TRAITÉ DE
I. — Le collège de Chinon sera en ce qui concerne les études au compte de la commune de Chinon à partir de la rentrée prochaine, soit du 20 au 23 octobre 1837. La ville demeure chargée de solder aux termes ordinaires les professeurs du collège ainsi qu'il suit :
Principal chargé d'une classe 1200 f.
Régent de mathématiques 1200
Régent de philosophie et de rhétorique . . 1200
Régent de 2' et de 3e . . • 1 100
Régent de 4e et de 5e 900
Régent de 6" et de 7e 800
Maitre d'écriture et de dessin 600
Maître d'Anglais 200
Maitre surveillant qui pourra être employé à quelque partie de renseignement, suivant la décision du Rureau et la demande
du principal 800
Gages du portier 100
Total 8100
Dans le cas où un professeur n'aurait pas d'élèves pour la classe dont il est titulaire, il serait tenu néanmoins de donner au collège et pour d'autres cours le temps qu'il doit généralement chaque jour conformément aux règlements universitaires.
La ville continue à fournir le logement tel qu'elle le fait maintenant, mais sous quelque prétexte que ce soit, elle ne pourra être tenue de fournir aucune autre indemnité, à tout autre titre, et de faire d'autres dépenses que celles qui viennent d'être établies.
II. — Pour indemniser la ville de cette dépense, elle aura seule droit au produit de l'externat en totalité, soit pour le cours de latinité, de français et autres, et même pour l'assistance des externes aux diverses études et aux autres exercices d'intérieur ;
ci en outre le principal lui rendra compte d'une somme de 80 francs par an pour chaque pensionnaire h demi-pensionnaire, laquelle somme représente pour chacun les frais d'instruction. Néanmoins, lorsque deux frères se trouveront au collège comme pensionnaires ou demi-pensionnaires, la rétribution Bera réduite a 80 francs pour chacun d'eux, mais seulement pendanl le temps où les deux frères resu-n 'lit ensemble au collège.
Le principal restera garant, à ses risques et perds, du pensionoat ; et par conséquent tous les frais concernant ce pensionnat, sans exception, resteront a sa charge, et il devra fournir sans aucune rétribution tout le mobilier nécessaire à l'établissement, tel qu'il le fait en ce moment.
III. — Le principal recevra directement des parents des él< pensionnaires, demi- pensionnaires et externes, la rétribution fixée pour les frais d'instruction, et il en versera I»' montant par tri mestre les l" janvier, l" avril. 1" juillet et 5 septembre de chaque année au receveur de la ville. Il devra joindre a l'appui de ce ver sèment un état certifié par lui et visé par le maire.
Le prix actuel de la pension ue sera point augmenté et même s'il y a possibilité de faire quelque réduction, le Bureau du collège et M. le principal d'un commun accord le détermineront d'ici la fin de l'année scolaire.
IV. — Le présent traite aura à années de durée. ;i partir de la rentrée prochaine, rendant ce temps M. Filleau devra restei constamment attache à cet établissement en qualité de principal et la ville ne pourra être tenue d'acquitter le traitement d'un plus grand nombre de régents et maîtres que celui établi d'autre paît.
Y. — En faisant ce traite la ville de Chinon entend conserver dans son collège le plein exercice des études, tel qu'il existe maintenant et qu'il est généralement établi dans les collèges royaux, par eonséii uent <Iue b's cours actuels devront continuer à être faits suivant les besoins de l'établissement et des élèves, autrement le présent traite devrait être considéré comme non avenu.
Cependant, si contre toute attente le aombre des élèves, soit comme pensionnaires, demi-pensionnaires et externes, se trouvait réduit au dessous de i0 élèves payants, le présent traité cesserait d'être obligatoire à la fin de la deuxième année scolaire (*) ou ce nombre n'aurait pas été atteint, sauf à provoquer dai une
nouvelle décision du Conseil municipal.
ii Le projet «le traité portail : « a la fin de la première année ■ et avail été modifié dans ce sens a la demande du principal.
Il c'est rien innové aux droits qu'a la ville de désigner ou de laisser désigner par le Bureau d'administration du collège 4 élèves gratuits pour en suivre les cours. „
VI. — Le présent traité sera soumis à l'approbation de M. le ministre de l'instruction publique et ne sera définitif qu'après cette approbation
La Ville prenait donc, pour cinq années, l'engagement de payer tous les professeurs et fonctionnaires du Collège, mais, comme compensation, elle devait toucher le produit de la rétribution collégiale et de l'externat surveillé. Le traitement du personnel s'élevant à la somme de 8.100 francs, et le produit des rétributions étant évalué pour la première année à 3.400 francs, c'était, pour la Ville, une dépense approximative de 4.700 francs, supérieure de 1.700 francs seulement à l'allocation qu'elle avait l'habitude d'accorder.
Approuvé définitivement par le ministre le 30 avril 1838, ce traité fut aussitôt mis à exécution, avec effet rétroactif à la rentrée de 1837. Toutefois, le ministre, en lui donnant son approbation, avait ramené à 1.000 francs le traitement du principal, et porté à la même somme celui du régent de ie et de 5e, et à 900 francs celui du régent de 6" et de 7e. La chaire de mathématiques élémentaires avait été supprimée par décision du Bureau en date du 31 juillet 1836: il n'y avait donc plus qu'un seul professeur de mathématiques.
Avec M. Filleau, le Collège continua de soutenir sa lionne réputation. Cependant les élèves étaient moins nombreux que sous son prédécesseur, ce qui provenait, au dire du Conseil municipal, de l'existence de plusieurs maisons nouvellement créées dans la région et de la concurrence que les petits séminaires faisaient alors aux collèges communaux. Les études y étaient néanmoins restées très fortes, et les élèves ne cessaient de remporter îles succès aux concours qui, à cette époque, avaient
1 Registre des délibérations municipales. [Archives communales de Chinon, B.48.)
Lieu chaque année entre les principaux établissements de L'Académie, et auxquels les collèges d'Orléans, de Tours, de Bloisel de Chinon étaienl seuls admis à prendre part.
Cependant, dans l'intérôi «lu Collège el sur les conseils du recteur el Mes inspecteurs généraux, le Conseil municipal n'hésita pas, en 1840, à dédoubler les classes de philosophie el de rhétorique, ainsi que celles de 3 el de Ie, el H voter pour le traitement des deux nouveaux professeurs une somme de 1.700 francs, portant ainsi le budget du Collège a 9.800 francs.
En 1839, pendant le principalal de M. Filleau, diverses modifications furenl apportées à la distribution intérieure des bâtiments. C'esl ainsi que, dans l'aile droite, au pre mier étage, plusieurs cloisons furent démolies de manière ii et' que toul l'espace fut occupé par deux dortoirs seule ment. Ce sont les dortoirs actuels. Ces modifications el quelques autres travaux exécutés en môme temps, occa sionnèrenl une dépense de plus de s. 000 francs.