir prêté le serment prescrit par la loi, fut installé- dans ses fonctions par les membres du Bureau.

Pendant deux ans, le nouveau principal administra le Collège à ses risques et périls, comme l'avaient fait ses prédécesseurs : il touchait pour son compte la rétribution collégiale et recevait de la Ville une subvention de 3000 francs, mais il se chargeait de payer les professeurs et fonctionnaires de l'établissement et de subvenir à tous les frais du pensionnat dont il avait du reste les bénéfices.

A partir de la rentrée de 1837, il n'en fut plus ainsi. Le gouvernement préparait alors une loi devant obliger, à bref délai, les municipalités à prendre à leur charge le traitement des régents. En prévision de cette éventualité, et sur les instances du recteur et du principal, le maire, Ha ns la séance du 3 août 1836, demanda au Conseil municipal de vouloir bien se conformer, dès ce moment, à ces dispositions et signer à cet effet un engagement de cinq années. Il faisait remarquer que les professeurs, dont le traitement serait ainsi garanti par la Ville, s'attacheraient davantage au Collège et chercheraient moins à le quitter pour aller ailleurs ; et il pensait que le niveau des études ne pourrait qu'y gagner.

Le Conseil, avanl de prendre une décision, désigna, pour étudier cette question, trois de ses membres qui, huit jours après, déclarèrenl que ce projet ne leurparais snit pas avantageux pour la Ville, et qu'il leur semblait préférable de n'apporter, pour le moment, aucune modi flcation dans l'administration du Collège. Us ajoutaient que l'on pourrait plus sûrement améliorer les études en faisant le jeudi matin, danstoutes les classes, une répétition générale des cours de la semaine, et en récompen sanl par des allocations supplémentaires le zèle du prin ripai el «1rs régents.

ils proposaient, peur cela, 1" d'accorder au principal une indemnité de 300 francs, en sus des :;ikh> allouas chaque année ; 2° de voter pian- le Collège une nouvelle soin me de MX) francs qui serait ainsi distribuée : 100 francs au professeur de mathématiques s'il faisait recevoir un ou plusieurs élèves à l'école polytechnique, et 50 francs s'il n'en faisait recevoir qu'aux écoles spéciales ; 100 francs au professeur de philosophie si tous ses élèves étaient reçus au baccalauréat, et 50 francs s'il y en avait au moins la moitié : les 200 francs restants devant être répartis entre les différents professeurs, selon leur zèle et les résultats obtenus.

La majorité de l'assemblée s'étanl ralliée à cette opinion, il ne fut pas donné suite à la proposition du maire. Mais celui ci, dans la séance du 19 janvier de l'année suivante, appela de nouveau l'attention du Conseil sur cette question et sur l'opportunité qu'il y aurait de la traiter conformément au désir de l'autorité académique. Le chef delà municipalité faisait observer combien Userait regrettable de reculer devant quelques sacrifices, si la prospé rite du collège devait en dépendre, et il rappelait que cet établissement avait toujours été de plein exercice et avait « fourni presque chaque année des élèves à l'école polytechnique et aux autres écoles spéciales ». Le Conseil se laissa enfin convaincre et donna son approbation au projet de traité que le maire avail préparé et que le principal accepta ensuite avec une légère modification.

Nous croyons devoir reproduire ce document qui, pendant de longues années, mais avec des changements successifs, a servi de hase à l'administration du Collège. Les derniers traités eux-mêmes n'en diffèrent en réalité <[ue par le chiffre plus élevé des allocations et par l'intervention de l'État qui, depuis longtemps déjà, subvient aux dépenses de l'établissement dans une proportion toujours .maudissante.

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