Herminjard, t. II, p. 19 et
3. Herminjard, t. II, p. 248. L'illustre Sébastien .Alunster fut appelé par le Sénat de Bàle pour professer l'hébreu.
lui, par un petit groupe de personnes désireuses de se perfectionner dans l'étude de cette langue, et à qui renseignement donné à l'Université ne paraissait pas suffisant. Comme Flatter n'avait aucune ressource pour vivre, il s'était fait apprenti cordierV Sa pauvreté était telle que n'ayant point d'argent pour acheter un vêtement d'apparat, il donnait ses leçons en tablier de travail. « Un jour, nous raconte Flatter dans ses curieux Mémoii^cs'^, un Français qui se disait envoyé par la reine de Navarre pour apprendre l'hébreu, se présenta à mon cours. Il entra un peu avant la leçon dans la classe. J'y pénétrai bientôt, à mon tour, vêtu de mes pauvres habits ; j'allai m'asseoir derrière le poêle (c'était une excellente place) et je laissai les étudiants s'installer devant la table. Le Français prit alors la parole et dit : « Quand viendra donc notre profes- « seur? » Alors Oporinus me montra. Le nouvel auditeur me regarda avec plus d'attention et parut singulièrement étonné. Il pensait sans doute qu'un professeur dût être un peu moins misérablement habillé. A la fm de la leçon il me prit par la main et me conduisit jusque sur le pont, me demandant comment il se faisait que je sortisse vêtu de cette façon : « Mea res ad restim « rediit », lui répondis-je ^ Il me dit alors, que, si je le désirais, il allait écrire à la reine en ma faveur et qu'elle ferait de moi un personnage d'importance \ Il me suffirait pour cela de l'accompagner. Mais je m'y refusai catégoriquement. Il continua de suivre mes leçons, jusqu'au moment où il quitta la ville. Il était superbement habillé et portait un chapeau doré\ il possédait
1 . D'abord chez un Lucernois, Rodolphe CoUiner, qui devint plus tard professeur de grec à Zurich; puis chez un Bàlois, nommé Staehelin.
2. Thomas Platfer's Leben ; éd. Dïintzer. Spemann, p. 93 . Ces Mémoires n'ont jamais été traduits en français.