‹ Histoire du collège de ChinonChapitre 7 sur 34 · IÎ · texte numérisé non relu

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des religieux de Seuillj et des autres personnes intéi s'ées. L'archevêque rendit, à cel effet, dès le 25 janvier, une ordonnance par laquelle, a la requête du maire el des échevins de Chinon, il prescrivail une enquête sur l'opportunité de l'union de la mense monacale de l'abbaye au Collège de cette ville '. Le consentemenl de l'abbé n'était pas douteux, puisqu'il était acquis depuis quatre mois déjà. Les religieux acquiescèrenl également à pe projet; l'un d'eux, dom Tourton, aumônier, renonça même immédiatement à tous ses droits, moyennant une pension viagère^). Le principal du Collège lit abandon du titre de la prébende préceptoriale, ainsi que du principe lai Mont il était pourvu :il. Enfin le Chapitre de Saint Mexme accepta la suppression du titre de cette prébende; et il fut décidé que désormais le principal no -finit plus que chanoine honoraire, et que le Chapitre verserait annuellement au receveur du Collège une ><>mino qui serait déterminée par l'archevêque et qui, par décision du 19 juillet de l'année suivante, fut fixée a 250 livres, payable en deux termes égaux, à Noël et à la Sainl Jean- Baptiste (*).

Monseigneur de Rastignac, ayant L'assentiment de toutes les parties intéressées, put des Pus rendre le décret d'union, qui porte la date du 1 1 septembre 17:^6 et que nous reproduisons ci-dessous, sans répéter toutefois les clauses et conditions exprimées dans les actes de consentement que nous avons déjà donn<

« A ces causes et tout considéré et le saint nom de Dieu invoqué, Nous archevêque de Tours avons éteint et supprimé, éteignons

et supprimons à perpétuité et pour toujours la mense monacale de l'abbaye royalle de Notre-Dame de Seuilly, ordre de Saint-

(1) Décivt d'union. (Arch. d'Indre et Loire, D. 1, Décret (l'union (1. c).

(3) Registres 'les délibérations du Bureau du Collège, séance du 18 juillet i::is. Arch. d'Indre-et-Loire, versement de l'Enregistrement de chinon.)

(4) Décret d'union (Arch. d'Indre-et-Loire. D. 7 ; registres des délibérations du Bureau du Collège, séance du 18 juillet 1738. vn h. d'Indre et Loire, versement de L'Enregistrement de Chinon.

Benoist de l'ancienne observance, de notre diocèse, ou les quatre places monacales à quoy ladite mense a esté et est réduite, ensemble le petit couvent et les titres des offices claustraux de ladite abbaye, et les avons unis, annexez et incorporez, unissons, annexons et incorporons pour toujours avec tous leurs droits, fruits, profits, revenus et émolumens qui en dépendent, audit collège de Chinon, pour en jouir par iceluy du jour du déceds des religieux et titulaires desdits offices claustraux, auxquels nous avons conservé lesdits fruits et revenus pendant leurs vies, sans pouvoir par lesdits titulaires pendant leurs dites vies résigner ou permuter lesdits ciliées sous quelque cause ou prétexte que ce soit, ayant renoncé au droit de le faire par les consentemens cy-dessus raportez. La présente union faite à condition par ledit collège ou administrateurs d'iceluy de satisfaire à toutes les charges et obligations dont lesdites places monacales, petit couvent et offices claustraux sont tenus et aux autres clauses, charges et conditions référées dans les consentemens des sieurs abbés de Seuilly et Tourton aumosnier et

dans la délibération du corps de ville du 24 janvier 1736

Et au surplus ledit collège de Chinon sera régy, gouverné et administré sous le bon plaisir de sa Majesté, conformément à ce qui est porté a cet égard par l'acte de consentement dudit sieur abbé de Seuilly dudit jour 24 sept. 1735, et par la délibération du corps de ville de Chinon du 24 janvier dernier. Déclarons notre présent décrest commun avec tous ceux qui peuvent y avoir intérest. Donné à Tours, dans notre palais archiépiscopal, le 14 sept. 1736 » (*).

Ce décret fut confirmé par le roi, dont les lettres patentes, données au mois de décembre de la même année, ne furent enregistrés au Parlement que le 17 avril 1738. L'archevêque ne pouvant prendre la direction effective du Collège qu'à partir de ce moment, le Corps de Ville continua de le régir jusqu'à cette époque.

Nous savons peu de choses sur ce qui se passa dans cet établissement pendant ces deux années. L'assemblée municipale du 5 novembre 1737 nous apprend cependant que les régents étaient alors au nombre de deux, sans compter le principal, et que, pour se conformer au décret d'union, chaque écolier ne paiera désormais que 3 livres par an. Jacques Breton conserva du reste le principalat

rchives d'Indre-et-Loire, I). 7.

triit que la Ville eut la gestion du Collège. Pendant ce temps, le receveur des octrois el des deniers communs lit toutes 1rs recettes et dépenses concernant cet établis sèment et il en tint un compte spécial qu'il présenta plus tard a la nouvelle administration.

L'abbé de Seuilly, en consentant a la suppression des place- monacales de son abbaye et à l'union de leurs revenus au Collège de Chinon, avait stipulé que la Ville en supporterait tons les fiais. Une délibération de l'as semblée municipale, en date du 18 avril 17:'.!». nous apprend que le receveur des octrois paya de ce chef une somme de 1.500 livres environ.

Des quatre places monacales qui devaient être suppri mées après la mort de leurs titulaires, aucune ne subsistait lorsque la Ville cessa d'administrer le I lollège. Dès le 6 té vrier 1736, l'aumônier, dom Jacques Tourton, avait al. an donné à cet établissement les logements qu'il occupait, les fruits et revenus de son office claustral, ainsi que sa mense ou pension monacale et sa part dan- les revenus du petit couvent, moyennant une rente viagère de 700 livres Plus tard, par un acte, en date du 1!) octobre 1737, ratifié par le Corps «le Ville le 2<> novembre suivant, le sacristain, dom Philippe Coste, avait agi de même et moyennant une pension de la même somme - . Enfin, 1»'- places du prieur et de « l'hospitalier » étaienl vacantes, la pre mière depuis longtemps déjà, la seconde par suite de la mort de dom Louis-Charles Dusoul, décédé postérieure

ment à la date du décret par lequel l'archevêque avait

prononcé la suppression de ces places.

Les revenus du Collège se I r< mvaient être ainsi de pins de .'{.00(1 livres, et comprenaient :

1° Le fermage des offices claustraux de l'abbaye. 1.605 lr

2* La redevance de l'abbé de Seuilly 1.200

3* Celle du Chapitre de Saint-Mexme 250

4° La dotation du Corps de Ville de Chinon. . . 120

l «.ru :t. I7r« livres.

(i) Décrel d'union. Archives d'Indre-et-Loire, D. :

(2 Délibérations du Corps de Ville. Arch. mun. de Chinon Bl

sur cette somme, 1.400 livres, c'est-à-dire près de la moitié, étaient absorbées par les pensions viagères que le Collège était tenu de faire aux sieurs Coste et Tourton; le reste était employé a rétribuer le prêtre qui devait desservir réalise de l'abbaye de Seuilly (400 livres), à servir quelques petites rentes, à solder les appointements du principal et des deux régents, et à faire aux bâtiments du Collège et de l'abbaye les réparations nécessaires.

Lorsque l'archevêque prit la direction du Collège, la situation financière était d'autant plus satisfaisante que les rentes dues aux anciens religieux devaient s'éteindre le jour de leur décès.

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