PRÉFACE. IX
toutes les sciences, tous les progrès, toutes les découvertes, et dont l'histoire pût être en quelque sorte celle de l'esprit humain lui-même. François P', on doit le reconnaître, a Lien mérité des lettres et de la philosophie en exécutant un si^ beau dessein. Mais après lui, qu'est devenue l'institution qui devait réaliser de telles espérances? » Depuis le temps où écrivaient ces deux biographes, depuis le temps où Miehelet s'écriait, parlant du Collège de France : « Glorieuse école qui attend encore son histoire! » l'étude des oi"igines et du développement du célèbre établissement n'a pas progressé d'un pas. J'ai pensé qu'un ensemble de questions si; attrayantes, dont plusieurs touchent à ce qu'il y eut à la fois de plus noble et de plus hardi dans l'œuvre de la Renaissance française, méritait qu'on s'y appliquât. J'ai essayé tout d'abord de résoudre les problèmes nombreux et délicats qui se posent à propos de la fondation. C'est tout un chapitre — et non le moins attrayant — de l'histoire de l'humanisme que j'ai dû tenter d'écrire. D'autre part, pour faire bien comprendre la véritable portée de la révolution pédagogique qui s'est accomplie sous le règne de François P% ^ràce à la création des lecteurs royaux, il m'a paru nécessaire ie remonter plus haut et de reconstituer l'histoire de l'enseignement des langues anciennes pendant les siècles qui ont précédé. Ce sujet, qui jusqu'à présent n'avait point encore été traité dans son ensemble, méritait d'être étudié avec un certain développement. L'institution une fois réalisée, j'en ai suivi les destinées durant trois siècles, présentant le tableau détaillé tant des événements d'ordre général auxquels elle s'est trouvée mêlée pendant ce long intervalle, que de ceux, parfois singulièrement significatifs, qui se sont déroulés dans son enceinte. Si, comme il était naturel, le xv!*" siècle tient dans cet exposé une place considérable, les périodes postérieures n'ont pas été étudiées avec moins de scrupule. La fin de l'ancien régime, la Révolution et le pre-. mier empire ont fourni la matière de développements éten • dus, puisés presque tout entiers à des sources inédites, et qui expliquent le rôle magnifique dévolu au Collège du France, pendant le cours de ce siècle, dans le mouvement