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PRÉFACE. XI

recherches. Il s'est rencontré sur un certain nombre de questions et d'événements une quantité si considérable de pièces inédites, que des chapitres entiers ont pu être composés à l'aide des données fournies par ces documents.

Si les érudits modernes ont affirmé d'un commun accord que l'histoire du Collège de France restait encore tout entière à écrire, il n'en est pas moins vrai que plusieurs écrivains, appartenant à des époques fort différentes, s'étaient déjà préoccupés de traiter un sujet dont on reconnaissait depuis longtemps l'importance et l'attrait. Nous devons rendre hommage aux travaux de ces devanciers, encore qu'ils n'aient pas été rédigés avec toute la critique et l'exactitude que nous exigeons aujourd'hui des travaux de ce genre. A vrai dire, la plupart de ces auteurs ont méconnu ou négligé le côté général des annales de l'établissement. Ils se sont appliqués presque exclusivement à mettre en lumière le côté biographique ou anecdotique, faisant porter leurs recherches sur la vie et les œuvres des professeurs et laissant dans l'ombre l'institution elle-même. Le plus ancien en date de ces travaux est l'opuscule de Guillaume Duval, paru en 1644; cet essais dans lequel l'art et la méthode font complètement défaut, n'est qu'un recueil indigeste, rempli d'inexactitudes et de contradictions. Il n'y a pas à y insister. Plus d'un siècle après, un fécond historiographe, l'abbé Goujet, chanoine de Saint-Jacques-l'Hôpital, entreprit un ouvrage plus vaste et mieux informé, dans lequel il se préoccupa surtout de présenter la biographie sommaire des professeurs et de dresser le catalogue de leurs publications. Le Mémoire historique et littéraire sur le Collège royal de France de cet auteur, paru en 1758 S se composait de deux parties, la première, relati-

1. En voici le titre exact : Le collège royal de France, ou institution, esfablisseinent et catalogue îles lecteurs et professeurs ordinaires du Ro /, fondez à Paris par le grand roy François /«r, père des lettres, et autres roys ses sucesseurs, jusques ù Louys XIV, Dieudonné. (Dédié à.M"" Nicolas de Bailleul, président au Parlement de Paris. A Paris, chez Macé Bovillette, aux Esctioles du roy, devant Sainct-Jean de Latran, MDCXLIV.)

2. A Paris, cliez Lottin aîné; il parut, la même année, deux éditions diflérentes de l'ouvrage : l'une dans le format in-12, en trois tomes, c'est celle que nous avons employée pour nos citations ; l'autre, in-i", en un seul volume. Le Collège de France possède dans sa bibliothèque

Xll PRÉFACE.

veinent peu étendue, consacrée à un exposé rapide des destinées de la fondation, la seconde réservée aux notices relatives aux professeurs. La partie générale offre une valeur médiocre: elle est particulièrement insuffisante et erronée pour tout ce qui concerne le xvi*^ siècle. On s'étonne même que l'habile compilateur à qui l'on doit la Bibliothèque française n'ait pas composé quelque chose de plus exact et de plus scientifique. Les pages relatives au règne de François I*"" sont dépourvues de toute autorité. La partie biographique est sensiblement supérieure à la première ; l'auteur se retrouvait ici sur son terrain. Néanmoins il faut reconnaître qu'elle a été rédigée avec peu d'ordre et de soin et que les renseignements qui s'y rencontrent demandent à être contrôlés de très près. Les écrivains qui ont eu l'occasion d'apprécier l'œuvre de l'abbé Goujet l'ont jugée en général avec une extrême sévérité *. Tous ou presque tous lui ont dénié toute valeur. Nous pensons, après examen, que, pour ce qui concerne les notices individuelles, les reproches si multiples et si graves qui lui ont été adressés sont empi-eints de quelque exagération. Les matériaux groupés par l'auteur du Mémoire historique pourront servir quelque jour à constituer le recueil biographique, critique et détaillé qui reste à établir pour l'ensemble des titulaires du Collège : galerie attachante et variée s'il en fut. Nous croyons savoir qu'un des professeurs actuels, M. J. Flach, prépare les éléments de ce grand travail, qui donnera une idée précise et complète de l'œuvre proprement scientifique accomplie par le Collège. On pourra alors se rendre compte du résultat total de tant d'efforts individuels réalisés dans toutes les branches des connaissances humaines. Ce glorieux inventaire permettra d'apprécier combien l'effort collectif a été puissant et fécond. Nous n'avons pas à mentionner ici un certain nombre de mémoires ou d'opuscules de peu d'étendue, publications de

un exemplaire de cette édition pourvu d'annotations et d'additions manuscrites.

1. En particulier, M. Waddington, dans son ouvrage, Ramus, sa vie, ses écrits et ses opinions, p. 330, et M, Sédillot dans l'étude dont il va être question, p. 1.

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