I. JotHOAIN, loC. cit
niscation plus stable et plus régulière de ces études. Mais ces doléances restèrent sans résultat, et maître Paul, ne sachant que devenir à Paris, se décida à aller chercher la fortune en pays étranger, probablement en Italie, sur cette terre favorisée qui voyait déjà poindre Paurore d'une renaissance des lettres antiques. Un document, des plus intéressants, retrouvé il y a quelques années, nous donne au sujet de ses projets de voyage les détails les plus circonstanciés'. Il s'agit dune lettre adressée en 1421 par l'Université de Paris aux gouverneur, bourgeois et habitants de Besançon, pour faii-e appel à la générosité de ces derniers, en faveur de « maistre » de Bonnefoy, « le seul docteur en Ebrieu et Caldée, ou païs de France, au grant reproche de tous chrestiens et au deshonneur de la foy ».
La missive exposait que ce personnage, juif converti, avait composé un livre en hébreu. Il se rendait en pays étranger dans le but de le faire traduire en latin, mais son dénuement était tel, qu'il se trouvait exposé soit à mendier honteusement pour gagner sa pauvre vie, soit à « retourner au premier et dampnable estât de ténèbres, duquel Dieu Tavoit appelé à lumière ». Cette requête, de même que la précédente, jette un triste jour sur la condition misérable réservée dans l'Université aux maîtres chargés de l'enseignement des langues sacrées. Maître Paul voyagea-t-il, comme il l'avait annoncé? Nous n'oserions l'affirmer. Car en 1423 nous le retrouvons à Paris, oi^i il donne quittance au bedeau de la Faculté de théologie d'une somme de seize sous parisis. Détail intéressant à relever, il signe cette décharge de son nom, écrit cà la fois en lettres hébraïques et en lettres vulgaires. A dater