‹ Histoire du collège de ChinonChapitre 3 sur 34 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le Collège royal depuis sa fondation jusqu'au moment où la Ville en abandonna la direction aux Augustins ( 1578-1705) d>.

L'obligation que l'ordonnance d'Orléans imposail aux Chapitres de consacrer une de leurs prébendes à l'instruction des enfants, engagea alors bien des municipalités à ouvrir des collèges, (l'est précisément ce qui eut

lieu à Chinon.

Kii l.'.Ti. ru elïef. on tout au moins en 1576 - et -ans doute pour répondre à une demande 'le l'assemblée municipale, Henri III autorisa la Ville a acheter, pour \ établir un Collège, une maison située au dessus du carroi de Saint Etienne, entre le coteau et la rue conduisant à la Porte de la Barre, maison dont le prix d'acquisition — 2,000 livres — fut payé avec le produit d'un impôt spécial levé dans toute l'Election.

Ces détails ne nous sont connus que par la mention

(1) Tous les faits exposés dans ce chapitre sonl extraits, saul indication contraire, des délibérations 'lu Corps de Ville de Cbinon Arcn. mun. de Chinon, BB. 2-16).

(2) La date de l">7'» esl donnée par un documenl «ai milieu du w ni' s conservé aux archives d'Indre <-i Loire (D. 7), mais il es! possible qu'elle -"it erronée el qu'il taille lire 1576, ô moins que cette dernière, donnée pai l'inscription que nous reproduisons ci après, ne -"il celle de l'enn - - ;it el que la pièce n'ait été enregistrée que deux ai'- api.- avoir i l< - &né<

roi.

qu'en ontfaite Les administrateurs du Collège, au milieu du w in siècle, d'après une o très ancienne inscription » qui se trouvait alors au dessus de la porte d'une classe et dont ils ont eu soin défaire prendre une copie authentique par un notaire de la ville.

Voici «p'H était, d'après cel acte, en date du 18 avril 1763, le texte de cette inscription :

RAIGNANT LE ROY HENRY iii. LE PRESENT HOTEL A ÉTÉ ACHEPTÉ PAR LE COMMENDEMANT DE SA MAJESTÉ LA SOMME DE ii MIL LIVRES QVI A ÉTÉ IMPOSÉE ET LEVÉE SVR LA VILLE Il ÉLECTION DE CHINON POVR SEHVII; AVX EFFETS CONTENVS ES LETTRES ET DÉCLARATION- DVD. SEIGNEVR ET ATTACHE

d'icelle enregistrée es gdeefes de l'ordinaire ET

ÉLECTION DVD. CHINON. 1576.

Cet acte non- apprend aussi (pie la classe, dont la porte étail surmontée de cette inscription, se trouvait au nord de la cour : que l'inscription elle même était gravée sur une pierre de tulïeau mesurant quatre pieds de longueur et deux pieds sept pouces de hauteur, et qu'une autre grande pierre de tuffeau. placée au-dessus de la précédente, portail, également gravées, les armoiries du roi et celles de la ville [ .

Les lettres du roi, autorisant la création du Collège. n'existaient déjà plus à cette époque '2 . Elles avaient été détruites, paraît-il, dans un incendie survenu en 1649 au greffe du Bailliage où elles avaient été déposées, et c'est pour y suppléer que le Bureau avait décidé, à la date du

1 Minutes de M' Roy le jeune Etude de M" Guérin, notaire à Chinon). fous avons conservé pendantquelque temps l'espoir de retrouver le de cette pièce intéressante, soit dans les anciens registres du Parlemenl de Paris, soil dans ceux de la Chambre des Comptes, où ce document aurait pu avoir été enregistré, niais les recherches faites dans ce bul sont demeurées sans résultat. Cependant M. du Retail. qui a bien voulu se charger de ces recherches, a trouvé, en parcourant les tables des Mémoriaux de la Chambre des Comptes, une mention d'enregistrement, vers la mi-décembre 1576, d'une « concession d'octroi aux habitants de Chinon de 20 livres par minol de sel pour fi ans ». Est-ce à l'aide de cet impôt qu'a été payée la

m du Collège ' C'esl i ible, mais on ne peut l'affirmer, ces tables ne

donnant aucun autre détail, et les Mémoriaux contenant l'enregistrement - ayant été détruits par un incendie en 1733.

16 mars précédent, de [aire relever cette inscription pai un notaire.

Nous ne pouvons donc donner de détails bien précis sur la fondation du Collège royal i e qu'il \ ;i de certain, c'est que, malgré l'acquisition de l'immeuble destiné ù installer cel établissement, l'écqle capitulaire de Saint Mexme subsista plusieurs années encore el continua de rester pendanl ce temps dans la maison appartenant aux chanoines et probablement sous leur direction.

Ce fui seulemenl le 20 novembre 1578, et sans doute par suite du décès de René Boucher, alors précepteur de cette école, que le Corps de Ville se réunit pour nommei le premier principal. Le pinces verbal de cette réunion ' nous apprend que Me Michel Bizaul 2), venant d'Angers pour prendre possession de cette charge, se présenta devant l'assemblée qui lui fit savoir que, s'il voulail accepter le principalat, le Chapitre de Saint Mexme lui donnerait le revenu en nature d'une de ses prébendes, et la Ville une somme annuelle de 150 livres, à condition qu'il prendrait avec lui deux régents el les paierait de ses deniers.

Le sieur Bizaul trouvait ces propositions peu avanta geuses. Cependant il déclara m1"'- pour prouver sa bonne volonté et son désir d'être utile, il était prôl ô les accepter si le Chapitre voulail lui conférer la prébende et le titre de chantre dont étail pourvu René Boucher ci naguère précepteur des écoles », el si le receveur de la Ville ou foui autre habitant s'engageail b se porter personnelle ment garant de la somme annuelle de 150 livres qu'on lui promettait.

Bizaul n'avait donc, semble-t-il, qu'une confiance très limitée dans le crédit de la Ville. Cependant l'assemb

(1) Pièces justificatives, B. 1.

(2) C'est ainsi que le uom de ce principal esl ordinairemenl écril dai

délibérations municipales : nous avons donc adopté cetl thographe. Dans

l'arrel des Grands Jours de Poitiers de 1579, il esl écril Bizayeul el Bizeul. Enfin, il existai! i\ Mayenne, de L567 a 1569, un sieur Michel Bizeul, n d'école, qui esl peut-être le môme personnage. (L'abbé V.ngot. L'Instru populaire dans le département de ■■ \fa nn . 1890

après en avoir délibéré, lui accorda la place de principal et décida que les chanoines seraient invités à lui conférer les titres el bénéfices attachés à cette charge, et que le receveur des deniers communs serait contraint de lui verser chaque année une somme de 150 livres, payable en deux termes égaux, l'un à la fête de Noël, l'autre à celle de Saint-Jean-Baptiste. Elle décida aussi que la Ville se procurerait une partie de cette somme en affermant l'ancienne maison des écoles et ses dépendances, y compris le revenu de la confrérie de Saint- Nicolas, et que le surplus serait pris sur les deniers communs.

Il fut également convenu dans cette réunion que Michel Bizaul commencerait à exercer ses fonctions à Noël ou au premier janvier de l'année suivante, et qu'il percevrait de chaque élève une somme mensuelle de six sols tournois, sans cependant pouvoir rien exiger des enfants pauvres de la ville, dont la liste lui serait donnée par écrit. Enfin personne autre, tant dans la ville que dans les faubourgs, ne pourrait désormais « tenir école » ni instruire les garçons, sauf les tout jeunes enfants n'ayant pas huit ans et auxquels il était permis d'enseigner les premiers éléments de la lecture et de l'écriture jusqu'à ce qu'ils pussent lire « dans leurs heures ». Ceux qui contreviendraient à cette décision seraient condamnés à payer une amende de trois écus un tiers au profit du Collège.

Ces dispositions furent ratifiées le 12 du mois suivant dans une assemblée générale des habitants, qui précisa certaines questions de détail et modifia légèrement quelques-unes des décisions prises dans la réunion précédente W.

C'est ainsi qu'il fut convenu que, contrairement à ce qui avait été décidé, la maison où se trouvaient précédemment les écoles et que le Chapitre venait d'abandonner à la Ville pour augmenter la dotation du Collège, ne

(1) Pièces justificatives, B. 2.

serait pas affermée. Les élus furent invités a la vendri ii en employer la valeur en achal de rentes constiti • donl les intérêts devaient servir à payer au principal une partie de ses ém< iluments ' .

Quanl nu revenu de la confrérie de Sainl Nicolas, il était si minime, paraîl il, qu'il suffisait à peine à acquitter le service divin qui s'y trouvail attaché, il fut donc décidé qu'on l'abandonnerail ;'i la fabrique de lapai iint-

Maurice, ù In charge, par cri le ci, de faire dire le service accoutumé ».

Par suite des décisions prises dans ces deux assem blées, h" principal était tenu — nous l'avons vu d'avoir avec lui deux régents ••( de les payerdesesdeniers.il devait en outre les choisir de bonnes vie et conversa tion» el les faire agréer par l" Corps de Ville, ce qui ne l'empêchait \n\-~ d'en rester responsable. La Ville cons vait du reste le droil de lf destituer - il négligeait ou > il refusait de remplir convenablement ses fonctions, et après l'avoir préalablement mis cm demeure « de quitter bien et dûment de son devoir ».

Il ressort enfin Me ce- délibérations que le receveur Mes deniers communs fut contrainl d'avancer è Bizaul

(1) Cette vrille eut lieu « en l'auditoire royal de Cbinon • le lu avril '."■ la suite d'un procès-verbal de visite fait le 5 du même mois '■! constatanl que la maison était «toute démolie el en grand déluge». L'immeuble fui adjugé a Jehan Dutartre, couvreur, demeurant paroisse Saint-Mexmi charge de le faire restaurer, de servir au Chapitre de Saint Mexme une rente de 60 sols et déverser annuellement dans la caisse delà Ville une somme de 2 ècus, payable en deux fois, a la Saint-Jean Baptisti Cel immeuble joignait au levant une maison canoniale alors occupée par Martin Péguyneau, chanoine de Saint-Mexme, et au couchant une m babitée par Romain Rient, vicaire el chapelain de la mèn Lrch.

d'Indre et-Loire, <>. 608 . - Un autre acte uous apprend qu'en 1606 la maison comprenait une chambre basse, une cour <-t deux chambres haut.- (id. . Enfin, diverses pièces nous font connaître les propriétaires success immeuble. Citons seulement Julienne Lemaitre, veuve deJeban Taillecourt, a qui Dutartre le céda dès 1582 el qui : céda elle-même a René Guignel en 1606. Au milieu du xvm' siècle, il appartenait à Jean Bodic - 3 ta in de Saint-Mexme, el après sa mort il échut en partage à I un Marie, qui épousa plus tard Louis Dubois id. , Les d scendants des époux Dubois possédaient encore cette maison lorsque les Don d i oes en tirent l'acquisition te 17 février 1879, - Voir p. 14 une uote indiquant l'emplacement <le cet immeuble.

une somme de 33 écus et un tiers, pour l'aider à payer ses frais de déménagement.

A peine Michel Bizaul fut-il pourvu du principalat que des difficultés s'élevèrent entre lui et le Chapitre de Saint-Mexme qui refusait de lui conférer les titres et bénéfices qu'on lui avait promis;

Les chanoines étaient arrêtés, disaient ils, par les prétentions d'un sieur Jehan Barat qui s'était fait pourvoir en cour de Rome, et à l'insu du Chapitre, du titre de chantre de la collégiale, et qui soutenait que ce titre lui donnait droit au canonicat et à la prébende destinés au principal. Les chanoines, qui, en réalité, étaient peutêtre de lionne foi, se trouvaient donc dans un grand embarras.

Bizaul, soutenu par la Ville, en référa au tribunal du Bailliage de Chinon qui, le 29 avril 1579, condamna le Chapitre à exécuter les prescriptions de l'ordonnance d'Orléans " . Les chanoines ne s'étant pas soumis à cet arrêt, leur temporel fut saisi en vertu d'une décision du lieutenant générai, en date du 23 août suivant.

Le Chapitre fit aussitôt appel de cette sentence, et le différend fut porté devant la Cour des Grands Jours de Poitiers qui, par un arrêt rendu le 13 octobre de la même année, confirma le jugement de Chinon et condamna les chanoines à conférer à Bizaul la prébende que l'ordonnance d'Orléans les obligeait de consacrer à l'instruction - .

Le procureur général, dans ses conclusions, avait fait valoir que celte obligation ne pouvait être mise en doute et «pie les cbaiioines pouvaient d'autant moins s'y soustraire qu'ils s'y étaient déjà soumis trois fois, en accordant cette prébende à Detrahay, à Boucher et en dernier lien a Bizaul a qui les habitants ne l'avaient promise

I Une copie de cette sentence existai! encore nu Collège en 1791, d'après l'inventaire fail a cette époque des titres <i papiers <!<■ cel établissement Anii. mun. de < Ihinon, série l .

i arrêtes! reprcduil in eatenpo parmi les pièces justificatives (C).

qu'avec l'assenti rit du Chapitre. D'après ce magistrat,

le principal av.ail égalemenl droil au titre de chantre qu'avail toujours possédé le précepteur des écoles; mais comme Bizaul avail fail savoir par l'organe de son avocal qu'il n»' tenait pas b ce litre, purement honorifique, l'ai rél des Grands Jours, loul en annulanl l'attribution faite en cour de Rome, de cette dignité, laissa au Chapitre le droil de la conférer à l'un des chanoines de l'église collégiale. Enfin cel arrêl condamnai! les appelants aux dépens et à une amende de 20 livres parisis envers le roi.

Cependant les habitants n'eurent pas à se louer du zèle et de la conduite de celui donl ils venaient de soutenir la cause. Malgré les engagements qu'il avail pris, Bizaul ne s'adjoignit aucun auxiliaire, négligea l'instruction des enfants et se livra lui même à des écarts de conduite tels • [ut1 les officiers municipaux durent bientôl sévir contre lui.

Son traitement lui fut d'abord supprimé. Et, connu.' à la suite de cette décision, il avail présenté, à la date du 2.'» novembre 1580, une requête tendant à en obtenir le paiement, les habitants furent invités à se réunir le 30 du mois suivant pour prendre les mesures que nécessitait la situation.

Cette assemblée, à laquelle assistaient deux chanoines de Saint Mexme, fui unanime à reconnaître que depuis l'arrivée de Bizaul à Chinon, la jeunesse était « plus débandée el mal instruite u qu'auparavant, qu'il avail lui-même fail preuve 'l'une négligence extrême et d'une conduite fort déréglée, et que de nombreuses plaintes avaient été adressées à ce sujet, tant à la Justice qu'au Chapitre de Saint-Mexme. Cependant il fut décidé qu'avant de le destituer, on s'assurerail de l'exactitude des faits qui lui étaient reprochés ' .

1 Pièces justifical ives, B. -'t.

Nous ne savons quel fut le résultat de l'enquête prescrite le 30 décembre an sujet des agissements du principal, ni la date de la nomination de son successeur, Jean de Vendosme.

Il nous semble cependant que Michel Bizaul cessa ses fonctions en 1581 ou 1582 ' . et que Jean de Vendosme lui succéda presque aussitôt, probablement en 1582. En effet, un « Jan de Vendosme, maître es arts en l'Université de Paris, précepteur et recteurdesécolesde Vannes » qu'il dirigeait depuis K>7k quitta précisément cette ville en 1582 P). Il y a donc tout lien de croire que ce fut lui qui vint alors à Ghinon pour prendre au Collège la succession de Bizaul.

Lacté de nomination du nouveau principal ne figure pas sur les registres municipaux, où il est question de lui. pour la première fois, en 1585. Une délibération, en date du 29 novembre de cette année, nous apprend en effet que ce même jour le Corps de Ville agréa comme régent au Collège un nommé Joachim Le Roy. originaire du village de Venet, près de Graçay. en Berry. qui avait étudié « les lettres humaines » et s'était offert à enseigner Mans cet établissement sous la direction de Jean de Vendosme, alors principal 3\ Le postulant, désireux de montrer son savoir, s'était exprimé en latin pour exposer sa demande. Lorsqu'il fut agréé, les élus furent invités a lui faire remettre une somme de trois écus, en attendant que l'on ait fixé ses appointements (*).

1 Nous avons trouvé, à la date du 12 octobre L581, un commencement de délibération — quelques lignes seulement —où il est question d'un T" Bizaul, précepteur au Collège. Etait-ce Michel que l'on nommait par erreur Théodore? Ou était-ce un homonyme, un parent peut-être, qu'il avait appelé près de lui en qualité d'auxiliaire? Nous ne pouvons le dire. Arch. mun. de Chinon, BB. 3.)

2 1. allemand. Origines historiques de la cille de Vannes, 1858; réimprimé en 1903. — Mauricet, Le Collp'j'-' '''' V'nn'n-'f, 1889. — Allanic. Histoire du Collège de Vannes, 1902.

(3) Dans les délibérations municipales, le prénom de ce principal n'es! désigné que par sa lettre initiale: dans les comptes municipaux, il est écrit Jehan en toutes lettres.

'i Pièces justificatives. B. i.

Le 1 ' mars de l'année suivante, le Corps de Ville décidu que le traitemenl du sieur Le Roj sérail de L2écuspar

an, payables d'avance, de trois i - en trois moi

dater du jour de sa nomination.

Le procès verbal de cette dernière assemblée nous apprend égalemenl que la Ville, désirant alléger les charges «lu principal, L'avail tail payer des rôles de la taille, mais que Jean de Vendosme ayant, malgré cela, été imposé l'année suivante el s'étant refusé à payer, le fisc avait fait saisir son mobilier. Le principal avait aussitôl fait opposition à cette saisie et en avail averti le Corps de Ville qui, dans cette réunion, décida qu'en reconnaissance des services que rendait Jean de Vendosme en instrui sani les enfants, 1rs habitants le soutiendraient dans l'instance qu'il avait formée, el que, s'il était cependanl obligé de payer sa taille, cet impôl serait soldé par les habitants ou par les fabriques des paroisses ' . L'assem blée municipale agissail ainsi, disait elle, pour favorise] l'instruction el encourager le zèle du principal J .

Jean de Vendosme conserva le principalat jusqu'en 1601. Il mourut en effet le Ier juin de cette année, à l'âge de 74 ans. étant encore principal du Collège i:i .

Les comptes municipaux de la fin du x\i siècle, conservés à la mairie de Chinon '• . nous apprennent que le prédécesseur de Joacbim Le Roy, comme régent et sous-maître » au Collège, était un nommé Mathurin

i Ces faits nous fonl supposer que J. de Vendosme n'était pas pr L'article 56 de l'ordonnance de Blois de 1579 exemptait >jn effel les i - tiques de toutes contributions et de toutes charges, el l'article 57 défendait de saisir leurs meubles destinés au service divin ou à leurus el domest ique.

2] Pièces justificatif es, B. 5.

(3) Cette indication se trouve en marge d'un registre de baptêmes de i paroisse Saint-Jacques, donl les feuillets onl été transposés avant le numérotage : « Jehan de Vendos aagé de 74 ans décédé le premiei

juin 16W principal du Collège de ceste v >

.1. de Vendosme était-il originaire de Chinon? Nous l'igm personne de ce nom que qous ayons trouvée mentionnée sur les paroissiaux de la ville est une Andrée de Vendosme qui, depuis 1607 qu'a 1635, figure plusieurs fois comme marraine. Si le pr n< ipal n'étaîl prêtre, c'était peut-êl re sa fille.

Cl Archives municipales de < binon, série LL.

ressier qui en 1585, recevait 12 écus par an ; et qu'après lui vinrent François Le Saine! qui, en 1586, recevait également 12 écus, et François Le Roy qui, en 1587, recevail 20 écus.

Jean de Vendosme eut très probablement pour successeur immédiat Robert Martin, prêtre séculier, originaire de La ville de Mayenne. Toutefois, les registres des délibérations municipales taisant défaut depuis le mois de mai 1591 jusqu'au mois d'avril 1621, il nous est impossible de l'affirmer.

Le testament de ce prêtre, qui fut un des bienfaiteurs du Collège, nous apprend cependant que, depuis 1604 jusqu'à 1615, il fit à Ghinon l'acquisition d'un certain nombre d'immeubles, presque tous contigus à cet établissement, auquel il devait les léguer pour la plupart après son décès. Il est donc fort probable que, dès 1604 et peut-être même auparavant, il était déjà pourvu du principalat.

Pendant cet intervalle, et jusqu'en 1619, il ligure du reste, soit avec le titre de chanoine prébende de l'église de Saint-Mexme, soit avec celui de principal du Collège, Mans divers actes notariés ne concernant pas ce dernier établissement. L'un d'eux, passé par Me Gilbert (1 au mois de juillet 1611, nous apprend cependant qu'il avait alors avec lui deux régents : François Cbenard, prêtre, chapelain de l'église de Saint Mexme, et Jacques Le Bourdays.

Enfin, son testament, daté du 17 mars 1618, et les codicilles qu'il y ajouta les 6 et s août 1620. nous font savoir qu'à cette époque il occupait encore le principalat.

Par ce testament, passé par Me Leconte. notaire à Ghinon l2). Robert Martin léguait au Collège plusieurs

Etude de M* Janvier, notaire à Chinon.

- Ce testament est reproduit in extenso a la fin du volume : pièces justifical ives

maisons, cours el jardins joignanl cel établissemenl el diverses constructions qu'il > avail fait édifier. Les dons

qu'il faisait ainsi n'étaienl grevés d'aucu marge pécu

niaire, mais les principaux appelés à lui succéder devaienl continuer de taire dire à la lin des classes ■ le salul accoutumé » suivi de diverses autres prières, notamment du De Profundis, à l'intention du lestateui el ilr ses parents. Us restaienl en outre chargés ■ d'une messe basse el de l'absolution chaque mercredi de la semaine u donl étail grevé l'un des immeubles.

Par ce même acte, le principal du Collège donnait à la ville de Ghinon un logis avec jardin, à condition d'j établir une école où les jeunes garçons des familles indigentes recevraienl gratuitemenl l'instruction. Nous reviendrons sur celle fondation lorsque nous ferons l'histoire de cette école, connue sous le nom de Collège des pauvres ou petit Collège, à laquelle nous consacre mus un chapitre spécial.

Roberl Martin faisait aussi divers dons au ChapUre de Saint-Mexme, aux fabriques de Saint-Etienne el de Saint- Jacques, aux Capucins de Chinon, de Laval el de Mayenne, ainsi qu'à plusieurs personnes, notamment a Jehan Le Commandeur, qui était alors régenl au Collège (ii août L620), et à Jehan Brisoull qu'il instituait, sa vie limant, principal du Collège «les pauvres.

Il parait enfin résulter d'un passage de ce testament qu'il y avail déjà «les pensionnaires au Collège, il > esl en effet question «l'une somme due pour la pension de Pierre Lebascle « sorti du Collège dès la fête Saint-Jean dernière ».

Les bienfaits donl Roberl Martin combla l'établis ment qu'il dirigeait, les legs qu'il lit en mourant pour la création d'une école primaire gratuite, lui donnent droit à la reconnaissance Me la postérité. Le Collège parait «lu reste avoir été fort prospère entre ses mains. Pendant les dix dernières années, il eut, semble i il, presque toujours avec lui deux régents, au moins, donl un seul était payé par la Ville. Son testament, les divers acte-

que nous avons cités et les comptes municipaux conservés aux archives de la ville, nous donnent le nom d'un certain nombre de ces maîtres. Ce sont :

Jehan Martin. 1608-1610. Originaire de la ville de Mayenne, iL était le neveu de Robert Martin et il fut un de ses légataires.

Pierre Tardif, 1610-1611.

Jacques Le Bourdays. 1611. Il devait être originaire de Mayenne ou des environs. Un Pierre Le Bourdais était principal du Collège de la Bigottière (Mayenne) de 1710 à 1719. (L'abbé Angot, L'Instruction populaire <l<mx lu Mayenne, 1890.)

François Chenard. 1611-1620. Il succéda à Robert Martin comme principal du Collège.

Jehan Moussault. 1616-1617.

Fouques Charpentier, 1618-1619.

Jehan Le Commandeur, 1620.

Enfin. Guillaume Remon et Jehan Brisoult, le futur principal du petit Collège, qui, le 6 août 1620, demeuraient avec Robert Martin, devaient peut-être aussi enseigner au Collège.

Robert Martin mourut probablement en 1620, peu de temps après avoir pris ses dernières dispositions testamentaires. Il eut pour successeur François Chenard, curé de la Roche-Clermault W, qui, depuis dix uns professait au Collège en qualité de régent, et qui, dès le mois de septembre de cette même année, portait déjà le titre de principal. Les comptes municipaux en font foi.

A peine Chenard fut-il investi du principalai par 1 'assemblée municipale, qu'il eut à lutter contre les prétentions du Chapitre de Saint-Mexme qui refusait de lui conférer le canonicat et la prébende attachés à cette charge, sous prétexte qu'il ne possédait aucun titre

l En 1619, dans un acte de baptême où Chenard figure comme parrain, il' nom me : n Vénérable et discret .M' François Chenard étudiant en théologie et curé de la Roche-Clermault ». 11 était donc déjà titulaire de cette cure.

universitaire el qu'il avait été nommé par les échevins, dans nue assemblée du Corps de Ville, contrairement aux prescription de L'ordonnance d'Orléans.

Les chanoines prétendaient que, puisqu'ils étaient tenus de conférer au principal la prébende préceptoriale, ils avaient seuls le droil de procéder à sa nomination.

Les officiers municipaux soutenaient au contraire que le maire el les échevins, ayant de tout temps i même avanl l'ordonnance o possédé !<■ pouvoir de nommer !<■ principal, auquel le Chapitre conférait ensuite nne pré bende, cette nomination devail avoir lieu a l'Hôtel de Ville el <mi présence de deux chanoines seulement, il- se basaient en outre sur ce que le Collège était La propriété de la Ville qui l'avail payé de ses deniers et qui rétribuait le principal, el ils ajoutaient que cette question avail «lu reste été jugée précédemment par un arrêl des Grands Jours de Poitiers.

Ce différend fut alors soumis au Parlement de Paris qui, le 22 juin 1621, après avoir entendu les avocats «les parties et le procureur général ' . rendit un arrêt par Lequel la Cour confirmait au maire et aux échevins le pouvoir qu'ils avaienl de nommer le principal du Collège en présence de deux chanoines, el enjoignail au Chapitre de conférer la prébende préceptoriale à l'élu des officiers municipaux - .

Les chanoines durent doue se soumettre et le principal pul «lès lors jouir librement des honneurs ci des revenus attachés à sa charge.

François Chenard occupait le principalat depuis 3 ans seulement, lorsque la Ville chercha à donner au Collège une nouvelle organisation.

Les Oratoriens avaienl ouvert en France, depuis quelques années déjà, des établissements d'instruction

(1) Le procureur général, ou du moins son suppléant, avait longuement développé la thèse que soutenaient les officiers municipaux el avait adoptée, ajoutant même que « sauf correction » l'ordonnance d'Orléans ne s'appliquait pas aux collégiales.

(2) Cet arrêt est reproduit in extenso parmi les pièces justifleativi -

qui paraissaient devoir être florissants. La municipalité, pensanl que le Collège ne pourrait que prospérer entre leurs mains, songea à leur en abandonner la direction.

A cel effet, le Corps de Ville, dans sa réunion du 17 novembre 1623, chargea les élus de demander aux a Pères de l'Oratoire » s'ils consentiraient à venir dans la ville pour y « tenir un Collège composé de cinq classes d'humanités, une classe de philosophie et, dessus, la théologie ». La Ville leur aurait donné à hail les bâtiments du Collège, avec tous h1* revenus attachés à cet établissement; et, s'ils avaient accepté, elle aurait prié le principal de résigner ses fonctions et lui aurait accordé une indemnité, en récompense des soins qu'il avait apportés jusqu'alors dans l'exercice de sa charge.

Mais ces projets ne purent être mis à exécution, et rien ne fut changé dans l'organisation du Collège.

Bien que pourvu du principalat, Ghenard n'en conserva pas moins le titre de curé de La Roche-Clermault, ainsi que l'attestent plusieurs actes de baptême dans lesquels, figurant comme parrain, il prend les titres de « licencié en droit, chanoine de Saint Mexme, principal du Collège royal de Chinon et curé de La Roche-Clermault ». Cependant, le 19 mai 1634, on ne lui donne plus la qualification de curé de La Roche; on le dénomme : « Messire François Cbenard, prêtre, chanoine et principal du Collège royal de Chinon ».

Pendant tout le temps qu'il fut en fonctions, ou du moins jusqu'en 1633 inclusivement, Ghenard toucha du receveur de la Ville les émoluments qui, jusque-là, avaient presque toujours été versés entre les mains d'un régent et qui, depuis 161 î, étaient de 100 livres par an <n. Il se chargeait donc sans doute de payer lui-même les régents.

(1) En L611, les appointements du second régent (seul rétribué par la Ville) étaienl encore de 60 livres. En 1614, ils étaient de 100 livres. Mais les comptes municipaux des années 1612 et 1613 taisant défaut, et les registres des délibérations municipales de cette époque manquant également, il est difficile de savoir a quelle date exacte ces appointements furent portés de no à 100 livres.

En 1636, la place de principal étanl devenue vacante, une assemblée générale des habitants, convoquée avec toute l.i publicité voulue, se réunit le 28 novembre el désigna pour remplir cette fonction « maître Loys Breton, prêtre, docteur en droit canon, natil de cette \ ille

Le 3 décembre suivant, le nouvel élu s'étanl présenté devant L'assemblée, lit le sermenl de ■ bien el fidèlement se comporter en sa charge », remercia les assistants de l'avoir appelé à ce poste el promit « d'j taire son devoii et d'observer les clauses du testament de feu M Robert Martin. Il lui fut aussitôt donné acte 'l»' ces déclarations et il fut décidé que les «Mus de Ville procéderaient à son installation el le présenteraient a m Messieurs du Chapitre Sainl Mexme » en les invitant à lui conférer « i;i chanoinie el la prébende affectées au Collège

Nous savons peu de choses sur 1»' principalal de Louis Breton, si ce n'est que la Ville n'eut qu'à se louer de son administration. Plusieurs délibérations en font lui. particulièrement celle du 11- mars 1656 par laquelle il fut décidé que les élus sur«le fait commun iraient le trouver pour lui dire que le Corps de Ville était « fort satisfait de ses soins et de sa conduite » el pour le prier de continuer d'exercer ses fonctions. Peul être Breton songeait il alors a prendre sa retraite et était ce pour l'empêcher de donner suite à ce dessein que les (dus avaient été chargés de faire cette démarche auprès de lui.

Quoi qu'il en soit, ce principal avait assurément droit à la reconnaissance des autorités municipale-, il ne se contentait pas. en effet, d'administrer convenablement l'établissement qu'il dirigeait; soucieux du Pou entretien autant que de la prospérité de cette maison, il lui arriva de payer de ses deniers des réparations importantes, ne demandant en compensation de ses sacrifices qu'une légère augmentation des appointements du régent.

Une délibération en date du 13 juin 1653 non- apprend en effet que les élus s'étaient transportés an Collège poui

se rendre compte des travaux que le principal y avait fait exécuter et qui avaient coûté il2 livres 5 sols, somme que ce dernier consentait à ne pas réclamer à la Ville si l'on augmentail «le 20 livres les émoluments du régent. Cette proposition, on le conçoit, fut acceptée avec empressement, et le régent toucha dès lors 120 livres par an, au lieu de 100, la différence devant être prise sur les deniers communs.

L'auxiliaire du principal, qui était à cette époque Antoine Martin, remplissait également ses fonctions à la satisfaction des membres du Corps de Ville qui, dans la séance du 14 mars 1656, dont nous avons déjà parlé, l'engagèrent à conserver sa charge, lui promettant même qu'il ne pourrait en être dépossédé par un autre principal sans leur consentement.

Ces délibérations prouvent évidemment que les autorites municipales avaient intérêt à maintenir à la tète du Collège le principal et le régent qui s'y trouvaient alors, et l'on peut en conclure que cet établissement était prospère entre leurs mains. Ils conservèrent du reste l'un et l'autre leurs fonctions; et Louis Breton était en possession du principalat depuis plus de 25 ans lorsqu'il mourut le 12 juillet 1662.

Tout en étant principal du Collège, le chanoine Breton desservait, en qualité de chapelain, le sanctuaire de Sainte-Radégonde de Chinon.

Ce fait nous est attesté par une plaque commémorative encore existante et qui est un témoignage irréfutable de la munificence de ce prêtre pour la chapelle dont le service lui était confié.

Vers le milieu du xvne siècle, en effet, l'abside de la nef méridionale de cet édifice, menaçant ruine, avait été masquée par un mur portant un rétable contre lequel on avait adossé un autel. Cette construction fut retrouvée presque intacte en 1879, lors des réparations exécutées par les soins de Mme Chaire. L'autel seul avait disparu. Mais, derrière le rétable, on découvrit, gravée dans la

pierre, L'inscription suivante qui ne laisse aucun doute sur la participation que le principal du Collège avail prise à celle restauration :

A.NN0 SALVTIS 1643 DIE 20 \l'l;ius tBSOM I \ FVIT - H EC \l: \ < \ i; \ m svm PTIBVS M LVDOVICI - BRETON ri:ïïT DEC RETOHVM DOCTORIS CANONICI GYMNA = SIARCH/E ll\l\- \ unis El CAPELLAN1 -TT i; \ I )[•'.<. v\ Dis

M i: li-.eii

On attribue égalemenl aux bons soins Mu même chanoine, mais assurémenl avec moins de certitude, l'< cution des peintures à fresque qui ornaienl la partie de la chapelle creusée dans le roc et qui représentaient, dans six tableaux successifs, Les principaux hait-- de la vie de sainte Radégonde h de sainl Jean. Ces peintures, trop frustes pour être conservées, onl été décalquées h reproduites à la même place Lorsque la restauration du gros œuvre fut achevée f1».

Breton était mort depuis quatre mois déjà, ei L'élection de sou successeur avail été plusieurs fois ajournée, quand, le 13 novembre L662, Le <:<>rps de Ville décida qu'elle aurait lieu dans une assemblée générale des habitants qui sérail convoquée pour le 20 du même mois.

Cette réunion fut annoncée par des publications faites

à l'issue des -randes messes paroissiales de la ville, cl

Les membres du Chapitre de Sainl Mexme furent invités à y prendre part. Ces derniers ayanl refus.' de se rendre à la convocation, on n'en procéda pas moins a L'élection, et le sieur Charles Siet, prêtre, ayanl obtenu !•■ plus grand nombre de voix, fui nommé principal du Colli et chargé dru remplir le-- fonctions, avec Les mêmes

(1) Consulter â ce sujel la Notice sur in Cliaj - " ou

Oratoire de Saint-Jean de C/iiflon (par M. l'abbé Guignebaull ! imp.

Paul Bousrez, s. <i.

droits et prérogatives que ses prédécesseurs, et conformément aux ordonnances et arrêts du Parlement.

L'élu de l'assemblée ne tarda pas à faire savoir qu'il avait quitté Ghinon et que par suite il ne pouvait accepter. Le Corps île Ville désigna alors à sa place un autre prêtre, M' François Fournier qui, nommé le 29 décembre 1662, l'ut installé le 3 janvier de l'année suivante.

Le procès verbal de cette installation est le plus ancien document de ce genre que nous ayons retrouvé. Le voici d'après le registre des délibérations municipales :

» Aujourd'huy, trois' janvier 1663, Nous Philippe Dreux et M Jacq. Berthelot advocat du roy, et Franc. Bridonneau président en l'élection de cette ville et eslu sur le fait commun, assistés du greffier de la ville, sommes transportez au collège de cetted. ville pour y mettre en possession de la charge de principal Mc Franc. Fournier libre, nommé à cette fonction par l'acte du 29 décembre dernier, où estant avons fait mettre les clefs dud. collège entre les mains dud. Fournier, et iceluy mis en possession dud. collège pour en jouir et exercer lad. charge suivant et conformément aud. acte. » Signé : Dreux, Berthelot, Bridonneau, Fournier.

Le Collège fut sans doute peu prospère sous la direction du nouveau principal. C'est du moins ce qui paraît résulter de plusieurs délibérations du Corps de Ville.

Quelques années seulement après la nomination de François Fournier, en 1667, des plaintes ayant été adressées aux officiers municipaux sur la méthode suivie dans l'établissement pour l'instruction des enfants, en même temps que sur la manière d'agir du principal à l'égard des élèves, le Corps de Ville chargea deux de ses membres de se rendre au Collège, avec le théologal du Chapitre de Saint-Mexme, pour vérifier l'exactitude des faits qui lui étaient signalés.

Nous ignorons quels furent les résultats de l'enquête à Laquelle se livrèrent alors les délégués municipaux, mais il est probable qu'ils ne furent pas trop défavorables au principal puisqu'il fui maintenu dans ses fonctions.

Cependant la prospérité du Collège semble avoir périclité à partir de ce moment. Antoine Martin, qui, nous

l'avons vu, étail déjà régenl sous le principalal de Louis Breton, mourul en i <;*;;» . Charles Million fui alors désigné pour le remplacer; mais, ne s'étanl pas présenté en

temps voulu, il l'ut révoqué, h le Corps de Ville, par

délibération en date 'lu 10 juillet 1670, constatant qu'il n j avait au Collège aucun écolier pour employer »•( occuper le sous régenl », décida qu'à l'avenir la somme de cenl livres, destinée par le « bail d'apetissement » au paiement de ce professeur, serait employée pour les besoins de la Ville jusqu'à «••■ qu'il > ail au Collège un nombre d'enfants suffisanl pour nécessiti r la présence d'un sous-maître.

Ce crédit lui rétabli Mans la suite lu arrêt du Conseil, rendu le 2 juin 1688, porta même à lin livres 1'"- appoin tements de l'auxiliaire du principal, nommé indifféremment régent, second régent, sous régent ou sou^ précepteur, le principal étant lui-même parfois désigné sous les noms de premier régent ou de précepteur.

Nous ne savons rien autre chose du principalat de François Fournier, si ce n'est qu'il ne s'enrichil pas dans l'exercice de sa charge, puisque ses héritiers renoncèrent à sa succession h. Il mourut le Ie1 novembre 1704, a de 88 ans, étant encore principal du Collège, et. le jour même de son décès, il fui enterré par le chevecier du Chapitre de Saint-Mexme, dans l'église collégiale i devant l'autel Notre-Dame » <2>.

Le régent, Alexandre Coirard, qui était également très âgé, dirigea san> doute rétablissement jusqu'au milieu du mois de janvier suivant, époque a laquelle la direction du Collège fut confiée aux Augustins.

si maintenant nous résumons les faits que nous avons exposés dans ce chapitre, nous voyons que depuis l'an-

(1) Voir la délibération du Corps d<' Ville du 17 septembre 1720, reproduite plus loin.

I Registres paroissiaux de Sainl Mexme Arcta. mun. de Chinon, GG

née 1578. dote de la nomination du premier principal du Collège royal, jusqu'au commencement du xvnr siècle, les principaux, qui étaient choisis parmi les membres du clergé (tout au moins depuis 1601), étaient nommés par le Corps de Ville dans une assemblée générale des habitants à laquelle le Chapitre de Saint-Mexme était invité à se faire représenter par deux délégués.

Lorsqu'il était élu, le principal faisait le serment, de remplir convenablement ses fonctions, puis les officiers municipaux le présentaient aux chanoines qui lui conféraient le canonicat et la prébende préceptoriale.

Une fois investi du canonicat, le principal était par ce fait même inamovible, puisque cette dignité était conférée pour la vie.

La nomination du principal par le Corps de Ville était contraire aux dispositions de l'ordonnance d'Orléans, qui voulait que le titulaire de la prébende fût désigné par l'archevêque, en présence des chanoines et des officiers municipaux. Mais, à Chinon, les prescriptions de l'ordonnance, relatives à cette nomination, ne furent jamais observées. Peut-être ne s'appliquaient-elles pas, du reste, aux églises collégiales. Dans tous les cas. la Ville, affectant une certaine somme au traitement des professeurs, avait été mise, dès le début, en possession du droit de nommer le principal du Collège, et, malgré les réticences et les protestations réitérées du Chapitre, ce droit lui fut confirmé successivement par plusieurs arrêts.

C'est sans doute aussi pour ce motif que, contrairement aux dispositions de la même ordonnance, le principal louchait une rétribution des enfants qui lui étaient confiés. Cette rétribution n'était, il est vrai, pas élevée. Nous avons vu en effet que Michel Bizaul ne pouvait exiger plus de six sols par mois et même qu'il était tenu d'instruire gratuitement les enfants des familles indigentes. Ses successeurs furent-ils autorisés à toucher davantage? Nous ne le pensons pas; et il nous semble probable que la rétribution resta à peu près la même jusqu'au corn-

mencement du xvin siècle, puisqu'on 1721 nous le verrons plus loin le principal ne recevait encore de Bes élèves que six livres par an, ce qui étail presque identique, <mi raison du changemenl survenu pendant ce

laps de temps dans la valeur de l'argent.

Nous n'avons aucun renseignement précis sur le nombre et le nom des eniants qui fréquentèrent le c<»i lège depuis la lin du wr siècle jusqu'au commencement du xviip. Il est probable cependant que plusieurs Chino nais, qui acquirent au wir siècle un certain renom, y avaient reçu l'instruction, notamment les médecins Claude Quillet et Pierre Martin, les chanoines René Ouvrard e1 Pierre Santerre, Odespung de la Meschinière et plusieurs autres. Les pensionnaires étaient certaine ment peu nombreux à cette époque; mais il y en avait, et une délibération du Corps de Ville, en date du 19 août 1715 f1', nous apprend qu'au xi n siècle, ils étaient logés dans les « petites chambres d'un vieux bâtiment situé entre le principal corps de logis et la ruelle allant aux caves des Valins » <2>.

Les sacrifices que la Ville s'imposait alors pour son Collège étaient loin d'être importants. Le principal n'avait, comme émoluments, que les revenus de la prébende que lui servait le Chapitre, el si parfois il recevait de la Ville un traitement, c'était à la charge de payer les régents qu'il était obligé d'avoir avec lui et auxquels il devait fournir le logement au Collège et la nourriture.

C'est ainsi que lors de la nomination du premier prin ripai, il fut décidé qu'il toucherait, indépendamment de la prébende, une somme de 150 livres, a condition de payer et de nourrir deux régents. Mais après lui la Ville

(Il Arehiv. mun. de Chinon, BB. 16.

(2) Il existait en effet, à cette époque, une petite rue conduisant 'lu car roi .!.■ Saint-Etienne à L'entrée des caves situées derrière le Collège, «lu côté .1" nord, et que l'on désignait alors sous le nom de caves des Valins ou des Valets, i.a partie de cette ruelle la plus voisin.' du carrefour forme aujourd'hui une cour étroite et longue qui dépend de la maison portant, dan- la me Jean-Jacques-Rousseau, le n •;'.: la partie située au-delà, et .pu s< longeait jusqu'à l'entrée des caves, a été incorporée plus tardauxprop du Collège.

n'affecta aucune somme spéciale au traitement du principal: elle se contenta de rétribuer l'un des régents, et encore les appointements qu'elle lui donnait étaient-ils peu élevés. Fixés primitivement à 12 écus (36 livres) en 1585, ils furent portés successivemant à 20 écus (60 livres) en 1587, à 100 livres en 1614, à 120 livres en 1653, et enfin à 140 livres en 1688.

Pendant cette première période de son existence, le Collège resta constamment dans l'endroit où il se trouve actuellement, dans la maison acquise en 1574 ou 1576 et située au-dessus du carrefour de Saint-Etienne, entre le coteau et la rue conduisant à la Porte de la Barre. Cet établissement était alors limité au sud par la rue dont nous venons de parler, à l'ouest par divers immeubles et par la .ruelle qui, partant du carroi de Saint-Etienne, se prolongeait jusqu'à l'entrée des caves du Collège, au nord par le coteau au pied duquel s'ouvrent ces caves, et à l'est par les bâtiments du petit Collège.

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