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Voy. plus loin, chapitre iir

lue autre institution, dont n'ont pas assez parlé les historiens, attira également, un peu plus tard, l'attention de François P', en lui fournissant un exemple encourageant bien fait pour exciter son émulation ; nous voulons parler de la fondation de l'Université d'Alcala de ITenarès, par le cardinal Ximenès, de 1498 à 1508, université qui devint, pendant le cours du XVI' siècle, un foyer intense d'études supérieures et, en particulier, do l'esprit humaniste. Peu d'institutions scientiliques ont été réalisées avec plus de méthode et de largeur de vues. Toutes les branches des connaissances humaines étaient représentées dans ce vaste établissement, dont l'organisation grandiose, conçue et élaborée par un seul homme, excitait Tadmiration de l'Europe savante ^ Des bâtiments somptueux et commodes furent mis, pour la première fois, à la disposition des maîtres et des étudiants, qui n'avaient jusqu'alors obtenu partout que des édifices insuffisants, aménagés au hasard et ne formant aucun ensemble. On peut dire en ce sens que le ministre d'Isabelle accomplit d'un seul coup, à force de volonté et d'énergie, l'œuvre que le roi de France, le plus puissant et le plus éclairé du xvi'' siècle, projeta à tant de reprises différentes, sans pouvoir jamais réussir à l'exécuter. La fondation d'Alcala, dont les grandes Universités actuelles d'Oxford et de Cambridge peuvent donner une idée assez exacte, se composait d'un certain nombre de collèges, à la tête desquels figurait celui de Saint-Ildefonse réservé à la théologie".

1. Il existait déjà dans cette ville une écolo supérieure fondée en 1293 par l'ordre de Sanche lY, mais ce n'était qu'une modeste Académie, qui ne pouvait être comparée en rien à l'immense Université fondée par Ximenès.

2. Dès 1508, l'Université comprenait 42 chaires : 6 pour la théologie, 6 pour le droit canon, 4 pour la médecine, 1 pour l'anatomie, 1 pour la chirurgie, 8 pour la philosophie, 1 pour la philosophie morale, 1 pour les mathématiques, 4 pour le grec et l'hébreu, 4 pour la rhétorique et

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Mais la principale révolution réalisée par le nouvel institut, c'était l'introduction d'un enseignement large et complet de la philologie avec les collèges de Saint- Eugène et de Saint-Isidore, et surtout — ce qui nous intéresse ici davantage — rorganisation de l'enseignement des trois langues hébraïque, grecque et latine, dans le collège de Saint-Jérôme. Cette dernière création apparaissait comme la plus nouvelle et la plus originale. Ce collège des trois langues, qui commença précisément à fonctionner vers lolo, au moment où l'attention des hommes éclairés allait se porter si vivement, dans le reste de l'Europe, sur les questions d'enseignement des langues anciennes, comprenait quatre professeurs et trente élèves, dont un tiers était consacré à chacun des idiomes enseignés. C'est grâce à cet établissement vraiment unique que put être exécutée la célèbre Bibk polyglolte dite d'Alcala. Mais ce qu'il importe davantage de remarquer ici, c'est que, quelques années plus tard, François V% durant sa captivité en Espagne, fut appelé à visiter le célèbre établissement et à en apprécier les singuliers avantages. Cette visite semble lui avoir fait, malgré les soucis qui l'accablaient alors, une impression des plus favorables. Elle eut lieu dans le courant d'août 1525, durant le voyage fait par le monarque prisonnier de Benisano à Madrid. La ville tout entière, ayant à sa tête 1" Université, qui comptait onze mille étudiants immatriculés, se porta à sa rencontre et lui fit une réception solennelle. Quand le roi eut examiné dans le détail l'organisation de la savante académie, il prononça ces paroles significatives : « Votre Ximenès a entrepris là et achevé une œuvre que je

G pour la grammaire. Trois juifs convertis, Paul Coronellus de Ségovie le médecin Alphonse d'Alcala et Alphonse de Zamora, furent les pi-emiers professeurs d'hébreu. Démélrius Ducas de Crète professa le grec au début.

n'aurais pu faire moi-même. L'Université de Paris, Torgueil do mon royaume, est Tœuvre d'un grand nombre de rois, tandis que tout cela, c'est Ximenès tout seul qui l'a fait '. »

Les créations de Léon X, de Ximenès et de Busleiden lurent célébrées à l'envi, surtout en France, et présentées au roi comme de glorieux exemples qu'il lui appartenait d'imiter, en fondant un établissement plus grandiose encore. François P', alors à l'apogée de sa puissance, s'associa sincèrement tout d'abord aux vœux qu'il entendait formuler non seulement dans son entourage immédiat, mais même en dehors de son royaume. Fier de se voir ainsi invoquer comme le protecteur le plus puissant que les « bonnes lettres » eussent alors en Europe, il annonça bientôt à son tour de généreux projets, laissant le champ libre aux vaillants initiateurs de sa cour, pour entamer activement les négociations nécessaires. N'oublions pas que cette décision fut prise au moment même où le dessein conçu par le roi de France d'acquérir la dignité impériale, après la mort de Maximilien, s'affirme de plus en plus dans son esprit, se traduisant par une série d'actes politiques importants. Le rapprochement des dates n'est pas à négliger ici. Il ne serait pas surprenant qu'il y eût entre les deux faits quelque rapport secret.

C'est, en effet, au cours de l'année 1S17 que l'idée de l'institution à Paris d'un collège de langues apparaît pour la première fois dans l'entourage de François P'. Chose digne de remarque, il y eut, dès cette année-là, une tentative qui témoigne, dans une certaine mesure, de la bonne volonté du roi et du sérieux de ses intentions.

1. On trouvera des renseignements circonstanciés sur cette fonilntion dans l'ouvrage classique de IIefele, le Cardinal Ximenès, trad. Sainte - Foi, 18ÔG, p. 1 19 et suiv. Pour ce qui concerne le passage de François!" à Alcala, voir Mig.mct, Rivaidé de François 1" et de Charles-Quint, Paris, 1870, in-S", t. 11, p. 113.

C'était un premier acheminement, encore bien timide il est vrai, vers l'institution des lecteurs royaux. Je veux parler des cours professés, dès loi7, à Paris par un savant italien originaire de Gênes, Agostino Giustiniani, un homme d'un savoir universel, doué, paraît-il, dune facilité merveilleuse pour l'étude des langues. Il avait, s'il faut en croire les témoignages contemporains, une égale connaissance du grec, de l'hébreu, de l'arabe et du chaldéen. Évêque de Xebbio, en Corse, il vivait en prélat nomade, résidant à peu près partout, sauf dans son diocèse, à demi aventurier, comme tant d'autres prélats de son temps. Giustiniani venait de réaliser une entreprise des plus hardies, en publiant son Psautier 'polyglotte, œuvre curieuse qui mérite la reconnaissance de la postérité. Seulement, l'édition du Psautier était restée chez le libraire, réduisant ainsi le malheureux évoque à la plus extrême misère. C'est à ce moment que le roi de France, sur la recommandation de l'évêque de Paris, Etienne Poncher, le prit à son service, le chargeant de donner à Paris des leçons publiques d'hébreu. Ce premier essai, qui semble n'avoir pas été sans résultats, souleva l'enthousiasme des érudits, celui d'Érasme en particulier. Malheureusement, il ne dura pas. Après cinq années d'enseignement, Giustiniani partit pour reprendre ses pérégrinations. Il était, parait-il, assez vantard, mais au fond passionné pour ses études : son départ fut regretté \ De

]. L'enseignement de Giustiniani dara environ cinq ans, de 151* à 1522, date à laquelle il retourna en Italie. Érasme écrivait ceci à son sujet dans une lettre datée de Louvain le 19 octobre 1518 : << Invisit nos episcopus Nebiensis octapli Psalterii auctor, cujus in Apologia ad Fabrum honorificam facio mentionem. Est homo gloriosus magis quam virulentus, conductus est a rege Galliarum octingentis francis ». En 1521, Jean Canaye écrivant à Guillaume Farel, mentionnait en ces termes la présence de l'évêque italien à Paris : « Profitetur linguam hebraicam Augustinus Justinianus, episcopus Nebiensis, qui biennio aut ultra hebraice legendo nobiscum mansurus est, publico stipendio et Gallorum rege ad id conductus ». Herminjard, Corresp. des ré for-

toute façon, voilà un commencement crexécution, précieux à enregistrer. C'est, d'autre part, à dater des premiers mois de cette même année 1517 que des démarches officielles furent tentées, avec l'assentiment du roi, auprès d'Erasme. L'histoire des négociations engagées à ce sujet est on ne peut plus piquante. Les savants de l'entourage du roi déploient, dans ces circonstances, un zèle incomparable. On suit avec admiration les vues grandioses et désintéressées de Budé, les vaillants efforts de l'cveque de Paris, Etienne Poncher, et du confesseur du roi, Guillaume Petit, l'enthousiasme du médecin royal, le Bàlois Cop, dont on n'a pas assez reconnu les signalés services. Noble et touchant spectacle sur lequel il est doux de reposer les yeux. C'est le moment des aspirations et des espérances infinies. Années pleines de fraîcheur et de charme, les plus pures de la Renaissance, oii les haines religieuses sont encore ignorées, où la tourbe scolastique n'a pas encore engagé la bataille. Que n'ont-elles duré plus longtemps !

La première chose dont Budé, Poncher, Petit et Cop se préoccupèrent, ce fut de choisir un homme digne par la science autant que par le caractère de diriger l'établissement projeté. Tous les yeux se portèrent naturellement vers Erasme, alors la personnalité la plus considérable du monde de l'humanisme. Ce fut Budé qui futchargéd'entamer les négociations \ Voici dans quelles

772aleNrs dans les pays de Imigiie française, 1878 et avinées suiv., t. 1, p. 241. Dans une lettre adressée, le 12 avril 1518, à Érasme par Budé, ce •dernier parle d'un autre professeur venu à Paris, en même temps que Giustiniani, Fhébraïsant Uitius, mais le rôle de ce personnage semble avoir été assez effacé. (Voy. Correspondance d'Érasme, au tome 111 de l'édition des Œuvres complètes donnée à Leyde par Le Clerc, 1703 et années suivantes, p. 309 et 1G83).

1. 11 y avait déjà eu, quelques mois auparavant, une tentative faite par le nonce Cauossa, devenu évêque de Bayeux, en vue d'attirer Érasme en France, mais c'était là une démarche d'un caractère tout à fait privé (Voy. la lettre de Ganossa datée d'Amboise le 13 nov. 1510,

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circonstances il fut amené à le faire. Un jour qu'il se reposait de ses travaux en furetant chez un libraire en renom, Jean Petit, il rencontre, par hasard, se livrant à la môme distraction, le confesseur du roi, Guillaume Petit * , personnage influent s'il en fut, bien place' pour connaître les intentions royales ; et là, au milieu des livres, un entretien plein d'un abandon charmant s'engage entre les deux savants. Petit, grand admirateur de l'auteur des Colloques, met Budé au courant de l'état actuel de la question, lui expose avec chaleur les dispositions du roi, bref, fait si bien que Budé, croyant la chose faite, écrit à Érasme, pour le prier d'accourir, une des lettres les plus élevées qui soient sorties de sa plume. Le roi, lui mande-t-il, inspiré par Minerve, songe à atti-

dansla Correspondance d'Érasme, éd. de Leydc, t. III, sous le n° 224). C'est bien en février 1517 que furent commencées les négociations et non en 1516, comme pourrait le faire supposer la date des lettres d'Érasme. Il ne saurait y avoir aucun doute à cet égard. Nous traiterons à la fin du volume, dans l'Appendice A, cette délicate ciuestion de chronologie, qui doit être étudiée avec quelque détail. Les lettres relatives aux négociations entamées par la cour de France avec Erasme sont très nombreuses. Nous les avons toutes relevées avec le plus grand soin dans la correspondance du gi-and humaniste. Nous indiquerons au fur et à mesure leur place exacte dans l'édition de Leyde. Celles relatives aux années 1517 et 1518, les plus importantes par conséquent, se ti-ouvent dans cette édition sous les n"* 197, 198, 204, 205, 212, 2.35, 310, 32G, .Appendice n» 60. Du Boulay en a reproduit quelques fragments dans YUist. Univ. Paris., t. VI, p. 93 et suiv,

1. Guillaume Petit appartenait à l'ordre des Dominicains. 11 devint en 1519 évêque de Troyes et en 1527 évêque de Senlis. Ce fut un esprit éclairé, partisan résolu des doctrines de la Renaissance. Il fut l'ami de Marguèi-ite de Navarre qu'il défendit énergiquement lors de l'affaire du Miroir de l'dme pécheresse en 1533. Adversaire de Béda et de la Sorbonne il protégea toujours les gens de lettres et contribua à faire échapper Lefèvre d'Étaples. en 1521, à la persécutiou qui le menaçait. Très tolérant en matière d'opinions religieuses, il fut même suspect de luthéranisme en 1524. (Voy. Hermiîjjard, t. I, p. 16, 44, 78; t. III, 111 et 161; QcÉTiFet EcuARD, Scriptores ordinis Prœdicatorum, t. II, p. 101.) Remarquons, à propos de la lettre de Budé, que Guillaume Petit passa, aux yeux de ses contemporains, pour un bibliophile dangereux. Amateur passionné de livres, il eut la réputation de garder trop souvent les ouvrages, même les manuscrits précieux, qui lui étaient confiés. Plusieursérudits s'en plaignirent amèrement. C'était d'ailleurs, à tous autres égards, un caractère respectable.

rer dans son royaume un certain nombre d'hommes d'élite, en leur oflrant de grasses pensions, de manière à fonder en France une sorte de séminaire d'érudits. Il vient de déclarer publi({uement ses intentions, au milieu d'une conversation tenue à la cour sur le compte des gens de lettres. Toutlemonde s'accorde à penser qu'il est avant tout nécessaire de s'assurer du concours d'Érasme. Budé rapporte ici toutes sortes de propos flatteurs destinés à chatouiller adroitement la vanité de son illustre correspondant'. Il fait briller à ses yeux la perspective d'un bénéfice de mille livres, en faisant allusion à d'autres avantages probables. Il évoque le souvenir des liens qui l'attachent à Paris, des études qu'il y a commencées et s'ingénie à le séduire par les arguments les plus persuasifs : « Ah! dieux immortels, quel honneur c'est là pour vous ! A quel point les autres docteurs vont vous regarder comme fortuné et favorisé entre tous, d'avoir été ainsi, sur le seul renom de votre science, mandé dans une région éloignée, par le plus grand et le plus illustre des rois. Ce monarque est non seulement Franc (ce qui est déjà par soi un titre de gloire), mais encore François -, nom qui se trouve pour la première fois porté par un roi et qui, on peut l'augurer, est prédestiné à de grandes choses. Il est instruit dans les lettres, ce qui se rencontre d'ordinaire chez nos rois, et il possède, en outre, une éloquence naturelle, de l'esprit, du tact, un

1 . Après avoir fait, dans sa lettre, un grand éloge du confesseur du roi, l'orateur officiel de la cour, dans toutes les gi-andes solennités, il déclare galamment qu'il ne peut faire à l'évêque de Senlis qu'un seul reproche, celui de trop favoriser un étranger, Érasme, « qu'il s'est mis luimôme à jalouser à cause de cette gloire excessive, qui rayonne non seulement sur l'Allemagne tout entière, mais encore sur la France, au point d'éclipser la gloriole des savants de ce pays et de les forcer à rester dans une complète obscurité ». Il est bien certain, d'après les paroles mêmes de Budé, que Petit avait contribué plus que personne à attirer l'attention du roi sur Érasme.

2. « Rex hic est non modo Francus (quod ipsum per se amplum est), sed etiam Franciscus. »

abord facile et prévenant ; en un mot, la nature l'a géne'reusement doué des dons les plus rares de l'esprit et du corps. Il se plaît à admirer et à louer les anciens princes qui ont brillé par l'élévation de leur esprit et par léclat de leurs actions . Il a l'avantage de disposer d'autant de richesses qu'aucun roi du monde et de donner plus largement que personne. Autant que je puis conjecturer, il a le désir d'être le fondateur d'un illustre Institut, afin d'en faire profiter les arts libéraux dans l'avenir, contrairement à ce qui a été fait jusqu'à présent. » Budé termine en engageant Érasme à aller s'entendre au sujet de cette grave affaire avec l'évêque de Paris, Poncher, alors en mission auprès de l'Empereur à Bruxelles, comme envoyé du roi de France. Ce personnage avait manifesté en quittant Paris l'intention d'entretenir le savant hollandais de cette question. En môme temps, le savant français annonçait à son confrère la prochaine arrivée de plusieurs autres lettres émanant de divers personnages de la cour ^ Cette épître est datée du o février 1516 (1517 nouveau style).

Quelques jours plus tard, Guillaume Cop écrivit, sur l'ordre formel du roi, une nouvelle lettre non moins pressante. Il paraît que François de Rochefort, l'ancien précepteur du roi, avait joint ses efforts à ceux de Guillaume Petit pour décider le roi à faire venir Erasme. Le médecin bâlois demande à ce dernier de fixer lui-même les conditions de sa venue. Le roi Très- Chrétien est disposé à le traiter avec tant de bienveillance qu'il ne regrettera sûrement jamais sa décision. On attend sa réponse (6 février).

A toutes ces lettres, d'un ton si sincère et si spontané. Érasme répond d'une manière évasive, en se dérobant.

1. Budé faisait remarquer à Érasme, en homme prudent, qu'il n'était en tout cela qu'intermédiaire et non garant. II ne craint pas d'insister sur ce point.

Visiblement il est llatté dans sa vanité, mais il craint de lâcher la proie pour Fombrc. Cette vie nomade, où les hommages se renouvellent pour lui à chaque pas, cette o-rasse pension que lui alloue Charles-Quint, tout cela îui |)lait tant! 11 craignait, en acceptant, de paraître faire cause commune avec les ennemis de son protecteur. 11 semble aussi que certaines intluences extérieures n aient pas été étrangères à sa résolution; les conseils de son ami ïonstal, inspirés par un sentiment de jalousie patriotique, ont dû contribuer en particulier à l'éloigner de la France. Ajoutons à cela que le sceptique écrivain n ajoutait qu'une foi médiocre aux promesses magnifiques du jeune souverain. Et puis, la Sorbonne l'etTrayait, et, au fond, non sans raison ' . Il avait peur d'encourir la haine redoutable des théologiens, en se mêlant de favoriser l'étude des langues su'spectes. La rude lutte soutenue naguère par Reuchlin n'était pas faite pour l'engager à entrer à son tour dans l'arène. L'appréhension de se trouver compromis dans les disputes religieuses qui commencèrent, vers le même temps, à l'occasion de la querelle de Luther, ne fit que le confirmer dans cette attitude réservée. Enfin, il craignait la sujétion attachée à la condition de courtisan, se plaisant à répéter qu'il voulait bien être utile à tout le monde, mais qu'il ne voulait servir aucun maître. Néanmoins il est manifeste que cet appel lui avait été très sensible. Il en entretient ses correspondants André Ammonio, l'éveque Canossa, et bien d'autres ^ Une chose qui exerçait évidemment sur lui une singulière attraction, c'était la trésorerie du chapitre de Tours, que le roi lui faisait promettre. Il

1 On sait fine les prù.licatpurs parisiens le dénoncèrent un peu plus tard comme l'un des précurseurs de TAntéchrist, en compagnie de Lef>vre d'Étaples et de Reuchlin. V. Lettres d'Erasme, éd. Le Clerc, p. lliOo.

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